Résultats Duos Incongrus

Quelle cuvée les amis ! C’est du bon, du très bon. Variées, drôles ou émouvantes, vos contributions sont toutes magnifiques. On y trouve des fanarts, des fanfictions, des photomontages et même des romans photos. Jugez plutôt.

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Bab-el (roman photo)

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Chanel (fanart)

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Eorina (fanarts)

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eorina

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Flavichou (photomontages)

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Florent Fayolle (texte)

– « A couvert ! » ordonna le capitaine McFarlane.
Angus McFarlane était un militaire expérimenté. Dès les premières détonations, il avait mis ses hommes à l’abri d’une maison abandonnée. Une place d’où ils pourraient se défendre et appeler des renforts. La patrouille britannique s’était retrouvée prise dans une escarmouche, comme il y en avait quotidiennement depuis plusieurs mois déjà. Roberts était touché à la jambe mais les cinq autres soldats sous ses ordres étaient indemnes. Hélas, la radio que trimballait Jackson avait reçu plusieurs balles et était hors d’usage. Impossible d’alerter la base.
– « Jackson, voyez si vous pouvez réparer la radio. Redash, occupez-vous de Roberts. Bambera, prenez le bleu avec vous et postez-vous sur le toit. Tâchez de me rendre compte de la situation ».
Le capitaine McFarlane avait toute confiance en Joseph Bambera. Ils avaient fait le débarquement de Normandie ensemble, quatre ans plus tôt à peine, et il savait de quoi il était capable. Natif de Zambie, colonie de l’empire britannique, il effectuait là sa dernière mission avant de rentrer auprès de sa famille. McFarlane n’était pas parvenu à mémoriser le nom du jeune soldat l’accompagnant. Débarqué il y a quelques jours à peine, c’était pour ce crétin maigrichon sa première patrouille. Son baptême du feu.
Par bonheur, le toit était une place relativement sûre. Plat, ses bords protégés d’un parapet, une unique trappe pour y accéder. Autour d’eux, Jérusalem était en proie au chaos. Depuis le plan de partition décidé par l’ONU, la Palestine était le théâtre de violents affrontements entre Juifs et Musulmans. Au beau milieu des combats, les soldats britanniques n’attendaient qu’une chose : la fin de leur mandat sur la Palestine pour pouvoir enfin rentrer chez eux, bien loin de ce conflit dont, il faut bien le dire, leurs dirigeants se fichaient comme de leur première tasse de thé. Joseph Bambera jeta un coup d’œil à son compagnon d’armes. Le jeune soldat était clairement terrifié.
– « Rappelle-moi ton nom, déjà ? »
– « Mott, Wilfred Mott. » articula tant bien que mal le soldat.
– « T’en fais pas, Wilfred Mott, on va se tirer de là et… »
Une détonation. Le sergent Bambera s’effondra. Wilfred Mott, plus terrorisé que jamais, s’approcha de son supérieur. Mort. C’était la première fois qu’il voyait un camarade tomber au combat. Recroquevillé dans l’angle du parapet, serrant son Lee-Enfield * dans ses poings, Wilfred tenta un regard sur la rue en contrebas. Des combattants, des détonations, de la fumée… On aurait juré être au milieu d’une tempête, avec toutes ces balles ! Le monde était-il devenu fou ? … Personne ne semblait prêter attention à lui et il était possible que le sergent ait été victime d’une balle perdue. Il épaula son fusil, bien décidé à faire feu. Le doigt tremblant sur la gâchette, la front en sueur, Wilfred retint son souffle. Sur qui tirer ? A cette distance, impossible de savoir à quel camp appartenaient les hommes se battant plus bas. Et à bien y réfléchir, il lui semblait que tous défendaient des causes légitimes, quoiqu’inconciliables. Et après tout, qu’avait-il à voir avec ce conflit qui le dépassait ? … Il en était là de ces réflexions lorsqu’un individu vint interrompre le fil de sa pensée.
– « Excusez-moi, mon brave – l’interpella un homme qu’il n’avait encore jamais vu – n’auriez-vous pas remarqué quelque chose d’étrange dans les parages ? »
Ces derniers mots avaient été prononcés sur le ton de la confidence et Wilfred se disait que l’inconnu était bien la chose la plus étrange et la plus incongrue qu’il ai vu ces derniers jours. Bien plus grand que lui, l’homme portait un vieux galurin cabossé sur une épaisse tignasse bouclée. Malgré la chaleur, une écharpe colorée, d’une longueur démesurée, était enroulée autour de son cou. Il le regardait de ses yeux énormes, souriant de toutes ses dents. A vrai dire, sans paraître aucunement hostile, l’homme n’en était pas moins inquiétant. Il fouilla dans une de ses poches et en tira un sachet de papier.
– « Voulez-vous un Jelly Baby ? »
– « Mais enfin… D’où sortez-vous ? Et… Qui êtes vous ? »
– « Qui je suis ? Je suis le Docteur. »
– « Docteur qui ? »
– « Hum… Docteur John Smith. »
Docteur John Smith… Cela sentait le faux nom à plein nez, mais Wilfred Mott décida de se contenter de cette réponse. Du moins pour le moment.
– « D’où diable sortez-vous, Docteur Smith ? Et que faites-vous là ? »
