Artisons #39 : « Sontarans »

Les signes dans le ciel me disent que nous avons eu de bonnes participations à l’Artisons « Zodiaque ». En voici donc le résultat. Pour la semaine prochaine, nous attendons de pied ferme les Sontariens, un des ennemis récurrents du Docteur.

(Cliquez sur les images pour les afficher en plus grand)

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Florent Fayolle (Texte)

« Hue, Chrysomallos ! Plus vite !

– Eh oh ! Je fais ce que je peux moi ! »

Obéissant à l’ordre de Zeus lui commandant de voler au secours de Phrixos et Hellé, menacés par leur belle-mère Ino (puisqu’il est de notoriété publique que les belles-mères recherchent la perte de leurs beaux-enfants), le bélier volant Chrysomallos bougonne. Le frère et la sœur, agrippés à son pelage doré, pèsent leur poids. De plus, le vent de face soufflant sur la Mer Noire ne cesse de lui envoyer des giclées d’eau salée sur le museau. En effet, ces messieurs-dames souffrant du vertige, il est contraint de voler à quelques centimètres au-dessus de l’eau. Il s’ébroue pour dégager les mèches trempées lui retombant sur les yeux lorsqu’un obstacle imprévu se dresse devant lui. Qu’est-ce donc que cette cabine bleue sortie de nulle part, semblant flotter à la surface ? Lancé à pleine vitesse, Chrysomallos tente d’éviter la collision. En vain. Le choc est terrible ! Le bélier se retrouve propulsé dans les airs, Phrixos fermement cramponné à sa laine, tandis qu’Hellé tombe à l’eau. Il apparaît très clairement que la jeune fille ne sait pas nager lorsqu’elle sombre corps et bien.

À ce moment, la porte de l’étrange cabine s’ouvre. Un vieil homme aux longs cheveux blancs risque un regard au dehors.

« Tu te trompes, mon enfant, il n’y a rien à l’extérieur.

– Je vous assure grand-père, il m’a bien semblé ressentir un choc. »

***

Jamie et Victoria sont les premiers à sortir du TARDIS. Cette fois-ci, aucun doute, ils sont bien sur Terre.

« En Sicile – précise le Docteur – au VIème Siècle avant J.C. »

Tout de suite, l’attention des trois compagnons est attirée par d’horribles cris. Homme, bête ou envahisseur extra-terrestre ? Il semble bien difficile de le dire. Une foule compacte se masse autour de l’origine des hurlements. Jouant des coudes, ils se frayent un chemin jusqu’au premier rang pour découvrir un immense taureau de métal, posé au-dessus d’un brasier le chauffant à blanc. C’est de cette statue que proviennent ces plaintes déchirantes.

« Qu’est-ce que c’est, Docteur ? Comment ce truc en fer peut-il mugir ? »

Le visage du Docteur s’est soudain assombrit. Il lutte visiblement pour contenir ses larmes.

« Le taureau est creux, Jamie. Ce que nous entendons, ce sont les hurlements d’un supplicié… »

***

Les deux jeunes hommes avancent à pas prudents dans l’antique forteresse. Le maître des lieux s’est certes absenté pour une virée aux Enfers, il n’empêche que l’endroit fourmille sans nul doute de gardes. Il ne sera pas facile de libérer leur sœur, la belle Hélène, enlevée par le légendaire Thésée.

« Passe devant, Pollux. Je couvrirai nos arrières.

– Et pourquoi serait-ce à moi de m’exposer le premier aux dangers, Castor ?

– Parce que tu es immortel, pardi ! Moi je n’ai pas la chance d’être fils de Zeus ! »

Pollux allait répliquer lorsque les bruits d’une cavalcade dans les couloirs se firent entendre. Les demi-jumeaux* tirent leur glaives, guettant l’arrivée des soldats. Soudain jaillit devant eux un homme tout de noir vêtu, aux sourcils épais et au bouc poivre et sel, courant éperdument et les bousculant au passage, sans même un « pardon ». Castor et Pollux se regardent, interloqués, lorsqu’un second personnage fait son apparition. Coursant visiblement le précédent, ce nouveau venu, à la tignasse blanche, porte une veste rouge et une cape flottant derrière lui. Après avoir à son tour bousculé les deux frères, il se retourne pour les saluer en un semblant de révérence avant de poursuivre sa course. Une jeune femme blonde fait alors son apparition, leur adresse un sourire timide avant de partir à la suite des deux hommes.

