Résultat de l’artisons #25 Septième Docteur

Sylvester ne viendra finalement pas à la FACTS… tant pis pour lui, il a raté une collection de belles choses!

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Arthur (photomontage)

Sylvester McCoy

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Florent F. (Texte)

– « Professeur, je ne vais quand même pas porter ça !!!! »

Ace sort de l’immense dressing du TARDIS, l’air renfrogné, vêtue d’une jupe à rayures rouges et blanches (sous laquelle on devine un jupon), d’un chemisier blanc à dentelles et d’un tablier noir brodé de fleurs. La tenue est complétée par un large chapeau de paille.

– « Eh bien quoi ? Là où nous allons, toutes les jeunes filles porrtent cette tenue. Ton blouson crroulant de badges et de pin’s ne ferrait qu’attirrer l’attention surr nous ! »

– « Et je suppose que votre gilet à points d’interrogation y sera du dernier cri ? »

– « L’avantage de ce gilet est d’êtrre chic et discrret en toute situation. – sourit le Docteur en ajustant, par pure coquetterie, son nœud de cravate – Allons-y, Ace ! »

Le Docteur s’apprète à ouvrir la porte du TARDIS lorsqu’il remarque que sa jeune compagne tient fermement sa batte de baseball.

– « Ace ! Là-dehorrs, nous sommes en 1543. Le baseball n’a pas encorre été inventé ! Laisse cette batte, tu vas nous fairre rrepérrer ! »

– « Vous m’avez déjà défendu d’emporter mon sac d’explosifs ! La batte, je la garde  »

Ace se dirige d’un pas décidé vers la porte tandis que le Docteur soupire. Otant son chapeau pour le remettre illico, il lui emboite le pas et tous deux se retrouvent aux pieds d’une forteresse. Dans un fracas épouvantable, un boulet de canon vient percuter la muraille à quelques mètres d’eux, propulsant des éclats de pierre alentours. Les deux voyageurs spatio-temporels se jettent à terre, évitant tout dommage.

– « Vous avez le chic pour nous mener toujours dans des endroits calmes et paisibles, Professeur ! Que se passe-t-il ici ? »

Se relevant dignement et époussetant ses vêtements, le Docteur bredouille:

– « Aurrais-je ômis de te le dirre ? Nous sommes à Nice, le 14 août 1543, et la ville est  assiégée par les trroupes frranco-turrques. »

Ace n’a pas le temps de protester que déjà un second boulet vient s’écraser contre les remparts. Un groupe de Niçois passe en courant (la jeune anglaise ne manque pas de noter qu’aucune femme ne porte ce fichu costume traditionnel). Un jeune homme les remarque et s’arrête auprès d’eux.

– « Ne restez pas là, ils arrivent ! »

Sans demander leur reste, Ace et le Docteur prennent leurs jambes à leur cou et suivent les fuyards. Bientôt, tous sont à l’abri derrière les remparts de la ville. Haletante, Ace lance au Docteur un regard noir.

– « Je crois que vous me devez quelques explications, Docteur… »

– « Ne te rrends-tu pas compte de la chance que nous avons, Ace ? Nous vivons un moment historrique et nous allons sans doute pouvoirr élucider une énigme ! Dès demain, les Frranco-turrcs vont parrvenirr à ouvrrirr une brrêche dans le rremparrt norrd ! – Ignorant la mine catastrophée de la jeune fille, il continue – C’est là qu’est sensée interrvenirr Catarrina Segurrana ! »

– « Catarina qui ? »

– « Simple lavandièrre, Catarrina Segurrana va assomer le porrte-étendarrd turrc et galvaniser les assiégés. Grrâce a elle, l’ennemi serra repoussé et finirra par abandonner le siège! »

– « Et alors ? Qu’est-ce que l’on fiche ici, Professeur ? »

– « Tu vas comprrendrre: figurre-toi qu’aucun chrroniqueurr contemporrain ne mentionne Catarrina Segurrana ! Catarrina Segurrana est-elle un mythe ou une rréalité ? Nul ne le sait ! Mais nous, nous le saurrons ! Nous allons en êtrre les témoins prrivilégiés !!! »

Le Docteur saute d’excitation tandis qu’Ace, abasourdie, s’écroule sur un banc. Le jeune homme aperçu quelques minutes plus tôt, s’approche d’eux.

– « Vous semblez être nouveaux, en ville. Je ne vous avais encore jamais remarqué. Et vous semblez pas du comté. »

– « Qu’est-ce qui vous fait dirre ça? » lance le Docteur, le sourcil suspicieux.

– « Votre accent, sauf votre respect, Monsieur. »

Le Docteur s’apprète à protester mais Ace, ayant retrouvé son sourire, s’empresse de remercier le jeune homme de son intervention de tout à l’heure et se plaint de ne pas avoir de toit pour la nuit. Le jeune Niçois, du nom de Jouan Badat, touché par la détresse du duo – et plus encore par les yeux bleus de la jeune fille – ne se fait pas prier pour les inviter chez lui.

