Résultats Artisons Terry Pratchett

Sir Terry nous a quitté pour son Disque-Monde et pour pouvoir boire un coup avec la Mort (en bons copains). Mais les crossovers Doctor Who / Multiverse Pratchettiens ne mourront jamais.

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Florent F. (Fanart)

Pratchett-Florent

K9-separateur-small4Laureline (Texte)

La Réunion

Cercle des Inklings, hors du monde et de toute temporalité.

J. R. R. Tolkien : Nous sommes ici pour déterminer si Terry Pratchett peut rentrer dans notre cercle d’écrivains. Il attends notre décision dans le boudoir avec un ami mystérieux à lui, un être encapuchonné de noir.

C. S. Lewis : Combien de livres a-t-il écrit ?

J. R. R. Tolkien : Environ 40, plus des ajouts. Son domaine est le fantastique, il m’a empruntée quelques idées de certains d’entre nous. Des mages et des créatures non réelles. Il a créé une géographie, comme ma Terre du Milieu et son environnement. C’est comme s’il complétait nos œuvres.

C. S. Lewis : Il pourrait dont entrer dans un de mes mondes probables connexe à Narnia et à notre Terre ?

J. R. R. Tolkien : Bien sûr, il pourrait-être dans une des mares. Il a beaucoup écrit pour développer son monde. Mais il est plus humoristique que nous : ses mages sont des ratés. Il a même osé rire de la Mort – d’ailleurs, je crains que ce ne soit l’ami qui vient de l’amener.

C. S. Lewis : La question est de savoir si c’est mieux fait que certains autres, si il y aura la même continuité que la nôtre, si des fans écriront sur son monde dans 50 ans.

C. E. Webber : Regardons la réaction du monde à son départ forcé. Nous débattrons ensuite de son entrée ou non dans notre cercle des meilleurs concepteurs anglais de mondes.

Notes : C. E. Webber est un des premiers auteurs de Doctor Who.

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Marie D. (Texte et Fanart)

Toursonique

Elle n’avait pas peur, ça, non. Mais elle l’admettait, elle avait été surprise. Elle avait pu assister à de nombreux évènements étranges tels que seul le narrativium du Disque-Monde pouvait en produire. Elle avait dansé avec l’hiver, elle avait traversé le feu, mais elle n’avait jamais vu apparaître une boîte bleue.

Pour autant, elle n’avait pas peur. Elle était bien cachée, habillée un ton plus clair que le noir, parfait pour se confondre avec la nuit. Par contre, les créatures qui étaient sorties de la boite bleue…

L’un portait toutes les couleurs qui existait, avait existé et existerait, à part peut-être l’Octarine – quoi que, il y avait une lueur bizarre dans les yeux du chat miniature qui lui servait de broche. La femme qui l’accompagnait était plus sobre. Plus âgée, elle respirait la respectabilité. Une sorcière, peut-être ? Mais une belle sorcière, élégante, sûre d’elle et terre à terre.

Ce qui ne semblait pas être le cas de son compagnon.

« Il faut admettre que les ennuis nous tombent dessus de manière régulière.

Vous tombe dessus, Docteur ! Je pense même que vous les attirez ! »

L’homme coloré achoppa contre une racine. « Quoi qu’il en soit, j’ai réparé mon tournevis sonique, je vais pouvoir m’en sortir un peu mieux. Sauf peut-être contre le bois. »

Tiphaine choisit cet instant pour apparaître, effrayant quelque peu les deux voyageurs. L’objet incongru fut brandi, ce qui n’impressionna pas la jeune sorcière.

« Hum, c’est une baguette magique ? Elle n’est pas très impressionnante. Les mages ont d’ordinaire un bourdon, les baguettes, c’est pour nous, mais on ne les peint pas en argent. C’est tape-à-l’œil, l’argent. »

Il n’eut pas le temps de répondre, car une horde de petites créatures aussi bleues que sa boîte l’assaillirent et s’emparèrent de son tournesonique, comme Tiphaine avait cru entendre que cela s’appelait.