« Docteur, attendez-moi ! »

* Demi-jumeaux ? Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est bien simple : Zeus, qui est un chaud lapin, s’enticha un jour de Léda, la femme de Tyndare, roi de Sparte. Afin de la séduire, le roi des Dieux, qui malgré sa position sociale semble manquer de confiance en lui, décide de se métamorphoser en cygne (nous noterons que Zeus séduit beaucoup en se métamorphosant). Après avoir fricoté avec le divin volatile, Léda pond deux œufs, l’un engendré par Zeus, le second par Tyndare. Du premier naquirent Pollux et Hélène, du second Castor et Clytemnestre.

***

Cela fait plusieurs jours que le Docteur bricole sans discontinuer, penché sur une table de travail installée dans un coin de la salle de commande du TARDIS.

« Allez-vous enfin m’expliquer ? » s’impatiente Sarah Jane.

Le Docteur lève un instant la tête de son fouillis électrique. Il porte d’énormes lunettes, dont la journaliste ne saisit pas bien l’utilité, lui donnant l’aspect d’un insecte. Pour toute réponse, le Docteur se contente de tendre la main en réclamant un Jelly Baby orange. Sarah s’exécute en soupirant, tandis que le Docteur met la touche finale à sa création.

« Et voilà ! Qu’en dites-vous ? Il est beau, non ? »

Le Seigneur du Temps brandit triomphalement un petit robot ressemblant à un crabe. Avec ça, affirme-t-il, il pourra s’adonner à l’observation animalière.

« Une créature extrêmement rare habite ici, en Argolide. Grâce à mon ingénieuse invention, nous allons pouvoir l’observer à loisir, sans que notre présence ne vienne la perturber. »

Face à un écran retransmettant en temps réel la « vision » du crabe-robot, le Docteur, une manette à la main, dirige les pas de sa création. Bientôt, une créature reptilienne apparaît sur l’écran. Un immense monstre serpentaire doté de multiples têtes.

« N’avez-vous jamais vu plus merveilleuse création de la Nature, Sarah Jane ? Il est même possible qu’elle soit la dernière de son espèce. Nous avons une chance inouïe !

– Dites, Docteur… J’ai l’impression que quelqu’un ne partage pas votre fascination pour cette merveilleuse création de la Nature… »

En effet, un homme à la musculature herculéenne, armé d’un large glaive, combat rageusement le serpent polycéphale. Son combat semble voué à l’échec car, pour chaque tête tranchée, deux autres repoussent. Il n’empêche que le Docteur ne peut s’empêcher de prêter main-forte à la bête.

« Ne vous inquiétez pas, Sarah Jane, mon robot-crabe va détourner l’attention de cette brute en lui pinçant les guibolles. »

L’homme ne semble guère goûter la plaisanterie. Au premier coup de pince, il lance un regard noir au crabe. La dernière image transmise par l’écran est un talon s’écrasant rageusement sur le robot.

***

« Regardez, mes amis… N’avez-vous jamais vu plus merveilleuse création de la Nature ? »

Embusqués derrière des rochers, le Docteur, Adric, Nyssa et Tegan observent un lion énorme, paresseusement étendu à l’entrée de sa tanière, ses griffes acérées brillant à la lumière des étoiles. Nyssa tend soudain l’index.

« Docteur, regardez ! »

Un homme avance farouchement vers le lion et le visage du Docteur se décompose immédiatement.

« Oh non ! Encore lui !? »

L’homme, celui-là même qui bien des années plus tôt avait détruit son robot-crabe flambant neuf, se jette sur le fauve et, sous les mines consternées des quatre voyageurs, l’étouffe sans autre forme de procès !

***

Un pingouin gambade joyeusement sur le mont Olympe, tandis qu’un homme vêtu d’un incroyable manteau multicolore monologue face à une jeune fille le fixant de ses grands yeux perplexes.

« Mademoiselle Astrée, en tant que déesse de la Justice, vous serez bien d’accord avec moi : lors d’un procès, il est impensable que l’accusé et son accusateur soient une seule et même personne. Aussi, après avoir découvert que le Valeyard n’était autre que moi même, mais dans le futur, j’étais bel et bien dans mon bon droit en exigeant l’annulation de l’ensemble de la procédure judiciaire. D’autant plus que ce tricheur avait contrevenu à toutes les règles en falsifiant les images d’une aventure qui ne m’étais pas encore arrivée.