– « Il reste de la socca et de la pissaladière » ajoute-t-il avec un sourire engageant.

Tous trois progressent dans les ruelles étroites et sinueuses de la ville, pleine de réfugiés venus des campagnes avoisinantes.

– « Si les renforts promis par Charles de Savoie tardent à arriver, la ville ne tiendra plus très longtemps. Le moral de la population est en baisse. François Ier a envoyé l’un de ses plus brillants, stratège: le comte d’Enghien. Et la flotte ottomane est commandée par le tristement célèbre Khayr ad-Din Barberousse. »

A ce nom, Ace ouvre de grands yeux, à la fois inquiète et excitée.

– « Le pirate ? »

– « Corrsairre. – corrige le Docteur – Tout depend du point de vue. » ajoute-t-il devant le regard réprobateur de leur guide.

– « Voyez, – poursuit le jeune homme, désignant un groupe de moines – Même les bénédictins du monastère de Cimiez ont du venir se réfugier en ville. »

Soudain, le Docteur s’élance en avant, se frayant un chemin à travers la foule à grands coups de parapluie, bien décidé à atteindre les moines. L’un deux, un frère quelque peu enrobé, remarque le Seigneur du Temps et déguerpit en bousculant les passant, le Docteur sur ses talons. Ace et Jouan tentent de les rattrapper mais sont bien vite distancés.

– « Il serait pas un peu fada, votre ami ? »

Tandis qu’Ace se rend chez Jouan, le Docteur poursuit toujours le Moine (puisque ce n’est pas un simple moine mais bien le Moine) à travers la ville. La traversée du marché aux poissons de la plassa San-Francès est épique, les deux Seigneurs du Temps manquant de s’étaler sur les morues et poutines tombées sur les pavés, au milieu des poissonniers harangant le chalant et des cri des gabians – comme les Niçois appellent les goélands – trouvant plus commode de chaparder aux étalages que de pêcher dans la Méditerrannée. La course effrénée se poursuit en direction de plassa Rossetti et de la petite église Santa-Reparata dans laquelle le Moine s’engouffre, sous l’œil intrigué des fidèles. Le Docteur y pénètre à sa suite, retirant précipitament son chapeau. Il aperçoit son vieil ennemi glisser une clef dans la serrure d’un confessional et s’y réfugier. Ses Derbies claquants sur le sol dallé de l’église, le Docteur s’engouffre à son tour dans le confessionnal. Il ouvre alors de grands yeux:

– « C’est… plus grrand à l’intérrieurr… » murmure-t-il.

Le Moine s’affaire autour de la console.

– « Bienvenu à bord, Docteur. Ah! Il m’en aura fallu du temps et de l’énergie pour remettre mon TARDIS en état après toutes les misères que vous m’avez fait subir ! »

La colonne du TARDIS se met en mouvement et le bruit caractéristique de la dématérialisation se fait entendre.

– « Rramenez-moi à Nice maintenant ! » tempête le Docteur en martelant le sol de son parapluie.

– « Ne vous en faîtes pas, nous n’allons pas bien loin » le rassure le Moine avec un sourire mauvais et, tout compte fait, assez peu rassurant.

En effet, le TARDIS se rematérialise et la colonne centrale s’immobilise. D’un geste de la main, le Moine invite le Docteur à sortir.

Le confessionnal se trouve maintenant sur le pont d’une galère ottomane. Un homme âge mais encore vigoureux, la barbe soignée et teinte au henné, coiffé d’un riche turban, les doigts chargés de bagues ornées de pierreries et portant un cimeterre ouvragé au côté s’avance.

– « Amirral Khayrr ad-Din, je prrésume ? – salue le Docteur en soulevant son chapeau – Je suis le Docteurr. Si je puis me perrmettrre, vous perrdez votrre temps. La ville ne tomberra pas et les rrenforts venus de Ligurrie vous obligerront à lever le siège. »

– « Qui est cet olibrius ? » demande Barberousse au Moine qui vient à son tour de sortir du TARDIS.

– « Un homme qu’il faudra surveiller de près. Il est plus dangereux qu’il n’en a l’air. Il serait sage, très grand amiral, de l’exécuter sans attendre. »

Affichant un grand sourire, Barberousse met la main sur son cimeterre mais le Moine s’interpose, suggérant un autre mode de mise à mort.

Bientôt, le Docteur se retrouve en équilibre sur une planche surplombant les flots, les chevilles entravées par de lourdes chaînes. Barberousse et le Moine, entouré de dizaines de marins et janissaires, s’esclaffent tandis qu’un soldat turc armé d’une hallebarde force le Docteur à avancer vers l’extrémité de la planche.