– « Vous êtes bien curieux, jeune homme – répondit le Docteur avec un sourire amusé – Sachez que je reviens tout juste de ma Gallifrey natale où j’avais été rappelé pour une affaire, disons, compliquée. Et me voici ici et maintenant, pour répondre à un appel de détresse. Mais je ne pense pas que ce soit vous qui m’avez contacté. »
Gallifrey… Un nom irlandais, ça. Ce Docteur est donc Irlandais. Pas étonnant, se disait Wilfred, ces gens-là sont bizarres.
– « Et à qui ai-je, l’honneur, soldat ? »
– « Deuxième classe Wilfred Mott, Docteur. Venez avec moi, ce toit n’est pas un endroit sûr pour un civil. A l’intérieur, vous serez à l’abri. Le capitaine McFarlane et le reste de la patrouille vous protégeront. »
– « Je ne voudrais surtout pas vous faire de peine, deuxième classe Wilfred Mott, mais j’arrive justement des étages inférieurs et… il n’y a plus personne en vie. Mais ce qui compte, c’est que nous deux, nous soyons bien vivants, pas vrai ? »
Le Docteur accompagna ces mots d’une joyeuse claque dans le dos qui se voulait sans doute ragaillardissante. Alors que Wilfred digérait avec peine la terrible nouvelle, le Docteur extirpa un objet étrange de sa poche, plein de voyants lumineux clignotants, en marmonnant des choses incompréhensibles.
– « C’est par là ! » Déclara finalement le Docteur en indiquant l’est, sans que Wilfred n’ai compris de quoi il s’agissait.
Le Docteur farfouilla à nouveau dans ses poches et en sorti péniblement une longue corde formée de foulards colorés noués entre eux. Il fit glisser l’une des extrémités dans l’anneau de la trappe et se tourna, tout sourire, vers Wilfred.
– « Venez, Wilfred. Nous allons descendre en rappel. »
Pan ! Une balle emporta le chapeau du Docteur, qui roula quelques mètres plus loin. Ramassant son couvre-chef, le Docteur fit la moue en passant son index à travers un trou dans le feutre.
– « Je crois que nous ferions bien de nous dépêcher. » constata-t-il.
Un instant, Wilfred aperçut furtivement une silhouette abritée derrière une fenêtre. Un homme armé d’un fusil et coiffé d’un haut-de-forme… Sans doute son imagination. Imperturbable, le Docteur commençait déjà à descendre le long du mur. Suivre ce personnage lunaire était stupide, mais il semblait qu’il n’y avait rien de mieux à faire. Et puis, ce Docteur semblait savoir ce qu’il faisait. Bientôt, les deux hommes se retrouvèrent dans une ruelle déserte. Le bruit des détonations ne s’était pas arrêté, et les combats devaient être tout proches. Fort heureusement, la piste que semblait suivre le Docteur prenait la direction opposée.
Wilfred et le Docteur traversèrent plusieurs quartiers de la ville. La plupart des bâtiments portaient les séquelles des récents affrontements. Vitres brisées, murs criblés d’impacts de balles… Tout cela n’était pas pour rassurer le jeune soldat britannique qui, cramponné à son fusil, scrutait les alentours d’un regard anxieux. Le Docteur, en revanche, paraissait on ne peut plus serein, suivant consciencieusement le signal de son appareil, visiblement une sorte de détecteur.
– « Quelqu’un de mon peuple doit être coincé par ici, voyez-vous ? Je me dois de lui porter secours. »
– « Un Irlandais ? »
Le Docteur posa sur Wilfred des yeux écarquillés, ce qui compte tenu de leur taille déjà prodigieuse était particulièrement impressionnant, puis éclatat de rire – sans répondre à la question. Wilfred trouva cette attitude profondément vexante.
Bientôt, les deux hommes arrivèrent devant une petite église.
– « Ce doit être ici. » annonça le Docteur en rangeant son appareil dans sa poche.
– « Comment diable faîtes vous pour faire tenir tant de choses dans vos poches, Docteur ? »
– « Elles sont plus grandes à l’intérieur. »
Il poussa sur l’un des battants de la lourde porte qui s’ouvrit en grinçant. Le Docteur et Wilfred se faufilèrent à l’intérieur. L’église était plongée dans le noir et il leur fallut attendre quelques instants que leurs yeux s’habituent à l’obscurité. Un homme vêtu d’une soutane était agenouillé près de l’autel.
– « Veuillez nous excuser pour cette intrusion, mon père… » bafouilla Wilfred en ôtant précipitamment son casque (et en jetant un regard noir au Docteur toujours coiffé de son chapeau).
Le prêtre se retourna vers les deux arrivants. C’était un homme rondouillard aux yeux vifs et au sourire avenant. Son regard croisa celui du Docteur, et tout deux se figèrent.
– « Vous ! » s’exclamèrent-ils à l’unisson avant d’éclater de rire.
– « Je vois que vous avez changé, Docteur. Cette tête-là vous sied bien mieux que l’ancienne. »
– « Trop aimable. Mais comment vous êtes-vous retrouvé là, mon pauvre Mortimus ? »
– « Vous savez parfaitement que je n’utilise plus ce nom depuis bien des années, Docteur. Et figurez-vous que quelqu’un a saboté mon système de navigation alors que je me trouvais dans l’Egypte pharaonique… »
– « Ne me dites pas que vous m’en voulez encore pour ça ! Il y a prescription. »
– « Après cette farce dont, je vous l’avoue, je me serait bien passé, mon TARDIS m’a mené sur Tersurus. Je ne vous cache pas que la communication avec la population autochtone a été assez pénible… »
Avec un clin d’œil complice, le Docteur souffla à Wilfred :
– « Les Tersurons communiquent en modulant leurs flatulences. »
– « Bref, je suis maintenant coincé ici, suite à une nouvelle avarie. Vous n’allez tout de même pas me laisser croupir dans cette ville en proie au chaos, Docteur ? »
