Résultats de l’Artisons #39

Voici les participations du précédent Artisons sur le thème « Sontarans ». Il n’y a pas de thème pour la semaine prochaine.

Les Artisons sont En Pause pour cause de désaffection, donc nous avons décidé de nous donner le temps de la réflexion et peut-être de faire une certaine réfection sur la façon dont ils vont se poursuivre.

(Cliquez sur les images pour les afficher en plus grand)

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Florent F. (Fanart)

Sontarien-retouche

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Julien Layahe (Texte)

Le Crabe Victorieux

Dans le QG de Sontar, tous les généraux s’étaient rassemblés en réunion extraordinaire.

Le généralissime Stramx ouvrit la réunion :

« Bien ! comme vous le savez, nous sommes réunis pour tenter de détruire le Docteur. Il anéantit nos plans depuis trop longtemps, nous devons donc l’éliminer pour la gloire de Sontar

– Mais comment allons-nous faire ? interrogea une voix dans le fond. Quoi que nous fassions, le Docteur réussit toujours à déjouer nos stratagèmes

– c’est pourquoi cette fois, nous devons établir une véritable stratégie, et donc évaluer les faiblesses de notre ennemi ! J’ai réussi à obtenir des détails de certaines des batailles livrées par le Docteur. Il ressort de ces informations que le principal point faible de notre cible réside dans ses compagnons. Il fera n’importe quoi pour les sauver. »

Cinq heures plus tard, le plan était prêt

« Bien, conclut Stramx. Nos ingénieurs vont se mettre au travail, et le Docteur n’interférera plus jamais dans nos plans ! SONTAR-HA ! »

Dans le Tardis, le Docteur s’affairait autour de la console. Il était impatient d’aller chercher Clara pour lui montrer une nouvelle merveille de l’Univers qu’il venait de découvrir. Il atterrit dans l’appartement de la jeune femme mais une surprise l’attendait. A peine était-il sorti du Tardis qu’il se faisait assommer de derrière.

Quand il se réveilla, il était dans une immense salle métallique. Contre le mur se trouvait une machine menaçante hérissé de manettes et leviers, lui donnant l’air d’un crabe aux yeux malveillants. Cette machine était transparente, et le Docteur eut un mouvement de recul en constatant que la machine contenait les corps de ses compagnons, qui semblaient dans une position très inconfortable. Il se précipita vers la machine, mais fut repoussé par un champ de force. A ce moment, une voix retentit derrière lui.

« Ah, Docteur ! Préparez-vous à payer pour les crimes que vous avez commis contre l’armée de Sontar !

– Des Sontariens ! s’exclama le Docteur. Qu’avez-vous fait à mes amis ?

– Vos amis vont bien, répondit Stramx, pour l’instant. Vous allez être jugé en cour martiale et exécuté, et si vous tentez quoi que ce soit, nous exécuterons vos compagnons, et leur mort sera lente et douloureuse aux mains de notre C.A.N.C.E.R 58746 ! Restez ici pour le moment, nous viendrons vous chercher pour votre jugement. »

Il quitta la pièce, laissant le Docteur comme figé d’impuissance. Il s’assit en tailleur devant la machine, mais ne put bientôt plus soutenir le regard plein d’espoir et de confiance de ses compagnons et enfouit sa tête dans ses mains. Il n’osait pas ne serait-ce que tenter de s’approcher, de peur que les Sontariens ne déclenchent la machine.

Au bout de quelques heures, trois Sontariens vinrent le chercher. Alors qu’ils se dirigeaient vers la porte, le Docteur entendit deux coups de feu derrière lui. Il se retourna et vit que deux des gardes gisaient sur le sol. Le troisième Sontarien s’adressa à lui :

« Docteur, j’ai réussi à m’infiltrer dans la flotte et à détruire le champ de force. Sauvez vos compagnons, je vais prendre le contrôle du pont.

– Strax ! Merci beaucoup. »

Sans perdre de temps, le Docteur se dirigea vers la machine, mais une alarme le fit s’arrêter. Il constata avec horreur que ses compagnons montraient des signes de douleur intense.

« Dépêchez-vous, Docteur ! cria Strax, vous aurez peut-être le temps de les sauver ! »

Le Docteur sortit son tournevis sonique, mais constata avec dépit que la machine y était insensible. Il commença alors à manipuler les leviers avec beaucoup de précautions, afin d’éviter d’abréger les souffrances des prisonniers.

