Even more of ME!

« Encore plus de MOI ! » Comment s’étonner que l’égo du Sixième Docteur frémisse d’aise devant les superbes productions qu’il a inspirées.

(cliquez sur les images pour les agrandir)

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biggerontheinside (texte)

Séparer les couleurs

Après ses mésaventures et courses sur Jaconda, le Docteur avait décidé de nettoyer son manteau. Après tout, il était important que celui-ci reste immaculé afin de pouvoir imposer son resplendissement aux yeux ébahis du reste de l’univers. Cependant, il fut rapidement confronté à un problème de taille : comment le laver efficacement ? En effet, le vêtement ne portait pas d’étiquette et était fait d’un tissu particulier dont le Docteur ignorait tout. Il était inquiet à l’idée de ruiner le vêtement, mais se rassura en se rappelant qu’il en possédait plusieurs exemplaires et qu’il pouvait donc se permettre d’expérimenter un peu.

Quelques heures et de nombreuses tentatives plus tard, le Docteur dut se rendre à l’évidence : aucune des méthodes qu’il connaissait n’avait fonctionné. Les résultats de ses expérimentations gisaient sur le sol ; les couleurs avaient bavé les unes sur les autres ou s’étaient unis en une couleur marron peu seyante pour un Seigneur du Temps tel que lui. L’un des manteaux, curieusement, était devenu bleu ciel.

Désespéré, le Docteur allait se résoudre à abandonner lorsqu’un éclair de génie le frappa : il lui suffisait de consulter la base de données du Tardis ! Une base de données portant sur l’intégralité de l’espace-temps contenait forcément le renseignement qu’il cherchait. Il retourna donc à la salle de contrôle afin de consulter l’ordinateur de la console.

Lorsqu’il arriva à destination, Peri avait disparu. Il supposa qu’elle était retournée dans sa chambre et commença à taper sur l’ordinateur. Au bout de quelques minutes, le résultat apparut : le tissu avait été fabriqué par des gobelins de la planète Gringo et repoussait naturellement la saleté ; il était d’ailleurs déconseillé de tenter de le laver, car cela pouvait entraîner des résultats imprédictibles. Satisfait de sa découverte, le Docteur nota mentalement de continuer à s’habiller avec ce type de tissu dans le futur (certaines de ses incarnations avaient déjà oublié de se changer pendant plusieurs années) et, se sentant plein d’énergie, décida d’effectuer quelques réparations dans le TARDIS.

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Florent Fayolle (fanart)

Artisons Six

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Johannes (fanarts)

Doctor Who and the Pirates - Best cliffhanger ever FR

Pas touche à mon humaine 800px

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Laureline (texte)

– J’ai envie de pêcher, affirma le Docteur. Peri, nous mangerons du poisson ce soir où nous ne mangerons pas !

Bleu

Le TARDIS atterrit brusquement.

– Où sommes nous donc ? demanda Peri.

– J’ai choisi une planète pour se reposer, avec beaucoup de mers pour pouvoir pêcher.

Le Docteur ouvre la porte du TARDIS et un flot d’eau turquoise rentra. Vite fait, il ferma la porte.

– Ah non, c’est la saison des pluies. Essayons un autre endroit pour se détendre.

Vert

Le TARDIS atterrit brusquement.

– Où sommes-nous donc encore ? Et pourquoi cette envie de poisson ?

– Nous allons pêcher des espèces exotiques.

Encore une fois le Docteur ouvrit la porte du TARDIS et cette fois-ci un éclair vert rentra dans le TARDIS. Le Docteur referma vivement la porte.

– Nous sommes en pleine guerre des sorciers. Essayons d’aller pécher autre part.

Jaune

Le TARDIS atterrit brusquement.

– Cette fois ci, je suis formel, nous allons pêcher ! Nous allons sur Antiopolis IV

Il y a 2 saisons là-bas : un hiver doux où les Rekivores pullulent dans les rivières. L’autre saison, il y a quatre soleils. Le seul moyen de survie est d’aller dans les cavernes.