– « Je désapprrouve violemment ce genrre de prrocédés ! – s’insurge le Docteur – Vous n’êtes qu’un pirrate ! »

– « Corsaire. – rectifie Barberousse avec un air de dignité outragée – Tout dépend du point de vue. »

Le soudard chargé de l’exécution, visiblement nerveux de devoir lui aussi progresser sur cette planche et désireux d’en finir au plus vite, pousse le Docteur de la pointe de son arme.

– « Aïe ! Faîtes un peu attention, vous m’avez fait mal, maladrroit ! »

– « Cette comédie a assez duré ! – hurle Barberousse – J’ai un siège a mener, finissons-en ! »

D’un mouvement vif, le hallebardier fauche les jambes du Docteur du manche de son arme. Dans un geste désespéré, le Seigneur du Temps parvient à accrocher le bord de la planche avec la poignée de son parapluie mais finit par lacher prise.

Plouf !

***

Cependant, Ace est arrivée chez Jouan qui s’est assis à son bureau, lequel croule sous une montagne de papiers.

– « Je consigne les évènements depuis le début du siège – explique le jeune homme – Rien ne doit sombrer dans l’oubli. »

– « Pourquoi cette guerre, Jouan ? »

– « Vous l’ignorez ? »

– « Je ne suis pas du coin. »

– « En fait, c’est assez simple. Comme vous le savez, le comté de Nice dépend du duché de Savoie. Or, le roi de France, François Ier, est le fils de Louise de Savoie, dont le père, le duc Philippe II de Savoie, est le grand père de Charles III de Savoie, le duc actuel. – Ace fronce les sourcils, essayant de démeler les branches de cet arbre généalogique tandis que Jouan poursuit ses explications – Le roi de France réclame donc le comté de Nice à titre d’héritage, nonobstant sa promesse de renoncer à ses prétentions sur la ville. C’est également pour lui l’occasion de mettre des bâtons dans les roues de Charles Quint, évidemment. »

– « Euh… Donc, en gros, la France veut conquérir Nice? »

– « Voilà. »

– « Et les Turcs, dans tout ça? »

– « François Ier et le sultan Soliman le Magnifique sont alliés depuis 1536, les deux royaumes s’assistent en toutes circonstances. C’est comme ça que nous nous trouvons pris entre les Français côté terre et les Ottomans côté mer. – Il marque un temps d’arrêt, comme si une question lui brûlait la langue sans qu’il ne parvienne à se décider – Ce Docteur qui vous accompagne, qui est-il ? Ses manières sont étranges… »

– « C’est un peu difficile à expliquer. Il vient de très très loin. »

– « D’Ecosse ? Son accent me rappelle celui du vieux Jimmy McClure qui s’est installé dans la vallée du Palhoun il y a quelques années. »

– « De beaucoup, beaucoup plus loin. »

– « De Russie ? – Ace fait signe que non – Ne me dites pas du Levant, je ne vous croirais pas. »

– « En fait, – elle baisse la voix – le Docteur n’est pas de notre monde. Nous voyageons dans l’espace et le temps. »

Un instant interdit, Jouan se ressaisit et sourit.

–  » Je crois que vous me racontez des cagades ! Si vous voulez bien m’excuser, il faut que je note les derniers évènements. »

– « Je vais tenter de retrouver le Docteur. »

Empoignant sa batte de baseball, Ace commence ses investigations. La maison de Jouan Badat, sur la carriera dóu Gouvèrnou, est située au centre de la ville basse dominée, comme de bien entendu, par la ville haute et son château, perchés sur la colline. Regagnant l’endroit où elle a perdu le Docteur, elle finit par remonter sa piste jusqu’à l’église Santa-Reparata. Elle s’apprête à entrer lorsque les cloches de la ville se mettent à sonner à toute volée. Le couvre-feu instauré par le condottiere Andrea Doria, qui dirige la défense de la ville, approche et la population regagne ses pénates, tandis que de nouveaux boulets de canons viennent s’écraser sur les maisons. D’autres détonations, venues des remparts, leur répondent.

 

Sur sa galère, Barberousse observe un boulet niçois rater son navire de quelques mètres, dans une gerbe d’écume.

– « Quand les armes promises seront-elles prêtes, Moine ? Ce siège s’éternise et il est hors de question que je regagne la Sublime Porte sans richesses ni captifs ! »

– « Bientôt, bientôt votre Grandeur. Je vais retourner en ville mettre au point les derniers préparatifs. »

– « Encore votre sorcellerie ? »

– « Il n’y a rien de sorcier là-dedans, Ô amiral. Mon peuple est féru de sciences, comme je vous l’ai expliqué. »

A pas prudents, le Moine regagne son TARDIS. Le tempérament impulsif de Khayr ad-Din n’est pas pour le rassurer. Il se console en imaginant la lente agonie du Docteur, noyé dans les eaux de la Baie des Anges, se régénérant pour à nouveau boire la tasse et ce sans interruption jusqu’à atteindre son ultime incarnation. Sa vengeance, longtemps attendue, est enfin accomplie.