« On menache pas la michante sorcière jaeyante !

– Ch’est notre michante !

– Laiche ton arm’ ! »

La dame qui l’accompagnait fut plus réactive. Elle s’empara de l’objet et le jeta aux petits êtres. La jeune femme en profita pour gronder les Nac Mac Feegle les plus proches d’elle.

« Nan mais ‘faut le voir che type ! Il croit qu’avec c’te toursonique, il va solutionner tout ! » lui répondit le plus jeune, P’tit-John, et elle était étonnée d’entendre un mot si compliqué dans sa bouche.

« Ch’est pas si eavident la vie. Faut pluch qu’un tour de bourdon. » argua Nathan-le-bouclé.

Elle acquiesça, et à sa grande surprise, la dame respectable aussi, sous le regard penaud de son compagnon.

« Ses petits machins ont raison. On ne résout pas tout aussi facilement. Je préfère quand vous utilisez votre tête. »

Elle appuya ce compliment avec un clin d’œil, ce qui fit rougir le Docteur.

« Evelyn… Aidez-moi à me relever. »

Mais un Feegle récalcitrant s’accrochait à sa cheville.

« Turner-le-dingue, s’il te plait…

– Roh cha va hein ! »

Et il partit en pestant.

L’homme saisit le bras de son amie, et, à l’étonnement de la demoiselle, le bras de Tiphaine.

« Je laisse tomber cette idée, elle ne m’a valu que des ennuis autrefois. C’était pratique pour ouvrir les portes, mais c’est tout. Eh bien, jeune sorcière, et si tu nous faisais visiter ? »

La lumière de l’aube se frayait un chemin lentement à travers l’atmosphère chargée de magie du Disque et allait bientôt les rattraper.

Note explicative : Tiphaine Patraque et les Nac Mac Feegle sont des personnages du Disque-Monde apparaissant pour la première fois ensemble dans « Les Chtis hommes libres ». Ce n’est pas mon cycle préféré autour du Disque, mais il me semble porteur d’une philosophie que le Docteur n’aurait pas renié : Tiphaine est une sorcière, mais sur le Disque, cela ressemble plus à un boulot de sage-femme-vétérinaire-assistante-sociale qu’à enfourcher des balais et jeter des sorts. Et pour paraphraser la mentor de la jeune femme : « Si tu crois en tes rêves très fort, tu te feras quand même dépasser par ceux qui travaille pour l’obtenir. »

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Umanimo (Texte)

L’Écrivain, le Maître et la Mort

« Maître, j’ai besoin de vous. »

Le Maître sursaute et se retourne brusquement, son TCE à la main, prêt à tirer sur l’importun qui s’est introduit, il ne sait comment, dans son TARDIS.

« Qui êtes-vous ? » questionne-t-il sans aménité.

L’intrus est un homme d’un certain âge, le menton orné d’une barbe blanche. Il est habillé tout en noir, chapeau, blouson de cuir et t-shirt compris. Derrière ses lunettes, ses yeux bruns pétillent d’intelligence.

« Appelez-moi juste Terry, répond modestement l’inconnu.

– Qu’est-ce que vous voulez ? Et comment êtes-vous entré ici ?

– J’ai besoin de votre aide, répète Terry.

– Mon aide ? »

Le Maître est abasourdi. Puis il comprend… ou croit comprendre.

« Je ne fais pas de travail individuel. Je ne suis pas tueur à gages, si c’est ce à quoi vous pensez, précise-t-il avec mépris.

– Oh non ! s’exclame son hôte non désiré. Ce n’est pas du tout ça. »

Il désigne l’arme que le Maître tient toujours pointée vers lui.

« Cependant, c’est bien cet objet qui m’intéresse. Ou plutôt ce qu’il fait : réduire et… »

Le mot semble avoir du mal à passer ses lèvres. Il est visiblement ému. Même le Maître le ressent, lui qui ne se soucie pourtant guère des sentiments d’autrui.