– D’accord Docteur, répondit Peri évasivement, puis elle alla se changer.

Le Docteur rouvrit la porte et une lumière jaune intense entra. Il referma vite la porte.

– Qu’est ce qu’il y a Docteur ? Nous sommes arrivés ?

– Non, non, Peri, juste une panne du TARDIS.

Et le Docteur fit redémarrer le TARDIS.

Orange

Le TARDIS atterrit de nouveau en silence, et Peri revint.

– Allons-y Docteur ! Que cette idée de poisson vous passe le plus vite possible.

Et Peri ouvrit la porte. Un désert de sable orange s’étendait à ses pieds.

Peri parla avec beaucoup de précautions.

– Euh, Docteur, cela ne ressemble pas à votre description.

– M’accuserais-tu de mentir? C’est une petite erreur de quelques parsecs, repartons.

Rouge

– Cette fois-ci, je vais pêcher sur la planète forestière Fangwood. Je connais une petite rivière pleine de Juskeux, des poissons difficiles à attraper, mais bons pour faire une bouillabaisse.

– Une bouillaquoi ? demanda Péri

– Une bouillabaisse ! Dois-je t’informer de tout Peri ? Nous sommes arrivés ! Allons-y !

Le Docteur ouvrit la porte

Une nuée d’abeilles rouge vif entra et attaqua les occupants du vaisseau. Encore une fois, il referma les portes.

– ENCORE REFAIT ! PAS MOYEN DE PÊCHER DANS TOUT L’UNIVERS ! Puisque c’est ça, nous allons plutôt aller faire du ski dans les Montagnes Blanches.

Blanc

Le TARDIS atterrit brusquement…

Le Docteur redémarra le TARDIS et celui-ci atterrit quelques minutes plus tard.

– Sommes-nous à la bonne destination Docteur ? Vous vous trompez souvent.

– Bien sûr, nous sommes sur une magnifique planète où je pourrais pêcher des Gumblejacks.

[suite dans The Two Doctors]

 

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Lise Hamaide (fanarts)

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Marie Valerio (texte)

Une Mort sucrée

« Tu ne me fais pas peur. » songea le Docteur, lançant un regard de défi à l’ennemi qui se dressait devant lui. « Tu n’es qu’une machine, une vulgaire carcasse métallique sans âme. Tu as eu le dessus la dernière fois mais cette fois-ci, je ne te laisserai pas ce plaisir. »

D’un pas ferme et résolu, le Docteur monta sur la balance. L’aiguille s’agita sous son poids, hésitante, puis s’arrêta finalement sous les applaudissements de la jeune fille rousse.

« Félicitations Docteur ! Six kilos en moins, vos efforts ont porté leurs fruits ! »

Le Docteur eut un petit rictus de satisfaction.

« Quand je pense que vous doutiez de moi, Mel. Je vous avais bien dit que j’avais un excellent métabolisme. »

« Si vous le dites. Heureusement tout de même que j’étais là pour m’assurer que vous pratiquiez vos exercices quotidiens. Pas toujours de bonne grâce d’ailleurs… »

« Le fait est que les résultats sont là. Je propose d’ailleurs d’aller fêter ça. Miss Bush, que diriez-vous d’aller visiter une nouvelle planète ? »

« Vous n’allez pas encore nous amener sur une planète peuplée de monstres aux dents pointus ? »

« Rassurez-vous, j’ai une destination bien plus tranquille en tête. » fit-il, un sourire malicieux aux lèvres.

******

Quelques instants plus tard et à quelques années lumière de là, le TARDIS se matérialisa sur une planète très animée, au cœur d’une ville futuriste dont les rues composées d’une multitude d’échoppes bigarrées embaumaient de mille saveurs. Le Docteur ouvrit la porte et, d’un geste théâtral, désigna la rue grouillante de monde qui se trouvait face à eux.