Au bout d’une dizaine de minutes, l’un des leviers déclencha l’ouverture de la machine. Cependant, la machine continuait d’opérer. Il s’affaira alors à détacher un à un les liens de ses amis. Quelques temps plus tard, un haut-parleur se fit entendre

« Docteur, ici Strax ! J’’ai réussi à prendre le contrôle du pont, mais je ne peux pas arrêter la machine ! Je reviens pour vous aider. »

Il revint bientôt, et commença à aider le Docteur et les compagnons déjà libérés. Finalement, ils parvinrent à détacher tout le monde. Malheureusement, ils étaient arrivés trop tard pour certains d’entre eux, qui avaient succombé aux pinces de la machine. Tegan avait presque succombé au moment où elle avait été libérée, et tenait difficilement sur ses jambes. Tous s’assemblèrent pour contempler les corps.

« Strax, dit le Docteur d’une voix neutre, ramenez tout le monde au Tardis. Je vous rejoins. »

Cela prit du temps, mais ils finirent tous par partir, laissant le Docteur seul avec les cadavres de ces compagnons qu’il n’avait pas pu sauver. Il s’agenouilla près d’eux et les contempla, les larmes aux yeux. Ben, Evelyn, Alistair, Barbara, Sarah Jane… Il avait soudain l’impression que tout son âge s’abattait soudain sur ses épaules.

Après un long moment, il se dirigea vers la porte. Il retourna au Tardis et fit un micro-déplacement pour prendre les corps à bord. Ensuite, il ramena chacun à sa place dans le temps et l’espace.

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Laureline (Texte et Photomontage)

pommes de terre

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Umanimo (Fanarts et Texte)

Fanart

Un Sontarygon

sontarygon

Texte

Nothing can stop me now!

« Plus rien dans l’univers ne peut m’arrêter, maintenant ! »

Le Maître exulte.

Il rit d’aise en se renversant en arrière dans son fauteuil et en étirant ses jambes. Cette planète est idéale pour son plan. Des êtres primitifs, des guerriers disciplinés et bornés et qui ne pensent qu’à la guerre, ne vivent et n’existent que pour ça.

Avec leur combativité et son intelligence, plus rien dans l’Univers ne peut les arrêter, maintenant ! Plus rien !

***

Le professeur Doris Faure colle son œil à l’oculaire du microscope. Elle observe le minuscule insecte qui se fraie un chemin dans la rondelle de pomme de terre. Elle pousse un « ah ! » satisfait. Cet animal fait des dégâts considérables dans le légume.

On pourrait trouver curieux que le professeur Faure ait passé cinq ans de sa vie à trouver le parasite parfait pour la pomme de terre, mais ce n’est que la première étape de son étude. Maintenant, elle va pouvoir travailler sur son prédateur. Celui qui sera le parfait guerrier contre cet insecte qu’elle a voulu presque indestructible.

Elle referme avec précaution la boîte qui contient les nuisibles. Il est extrêmement important que cette bête ne s’échappe pas et ne prolifère pas. Sinon, pour l’instant, rien, dans le monde ne pourrait l’arrêter ! Rien !

***

Le Maître regarde l’immense champ de vaisseaux spatiaux qui s’étend à perte de vue. Il a suffit d’un an pour créer cette flotte à partir de rien. Les habitants de ce monde sont d’une efficacité qui laisse rêveur. Ils ne perdent pas de temps pour tout ce qui concerne la vie du corps. Nourris par transfusion pendant qu’ils travaillent, ne dormant que très peu, se reproduisant par clonage, n’ayant d’autre but que la préparation de la guerre, ils sont infiniment plus intéressants que les Humains.

« Pourquoi ai-je toujours perdu mon temps sur cette boule de boue perdue aux confins de l’espace ? se demande-t-il. Pour ennuyer le Docteur ? Le jeu n’en valait pas la chandelle. Il sera toujours temps de la détruire une fois la galaxie et l’Univers à mes pieds. »

***

Le Docteur grommelle quelques mots indistincts. Il est plongé dans l’étude attentive de certaines pièces du TARDIS. Il soupire :

« Il n’y a pas de raison que ça ne marche pas cette fois. »

Après avoir remis les pièces en place, il enclenche la dématérialisation et a la satisfaction d’entendre le son caractéristique du TARDIS s’élever.

À quelques mètres de là, dans une autre pièce, Liz est penchée sur un livre particulièrement épais et rébarbatif. Elle entend un bruit familier, suivi du léger grincement d’une porte qui s’ouvre.