– Je ne vous suis pas très bien Docteur… Souffririez-vous d’une forme de dédoublement de personnalité ?

– Mais pas du tout… Frobisher, peux-tu lui expliquer ? »

Astrée s’éloigne lentement à reculons de son interlocuteur.

« Vous parlez à… un pingouin ? … Je crois que je ferai mieux d’y aller…

– Attendez, ne partez p… ! »

Mais il est trop tard, la jeune déesse, fille de Zeus et de Thémis, a déjà pris la poudre d’escampette. Frobisher remarque alors un objet à l’éclat métallique.

« Regardez, Docteur… On dirait qu’elle a oublié ceci. »

***

Les sourcils froncés, Ace pèse méticuleusement ses différentes fioles. Acide sulfurique, acide nitrique, glycérol… Les flacons et les poids se succèdent sur les plateaux cuivrés d’une antique balance. La moindre erreur pourrait avoir des conséquences fâcheuses. Pendant que la jeune femme se concentre sur ses dosages, le Docteur lui fait la conversation, sans remarquer les regards agacés de sa compagne d’aventures.

« T’ai-je déjà dit, Ace, comment je suis entrré en possession de cette balance ? C’était bien avant notrre rrencontrre, du temps de ma prrécédente incarrnation. J’étais en compagnie de la déesse Astrrée lorrsqu’elle prit soudainement la fuite. Je crrois qu’elle était un peu zinzin. Dans sa prrécipitation, elle a même oublié sa balance. Je l’ai rrécupérée – dans le but de la lui rrendrre, tu me connais – mais ne l’ai jamais rrevue. »

Le ciel s’obscurcit brusquement, se couvrant de nuages noirs, et la foudre s’abat à quelques mètres d’eux. Ace sursaute, manquant de renverser ses flacons et évitant de justesse une catastrophe. Une voix venue des cieux tonne:

« DOCTEUR, JE CROIS QUE VOUS AVEZ QUELQUE CHOSE APPARTENANT À MA FILLE !!!

– Ace… Je crois que nous ferions bien de retourner au TARDIS… et de laisser la balance ici. »

***

N’eût été l’urgence de la situation, Charley aurait éclaté de rire en voyant le Docteur coiffé de cet étrange casque, pourvu de deux verres globuleux en guise de visière et surmonté d’antennes, de paraboles tournoyantes et d’ampoules clignotantes. Un enchevêtrement de câbles relie le couvre-chef à une espèce de grosse télécommande bardée de cadrans, d’écrans et de jauges. L’ensemble de l’attirail émet un bip-bip-bip perpétuel hautement agaçant.

« Alors, c’est avec cette… chose que vous allez retrouver le monstre ?

– Tout à fait, encore que je n’aime pas le terme de monstre qui me paraît dégradant. Il s’agit d’un khãzstramirdiløpossilimagohodon pourpre à grande crête de la planète Varos. Nous allons le localiser et le ramener dans son monde avant que… »

Le Docteur est interrompu par un terrible grognement et une créature reptilienne aux écailles rouges jaillit de la forêt, déracinant un arbre sur son passage. Le moment est venu pour le Docteur de prononcer sa formule magique:

« Cours ! »

Les deux voyageurs prennent leurs jambes à leurs cous, poursuivis par le khãzstramirdiløpossilimagohodon pourpre à grande crête les dominant du haut de ses six mètres. Charley allait faire une remarque sur l’absence de plan de son compagnon lorsqu’apparaît devant eux un géant. Haut comme deux hommes, le nouveau venu bande son arc, dans lequel il a encoché une flèche de la taille d’une lance de cavalerie. Un claquement de corde plus tard et la créature s’effondre, le cerveau transpercé de part en part.

« Joli coup – félicite le Docteur -, quoiqu’un peu violent à mon goût. Vous savez, j’ai un jour rencontré Guillaume Tell et… »

Charley l’interrompt.

« Merci de votre intervention. Ce monstre – froncement de sourcils réprobateur du Docteur – allait nous dévorer. »

Le géant affiche un large sourire satisfait.