« Melanie, bienvenue sur Netkisch ! Aussi appelée « le garde-manger de l’univers ». Les plus grands restaurants de la galaxie rassemblés sur une planète entièrement dédiée à l’art culinaire. Les visiteurs viennent des quatre coins du cosmos savourer les plats les plus extraordinaires dans ce temple de la gastronomie. Sentez ces délicats effluves de nourriture : cela ne vous met-il pas en appétit ? »

« Docteur…» maugréa la jeune femme d’un ton réprobateur « Pour fêter la réussite de votre régime, la première chose qui vous vient à l’esprit est de vous remplir la panse ? »

Le Docteur prit un air offusqué.

«Il ne s’agit pas de se remplir la panse ! Je vous parle des mets les plus raffinés de l’univers connu ! C’est un endroit que je rêve de visiter depuis que j’ai dérob…fait l’acquisition de mon TARDIS, mais j’ai toujours craint que ma silhouette en pâtisse. Maintenant que je suis svelte, je peux bien me permettre quelques écarts. Et entre nous, n’êtes vous pas curieuse de goûter à la cuisine spatiale ? »

« Justement, j’ai peur qu’elle soit un petit peu trop « spatiale » à mon goût… »

« Une bouchée de Krynoid ? »

Une curieuse petite femme venait de surgir devant Mel et le Docteur. Son apparence était humaine mais sa courte taille, ses sourcils verts proéminent et les étranges dards qui clairsemaient sa peau indiquaient sans équivoque qu’elle ne provenait pas de la planète Terre. Elle tendit à Mel un plateau garni d’une pyramide de petits feuilletés ronds.

« Bien volontiers ! » s’exclama le Docteur avant de mordre à pleines dents dans l’une des bouchées de Krynoid, incitant Mel à faire à faire de même. « C’est aux plantes, ça devrait vous plaire. »

La jeune femme, d’abord circonspecte, porta l’un des feuilletés à sa bouche avant d’émettre un « Hummm » de surprise.

« Docteur…je crois sincèrement que c’est l’une des meilleures choses que j’ai jamais mangées. »

« Rien d’étonnant ! Les Etrogums sont de fins cordons bleus, sans doute les meilleurs cuisiniers qui soit. Et avec un vrai sens du raffinement ! Tout le contraire de leurs cousins, les Androgums. Mais je suis sûre que cette jeune demoiselle se fera un plaisir de nous le démontrer en nous conduisant à son restaurant. »

«Qu’est-ce qu’on attend alors ? » approuva Mel en prenant une nouvelle bouchée.

******

Au même moment et à quelques pas de là, un jeune cuisinier local échappait de justesse à une poêle à frire qui vint s’écraser avec fracas sur les murs de sa cuisine.

« Espèce d’incapable ! Tu veux donc me laisser mourir de faim ? » tonna l’immense Androgum qui venait de lui adressser ce projectile.

« Désolé patron, mais je n’y peux rien si notre garde-manger est vide. Je ne peux pas à la fois être aux fourneaux et m’occuper du ravitaillement. Les clients se font rares et nos effectifs se sont considérablement réduits ces derniers temps. Le fait que vous ayez dévoré la plupart de vos employés n’aide pas… »

Shakeese, l’Androgum, s’approcha du jeune cuistot et, d’une main sur la gorge, le souleva dans les airs comme s’il ne pesait rien.

«Écoute-moi bien Latruffe… »

« Trifflle. Je m’appelle Trifflle. »

« Écoute-moi bien Trifflle : je suis affamé. Cela fait des jours que tu ne me proposes que des denrées répugnantes. Encore un repas à manger de l’Ood et je vais mourir d’une indigestion. D’ici ce soir, j’exige quelque chose de nouveau, quelque chose de bon et de consistant, ou bien c’est toi qui passera à la casserole. Pigé ? »

Le souffle coupé, Trifflle acquiesca péniblement. Quand son maître eut relâché son étreinte, il s’empressa de prendre ses jambes à son cou, esquivant au passage une batterie de casserole que Shakeese avait lancé en sa direction, et se rua hors de la cuisine au son de : « Et ne remets pas les pieds ici sans une denrée d’exception ! Maudit Etrogum !»