« Encore raté, Docteur. » remarque-t-elle, sans se retourner.

Il s’approche et jette un coup d’œil à son ouvrage.

« Les Parasites de la Pomme de Terre ? Drôle de lecture, commente-t-il.

– Une amie m’a demandé de lui donner un coup de main pour répertorier tous les remèdes connus sur les parasites de la pomme de terre. Même les plus anciens. »

Le Docteur se désintéresse du sujet et rentre dans le TARDIS. Il démonte encore une fois les circuits qui refusent de fonctionner correctement.

***

Ils ont semé la mort et la destruction sur plusieurs centaines de planètes. Il les tient dans sa main, leurs habitants réduits en esclavage. Un bon nombre de ces planètes a été transformé pour devenir des centres de clonage pour les soldats et d’autres des chantiers de construction pour les vaisseaux de guerre.

Le Maître fume un gros cigare en écoutant vaguement le rapport que lui fait le chef suprême. Tout va parfaitement bien. Leur conquête avance avec la régularité et l’efficacité d’un rouleau compresseur. Son plan se déroule exactement comme il l’avait prévu.

Trop bien, même. Le Maître commence à s’ennuyer. Les rapports sont toujours les mêmes : « planète X conquise », « planète Y convertie », « tant de guerriers, vaisseaux qui partent pour la galaxie Z ». Ennuyeux, très ennuyeux. Ses doigts jouent un rythme à quatre temps sur son bureau, tandis qu’il regarde sur un écran la représentation d’une partie de l’espace. Un système solaire sur le bras d’une galaxie. Une étoile de type naine jaune, autour de laquelle tournent treize planètes. Il fait un zoom sur la troisième, de type tellurique. Elle tournoie devant lui, révélant ses continents marbrés de vert et de brun et ses océans d’un bleu profond, sous la couche mouvante des nuages.

Et s’il allait récupérer celle-là aussi, histoire de s’amuser un peu ?

***

La Terre est à feu et à sang. Surgis de nulle part, des millions de vaisseaux spatiaux, ronds comme des balles, mais infiniment plus mortels, ont surgi des profondeurs de l’espace. De leurs entrailles sont sortis des soldats extra-terrestres à l’aspect repoussant et surtout à l’efficacité terrifiante. Ils ont investi en quelques jours tous les centres nerveux de la planète : les bases militaires, les centrales d’énergie, les usines de fabrication d’armes ou de produits essentiels.

Les pays se soumettent les uns après les autres. Le Docteur et UNIT ont assisté à ce désastre sans rien pouvoir faire. Sans son TARDIS vraiment opérationnel, le Docteur ne peut pas tenter un déplacement dans l’espace pour savoir qui sont ces guerriers et la manière la plus efficace de les combattre et les soldats d’UNIT ont été balayés comme les autres.

L’ambiance est morne au Quartier Général. Les rapports qui leur parviennent du monde entier sont désastreux. Même leur base, pourtant peu connue, risque d’un moment à l’autre d’être investie.

***

« Eh bien Docteur, que penses-tu de ça ? Efficace, n’est-ce pas ?

– J’avoue ne pas m’être douté que tu étais derrière cette invasion. Trop efficace justement. »

Les paroles du Docteur font grincer le Maître des dents, mais il ne se départit pas de son sourire.

« C’est tout ce qu’il reste à ce pauvre Docteur, songe-t-il. La moquerie et cet air flegmatique, comme s’il n’était pas totalement en mon pouvoir. Oh, comme la situation est délicieuse. Retenir le Docteur prisonnier, avec ses chers compagnons, le Brigadier Alistair Lethbridge-Stewart et la scientifique Liz Shaw, et les faire assister à la destruction de la Terre et de l’Humanité par mes troupes. »

La petite pièce dans laquelle ils sont enfermés est juste pourvue du confort minimal. Un écran géant couvre l’un des murs et diffuse en permanence les images de ce qui se passe à l’extérieur.

Avec un ricanement satisfait, le Maître ferme la porte et les laisse face à ce qu’ils voient se dérouler sans pouvoir intervenir.

Les premières heures sont difficiles. Il est impossible de ne pas avoir le regard attiré par l’écran. Là, à quelques mètres d’eux, des innocents meurent ou sont emmenés en esclavage, des guerriers non humains prennent le pouvoir sur la Terre. Par moments, Liz, assise devant la télévision, pleure sans retenue. Le Docteur lui pose une main réconfortante sur l’épaule.