– « L’endroit a toujours été un peu agité. La dernière fois que je suis venu dans la région, Richard Cœur-de-Lion et Saladin s’en disputaient le contrôle. »
– « J’ai visité l’endroit au XXIème Siècle, et les choses ne s’y sont pas arrangées. Mettons nos querelles de côté et serrons-nous les coudes, Docteur. »
– « Proposition d’autant plus généreuse que vous avez besoin de mon aide et que je n’ai cure de la votre. Il n’est pas question que je vous aide, vous avez trop souvent, par le passé, tenté de perturber l’Histoire de cette planète. »
Un claquement résonna dans l’église, interrompant la discussion des deux Seigneurs du Temps. Wilfred, pour être certain d’être bien éveillé, venait de se gifler lui-même. A son grand désarrois, il ne rêvait pas. Ce deux « Irlandais » parlaient bel et bien de voyages dans l’espace et dans le temps.
– « J’ai capté, sur Tersurus, quelque chose susceptible de vous intéresser. – reprit le Moine, en tendant une sorte de petit disque au Docteur – Les coordonnées d’un autre TARDIS ayant quitté la planète juste avant mon arrivée. Les empreintes de ses occupants, deux Seigneurs du Temps qui ne vous sont pas inconnus, y sont clairement lisibles. »
La Docteur actionna un mécanisme déclenchant l’ouverture d’un petit écran circulaire. Il le parcourut des yeux quelques secondes et resta un instant pétrifié. Le Maître et Susan s’étaient rendus ensemble sur Tersurus ! ** Mais pourquoi ? Et surtout, qu’était devenu sa petite-fille ? Le Docteur referma délicatement le disque et le rangea dans sa poche.
– « Je crois que je vais finalement vous donner un petit coup de main. Mais pas d’entourloupe, hein ? »
– « Alors vous… Vous venez de… d’une autre planète… ?  » hasarda Wilfred.
Malgré la pénombre, le Moine chaussa une paire de lunettes de soleil et sorti des replis de sa robe de bure une sorte de tube métalique.
– « Jeune homme, je vous prierai d’observer attentivement l’extrémité de cet objet. Docteur, je vous suggère de protéger vos yeux. »
Le Docteur enfonça précipitamment son chapeau jusque sur son nez alors que l’objet émettait un puissant flash lumineux qui illumina toute la pièce. Wilfred resta un instant interdit.
– « Dieu soit loué ! – s’exclama le Moine en joignant les mains – Votre simple apparition, brave soldat, a fait fuir ces horribles mercenaires qui avaient envahit mon église. Soyez béni, mon fils ! »
– « Que… Que fais-je ici ? J’étais sur ce toit et puis… Je ne me souviens de rien… »
– « Sans aucun doute une amnésie passagère due au coup de crosse que vous avez reçu durant l’échauffourée. Ce n’est rien du tout. Veuillez, je vous prie, monter la garde devant la porte, cela me rassurera. Je dois encore passer du temps avec ce pauvre pêcheur qui a grand besoin de soulager sa conscience. N’est-ce pas, Docteur ? »
Wilfred s’éloigna, un peu hagard.
– « Un gadget bien pratique subtilisé aux MiB durant l’un de mes voyages. Ingénieux, Docteur, non ? Surtout pour des humains. »
Wilfred sorti, les deux Galllifreyens reprirent leur conversation. Il fut entendu qu’en échange des précieuses informations fournies, le Docteur donnerait au Moine une pièce de rechange lui permettant de remettre son vaisseau en route vers un monde plus avancé technologiquement où il pourrait effectuer une réparation convenable. C’est ainsi que quelques minutes plus tard, le Docteur, le Moine et Wilfred Mott atteignirent le TARDIS.
– « J’ignorais que des cabines de police avaient été implantées dans l’empire colonial ! » s’étonna Wilfred.
Un peu perdu et finalement assez gêné entre ces deux curieux personnages, chacun regardant béatement l’étrange objet que lui avait donné l’autre, Wilfred préféra détourner les yeux. Et c’est alors qu’il le revit, cette fois très nettement. L’homme au chapeau haut-de-forme, derrière sa fenêtre. Sur son visage maigre, aux traits durs, se lisait une froide détermination. Il épaula son fusil.
– « A terre ! » Hurla Wilfred en ajustant sa propre arme.
Les deux détonations se mêlèrent. La vitre vola en éclats, laissant une estafilade rouge sur la joue du tireur. Le disque fut arraché de la main du Docteur, pulvérisé par la balle. Désemparé, le Seigneur du Temps tomba à genoux devant les débris métalliques éparpillés sur le sol. Un mot, étranglé, presque inaudible, sortit de sa bouche tandis que des larmes lui montaient aux yeux.
– « Susan… »
Wilfred n’avait pas quitté des yeux l’homme au haut-de-forme qui, déjà, ajustait de nouveau son fusil. Le jeune soldat pressa la détente de son Lee-Enfield mais l’arme s’enraya. Un sourire mauvais se dessina sur le visage ensanglanté de l’inconnu. Alors que retentissait le second coup de feu, une jeune femme sortie de nulle part se jeta devant le Docteur tandis que le Moine s’emparait du pistolet de Wilf et faisait feu à son tour. L’homme au chapeau haut-de-forme s’effondra. Etait-il mort ou simplement blessé ? Wilfred Mott ne le sut jamais.
Le Docteur avait déjà ravalé ses émotions. Il était rare que ses sentiments le submergent. Il était penché au dessus de la jeune femme qui avait reçu la balle qui lui était destinée. Son visage lui semblait totalement inconnu. Dans un dernier souffle, serrant l’interminable écharpe dans sa main, elle murmura à l’oreille du Docteur :
– « Courez, espèce de petit malin, et souvenez-vous de moi… »