« Vous avez eu de la chance de tomber sur Orion, car je suis le plus grand chasseur que le monde ai porté et portera jamais. J’ai chassé et tué les animaux les plus gros, les plus terrifiants et les plus dangereux de la Colchide à l’Armorique et de la Dacie à la Cyrénaïque. Artémis elle-même ne peut en dire autant ! Ouille… »

Orion s’effondre soudain, manquant d’écraser Charley et le Docteur sous son poids, tandis qu’un petit scorpion s’éloigne en sifflotant, ni vu ni connu.

***

« Achille.

– Présent, M’sieur. »

Le centaure jette un regard sévère au jeune Myrmidon.

« On dit professeur.

– Pardon, M’sieur… euh… Professeur… »

Le professeur secoue la tête en soupirant et poursuit l’appel.

« Actéon.

– Présent.

– Aristée.

– Présent. »

Une quinzaine d’élèves, parmi lesquels pas mal de demi-dieux, suivent avec plus ou moins d’assiduité ses cours d’héroïsme. Car comme chacun sait, on ne devient pas un héros grec en claquant des doigts. Il y a Achille, la forte tête ; Héraclès, le bagarreur ; Ulysse, le premier de la classe…

Tout en gravant l’intitulé de la leçon du jour sur le tableau de marbre, le centaure débute son cours:

« Aujourd’hui, les enfants, nous étudierons les hydres et surtout, comment les combattre. Car il est bien peu commode de vaincre un adversaire capable de se…

– … régénérer. »

Le professeur se retourne, ses sabots martelant l’estrade. Comment n’avait-il pas remarqué cet homme, assis comme si de rien était au beau milieu des élèves, entre Jason et Patrocle ? Les cheveux brun coupés court, vêtu d’une veste en cuir, l’homme le regarde d’un air joyeux, souriant jusqu’aux oreilles (qu’il a fort grandes).

« Qui êtes vous ? Et de quel droit venez-vous perturber ma classe ?

– Je vois que vous n’avez pas été prévenu de mon arrivée – il sort de sa poche un porte-carte qu’il présente au centaure – Je suis l’inspecteur d’académie. Mais je vous en prie, poursuivez votre cours, professeur Chiron. »

Chiron éclate de rire.

« Du papier psychique ! Vous avez bien failli m’avoir, Docteur ! Ainsi vous vous êtes encore régénéré ? »

***

Le Docteur a tout juste le temps de claquer la porte du TARDIS, sur lequel s’écrase une pluie de projectiles.

« Pfff ! C’était moins une ! Martha, vous êtes-vous occupé de notre invité ?

– Il barbotte dans la piscine. Il lui faut un abri, où allez-vous le conduire ?

– Un endroit calme, avec beaucoup d’eau. C’est tout ce qu’il faut à un Sukhurmashu. Et je connais l’endroit parfait: la planète Terre ! »

Martha esquisse une grimace dubitative.

« La Terre ? Vous êtes sûr, Docteur ?

– Et pas n’importe quel endroit. L’île Bouvet, dans l’Atlantique Sud. L’île la plus isolée au monde, distante de 1600 km de la terre la plus proche. Allons-y ! »

Après que le Docteur a actionné une série de manettes et de boutons, la colonne centrale du poste de commende du TARDIS se met en branle, emportant le vaisseau dans le vortex spatio-temporel. Bientôt, le vaisseau se matérialise. Il est temps de libérer le Sukhurmashu, créature affectueuse mais quelque peu envahissante, mi-bouc mi-poisson. Sitôt les portes du vaisseau ouvertes, l’animal se précipite à l’extérieur, gambadant sur le sable doré avant de se jeter dans l’eau d’une rivière… sous les yeux effarés d’un adolescent monté sur un âne, qui ne tarde pas à fuir au galop. Le Docteur semble soucieux.

« Je ne comprends pas… L’île Bouvet est pourtant réputée être inhabitée et couverte de glaces… Bah, tant pis. »

Ses portes refermées, le TARDIS disparaît bruyamment des rives de l’Euphrate.

***

Comme bien souvent, le Docteur et les Pond sont en plein pique-nique. Il faut dire que le Docteur, dans sa onzième incarnation, est particulièrement friand de pique-niques.

« Les pique-niques, c’est cool. » se plait-il à rappeler à ses compagnons.

Cédant à la pression d’Amy et du Docteur, Rory a une fois de plus revêtu son costume de Romain (« Les Romains, c’est cool. » et « Les Romains, c’est sexy. » lui a-t-on rappelé). Alors que le Docteur s’acharne – sans succès – à dévisser le couvercle d’un bocal de terrine de campagne sous le sourire narquois d’Amy, Rory aperçoit une silhouette fugitive.