******

En traînant les pieds, le malheureux cuistot se mit en quête de l’ingrédient parfait, sondant du regard la foule qui se pressait dans les rues.

« Un curry de Kraal ? Non, c’est plein de nerfs le Kraal, c’est un cauchemar à cuisiner. Un sauté de Sontarien ? Immangeable. Un ragoût de Racnoss ? Non, je lui en ait déjà servi plusieurs fois. Il a dit qu’il voulait goûter quelque chose de nouveau. Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui préparer ? »

Trifflle soupira. Travailler au service d’un Androgum n’était vraiment pas de tout repos. Ce n’était pas pour rien que son peuple évitait généralement d’accueillir leurs lointains cousins dans leurs restaurants. Des clients extrêmement difficiles, jamais rassasiés. Lui avait eu le malheur d’en avoir un pour patron. Il était tout aussi exigeant et insatiable que ses congénères mais il était aussi plein aux as. Et Trifflle ne pouvait pas se permettre de perdre sa place.

Alors qu’il se remettait en chasse, son regard s’arrêta sur un manteau aux couleurs criardes. Intrigué, il s’approcha discrètement de l’individu qui arborait une si étrange tenue.

« Vois-tu, autrefois, les Etrogums et les Androgums partageaient la même planète. » expliquait le manteau à la jeune femme qui l’accompagnait. « Les premiers étaient au service des seconds et suaient sang et haut à longueur de journée pour leur préparer leurs gargantuesques repas. Mais les Androgums n’étaient jamais satisfaits, réclamaient encore et encore plus de nourriture. Alors les Etrogums, fatigués d’être ainsi réduits en esclavage, prirent la fuite et se mirent en quête d’une nouvelle planète où ils pourraient développer leurs dons en matière de gastronomie. C’est ainsi que fut fondée Netkisch. »

« Tout cela est très intéressant Docteur, mais expliquez moi une chose… »

« Quoi donc ? »

« Pourquoi ce restaurant ne proposait-il que des amuse-bouche ? »

« C’est très simple, voyons : chaque restaurant de cette planète a sa spécialité. Certains restaurants sont spécialisés dans les amuse-bouche, d’autres dans les entrées et d’autres dans les desserts. Et bien sûr, on trouve des restaurants pour tous les plats possibles et imaginables. »

« C’est un bien étrange fonctionnement. Cela dit, je dois avouer que nous en avons mangé tellement que je ne pense pas pouvoir avaler grand chose de plus. »

« Absurde ! Nous n’allons pas repartir après n’avoir visité qu’un restaurant ! Vous devez au moins goûter aux desserts que l’on trouve sur Netkisch. D’une finesse et d’une délicatesse incroyable ! Je vous parle de crème chantilly plus légère que les nuages, d’îles flottantes qui flottent réellement !»

« Je vois que notre visite vous a tout juste ouvert l’appétit. C’est à croire qu’en plus d’avoir deux cœurs, les seigneurs du temps ont deux estomacs. »

Le Docteur allait se scandaliser des paroles de Mel, quand un jeune Etrogum en toque et tablier vint lui taper sur l’épaule.

« Excusez-moi cher monsieur, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre votre conversation. Je me vante de servir dans mon restaurant certains des meilleurs desserts de la galaxie. Je serai très honoré de vous convier vous et votre amie à venir déguster nos plus belles créations, notamment notre célèbre charlotte vénusienne à six étages. »

Les yeux du Docteur se mirent à pétiller à la mention de l’extravagante pâtisserie. Il se tourna vers sa compagne avec enthousiasme.