***

La porte s’ouvre brutalement et deux des soldats jettent sans ménagement un homme ligoté dans la pièce. Il atterrit lourdement à leurs pieds et reste immobile sur le sol. Bien que sa tête soit couverte d’un sac en tissu serré autour du cou, il n’y a pas de doute quant à son identité.

Le Brigadier regarde de haut la silhouette noire et un sourire ironique étire ses lèvres.

« Pris à ton propre piège, Maître ? prononce-t-il d’une voix suave. Des difficultés … « techniques » dans ton irrésistible ascension ?

– Brigadier ! gronde le Docteur. Voyons ce qu’il lui arrive. »

Il défait le sac et découvre la tête du Maître. Une balafre sanglante orne son front. Il semble bien qu’il y ait eu désaccord entre les anciens alliés. Pourquoi les gagnants ont-ils enfermé le perdant dans la même pièce qu’eux ? C’est un mystère.

« Manque d’imagination, je pense, soumet Liz. Ces individus n’ont pas l’air d’une grande intelligence. »

Le Docteur défait les liens de son compatriote et l’étend sur le sol.

« Voulez-vous me passer le coussin de ce fauteuil, Brigadier, s’il vous plait ? Liz, mouillez un des gants de toilette et donnez-le-moi, vous serez gentille. »

Pendant ce temps, il vérifie que les deux cœurs battent correctement et que la respiration est normale. Tout va bien, il est juste inconscient à cause du coup.

Liz regarde avec étonnement le Docteur glisser le coussin sous la tête du blessé avec une grande douceur, nettoyer la plaie et le sang qui en a coulé et bassiner son visage d’eau fraîche pour lui faire reprendre connaissance.

« Pourquoi vous montrez-vous si clément ? le questionne-t-elle. Il est responsable de tout ça, ajoute-t-elle en montrant l’écran. Tout ce qui lui arrive, tout ce qui NOUS arrive, est de sa faute.

– Nous allons avoir besoin de lui pour sortir d’ici », explique le Docteur.

Liz hoche la tête. Elle n’est guère convaincue par l’argument.

***

Doris passe lentement la tête dans l’entrebâillement de la porte de la chambre froide. Elle grelotte d’y avoir passé plusieurs heures. Ses yeux inquiets font le tour du laboratoire à la recherche de ces créatures effrayantes qui l’ont investie si brusquement un peu auparavant.

Le professeur Faure avait à peine fait attention aux nouvelles que diffusait la radio. L’affolement des autres occupants du laboratoire ne l’avait pas tirée de sa concentration. Ce n’était que lorsqu’elle avait entendu les cris gutturaux des monstres, qu’elle avait réalisé qu’il se passait quelque chose de grave.

Le cœur battant, Doris explore son lieu de travail. Il est vide. Plus personne, même pas ces soldats aux allures pataudes, mais à la redoutable agressivité. Elle regarde par la fenêtre. Elle frémit lorsqu’elle voit des corps étendus, sans vie, sur les pelouses ou les allées entre les bâtiments du complexe scientifique.

Elle s’avance avec prudence dans les couloirs. Elle met ses mains dans les poches de sa blouse pour les empêcher de trembler et y trouve la boîte dans laquelle elle a enfermé son redoutable prédateur de la pomme de terre. Comme cet animal lui paraît inoffensif, maintenant.

« Doris… Par ici… Vous êtes folle de vous promener ainsi », chuchote une voix angoissée.

La scientifique sursaute et laisse tomber sa boîte qui s’ouvre sous le choc. Son collègue l’attrape par le bras et, sans écouter ses protestations, l’entraîne vers l’escalier qui descend au sous-sol.

Une gelée brune s’étale lentement sur la surface du corridor. Quelques minutes à peine après que les deux savants aient disparus, une troupe de guerriers parcourt, d’un pas cadencé, l’endroit où ils se sont tenus. Les soldats ne semblent pas voir la souillure qu’ils emportent sur la semelle de leurs bottes.

***

Les quatre occupants de la cellule ont mis sur la table tout ce qui se trouvait dans leurs poches pour faire le bilan de ce qu’ils pourraient utiliser pour s’évader. Cela se réduit à peu de chose, chacun ayant été fouillé avant d’être enfermé. Le Docteur énumère :

« Un mouchoir blanc parfumé à la violette, un bâton de rouge à lèvre « rouge baiser », une pince à épiler, un article découpé dans un journal : « La pomme de terre, notre amie » – vous êtes toujours là-dessus, Liz ? Un mouchoir à carreaux taille drap de lit, pas très propre.