***

Mais les héros ont la peau dure est le Docteur, trempé mais bien vivant, ouvre les yeux. Il est étendu sur une couche assez inconfortable dans une salle dont la décoration laisse cruellement à désirer. Il entend une voix fémine s’exclamer:

– « Enfin vous reprenez connaissance ! »

Le Docteur se retrouve face à une créature le dépassant de deux bonnes têtes, couverte d’écailles grisâtres et à la tête ornée de curieuses protubérences ressemblant à des nageoires.

– « Un démon des merrs ! »

– « Merci, ça fait plaisir… » commente la créature en faisant la moue.

– « J’ai déjà rrencontrré votre peuple auparravant, dans votrre futurr. »

– « Hmm, vous avez besoin de vous reposer encore, il me semble. »

– « Ecoutez-moi! Si le Moine est ici, cela ne peut prrésager qu’une catastrrophe, vous devez m’aider! »

– « Les Siluriens ne se mêlent pas des affaires humaines. »

– « Vous vous en êtes déjà mêlés: vous m’avez sauvé la vie. »

– « Mais vous n’êtes pas humain, étranger aux deux cœurs. »

– « Il faut absolument que je découvrre ce que manigance le Moine. Il peut êtrre extrrèmement dangerreux et même si j’ignorre encorre son dessein, il se peut qu’il ait des conséquences fâcheuses pourr les Silurriens. Je dois parrler à votrre chef. »

La Silurienne hausse les épaule.

– « Il n’y a pas de chef. La colonie est en hibernation. Je suis la seule à être éveillée. Il faut bien qu’une scientifique soit là en cas de problème. La survie de mon peuple en dépend. »

– « Alorrs, c’est à vous de m’accompagner ! » – le Docteur lui saisit fermement le poignet et l’entraîne dans les coursives de la colonie silurienne – « Nous devons rregagner Nice ! » – il s’arrête brusquement et se tourne vers sa compagne d’aventure improvisée – « Mais avant tout, je dois savoirr… »

– « Quoi ? »

– « Quel est votrre nom. Je déteste courrirr aux côtés d’une inconnue! »

– « Saleya. »

Le Docteur et Saleya, qui se laisse finalement entraîner, poursuivent leur course lorsque la Silurienne s’arrête net.

– « Le système d’alarme! »

Les yeux écarquillés de stupéfaction, elle désigne une boitier ouvert d’où pendent des fils sectionnés, lequel est sensé sonner l’alerte en cas d’intrusion dans la chambre d’hibernation des armées siluriennes. Le Docteur et Saleya s’avancent à pas furtifs, traversant des corridors où des centaines de créatures reptiliennes attendent dans leurs sarcophages vitrés l’heure favorable au réveil de la race silurienne. A mesure qu’ils progressent, ils entendent un gai sifflotement, provenant d’une porte entr’ouverte.

– « L’armurerie… » murmure Saleya.

A pas de loup, les deux compagnons pénètrent dans la pièce pour découvrir le Moine, leur tournant le dos, vidant tranquillement les rateliers d’armes, son TARDIS-confessional posé au beau milieu de la pièce.

– « Les mains en l’airr ou je fais feu ! Et ne vous retournez pas ! » menace le Docteur, quoiqu’il ne soit pas armé.

Pris au dépourvu, le Moine obtempère, laissant tomber le fusil silurien qu’il avait en mains.

– « Vivant ! Comment vous en êtes-vous encore tiré ? »

– « Je vous l’expliquerrai plus tard. Saleya, voulez-vous bien rramasser cet arrme et tenirr ce trriste sirre en rrespect ? »

Mais alors que la Silurienne se baisse pour récupérer le fusil laissé au sol, une voix derrière eux ordonne:

– « Les mains en l’air ou je fais feu – et d’ajouter – Et je ne bluffe pas, moi. »

Le Docteur et Saleya se retournent lentement pour se trouver face à une créature féline au pelage blanc et aux yeux turquoise, curieusement vêtue à la mode d’un spadassin du XVIIème Siècle mais tenant fermement au point un pistolet silurien. Le Moine, qui a retrouvé sa figure joviale, se place à ses côtés.

– « Docteur, permettez-moi de vous présenter mon assistante, Miss Tibbs. Une chose que j’aurai appris de vous: voyager seul dans l’espace et le temps, c’est triste. »

– « Que faisons-nous d’eux ? » demande la chatte.