* Fusil de guerre standard de l’armée britannique de 1895 à 1957.
** Voir le roman « Legacy of the Daleks », de John Peel.

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Johanes (fanart)

Eight et Dodo the sequel

Turlough rencontre One

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Marie Valério (texte)

Y a-t-il un docteur dans l’avion ?

Tegan Jovanka ne trouvait pas le sommeil.

Non pas que les longues heures de vol séparant l’aéroport de Sidney de l’aéroport de Heathrow l’aient angoissée : en tant qu’ancien membre du personnel naviguant – à l’époque, on aurait dit hôtesse de l’air – elle avait l’habitude des vols interminables et se sentait aussi à l’aise dans un avion que sur le canapé de son salon. Elle avait par ailleurs vécu de telles aventures par le passé que la perspective d’un crash lui semblait un événement bien dérisoire.

Non, si elle était l’un des rares passagers à ne pas s’être assoupi dans son siège, c’est qu’elle était hautement perturbée par une certaine vision.

« Je dois avoir rêvé » se dit-elle en secouant la tête. « Cela ne peut pas être vrai. »

Mais quand elle porta à nouveau son regard à travers le hublot, elle constata avec horreur que ce qu’elle avait entraperçu quelques secondes auparavant se tenait bel et bien sous ses yeux.