« Vous entendez ça, Mel ? Six étages ! »

« Docteur » le sermonna-t-elle. « Tout cela n’est pas bon pour votre ligne, vous le savez. »

Le Docteur, l’air ennuyé, se pencha vers elle et lui glissa sur le ton de la confidence :

« Vous savez, après avoir dégusté un bon dessert, je pourrais envisager de nous conduire vers la plus grande salle de sport de la galaxie. Mon incarnation précédente était un bon client, je suis sûr qu’ils nous laisseront assister à un cours. »

Le visage de Mel s’illumina.

« Personnellement, j’ai un faible pour les îles flottantes. »

Elle prit gaiement le bras du Docteur et tous deux suivirent l’aimable cuisinier, qui se présenta au passage sous le nom de Trifflle.

« Un seigneur du temps ! » songeait-t-il. « Voilà une denrée de premier choix ! »

******

Le restaurant de Triffle était spacieux et richement décoré. Le Docteur et Mel, confortablement installés dans des fauteuils en velours, consultaient la carte des desserts, qui se trouvait être la seule carte disponible dans le restaurant mais qui comportait plus d’une centaine de mets.

« Avez-vous fait votre choix ? » s’enquit leur hôte, qui jouait également le rôle de serveur.

« Pour ma part, je prendrai la charlotte vénusienne.» choisit le Docteur.

« Et moi je vais prendre la ceinture d’astéroïdes flambée au caramel. » ajouta Mel.

« Excellent choix ! Ce sera prêt dans un instant. »

Triffle regagna sa cuisine en quatrième vitesse.

« Charmant garçon. » commenta le Docteur. « Son établissement a un certain cachet, je trouve. »

« Oh oui ! J’aime beaucoup sa fontaine de chocolat chaud. »

« C’est tout de même étrange que nous soyons les seuls clients ici, vous ne trouvez pas ? »

« En même temps, l’emplacement n’est pas idéal. Si nous n’avions pas rencontré Trifflle, je doute que nous soyons tombé sur ce restaurant. Il est…bizarrement excentré. »

« Et puis ce jeune Etrogum semble être le seul aux commandes. Aucun serveur, aucun commis de cuisine… »

« C’est vrai que c’est étrange. Mais cette planète en elle-même est assez étrange, si vous voulez mon avis. »

« Mel, vous qui avez gardé votre sac, est-ce que vous n’auriez pas emporté une… »

« Et voilà ! » l’interrompit le cuisinier, de retour avec deux énormes plats. « Une charlotte et une ceinture d’astéroïdes flambée ! »

« Déjà ? Quelle rapidité ! »

« Régalez-vous ! J’espère que cela va vous plaire… » ajouta leur hôte d’un air nerveux.

Le Docteur n’avait pas besoin de l’entendre dire deux fois. Alors que Mel contemplait d’un air perplexe la farandole de beignet qui flottait au dessus de son assiette, il plongea sa fourchette dans le première étage de l’imposante pâtisserie.

« Hmmm ! Quel régal ! Des fruits confits ! Voilà qui est audacieux ! Et chaque étage à sa propre saveur. Goûtons le deuxième : du miel ! Des noix ! Et celui-ci est à la nougatine. Et celui là aux pralines… »

Avant qu’il ait eu le temps de terminer sa phrase, la tête du Docteur vint s’écraser dans la crème pâtissière.

******

Quand il reprit connaissance, le Docteur se trouvait dans la cuisine du restaurant, cuisine qui étrangement était à l’envers. Du moins, c’est ce qu’il crut au premier abord. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que c’était en fait lui qui avait la tête en bas.

« Tiens, voilà mon repas qui se réveille ! Tant mieux, tant mieux, j’adore les entendre crier pendant la cuisson. »

Le Docteur faisait face au propriétaire des lieux, Shakeese, l’Androgum ventripotent qui avait revêtu pour l’occasion un gigantesque tablier aux allures de bavoir et qui buvait goulument du vin dans une coupe de la taille d’un trophée de golf. Le seigneur du temps était pendu par les pieds au plafond de la cuisine, ligoté comme un saucisson au-dessus d’une marmite fumante. Triffle, aux fourneaux, préparait la sauce qui devait l’accommoder, accompagné de Mel, à qui on avait fourni toque, tablier et de lourdes chaînes aux chevilles.