« Que voulez-vous ? répète-t-il, légèrement irrité.

– Que vous me réduisiez avec votre TCE. Je désire aller dans un lieu où il me sera nécessaire de n’avoir que quelques micromètres de haut.

– Vous savez que le TCE ne fait pas que réduire, j’imagine.

– Je sais. Ça n’a pas d’importance. Là où je vais, il n’est pas nécessaire d’être… encore en vie. Je dirais même que ce serait plutôt un inconvénient. »

Le Maître se gratte la joue d’un air dubitatif. C’est bien la première fois que quelqu’un lui fait une telle demande. Il a l’habitude de faire peur – et il en jouit le plus souvent, mais cet homme ne semble pas effrayé. Juste… un peu inquiet. Comme lorsqu’on a pris une décision importante, mais qu’il faut la concrétiser. Se lancer dans la réalisation, ce qui demande parfois du courage.

« Vous voulez que je vous tue ?

– On peut dire ça. Mais j’appellerais plutôt cette action me « faire traverser la frontière » »

Il ajoute :

« J’ai des amis de l’autre côté… Et celui-ci ne peut plus rien m’apporter.

– Hum… je ne sais pas si… Ce n’est pas une requête banale que vous me faites.

– J’en suis conscient. Et je sais aussi que je ne peux faire appel à votre compassion. »

Son interlocuteur hausse les épaules.

« Compassion. Peuh… grommelle-t-il. Quelle émotion inutile et stupide.

– Cependant, qu’est-ce que cela vous coûte ? Une simple pression de votre pouce sur le commutateur de cet objet, pas plus.

– Moui », grogne le Maître.

Lui qui n’hésite jamais à se servir de son arme, est étrangement réticent à le faire sur cette personne. Elle lui est bizarrement sympathique, bien qu’il ne la connaisse pas. Il fait sauter l’appareil dans sa main.

« Oh, d’accord », finit-il par consentir.

Le vieil homme exhale.

« Merci »

Il se tourne légèrement, et il ajoute comme s’il parlait à quelqu’un qui se serait trouvé derrière lui :

« J’arrive.

– À qui vous adressez-vous ? interroge le Maître, soupçonneux.

– Un très vieil ami. Que vous connaissez aussi d’ailleurs, pour lui avoir souvent échappé de peu. »

Les yeux du Seigneur du Temps scrute la pièce, mais il ne voit personne d’autre que son étrange visiteur.

« N’essayez pas de me duper… commence-t-il.

– Et que pourriez-vous me faire d’autre que ce que je vous demande ? répond l’homme avec malice.

– C’est vrai. Bon, on y va ? Je n’ai pas que ça à faire, vous savez.

– Je sais. Beaucoup de plans diaboliques à mettre en place.

– Exactement. Quelle taille, pour que je puisse faire le bon réglage ?

– À peu près comme ça. »

L’étranger montre un écartement de moins d’un millimètre entre son pouce et son index.

« Cent micromètres, ça vous va ?

– Ça me paraît parfait. Juste la bonne dimension pour vivre entre les poils d’un tapis*. »

Le Maître hausse les sourcils d’un air surpris.

« Les poils d’un tapis ? Vous êtes vraiment un drôle de corps, vous. Enfin, peu importe… Vous êtes prêt ?

– Depuis plusieurs années, oui.

– Très bien. Allons-y. »

Le rayon jaillit du TCE et frappe l’inconnu. Tandis qu’il disparaît, réduit instantanément à la taille d’un microbe, une voix s’élève, une voix grave qui résonne comme si elle parlait directement dans la tête du Maître, sans passer par ses oreilles.

« MERCI MAÎTRE. ET BIENVENUE À VOUS, M. PRATCHETT. »

* Le Peuple du Tapis (ou Carpet People en anglais) fut le premier texte écrit par Terry Pratchett à l’âge de 17 ans.

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À bientôt pour un nouveau sujet d’Artisons…

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