« Regardez, là ! »

Quittant des yeux la terrine de compagne, Le Docteur et Amy regardent dans la direction indiquée, sans rien remarquer.

« Il y avait quelqu’un, je vous assure ! Un adolescent qui nous épiait. Il a disparu derrière les oliviers. Il portait une espèce de grande cruche et… et il a disparu. »

Amy s’apprête à faire une remarque spirituelle lorsqu’ils entendent des appels.

« Ganymèèèèèède ? Youhooouuu ! Où te caches-tu Ganymède ? »

Un vieillard à barbe blanche et au physique athlétique en dépit de son âge apparaît. Il semble prendre un plaisir goguenard à cette partie de cache-cache et s’approche des trois voyageurs.

« N’auriez-vous pas vu Ganymède, mon am… mon échanson ? Vous ne pouvez pas vous tromper: un jeune garçon brun terriblement sexy portant une grande amphore d’hydromel. Non ? »

Rory ouvre la bouche et Amy le fait taire d’un coup de coude fort peu discret. Le barbu se tourne vers lui.

« Peut-être voudriez-vous vous joindre à nos jeux, beau militaire…

– Non ! » réponds à sa place Amy, d’un ton qui n’admet nulle objection.

Finalement peu déçu, le vieil homme prend congé des trois compagnons et reprend sa recherche.

« Ganymèèèèdre ? Montre-toi ou je me transforme en aigle ! »

***

Assis sur un pliant face aux portes grandes ouvertes du TARDIS, le Docteur, coiffé d’un bob et chaussé de bottes en caoutchouc, pêche à la ligne. Cela fait bien deux heures maintenant qu’il est immobile, contemplant son bouchon flottant sur les flots azur de la Méditerranée, sans avoir fait la moindre prise. Clara à beau s’occuper en faisant des soufflés (ratés), elle commence à trouver le temps long. D’où vient cette brusque lubie pour la pêche ? Et combien de temps cela va-t-il durer ? Bien décidée à faire part de son impatience au Seigneur du Temps, elle se tourne vers le Docteur juste à temps pour le voir tomber à l’eau, littéralement arraché de son siège par une violente traction sur sa ligne. Elle se précipite sur le seuil du TARDIS mais ne peut que contempler, impuissante, le bob flotter sur l’eau.

Gonflant les joues, le Docteur tâche de retenir sa respiration, cramponné à sa canne-à-pêche qu’un thon de belle taille entraîne vers les profondeurs. Alors que le Docteur est sur le point de suffoquer, un second poisson fait son apparition et rejoint le premier. Tous deux semblent l’observer. La vue de Docteur se fait floue. Est-ce une hallucination ? Les formes des deux poissons changent pour devenir un jeune couple parfaitement nu (si l’on fait abstraction du carquois porté par l’homme). La femme nage jusqu’à lui et, à la grande horreur du gallifreyen, lui prodigue une ventilation artificielle – plus communément appelée bouche-à-bouche – lui donnant quelques secondes de répit, tandis que l’homme le prend fermement sous les aisselles et le hisse jusqu’à la surface. Crachant encore des giclées d’eau salée, le Docteur parvient à nager vaille-que-vaille jusqu’au TARDIS, à l’intérieur duquel une Clara paniquée le hisse. C’est toute une histoire pour convaincre le pauvre Docteur d’au moins tomber la chemise pour s’envelopper dans une serviette.

« Allez-vous me dire ce qui vous est arrivé, Docteur ?

– Je crois… Je crois bien que j’ai pêché Aphrodite… À moins que ce ne soit Eros… »

Sous l’eau, homme et femme se métamorphosent à nouveau pour retrouver leur forme d’origine : humanoïdes orange couverts de ventouses.

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Laureline (Texte et Photomontage)

Texte :

Après un atterrissage difficile, le Docteur s’était retrouvé dans un lieu étrange fait de couloirs uniquement, et rien pour les distinguer. Quelqu’un l’avais assommé par derrière, mais impossible de se souvenir qui. Il s’était retrouvé sur le sol dur et froid, heureusement libre de ses mouvements, mais incapable de retrouver son chemin.