« Qu’est-ce que ça signifie ? » s’indigna le Docteur. « Mel, que se passe-t-il ? »

« Je suis vraiment désolée Docteur. » gémit Mel d’une voix tremblante. « La nourriture était droguée. »

« Bienvenue dans mon restaurant ! Votre amie ici présente est ma nouvelle employée ! Quant à vous, vous avez l’honneur d’être au menu de ce soir : vous êtes le plat principal ! »

« Voilà donc le vrai visage de cet établissement. Trifflle, comment pouvez-vous collaborer avec cet individu ? Votre peuple s’est battu pour se libérer du joug des Androgums, et vous vous mettez au service de ce criminel ! »

Entre deux pincées de sel, Trifflle bredouilla d’une voix cassée :

« Vous croyez que ça me fait plaisir de travailler pour ce monstre ? Je n’y peux rien si je suis tombé sur le seul Androgum qui ait fait fortune ! Depuis qu’il a racheté le restaurant, je passe mon temps à piéger de malheureux clients pour qu’ils finissent dans l’assiette du patron, mais au moins ce boulot paye bien. Pardonnez-moi s’il faut que je gagne ma vie, j’ai une femme et un enfant en bas âge moi, monsieur ! »

« Assez bavassé, place au dîner ! » rugit le patron. « Employée ! Allez attiser le feu, mon estomac crie famine. Et resservez-moi du vin ! »

Il tira avec force sur les liens qui entravaient Mel afin de l’entraîner vers la marmite. La jeune femme leva un regard désespéré sur son ami.

« Docteur, qu’allons-nous faire ? »

« Mel, écoutez-moi bien » murmura le Docteur à l’oreille de sa compagne. « Vous allez faire exactement ce qu’il vous dit… »

Mel écouta attentivement ses paroles tout en faisant mine d’attiser le feu. Puis, elle s’empressa d’aller remplir la coupe de Shakeese, dont l’estomac faisait des bruits de tonnerre.

« Dépêche-toi avec la sauce, fainéant ! J’ai tellement hâte de planter mes crocs dans ce seigneur du temps… »

Il vida sa coupe d’un trait, buvant à grandes lampées. Puis, s’essuyant les babines d’un revers de la manche, il saisit de sa main libre un couteau de boucher.

« Bien, il est temps pour notre invité de passer à la cass… »

Un vigoureux hoquet l’interrompit alors. Horrifié, il porta les mains à sa gorge comme s’il réalisait seulement ce qu’il venait d’ingurgiter.

« Quelle est cette horreur ? Ce n’est pas du vin ! Qu’avez-vous mis dans mon verre ? »

De violents spasmes parcoururent son corps, ses genoux se mirent à fléchir et sous les yeux horrifiés de son unique employé, l’Androgum se retrouva bientôt sur le carrelage de la cuisine, le corps parcouru de terribles convulsions.

« Poison…c’est du poison…on m’assassine ! » geignait-il.

Bientôt, les convulsions stoppèrent, et Shakeese se retrouva tout à fait inerte. Trifflle, abasourdi, était resté figé, sa casserole de sauce bouillante à la main, ne semblant pas réaliser ce qui se déroulait sous ses yeux. Le Docteur s’éclaircit bruyamment la gorge, comme pour lui signifier qu’il aurait été courtois de bien vouloir le détacher, ce que Triffle fit immédiatement, se confondant en excuses.

« Je suis vraiment désolé, comprenez-bien qu’il m’aurait retrouvé et qu’il m’aurait dévoré moi-même si je ne vous avais pas conduit jusqu’ici. Sans cela, j’aurai rendu mon tablier depuis bien longtemps. Et maintenant qu’il est mort, je ne lui dois plus rien. »

« Détrompez-vous, il est en vie. » dit le Docteur au cuisinier, désignant le corps gisant au sol de son patron. « Mais je vous conseillerais de ne pas traîner dans les parages. Vous n’aimeriez pas être là quand il reprendra connaissance, croyez-moi. »

« Comment ça, il est en vie ? Vous ne l’avez pas empoisonné ? »

En entendant cette accusation, le Docteur et Mel éclatèrent de rire.