– « Nous les tuerons plus tard, je veux réfléchir à quelque chose de vraiment sûr, cette fois. Quelque chose à laquelle tu ne réchapperas pas, Docteur. J’aimais bien pourtant l’idée de la noyade. Comment as-tu fais pour t’en sortir? »

Le Docteur désigne Saleya.

– « Il faut demander à mon amie. C’est elle qui m’a sauvé des eaux. »

Mais les explications attendront. Les armes promises à Barberousse n’attendent pas, elles. Le Docteur et Saleya sont jetés au cachot – car le Moine, qui a gardé des goûts moyen-âgeux depuis sont séjour dans l’Angleterre du XIème Siècle, a pourvu son TARDIS de geôles dans le plus pur style médiéval.

– « Il y a tout de même une chose qui m’échappe – demande le Docteur au Moine – Quel est votre intérêt là-dedans. Qu’est-ce que cela vous apporte de fournir des armes siluriennes aux Ottomans? »

– « Oh, Docteur… Je pensais que vous me connaissiez mieux que ça. Ce que je retire de l’opération ? Tout simplement le bonheur de fiche la pagaille dans l’Histoire de la race humaine que vous chérissez tant. Un plaisir bien innocent, n’est-ce pas ? »

***

Jouan Badat parcourt les ruelles de Nice. La nuit est tombée et la ville, toute lumières éteintes, n’est éclairée que par la Lune dont le disque est déjà haut dans le ciel. Inquiet de ne pas voir revenir la jeune anglaise, il a choisit de braver le couvre-feu pour tenter de la retrouver. Il n’a pas été bien loin lorsqu’il tombe sur une patrouille d’une douzaine de soldats. Avant qu’il n’ait eu le temps de s’expliquer, deux d’entre eux l’empoignent fermement et le conduisent devant leur capitane. Le sourcil froncé, la joue barrée d’une estafilade encore rouge reçue quelques jours plus tôt dans une escarmouche contre les troupes françaises menées par le chevalier d’Aulx, le capitaine toise Jouan d’un air sévère.

– « Toujours à faire des bêtises, toi ! »

– « Je… Je cherche une fille… » bafouille Jouan.

Le capitaine éclate de rire et lui colle une grande claque dans le dos.

– « Petit frère, tu as de la chance d’être tombé sur moi ! Je te dirai bien de rentrer chez toi, mais les rues ne sont pas sûre à cette heure-ci. Le mieux est encore que tu restes avec nous. »

– « Merci, Matieu. Ecoute, je cherche une jeune fille que j’ai rencontré ce matin. Avec un accent étranger et une sorte de gourdin. »

– « Oh, coquin ! C’est une amie à toi ? Je l’ai croisée il n’y a pas une heure. Mademoiselle refusait de se plier au couvre-feu et m’a estourbi deux gars avec ça! » Il brandit la batte d’Ace « Elle appelle ça, une batte de bazebole. Je t’en ficherai moi ! »

– « Où est-elle ? Il faut absolument que je la retrouve ! »

– « Elle est au poste de la tour Sincaïre. On y fera un saut tout à l’heure. »

***

Ace est en effet cantonnée au poste de garde. Elle boude pendant que quelques soldats jouent aux cartes. L’un d’eux a le front bandé et la regarde de travers, sans remarquer que l’un de ses camarades profite de son inattention pour observer son jeu.

– « Vous n’avez pas le droit de me retenir ici ! Ni de m’avoir retiré ma batte ! Je dois retrouver le Docteur ! »

Avec un sourire goguenard, l’un des joueurs fait remarquer:

– « Vouaïe, c’est plutôt Doumenègue qui aurait besoin d’un Docteur » provoquant l’hilarité générale, à l’exception de celle de l’intéressé.

– « Elle a bien fini nous défoncer le crâne, à Ounourat et moi ! Et mancou on la met en cage ! »

La porte s’ouvre alors, et entrent les frères Badat suivis des hommes de Matieu.

– « Ace ! Avez-vous retrouvé cet étrange Docteur ? »

– « Non, j’ai perdu sa piste à l’église… – elle marque une pause, pour se remémorer le nom – Santa Reparata. Et ces idiots qui refusent de me laisser aller ! J’aimerais regagner le TARDIS. »

– « Le quoi ? »  demande Matieu Badat avec un air suspicieux.

– « Temps À Relativité Dimensionelle Inter-Spatiale ! » détaille-t-elle comme une évidence, tout en arrachant sa batte de baseball des mains du capitaine.

 ***

Le Docteur fait les cent pas dans son cachot, allant et venant de long en large en marmonnant des paroles incompréhensibles ce qui semble avoir le don d’agacer autant Saleya que Miss Tibbs, à qui le Moine a confié la garde des prisonniers pendant qu’il remet les armes siluriennes à Barberousse.