Une voix sortie de nulle part :

« Mon cher Docteur, je voudrais savoir pourquoi tu me bât à chaque fois, alors que j’étais meilleur que toi à l’académie. Un plan adapté des expériences de la Rani a donc concocté un test d’intelligence pour toi. Tu es dans un labyrinthe, tu dois en sortir avant que ce rat que j’y ai mis n’en sorte. Par soucis d’égalité, j’ai agrandi le rat. Il y a aussi d’autres pièges.

– Encore le Maître, se dit le Docteur. Je ne débarrasserai jamais de ce pot de colle. Bon, cherchons la sortie. »

Pendant une heure, le Docteur marcha au hasard, évitant des pièges grossiers tels que des fils tendus pour le faire tomber dans des trous. La décoration était grossière : des squelettes d’animaux anormaux – sans doute des résultats d’expériences ratées. L’ambiance sonore n’était guère mieux, il entendait des grognements et des rugissements d’animaux qui lui étaient inconnus.

Lorsqu’il tomba une autre fois sur un squelette qu’il reconnu avoir déjà vu, il décida de changer de stratégie. S’il ne pouvait pas mourir de faim ou de soif aussi vite que les Humains, ce n’était pas une raison pour gaspiller son énergie. Il décida de méditer pour réfléchir à une solution, en espérant qu’un monstre rugissant du labyrinthe ne viendrait pas le déranger. Ce fut chose vaine : un minotaure passa devant lui, mais, comme le Docteur méditait et restait immobile, le minotaure ne l’avait pas vu.

« Pauvre bête, se dit il. Il faudrait que je le sorte de ce bourbier pour le ramener sur sa planète. »

Il avait trouvé une méthode pour sortir de là avant de se régénérer : découdre sa chère écharpe comme un fil d’Ariane. C’était un crève cœur pour lui. Il attacha un bout de son écharpe à un mur, et recommença sa recherche. Il croisa une bête à l’apparence féroce mais heureusement docile – il avait déjà hypnotisé une de ses congénères sur la planète Peladon. Il s’inquiéta de ne pas encore avoir croisé le rat géant du Maître. Était-ce une blague ? Ou était-il déjà sorti ? L’idée de se faire ridiculiser par un animal lui était douloureuse. Non, décidément, le Maître lui aurait dit.

Il croisa à plusieurs reprises son fil d’Ariane, lui permettant d’éviter de reprendre le même chemin, il évita aussi des pièges sophistiqués tels des rayons paralysants ou des rayons transformeurs en pierre, aussi bien que des pièges grossiers, comme des filets tombant du plafond. Quel était donc la taille de ce labyrinthe ?

Il trouva la sortie de manière soudaine. C’était une porte à peine visible d’à peine 1m50 de haut. Le Docteur fut surpris de la personne qu’il vit : la Rani. Celle-ci se faisait maintenant passer pour la Maître pour faire ses expériences sur lui. Il devrait se méfier à l’avenir. La Rani était dans un siège confortable… endormie. Sans doute, le Docteur avait-il passé beaucoup de temps pour trouver la sortie. Il passa discrètement devant elle et aperçu des TARDIS dans une salle derrière, à coté de celui de sa consœur Seigneur du Temps. Il entra dans celui de son ennemi, y enleva une pièce principale, le contrôleur de destination, ainsi la Rani ne pourrait plus lui poser de pareils pièges. Il reprit son TARDIS, qui, à son grand étonnement, se dématérialisa en silence.

NOTES de l’auteur : Le minotaure est un monstre légendaire de l’antiquité à l’apparence de taureau.

Le taureau et le rat sont mes deux signes du zodiaque (occidental et chinois).

Idées sortie de : Castrovalva, The Monster of Peladon, The Horns of Nimon.

Photomontage :

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Umanimo (Texte et Fanarts)

Texte :

Zoodiaque

« Mon cher Kl’’ï^d#, votre zoo est absolument étonnant. »

Kl’’ï^d# se rengorge et agite négligemment ses écailles de nuque.

« J’avoue être plutôt content de moi, gouverneur Wr`û~g%. Cela m’a demandé des années d’étude, et encore plus longtemps de recherche, mais le résultat est là. Que penseriez-vous d’une deuxième visite ?

– Oh volontiers, volontiers, Kl’’ï^d#. Certains spécimens ont particulièrement attirés mon attention. »

Il enroule son troisième tentacule antérieur autour du pédoncule de son œil unique. Ce qui est un signe évident de ravissement. Kl’’ï^d# sent la place de Grand Superviseur des Espèces Étrangères, qu’il vise depuis un moment, se concrétiser.