« Vous entendez ça, Mel ? Il pense que vous avez mis du poison dans son verre ! Sachez jeune homme qu’il n’y a pas de pire poison pour un Androgum que des légumes frais. »

Mel sortit alors une petite bouteille de son sac, un large sourire aux lèvres :

« Du poison ? Quel poison ? C’est du jus de carotte ! »

Note au-cas-où : les Androgums sont une création de Robert Holme, ils apparaissent dans l’épisode « The two Doctors ».

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Umanimo (fanart et texte)

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« Docteur, vous perdez quelque chose. »

Rira bien qui rira ensemble

Ou

Homme qui rit à moitié dans ton lit

« Héhéhéhéhéhéhé… »

Le Maitre s’introduit dans le TARDIS du Docteur. Il tâte, dans sa poche, un minuscule appareil qu’il a l’intention de coller sous la console de la machine. Ainsi, il pourra non seulement surveiller toutes les allées et venues de son rival, mais il lui suffira d’appuyer sur un bouton spécial de son TCE pour qu’un gaz hilarant se déverse dans la salle de commande. Il se réjouit à l’avance de voir le Docteur se ridiculiser encore plus qu’il ne l’est déjà, lorsqu’il sera pris d’une irrépressible envie de rire.

Après avoir déposé l’objet qui s’est magnétisé immédiatement à la console, le Maitre ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil par la porte donnant vers l’intérieur du vaisseau. Son pied appuie sur quelque chose et il baisse les yeux. C’est le manteau du Docteur qui git sur le sol blanc. Intrigué, il le ramasse. Un peu plus loin, le gilet de tapisserie multicolore traine près d’un mur. Fronçant les sourcils, le Maitre entre, prend cette deuxième pièce de vêtement et il la soulève jusqu’à ses yeux.

« Que diable… » marmonne-t-il.

Son regard rencontre alors un bout de tissu jaune finement rayé de noir. Il avance jusque là pour constater que cette étoffe ne fait que précéder une autre, bleu ciel, ornée de petits cœurs blancs, et encore une autre, immaculée, sur laquelle un point d’interrogation rouge vif se détache.

« Qu’est-ce qu’il fabrique ? »

À cet instant, une voix puissante entonne une chanson gallifreyenne à un volume que n’aurait pas renié une corne de brume.

D’une porte à sa gauche, un nuage de vapeur sort, le faisant tousser.

« Docteur ? appelle-t-il. Vous avez perdu quelque chose. »

Pas de réponse, à part le refrain de la ballade, hurlé par deux paires d’énergiques poumons. Grommelant, le Maitre s’apprête à repartir, puis il se rappelle qu’il a les bras chargés des habits du Docteur. Où les déposer ? Pas sur le sol, à nouveau. Son sens de l’ordre ne le supporterait pas. Il entre dans la salle de bains, espérant y trouver des patères.

L’épaisseur du nuage qui envahit la pièce ne lui permettant pas d’y voir à plus de quelques centimètres, il tâtonne du bout des doigts de la main gauche, le bras droit étant occupé par le costume coloré. Ses phalanges rencontrent quelque chose de souple et de mouillé. Un cri d’orfraie retentit, ainsi que ces paroles bredouillées :

« Qui est-ce ? Qui est là ?

– Oh pardon, Docteur. Je m’en vais. »

Mais il n’a pas le temps de se retirer. Une poigne aussi ferme qu’humide le saisit par le devant de sa redingote et un visage rond aux yeux furieux surgit du brouillard, si près que leurs nez se touchent.

« Toi ! Qu’est-ce que tu fais là, malfaisant ?