– « Taisez-vous, Docteur, ou je vous abats dans votre cellule ! » menace la chatte en braquant vers lui son pistolet.

– « Allez-y, tirrez ! Je me régénerrerai et vous aurrez un nouveau moi à ma place, peut-êtrre encorre plus bavarrd ! »

– « Ne me tentez pas… » menace Miss Tibbs en s’approchant des barreaux.

Soudain, Saleya ouvre la bouche et projette entre les barreaux une langue démesurée qui vient s’enrouler autour du cou de Miss Tibbs. La féline n’a pas le temps de réagir qu’elle est propulsée contre la lourde grille et la heurte de plein fouet. Saleya ramasse les clefs à la ceinture de la geôlière inconsciente.

– « Allons-y, Docteur. »

Le Docteur la regarde, abasourdi.

– « Pourquoi ne pas l’avoirr fait plus tôt ? »

Les deux compagnons se libèrent et enferment Miss Tibbs dans la cellule, avant de filer sans demander leur reste. Courant à travers les couloirs du vaisseau, ils atteignent la salle de contrôle et la sortie. Un instant plus tard, le Seigneur du Temps et la Silurienne sont sur le pont de la galère amirale de la flotte turque, entourés des soldats de Khayr ad-Din Barberousse.

– « Vous !!! » hurle Barberousse, visiblement plus surpris de voir le Docteur encore en vie que de l’apparition d’une créature reptilienne amphibie à ses côté.

– « Charrmé de vous rrevoirr. » – salue poliment le Docteur en ôtant son chapeau.

Les marins reculent, passablement effrayé par Saleya. Leur chef, qui en a vu d’autres, ne décolère pas et se tourne vers le Moine.

– « Et que fait cet homme dans votre vaisseau ? Je le croyais votre ennemi ! »

– « Je vous assure, puissant seigneur, que je n’y comprend rien… » bredouille le Moine

– « Suffit ! » coupe Saleya.

La Silurienne, qui n’a pas manqué de récupérer l’arme de Miss Tibbs, menace l’amiral turc.

– « Puisque vous semblez ici être le chef, vous allez gentiment ordonner à vos hommes de jeter leurs armes à la mer. Et vous allez rendre ce que vous avez volé à mon peuple »

– « Volé… ? » lance Barberousse au Moine qui rit nerveusement, tentant de se faire le plus petit possible.

L’un des marin, plus brave que les autres, s’avance.

– « Capitaine, c’est un démon… un démon des mers… – (« Décidément ! » songe Saleya, vexée) – Si nous combattons avec des armes démoniaques, nous serons maudits et finirons tous au Jahannam ! »

Khayr ad-Din n’est pas spécialement porté sur la religion, mais tout de même, il y a là de quoi faire réfléchir même le plus endurci des corsaires. Le Docteur saute sur l’occasion pour enfoncer le clou:

– « Et songez à votrre rréputation de guerrrier intrrépide et courrageux. Votrre nom trraverrserra les siècles et que dirra-t-on de vous si vous combattez à arrmes inégales ? Trop peu d’honneurr pourr vous suivrrait cette victoirre. A vaincrre sans pérril, vous triompherriez sans gloirre. »

L’amiral fronce ses sourciles broussailleux. Son second lui glisse à voix basse.

– « Le jour se lève, capitaine. L’assaut va bientôt être donné. »

– « Laissez les nouvelles armes… » englobant d’un geste le Docteur, le Moine et Saleya – « … et tuez-les ! »

Avec une vivacité dont lui-même se serait cru incapable, le Moine sort un pistolet silurien de sous sa soutane et abat le marin le plus proche, avant de plonger dans son TARDIS et d’en verrouiller la porte. Alors que Saleya fait feu en tous sens, aculée au bastingage, et que le confessional commence à se dématérialiser, le Docteur se fraye miraculeusement un chemin dans la mêlée jusqu’à un marin turc portant son parapluie. Il lui arrache rageusement le pépin et lui en assène un bon coup sur les orteils avant de courir se mettre à l’abri tandis que son infortuné adversaire sautille sur une jambe, tenant douloureusement son pied. Une main écailleuse le saisit par le col et l’entraîne par-dessus bord. Barberousse et ses pirates se penchent au-dessus de l’eau.

– « Il ne réapparaissent pas… Ils ont du se noyer, amiral. » risque un janissaire.

– « Je n’en crois rien. C’est la seconde fois que ce Docteur disparaît sous les eaux. Peu importe, nous n’avons que faire de lui. Préparez-vous pour l’attaque. »

***

Quelques secondes seulement se sont écoulées lorsque Saleya, entraînant le Docteur, sort de l’eau, à quelques mètres de la plage. Les Siluriens amphibies sont capables de nager extrèmement vite, rivalisant en cela avec nombre de créatures marines.