Il glisse son appendice ventral dans la serrure compliquée du jardin, et l’ouvre à nouveau. Divers bruissements et des odeurs étrangères frappent leurs récepteurs sensoriels.

L’établissement est divisé en autant de cases qu’il y a d’espèces, et chacune offre à son occupant le milieu idéal pour lui permettre de prospérer.

Kl’’ï^d# et Wr`û~g% s’arrêtent tout d’abord près d’un globe au trois quart rempli d’eau. Deux créatures s’y ébattent. Elles ont une forme allongée, des écailles couvrent leur corps, leurs membres sont prolongés par des voiles qui leur servent à se déplacer dans ce milieu liquide.

« Pouvez-vous me répéter les noms et les caractéristiques de ces êtres ? demande Wr`û~g%.

– Bien entendu, gouverneur. Ceux-ci s’appellent des « Poissons ». Comme vous pouvez le constater, ils ont besoin… »

Ils poursuivent leur excursion, Kl’’ï^d# présentant chacun de ses protégés avec forces détails, religieusement écoutés par Wr`û~g%.

C’est ainsi qu’ils passent près d’un enclos contenant un individu se déplaçant sur quatre membres et dont la tête s’orne de deux protubérances enroulées en spirale. Kl’’ï^d# le qualifie de « Bélier ».

Le suivant est également un quadrupède cornu, mais plus gros et semblant plus agressif. Il fait entendre un long cri et fonce sur les visiteurs. Heureusement, sa cage est suffisamment solide pour éviter tout incident. Cependant, Wr`û~g% ne peut s’empêcher de ressentir un délicieux frisson de crainte.

Ils passent rapidement près d’un autre local contenant de l’eau et dans lequel s’ébat un être caparaçonné d’une coque dure, se déplaçant sur dix pattes crépitant sur la roche.

« Un Crabe ou Cancer, précise Kl’’ï^d#.

– Ah, s’exclame Wr`û~g% en désignant l’enclos suivant. C’est surtout celui-ci que je souhaitais revoir. Savez-vous, mon cher Kl’’ï^d#, que je ne suis pas loin de penser que cette créature possède une sorte de conscience ? Primitive, certes, fort primitive, mais ses balbutiements pourraient avoir du sens, si on prend la peine de les écouter attentivement. »

Kl’’ï^d# plisse avec finesse son cornet émetteur.

« Mon cher gouverneur, figurez-vous que cette idée m’a également traversé l’esprit. Cet individu imite à la perfection nos comportements, mais ce n’est que du mimétisme sans signification. J’ai fait analyser ces sons, et je puis vous assurer qu’ils n’ont aucun sens. »

L’occupant de l’enceinte secoue les barreaux de son abri et hurle :

« Libérez-moi, bande de poulpes grotesques. Je suis le Maître, vous m’entendez ! Pas une de vos bestioles ridicules enfermées dans cette ménagerie. »

Sous l’effet du stress, il perd la maîtrise de son apparence et ses yeux virent au jaune, tandis que ses canines prennent la forme de crocs. Il voit même avec effroi ses mains se couvrir d’une fourrure fauve et ses ongles s’étirer en longues griffes. Il pousse un hululement de désespoir.

Les deux Xk*ël& reculent de quelques pas.

« C’est très certainement votre spécimen le plus impressionnant, murmure Wr`û~g%. Cette transformation a sûrement un caractère défensif dans son milieu naturel. Elle est tout ce qu’il y a de plus déroutante. De quoi effrayer ses prédateurs.

– Sans doute, souffle Kl’’ï^d#. On s’y laisserait prendre, n’est-ce pas ? Pour un peu, on pourrait le croire dangereux. Continuons la visite, si vous voulez bien. »

Ils s’éloignent rapidement en ondulant des pseudopodes, chacun étant peu désireux de montrer à l’autre qu’il n’a pas envie de rester plus longtemps dans le voisinage de ce monstre.

Fanarts :

 

Poissons-Sea-Devils

Gemeaux-Mark-Rani

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 10 mars à 20h00 (pour la France. Au Québec, prenez en compte le décalage horaire.) À envoyer à : umanimo@live.fr

Au nom du très glorieux « Sontaran » Empire, le thème de la semaine prochaine est les « Sontariens » !

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