– Tes… tes affaires. Elles trainaient partout.

– Et alors ? Qu’est-ce que ça peut te faire ? Tu n’es pas chargé du ménage chez moi, que je sache, non ? »

Sans paraitre se rendre compte qu’il est nu comme un ver, le Docteur sort de la douche avec dignité et attrape une serviette. Il commence à se sécher, en tournant le dos à son congénère, lequel contemple l’arrière train rebondi qui s’agite devant lui. Toujours embarrassé par le tas de tissu qu’il n’ose d’autant pas poser au sol que celui-ci est détrempé, le Maitre finit par battre en retraite dans le couloir.

« Pffou, soupire-t-il, en passant un doigt dans son col brodé. Il faisait chaud là-dedans. »

Ses pommettes ont pris une teinte d’un rose soutenu. Il a tout juste atteint la salle de commandes que le Docteur surgit derrière lui, toujours en tenue d’Adam, et lui envoie un sec :

« Donne-moi mes fringues. »

Après une hésitation, le Maitre retire le caleçon bleu du tas et le tend au Docteur.

« ‘rci », grogne celui-ci.

Appuyé du fessier à la console, il entreprend de l’enfiler. Il fait ensuite un geste des doigts signifiant « le reste » vers le Maitre, lequel sort la chemise blanche et la lui donne. Le Docteur l’enfile et la boutonne soigneusement. D’un nouveau geste, il intime au Maitre de lui passer le reste.

Le Seigneur du Temps renégat cherche le pantalon. Mais celui-ci lui échappe des mains, ainsi que son TCE qu’il n’avait pas lâché lorsqu’il avait commencé à ramasser les habits du Docteur. Le toc ! de son impact sur le sol est aussitôt suivi d’un pschiii ! de mauvais augures.

Environné d’une vapeur rose layette, les deux hommes s’effondrent et commencent à se plier en deux et à se tordre.

« HA HA HA HA HA ! beugle le Docteur, les larmes aux yeux.

– Héhéhéhéhéhé, lui répond le Maitre, hoquetant sans pouvoir s’arrêter.

– Qu’est-ce que… ha ha ha… qu’est-ce qui se pa… ha ha ha… sse ?

– C’est… héhéhéhé… c’est mon gaz hil… hihihi… larant.

– Combien… houhouhouhou… de temps ava… ha ha ha… vant que ça cesse de fai… hai hai hai… re effet ?

– …sais héhéhéhéhé… rien. »

Quelques heures plus tard, épuisés, les zygomatiques envahis de crampes, le ventre toujours secoué de temps en temps d’un reste de crise, les yeux rouges à force d’avoir versé des larmes de rire, les deux Seigneurs du Temps parviennent enfin à se relever et à tituber jusqu’à la salle de bain où ils mettent leurs têtes sous la douche.

« Tu vas me payer ça, ha ha ha, grommèle le Docteur.

– Oh la ferme, Docteur, héhéhéhé », réplique le Maitre.

Enfin calmés, ils attrapent tous les deux une serviette pour se sécher la tête, lorsqu’ils s’aperçoivent qu’ils tiennent la même. Ils se fusillent du regard. Le Maitre tire d’un coup sec son côté pour faire lâcher le Docteur, mais celui-ci fait pareil, seulement avec plus de force.

Le Seigneur du Temps renégat tombe en avant et atterrit dans les bras de son ennemi, déséquilibré, patinant sur le sol mouillé. Le Docteur le saisit à bras le corps et le redresse vivement, dans l’intention de le repousser ensuite. Mais dans son mouvement, leur deux visages se sont à nouveau rapprochés à se toucher…

Nous préférons tirer un rideau pudique sur la suite des évènements.

 

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Les Artisons prennent des vacances. Vous les retrouverez à la rentrée. Bel été à vous.

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1 commentaire

Classé dans Artisons

Une réponse à “Even more of ME!

  1. Lépaum Sébon

    Magnifique !

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