– « Saleya, – annonce le Docteur après avoir repris son souffle – je vous avoue êtrre parrticulièrrement heurreux d’avoirr conserrvé mon parrapluie et mon chapeau malgrré cette courrse aquatique. Je crrois que je vais m’étendrre quelques instants surr les galets. »

Joignant le geste à la parole, le Docteur s’allonge de tout son long sur la plage. Bien que le Soleil soit encore bas, le matinée est déjà chaude. Profitant du silence de sa compagne, le Seigneur du Temps poursuit son monologue.

– « Savez-vous, Saleya, que dans quelques siècles, des milliers de visiteurrs déferrleront surr ces plages ? Ce serra la grrande mode des bains de merr sur la Côte d’Azurr. Mais vous ne l’appelez pas encorre comme ça, non ? »

– « Je crois, Docteur, que je ne connaîtrais pas ces temps-là. » sourit Saleya.

– « Foutaises ! Vous êtes une Silurrienne, votrre longévité dépasse de beaucoup celle des humains ! »

Saleya s’effondre alors. D’un bon, le Docteur se retrouve à ses côté. Son air joyeux le quitte soudain lorsqu’il remarque la sang maculant les vêtements de son amie. Le visage grave, le Gallifreyen ferme une dernière fois les yeux de la Silurienne et, sans un mot, se dirige vers les remparts de la ville. Soudain, il entend au loin le tumulte d’un affrontement.

– « L’assaut ! L’assaut du rremparrt norrd se dérroule maintenant ! Sans moi ! Je vais rrater Catarrina Segurrana ! »

***

Tandis que le Docteur prend le pas de course, la bataille fait rage du côté de la tour Sincaïre. Les bannières de chaque faction claquent aux vents. Le lys français et le croissant turc contre l’aigle niçois et la croix savoyarde. Matieu Badat, à la tête de ses hommes, combat aux sommet des remparts. S’armant d’une longue perche, il repousse une échelle de siège et, hurlant un tonitruant « Vaï ti pica lou Palhoun ! » envoie une grappe de soldats français et turcs dégringoler au bas de la muraille. Justement là où est installée une drôle de cabine bleue.

A l’intérieur de la tour, Ace enrage. Les ordres de Matieu sont clairs: elle doit rester sous bonne garde pour sa propre sécurité. Jouan partage d’ailleurs l’avis de son aîné et tente de lui changer les idées. Sortant de sa bourse une pièce percée et une mince bande de papier, il propose:

– « Nous pourrions jouer au pilou, vous connaissez ? C’est un jeu d’argent qui vous coûte pas un franc. »

La porte s’ouvre soudain et apparaît Doumenègue, une épée ensanglantée à la main.

– « La situation devient intenable. Il faut immédiatement envoyer un message à Andrea Doria, dans la ville haute ! Il nous faut des renforts sur le champs sans quoi nous ne tiendrons pas ! »

D’un bond, Jouan se lève:

– « Je m’en charge ! »

Profitant de ce que personne ne fait attention à elle, Ace se jette à l’extérieur, bousculant Doumenègue au passage, et gravit les remparts. Jouan tente de la rattraper mais Doumenègue l’arrête.

– « On a besoin de toutes les bonnes volontés, là-haut. La fille cogne dur, j’en sais quelque chose ! Vous, filez alerter le condottiere ! »

Les troupes franco-turques se montrent de plus en plus hardies tandis que les défenseurs niçois faiblissent. Matieu Badat se démène comme un beau diable, frappant d’estoc et de taille. Un colosse brandissant une bannière rouge frappée d’un croissant d’or prend pied sur les remparts. De sa seconde main, il manie un énorme cimeterre dont les moulinets font des ravages dans les rangs niçois. Hurlant  de rage, le capitaine Badat tente de l’atteindre mais ne parvient à se dégager de la mêlée qui l’oppose aux hommes d’armes du chevalier d’Aulx. Soudain, une silhouette jaillie d’on ne sait où se jette dans la bataille. Bondissant à travers les combattants et faisant tournoyer sa « batte de bazebole », une jeune fille se rue sur le porte-étendard turc en lançant son crie de guerre:

– « Aaaaaaaaaaaaaaaaace !!!! »

La batte frappe l’homme en pleine tête. Voyant trente-six chandelles danser devant ses yeux, le malabar lâche sa bannière et s’écroule sans connaissance. Ramassant la hampe de l’étendard devant la foule médusée des combattants, Ace la brise sur son genou et la lance au bas des remparts. Aussitôt, l’espoir revient dans le cœur des assiégés qui redoublent d’énergie. Matieu Badat inflige même une magistrale déculottée au chevalier d’Aulx qui déguerpit sans demander son reste. Bientôt, l’assaut est repoussé. Français et Turcs regagnent leurs campement dans le plus grand désordre tandis que les Niçois laissent éclater leur joie, Matieu et Doumenègue portant Ace en triomphe sur leurs épaules. C’est à ce moment que surgit le Docteur, quelque peu essoufflé par sa course, mais radieux de voir Ace saine et sauve.