Affolée, elle interpella l’hôtesse :

« Excusez-moi ! Ça va vous paraître insensé mais…il y a un homme sur l’aile ! »

« Pardon ? »

« Voyez-vous même ! »

L’hôtesse jeta un coup d’oeil à travers le hublot, mais il n’y avait rien d’autre que le pluie qui battait la carlingue de l’appareil et ruisselait contre la vitre. Elle la fixa d’un regard alarmé

« Je sais ce que vous allez penser, mais je vous jure qu’il y avait un homme, debout sur l’aile ! Je l’ai vu ! »

« Un homme ? Vous voulez dire un gremlin, comme dans La quatrième dimension ? »

« Non, un grand type mince avec un long manteau. Vous pensez que je suis folle, c’est ça ? »

« Je pense que parfois la fatigue peut nous faire voir des choses qui ne sont pas vraiment là. Vous devriez essayer de vous reposer.» dit l’hôtesse avec condescendance.

Et refermant le hublot, elle la laissa à son trouble.

Excédée, Tegan poussa un long soupir. Peut-être avait-elle imaginé tout cela. Peut-être était-elle absolument folle à lier. Lorsqu’elle avait tenté d’évoquer ses aventures de jeunesse sur des planètes lointaines auprès de ses amis et de sa famille, ils l’avaient fixée du même regard inquiet, avaient suggéré qu’elle faisait une dépression nerveuse et qu’elle devait suivre un thérapie. Alors elle s’était forcé d’oublier tout cela, de se convaincre qu’elle avait rêvé.

Pourtant, au fond d’elle-même, elle savait que tout cela était réel. Que le Docteur existait bel et bien et qu’il était là, quelque part dans le temps et l’espace, en train de vivre des aventures toujours plus folles et toujours plus périlleuses. Et si ce genre d’aventures étaient possibles, la présence d’un homme sur l’aile gauche de l’avion ne semblait pas si improbable.

Pour s’en assurer, elle ouvrit le hublot. L’homme était à nouveau là, son long manteau brun frappé par le vent, accroupi sur l’aile. En voyant ce qu’il s’apprêtait à faire, Tegan se retint de hurler : il était en train d’arracher la tôle de l’appareil. Il sortit de sa poche un étrange appareil, semblable à un tournevis émettant une curieuse petite lumière bleue, et se mit à sonder les entrailles de l’avion.

Cette fois, Tegan bondit de son siège.

« Mademoiselle ! Venez voir, il est revenu ! »

L’hôtesse vint à sa rencontre, l’air gêné.

« Madame, beaucoup de nos passagers sont endormis, je vous prierai de ne pas crier afin de ne pas troubler leur sommeil. »

« Pardon, mais il me semble que nous sommes face à une situation d’urgence ! Voyez vous-même ! »

Et elle lui désigna le hublot, à travers lequel on n’apercevait rien d’autre que la pluie battant la nuit noire et l’aile de l’avion. Tegan sentit son visage se décomposer.

« Je vous jure qu’il y a un instant… »

« Tout va bien, madame.» fit l’hôtesse d’un ton très professionnel. « Il est fréquent d’être perturbé durant les vols de nuit, surtout par temps de turbulences. Je vais vous donner un petit quelque chose qui vous permettra de passer un vol plus tranquille. »

Malgré ses protestations, Tegan se vit donc administrer un somnifère, censé lui permettre de ne plus perturber le sommeil des autres passagers.

« Voilà, une fois de plus je passe pour la folle de service. » marmonna-t-elle avec amertume.

Alors qu’elle considérait le petit comprimé niché au creux de sa paume, elle entendit qu’on frappait au hublot. Elle tourna la tête et se retrouva nez-à-nez avec l’homme au long manteau qui lui adressa un sourire amical. Elle s’apprêtait à hurler mais il lui fit signe de se taire, gesticulant nerveusement. Il semblait vouloir communiquer avec elle à travers le hublot mais pas un son ne lui parvenait. Par de grands gestes, il mimait l’action d’ouvrir une porte. Tegan le dévisageait sans comprendre, quand elle réalisa qu’elle était assise juste à côté de la sortie de secours.

Voulait-il entrer dans l’avion ? C’était insensé !

Un doigt sur la tempe, elle lui transmit le message : « Vous êtes cinglé ou quoi ? »

Il lui adressa alors un regard curieux, comme s’il venait de la reconnaître. Son visage se fendit d’un gigantesque sourire. Ouvrant la bouche en grand, il mima les sons : « Te-gan ! Te-gan Jo-van-ka !»