– Je suis enrhumé, proteste le Brigadier.

– Deux aspirines dans un sachet en papier.

– Je suis enrhumé, répète le Brigadier, bougon.

– Une pochette brodée aux initiales TD, une petite partie des circuits du TARDIS – je me demande pourquoi tu m’as laissé garder ça, un mouchoir blanc en tissu inconnu sur la Terre, un tournevis pour lilliputien – comment cet objet a échappé à la fouille de tes « amis », je ne veux pas le savoir, un cigare dans son étui d’aluminium. C’est maigre », ajoute-t-il.

Quand le Maître était revenu à lui, quelques minutes plus tôt, la confrontation avec le Brigadier et Liz n’avait pas été très cordiale. Même le Docteur avait abandonné ses manières douces. Il n’y avait pas eu beaucoup d’échanges de mots, mais ceux-ci avaient été particulièrement secs. Puis le Docteur avait appelé au calme.

« Qu’est-ce qui s’est passé avec tes collaborateurs ? avait-il d’abord demandé.

– Inutile d’en parler », avait répondu le Maître, en fuyant son regard.

Son air à la fois penaud et furieux était amusant à observer pour les trois autres prisonniers.

« L’important est qu’il faut sortir de là, maintenant. Une fois que nous aurons passé cette porte, cela ne devrait poser aucun problème. Je sais comment faire.

– Et tu sais aussi comment arrêter ce carnage que tu as déclenché sur la Terre ?

– Oh ça ? C’est le cadet de mes soucis.

– Nous ne vous laisserons pas partir tant qu’il y aura encore une seule de ces créatures patatoïdes sur la surface du Globe. Et vous aurez à répondre de crimes contre l’Humanité, une fois que tout ça sera réglé », avait grommelé le Brigadier, menaçant.

***

Les deux Seigneurs du Temps tentent d’ouvrir la porte, à l’aide du tournevis, de la pince à épiler et de deux épingles à cheveux de Liz. La scientifique et le Brigadier restent devant l’écran qui ne diffuse plus que des vues de la Terre déserte. C’est pire encore que la vision des massacres d’il y a quelques heures. La rotation des images, toujours la même, est assez rapide. Certaines caméras semblent être tombées ou s’être éteintes, car parfois, pendant quelques secondes, on ne voit plus que du gris ou l’image prend un angle bizarre.

« Docteur ! »

Liz n’est pas sûre de ne pas avoir rêvé ce qu’elle vient de voir – le visage en gros plan d’un des envahisseurs, les yeux ternes, l’expression apathique – car on est déjà passé à une autre caméra.

« Mmh ? répond le Docteur, concentré sur sa tâche.

– Non, ce n’est rien, excusez-moi. »

Quelques minutes plus tard, il y a plusieurs déclics à la serrure et la porte s’ouvre. Le Docteur met un doigt sur sa bouche et pousse doucement le battant. Ils ont démonté un des fauteuils et les deux Seigneurs du Temps tiennent chacun à la main un des pieds du meuble.

« Leur point faible, avait dit le Maître, c’est le pertuis qu’ils ont à la nuque et qui sert à les nourrir. Un bon coup dessus suffit à les assommer pour plusieurs heures. Vous tirez à l’intérieur et vous les tuez. »

Mais le couloir est désert. Sont-ils si sûrs d’eux qu’ils ne surveillent même pas la cellule où ils ont enfermé les seules personnes capables de leur faire échec ?

***

Pas âme qui vive partout dans la base. Les vainqueurs ne se sont pas donné la peine d’enlever les cadavres des soldats et on entend le Brigadier murmurer un nom chaque fois qu’il rencontre un corps. Son regard devient de plus en plus dur.

Ils atteignent enfin le rez-de-chaussée après avoir remonté sur trois étages de sous-sol. Un des guerriers étrangers bloque le passage vers l’extérieur. Ou plutôt son cadavre empêche la porte de s’ouvrir. Ils ne sont déjà pas plaisants à regarder au naturel, mais celui-ci a le visage creusé de cratères sanguinolents et une bave brune coule de sa bouche grande ouverte.

« Liz, n’y touchez pas ! » s’écrie le Docteur, alors la scientifique se penche sur lui avec curiosité.

