Téléportez-nous, Docteur

Voici donc le résultat de cet Artisons de Décembre. Il a eu pas mal de succès et les séries que vous avec intégrées avec le Whoniverse sont très variées. Bref, nous avons été bien gâtés pour ce Noël 2016. Jugez-en : neuf participants totalisant dix-sept oeuvres.

Nous avons noté, cependant, quelques petites « incartades » vers des séries de films et non des séries télé, comme c’était bien spécifié pour le thème de cet Artisons. Néanmoins, ces hors-sujets sont quand même publiés.

(cliquez sur les images pour les voir en plus grand)

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Bab El (fanart et textes)

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Doctor Who ?

  1. Terre du Milieu, un jour de novembre 2941 (1341 d’après le Calendrier du Comté)

– Dites-moi, Gandalf, votre ami ne se lave-t-il donc jamais ?

Le Magicien Gris et le Hobbit chevauchaient de conserve depuis une semaine, et venaient d’atteindre l’orée septentrionale de Mirkwood. Ils avaient dormi dans une des demeures du confrère de Gandalf, et Radagast-Le-Brun – Bilbo était toujours fasciné par la crasse qui dégoulinait de ses cheveux – leur avait servi au réveil un thé tout à fait digne d’un Hobbit ; c’est-à-dire qu’il était accompagné d’un plateau généreusement garni. Gandalf était pourtant particulièrement irascible depuis le réveil, et Bilbo espéra que sa question n’allait pas empirer son humeur. Mais les épaules du magicien gris furent prises d’un tremblement ; et voilà que Gandalf riait !

– En effet, mon cher Bilbo, il aurait pu rester discret… Mais il faut toujours qu’il grossisse le trait. Cette idée d’installer un nid sous son chapeau rendait le déguisement absurde. Le véritable Radagast n’est pas aussi négligé !

Bilbo resta songeur quelques minutes. Le magicien avait ralenti légèrement le pas du grand cheval gris pour se placer à la hauteur de son poney, et ses yeux perçants, sous les larges bords de son chapeau, examinaient le hobbit. Celui-ci était perplexe.

– Mais Gandalf, voulez-vous dire que Radagast est un imposteur ? Et cela ne vous pose aucun problème ? Lequel est votre ami, alors ? L’imposteur, ou le véritable Radagast ?

C’était une bonne question, et Gandalf sourit dans sa barbe.

– Les deux me sont chers… Mais mon estimé collègue Radagast ne pouvait être présent. Des affaires urgentes l’ont appelé dans le Sud et il avait fort à faire. Il y avait donc peu de risque de voir ces deux-là se croiser… Radagast me viendra sûrement en aide dans ma longue quête, mais ce jour n’est pas encore arrivé. Il y a un temps pour tout, Bilbo Bessac, et le plus important, c’est que le temps qui nous est donné pour exercer notre liberté ne nous soit pas volé.

Bilbo ne répondit rien à ces mystérieuses explications. Ne vous mêlez pas des affaires des magiciens, dit-on. Mais Gandalf avait commencé à parler, et il avait bon espoir que celui-ci poursuivrait et lèverait les zones d’ombres de son discours. Cependant le magicien ne disait rien : il avait sorti sa pipe et la préparait tranquillement. Bilbo cru bon d’intervenir.

– Je ne comprends pas, Gandalf. Quel est le rapport entre le temps et votre ami ?

Gandalf marmonna quelques mots incompréhensibles, parmi lesquels Bilbo cru reconnaître « Point » et « Fixe ».

– Avez-vous remarqué cette elfe qui sema la pagaille chez les elfes comme chez les nains ?

Oui, bien-sûr que Bilbo l’avait remarquée. Et si maintenant chaque petite partie de la grande aventure qu’il venait de vivre semblait trouver sa place, comme autant de pièces d’un puzzle, le rôle de Tauriel lui apparaissait toujours flou, sans lien avec ce monde, comme un ingrédient venu se glisser dans une recette où il n’était pas du tout attendu. Peut-être son acuité était-elle renforcée par l’Anneau qu’il gardait dans la poche de son gilet ; mais il ne s’en rendait pas compte – et même s’il s’en était rendu compte, il n’en aurait jamais parlé à Gandalf. L’Anneau restait son secret.