Et devant son ai ahuri, il hurla, désignant son visage : « C’est-moi ! Le Doc-teur ! »

Elle parvint à lire sur ses lèvres à travers le hublot et s’exclama : « Docteur ! J’aurais dû m’en douter ! »

«Je-dois-en-trer » cria-t-il en désignant à nouveau la sortie de secours. « Ou-vre-moi. »

« Vous êtes malades ? » s’écria -t-elle, un peu trop fort.

« Fais-moi-con-fian-ce » lut elle sur les lèvres du Docteur. Étrangement, il ne lui en fallut pas plus. Elle quitta précipitamment son siège et se jeta sur la sortie de secours.

Bien évidemment, ce genre de dispositif est généralement verrouillé durant les vols, pour éviter qu’un passager distrait ne fasse le grand plongeon en confondant cette issue avec la porte des toilettes. Néanmoins, une ancienne hôtesse de l’air a plus d’un tour dans son sac et sait s’y prendre pour débloquer ce genre de situations. Ainsi, Tegan s’attela à déverrouiller la porte qui devait faire entrer le Docteur.

L’hôtesse de bord l’aperçut alors et, comprenant ce qu’elle s’apprêtait à faire, tenta se s’interposer. Mais il était trop tard : sous la poigne de Tegan, la porte céda et une bourrasque de vent violent fit irruption dans l’avion. Tentant de résister à la pression en s’agrippant à la poignée de l’issue de secours, Tegan distingua alors la forme familière du TARDIS, qui volait tranquillement sous la pluie. La porte de la cabine de téléphone s’ouvrit et le Docteur en jaillit pour atterrir au côté de passagers médusés dont cette intrusion avait brutalement interrompu le sommeil. Prêtant main forte à Tegan et à l’hôtesse, il les aida à refermer la lourde porte de l’issue de secours.

« Bien ! » s’exclama-t-il en se redressant « Voilà une bonne chose de faite. La prochaine fois, je prendrais plutôt un billet, je pense. »

« Vous alors ! Vous avez beau avoir changé de visage, votre tendance à mettre les autres en danger ne changera jamais ! »

« Je suis, moi aussi, très content de te revoir Tegan. » fit-il en souriant.

Elle ne put s’empêcher de sourire à son tour.

« Je dois avouer que côté vestimentaire, il y a du progrès. Pas l’ombre d’un légume en vue. Au temps pour moi, je n’avais pas vu les baskets… »

« C’est extrêmement confortable ! Et ça me donne l’air décontracté.» rétorqua-t-il, vexé.

Il s’aperçut alors qu’une foule de passager le fixait bouche bée.

« Ah oui, vous vous demandez certainement pourquoi je me permets de débarquer dans votre avion au beau milieu de la nuit. Je me présente, John Smith, inspecteur de vol.»

« Vous auriez pu trouver plus original. » marmonna Tegan.

« Je viens à l’instant d’inspecter le moteur de cet appareil et j’ai le regret de vous annoncer que vous êtes en grand danger. À vrai dire, sans vouloir vous alarmez, vous courez à une mort certaine. »

À ces mots, la panique sembla gagner les passagers.

« C’est ça votre notion de la diplomatie ? » s’insurgea son ancienne compagne.

« Du calme, voyons ! Laissez-moi vous expliquer la situation ! Voyez-vous, j’ai trouvé ceci dans le moteur. »

Il sortit alors de sous son manteau une minuscule créature brunâtre à peine plus grosse que le poing à l’apparence d’une pomme de terre flétrie et particulièrement féroce – si tant est qu’une pomme de terre puisse être féroce. Sur son front, une énorme pustule scintillait comme une ampoule, émettant une forte lueur.

« Ce spécimen s’apprêtait à dévorer l’appareil de l’intérieur. »

« Quelle horreur ! » s’exclama l’hôtesse.

« Qu’est-ce que c’est ? Un diablotin ? » demanda Tegan.

« Un diablotin d’un genre particulier, ce que vous appelleriez un gremlin. Plus exactement un Giznudr, une race extraterrestre inexplicablement fasciné par la mécanique qu’on retrouve en générale dans la machinerie des trains ou des avions. Ils se nourrissent de l’énergie dégagée par les moteurs. Celui-ci semble particulièrement vicieux. Et vraisemblablement, il n’est pas seul. Il est probable que plusieurs de ses compagnons se trouvent déjà à l’intérieur de l’avion, voire aient commencé à s’en prendre au circuit électrique. »

Comme pour confirmer ses propos, les lampes qui éclairaient faiblement l’appareil s’éteignirent, provoquant un remue-ménage affolé.

« Parfois, j’aimerais ne pas avoir toujours raison. »soupira le Docteur.