Ils repoussent le corps pour sortir. À cet étage, c’est un spectacle ahurissant qui les attend. Mêlé aux corps des soldats d’UNIT, les cadavres de ces combattants de l’espace encombrent les locaux. Tous ont le même aspect que le premier, la chair forée par quelque chose. Un microbe, un parasite ? Ils ne savent pas encore quoi, mais cela se révèle d’une redoutable efficacité contre les envahisseurs.

« Je vais faire des prélèvements, dit Liz en se dirigeant vers son laboratoire.

– Et moi, je vais prendre des précautions », grogne le Brigadier en attrapant fermement le Maître par le bras.

Il l’entraîne vers son bureau, malgré ses protestations.

« Je vous ai permis de sortir de la cellule. Sans mon aide et mon tournevis, vous n’y seriez pas parvenu. Lâchez-moi ! Docteur ! »

Mais le Docteur, non seulement ne lui vient pas en aide, mais au contraire, donne un coup de main au Brigadier pour l’attacher par une paire de menottes à un lourd bureau métallique.

***

Les survivants sortent peu à peu de leurs cachettes. Ils avancent dans les rues et les bâtiments, étonnés d’être encore là, étonnés que leurs redoutables ennemis aient été vaincus si rapidement par une force inconnue. Tous les guerriers qui ne sont pas morts se sont enfuis dans leurs vaisseaux ronds comme des balles. Il reste encore une partie de ces engins au sol et ils explosent les uns après les autres, faisant encore des dégâts, tuant encore les imprudents trop curieux qui s’en sont approchés.

Munie de ses prélèvements, Liz a contacté Doris. Les analyses seront plus efficaces dans son laboratoire de biologie. Les deux scientifiques, masquées et gantées, sont penchées chacune sur l’oculaire d’un microscope où elles viennent de déposer les échantillons. Doris pousse soudainement une exclamation :

« C’est le mien ! Je n’arrive pas à le croire. C’est le mien !

– Le tien quoi ? s’étonne Liz.

– Mon parasite ! Le parasite de la pomme de terre que j’ai inventé pour pouvoir créer son combattant. Il est impossible que je le confonde avec un autre, cela fait cinq ans que je travaille dessus. »

Liz la regarde, abasourdie.

« Bien sûr, murmure Doris. La boîte que j’ai fait tomber dans le couloir. Le complexe était plein de ces créatures, elles ont dû marcher dedans et répandre cette peste entre elles. Le plus surprenant, c’est la rapidité de propagation de cette maladie. C’est parti d’ici et en moins de deux jours, ils étaient tous morts ou en fuite.

– Et ceux qui sont repartis vers les étoiles vont aller contaminer les autres, ajoute Liz. Il y a des chances pour que ton parasite aide à éradiquer cette menace, définitivement. »

Les deux amies éclatent de rire en s’embrassant et en se donnant des tapes dans le dos.

« Doris Faure, tu mérites une médaille, tu as combattu toute seule les patates mortelles de l’espace. »

***

« Vous ne l’aviez pas fouillé ? »

Le Brigadier et le Docteur contemplent la paire de menottes qui est toujours accrochée au gros bureau métallique. On ne l’a pas ouverte avec une clé, on l’a démontée. Et, bien entendu, elle ne retient plus personne.

« Il était attaché par les deux mains, il ne pouvait pas faire quoi que ce soit, rétorque le Brigadier. Et je lui avais confisqué son micro-tournevis.

– Heu, à vrai dire, balbutie le Docteur en rougissant, il n’était plus attaché par les deux mains. Je lui avais donné un peu de confort pour lui permettre de boire un thé. »

Le Brigadier lève les bras et les yeux au ciel, en un geste exprimant à la fois l’exaspération et la résignation.

« Je suppose qu’on peut dire que nous sommes tous les deux responsables, grommelle-t-il en hochant la tête. Vous a-t-il fait savoir sur quelle planète il est allé pêcher ses collaborateurs cette fois ? ajoute-t-il, pour changer de conversation.

– Oui, je lui ai demandé. Sontar, paraît-il. Je ne connais pas, l’Univers est si vaste et j’ai si peu voyagé, soupire-t-il.

– En tout cas, une chose dont nous pouvons avoir la certitude, affirme le Brigadier. Nous ne reverrons plus jamais ces Sontariens ici, sur Terre. »

Fanart

L’arme la plus puissante contre un Sontarien : l’épluche patate

Eplucheur-sontarien

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À bientôt pour un nouveau sujet d’Artisons…

 

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