– « Pourr fêter cette belle victoirre – lance le Docteur à la cantonnade – chantons tous en chœurrs votrre hymne !

O la miéu bella Nissa

Rregina de li flou

Li tiéu… »

S’apercevant qu’il est le seul à chanter et le centre de regards interloqués, il bredouille:

– « Hmm… Peut-êtrre bien qu’elle n’a pas encorre été écrrite, mais vos déscendants la connaîtrrons tous… »

Le condottiere Andrea Doria arrive alors, à la tête d’une véritable petite armée et accompagné de Jouan Badat.

– « Eh bien ? Où sont donc ses terribles guerriers qui manquent de faire tomber la ville basse ? »

Matieu s’avance.

– « Ils ont été repoussés, condottiere. Et c’est grâce au courage de cette jeune fille. »

– « Et de sa batte de bazebole. » précise Doumenègue.

– « Et comment s’appelle notre jeune et charmante sauveuse ? » s’incline Doria.

Ace ouvre la bouche mais le Docteur s’interpose.

– « Catarrina Segurrana – avant d’ajouter entre ses dents, à Ace – Ne va surrtout pas me chambouler l’Histoirre ! »

***

Plus tard dans la journée, Ace et le Docteur, devant le TARDIS, font leurs adieux aux frères Badat. Jouan et Matieu ne manquent pas de s’interroger lorsqu’ils voient les deux compagnons pénétrer dans cette curieuse cabine, interrogation qui se mue en stupéfaction lorsque celle-ci disparaît sous leurs yeux.

– « C’est… C’est incroyable ! »

– « Tu sais quoi, petit frère ? Tu ne devrais pas parler d’eux dans tes chroniques. On t’accuserai de raconter des cagades. »

***

Dans la salle de contrôle du TARDIS, Ace a revêtu sa tenue habituelle tandis que le Docteur s’affaire autour de la console.

– « Il y a encore quelque chose que je ne comprends pas, Professeur. Pourquoi courriez-vous après ce moine ? »

– « C’est une vieille connaissance, Ace. Un Seigneurr du Temps, tout comme moi, mais qui a choisit une toute autrre voie. Mais – sa figure s’illumine d’un large sourire alors qu’il tire de sa poche un curieux objet métallique  – je lui ai rréserrvé une petite surrprrise… »

***

Un confessionnal dérive dans l’espace. A son bord, le Moine et Miss Tibbs, leurs manches retroussées jusqu’aux coudes, fulminent. Le corps du Seigneur du Temps est à moitié enfoui dans la console du TARDIS dont les panneaux ont été soulevés pour permettre d’accéder à la machinerie. Il en ressort couvert de camboui.

– « Du sucre dans le système de propulsion ! Ce que c’est petit, Docteur ! Ce que cela peut-être mesquin ! Foi de Moine, je te réserve un chien de ma chienne ! »

***

Notes: Afin de faire plus « couleur locale » les noms propres ont été retranscrit en langue niçoise (le Nissart), à l’exception notable de la ville elle-même. Ainsi, le personnage de Catarina Segurana est plus connu sous son nom francisé de Catherine Ségurane. Jean est Matthieu Badat, le premier historien, le second capitaine, sont également des personnages authentiques, quoique je n’ai trouvé nulle mention d’un lien de famille, cette fraternité est donc une invention de ma part. Pour les passionnés d’Histoire, sachez que malgré l’épisode héroïque raconté ici, la ville basse finira par capituler le 22 Août mais la garnison refusant de se rendre, le siège se poursuivit  autour de la citadelle, perchée sur sa colline. Le 7 septembre 1543 arriva l’armée de secours, commandée par le duc Charles de Savoie (nommé Charles II ou Charles III selon les sources), qui décida les assiégeants à lever le camp. Pour en savoir plus, vous pouvez jeter un coup d’œil ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_Nice_(1543) et aussi là: http://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_S%C3%A9gurane

Les boulets du siège existent toujours, et on en trouve encore aujourd’hui à plusieurs endroits de la ville, comme ici: http://www.nicerendezvous.com/car/images/stories/visite/nice-boulet-turc.jpg

Enfin, pour ceux qui aime finir en chanson: http://www.youtube.com/watch?v=15oZvZtsYYw

K9-separateur-small4

KathWho (fanart)

Sevenpuppets

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Manon Whovian (fanart)

SEVEN

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Umanimo (fan-art)

best-cliffhanger-ever

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Comme vous l’avez remarquer… il n’y a pas encore de sujet pour la semaine prochaine. Cela arrivera d’ici ce soir…

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