« Vous voulez dire qu’il y a d’autres de ces créatures dans l’avion ? » hurla l’hôtesse qui avait soudain abandonné tout professionnalisme. « Oh mon Dieu, on va tous mourir ! »

Fermement, Tegan la saisit par les épaules et planta son regard dans le sien.

« Je vous promets que tout va bien se passer. Je connais le Docteur, c’est un vieil ami. Il a forcément un plan pour nous sortir de là. Pas vrai Docteur ? »

« Un plan ? Bien sûr, un plan ! Un super plan que j’ai pris soin d’élaborer avant de foncer dans le tas. J’adore les plans, c’est ma passion. Qu’est-ce que je deviendrais sans mes plans…»

Son ancienne compagne lui jeta un lourd regard de reproches, un regard qu’il connaissait bien.

« J’aurais dû m’en douter. Vous n’avez vraiment pas changé ! »

« Pas de panique ! J’ai la situation en main ! »

Il se tourna vers la jeune hôtesse.

« Efforcez-vous de ramener le calme parmi les passagers. Tegan et moi, nous allons nous charger de ces vilaines bêtes. Si tu es partante pour faire à nouveau équipe avec moi, Tegan. »

« Vous ne pouvez vraiment pas vous passez de moi, pas vrai ? »

« Il semblerait que non. Parfait, allons-y ! »

« C’est bien joli tout ça, mais on fait quoi ? On ne sait pas où ils se cachent… » grommela Tegan.

« Eh bien, » répondit le Docteur, qui était occupé à sonder les parois de l’appareil avec son étrange petit ustensile pendant que l’hôtesse rassurait les passagers « le spécimen que j’ai extirpé du moteur tout à l’heure semblait particulièrement sensible aux fréquences émises par mon tournevis sonique. »

« Ah oui, je me souviens de ce machin ! Vous ne l’aviez pas détruit ? »

« Nouveau modèle, nouvelles fonctions. Tu serais étonnée de tout ce qu’on peut faire avec ce petit bijou. Si je parviens à obtenir une réaction, nous pourrons peut-être… »

Il s’interrompit. De petits cris suraigus provenaient du boîtier électrique sur lequel il venait de pointer son tournevis.

« Bingo ! Il faut juste qu’on trouve quelqu’un capable d’ouvrir ceci. »

« Comment ça, vous ne pouvez pas l’ouvrir vous-même ? »

« Avec quoi veux-tu que je l’ouvre ? »

« Docteur…votre nouveau tournevis aux multiples fonctions, il ne fait pas tournevis ? »

« Je reconnais que certains aspects sont peut-être à perfectionner » fit-il d’un ton boudeur.

« Laissez-moi faire. »

Elle ôta l’une de ses chaussures à talons hauts et utilisant la pointe de celui-ci comme un levier, força la porte du boîtier.

« Où as-tu appris à faire cela ? » s’étonna son compagnon.

« J’ai vécu bien des aventures depuis que nous nous sommes quitté, Docteur. » répondit-elle nonchalamment.

La porte du boîtier céda brutalement, révélant une demi douzaine de diablotins rabougris occupés à ronger l’installation électrique. Interrompus dans leur festin, ils poussèrent en choeur un hurlement perçant et jaillir hors de leur boîte.

Bientôt l’avion fut plongé dans le chaos. Les minuscules extra-terrestres s’agrippèrent aux cheveux et aux vêtements des voyageurs, commencèrent à grignoter les sièges et à s’introduire dans leurs bagages à main dans la cacophonie la plus totale. Le Docteur et Tegan essayèrent vainement de les attraper mais ils étaient d’une rapidité impressionnante pour des êtres dotés de si petites jambes.

« Et maintenant hein ? On fait quoi maintenant ? » hurla Tegan, ses cris de paniques se mêlant à ceux des passagers.

« Restons calmes ! Ils sont manifestement sensibles aux fréquences basses. Si seulement on avait les moyens de reproduire une telle fréquence à grande échelle, quelque chose qui produise un son très grave… »

« Docteur…je crois que j’ai la solution ! Dans mon sac ! »

Sur ces mots, elle se précipita vers le casier au-dessus de son siège et fouilla dans ses bagages pour en sortir un long tube de bois décoré de couleurs vives.

« Est-ce que ce serait…un didjeridoo ? » demanda le Docteur, les yeux brillants.

« Tout juste ! Je vous l’ai dit, j’ai vécu d’autres aventures après vous avoir quitté. J’ai entre autre monté une association pour venir en aide aux aborigènes d’Australie, et lors d’une de nos rencontres ils m’ont appris à en jouer. Vous pensez que cela suffira ? »

« Oh Tegan. C’est parfait, je n’aurais pas pu rêver mieux. Dépêchons de leur jouer un petit air avant qu’ils ne causent des dommages irréversibles. »

S’avançant dans l’allée, elle souffla alors de toute ses forces, souffla dans l’étrange instrument tribal qui produisit un son si grave que les créatures s’immobilisèrent immédiatement. Le Docteur pointa son tournevis sur l’embouchure du tube, amplifiant encore davantage le son qui s’en échappait.

« Vite ! » cria-t-il au personnel de vol «Attrapez les ! »

Les premiers moments de stupeur passés, l’équipage s’empressa de s’emparer des créatures. Le Docteur fit ensuite appel aux passagers qui, à l’aide de leurs bretelles, leurs ceintures et leurs lacets, firent en sorte que les créatures soient solidement ligotés. Ils se retrouvèrent pendus au-dessus des sièges des passagers, la lumière sur leur front permettant d’éclairer l’appareil.

Essoufflée, Tegan interrompit alors son solo.

« Alors Docteur ? » dit-elle avec un sourire de triomphe. « Je me débrouille pour une débutante, non ? »

« Tu t’es débrouillée comme une reine, Tegan. Comme une reine. »

Le jour se levait sur l’aéroport de Heathrow et les passagers du vol n°78459 se réveillaient d’un bien étrange cauchemar impliquant de minuscules créatures à la peau flétrie ainsi qu’un grand type mince avec un long manteau.

Ce dernier se tenait sur la piste d’atterrissage près de son TARDIS, faisant face à celle qu’il avait laissé derrière lui il y avait de nombreuses années.

« Vous allez à nouveau m’abandonner dans cet aéroport, alors ? » dit-elle en s’efforçant de sourire.

« Nous ne sommes pas obligés de nous quitter ici. Et si tu venais avec moi ? Comme au bon vieux temps ! Parfois, nos disputes me manquent, tu sais.»

Le sourire de Tegan s’effaça.

« Non, Docteur. Je…je dois rejoindre ma famille. J’ai promis d’être avec eux pour Noël. Il n’y a donc personne qui vous accompagne ? »

Le regard du Docteur s’assombrit, comme hanté par un mauvais souvenir.

« Non, j’avais une amie qui m’accompagnait mais…plus maintenant. Je voyage seul. Au fond, c’est peut-être mieux ainsi »

« Comment est-ce possible ? Le TARDIS était toujours bien rempli quand nous voyageons ensemble. »

Le Docteur sourit tristement.

« J’ai arrêté de prendre des gens à bord depuis quelques temps. »

« Pourquoi cela ? »

« Rappelle-toi, tu m’as dit un jour que quand on ne s’amusait plus à faire quelque chose il fallait arrêter. Eh bien, cela a cessé d’être amusant, je crois. »

Tegan hocha la tête. Elle comprenait très bien ce qu’il voulait dire. Ces mots étaient ceux qu’elle lui avait dit le jour où ils s’étaient quittés.

« Je suis navrée de ne pas pouvoir vous accompagner, Docteur. »

« Ce n’est rien, Tegan. Au plaisir de notre prochaine rencontre. »

Et alors qu’il allait lui tourner le dos et pousser à nouveau la porte de son vaisseau, elle se jeta à son cou et le prit dans ses bras, à son plus grand étonnement. Avant de desserrer son étreinte, elle lui glissa ces quelques mots à l’oreille :

« Courage, Docteur. Courage. »

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Mina Manzini (fanart)

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Lise Hamaide (fanarts)

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Nata Luna Sans (roman photo)

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Les Maitres discutent: à qui appartient le TARDIS-horloge, et à qui le Docteur fait confiance.

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Alison et Donna échangent…

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… leurs histoires d’aventures.

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Les Docteurs font un show musical pour les compagnes.

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« Pourquoi veut-il toujours frimer devant les Humains ? » « Ouais, c’est une honte ! »

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« Tu sais, la vie n’est pas si mal, lorsqu’on choisit de vivre en paix avec le Docteur.  Au bout d’un moment, on arrive à prendre le contrôle. »

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« Donna est super ! On est tellement heureuses d’avoir pu se rencontrer! Et c’est chouette de savoir qu’il y a quelque part encore un Docteur et un Maître qui voyagent ensemble, juste comme vous deux ! »

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« Eh… Vous allez bien ? »

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Sandra Laurin (Photomontage)

Mike et Eleven sign+®

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À bientôt pour un nouvel Artisons.

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