– Contrairement à ce qu’elle a toujours dit, Tauriel ne fait pas partie de ce monde. Elle vient d’ailleurs. Il semble qu’elle a partie liée avec le Nécromancien : celui-ci lui avait promis quelque artifice utile en échange de son aide. Elle aurait mené sa mission avec brio si on lui en avait laissé la possibilité. Mais aucune de ses interférences n’a finalement eu de conséquences. Vous n’entendrez plus jamais parler d’elle dans ce monde ; et personne ne saura jamais ce qui aurait pu arriver si on n’y avait veillé. Mon ami n’a été envoyé ici que dans ce but : limiter les dégâts, et faire en sorte que l’on ne modifie pas le cours que vos propres choix devaient donner à cette histoire.

Bilbo ne comprenait toujours pas, mais il ne voulait pas le laisser paraître.

– Alors, Tauriel est venue dans notre monde pour modifier le cours des événements, et Radagast devait l’en empêcher ? Je ne me suis rendu compte de rien ! Mais pourquoi dites-vous que cela aurait nui à notre liberté ?

Gandalf se lança alors dans un monologue complexe où il était question de choix, de responsabilité, de temps et de dimensions, et de seigneurs qui régulaient les accidents temporels. Bilbo perdit rapidement le cours. Il lui fallait une réponse plus terre-à-terre, ce pourquoi il se remit à questionner le magicien – en le coupant dans sa lancée, ce qui ne plaît guère à Gandalf d’habitude, pas plus qu’à n’importe qui.

– Dites-moi, Gandalf, de quel monde venait-elle ?

Le magicien resta silencieux un instant.

– Il serait un peu long de vous expliquer la dynamique des dimensions parallèles. Dans cet autre monde où elle est née et où elle a cherché le pouvoir, on l’appelle la Rani.

Gandalf se tut à nouveau.

– Et cet homme qui avait pris l’apparence de votre ami, Gandalf, qui était-il ?

***

– Voilà pour les différences entre les histoires qu’on trouve dans les livres et leur mise en image sur les écrans, petits ou grands ; des accidents temporels. Eh bien, vous comprenez mieux, maintenant, la complexité de notre entreprise. Il suffit que l’un d’eux trouve le moyen de traverser les murs, et plus rien n’a de cohérence. Un coup de pied dans la fourmilière. Nous ne pouvons pas laisser cela arriver.

– Donc, vous envoyez un de ces Seigneurs du Temps.

– Le système est fait pour s’autoréguler ; la plupart du temps, ils s’envoient eux-mêmes en mission, étant suffisamment conscients des dommages que ces interférences pourraient causer dans le vortex.

– Mais est-ce si grave ?

– Évidemment, voyons… Nous devons permettre à chaque action, chaque geste, chaque pensée et chaque choix de suivre son cours et d’avoir les conséquences qu’il portait en germe. Il n’y a qu’ainsi que la liberté de chacun s’accomplira. Et nous avons besoin de cette liberté. C’est quand toutes les libertés seront accomplies, et toutes les histoires achevées, en bien ou en mal, que nous connaîtrons enfin la Question.

***

  1. Poudlard, bureau du professeur Rogue, durant la soirée du 24 juin 1995

Attention, contient un spoiler pour qui n’a pas lu Harry Potter et l’Enfant Maudit.

– Expecto Patronum !

Un immense phénix déploya ses ailes d’un bord à l’autre de la pièce encombrée. La force du Patronus fit même glisser et tomber la Glace à l’Ennemi : elle s’écrasa sur le sol dans un tintement cristallin. Dumbledore avait l’air de se soucier assez peu des dégâts qu’il pouvait causer. De toute façon il n’y avait plus personne pour contempler le désordre. Cornelius Fudge gisait inconscient juste derrière le seuil, assommé par la force du sortilège, le chapeau melon tournant sur lui-même comme une toupie. Les pieds d’un autre fonctionnaire dépassaient de derrière le bureau, et le Détraqueur glissait déjà au coin du couloir. L’homme assis dans le fauteuil n’avait plus rien du fanatique assommé par le Veritaserum que Dumbledore avait quitté il y a un quart d’heure. Ses lèvres étaient tellement serrées que sa bouche formait une mince ligne barrant son visage, et il regardait Dumbledore d’un air sombre.

Le vieux magicien s’assit derrière le bureau, à la place du Professeur de Défense contre les Forces du Mal. Il avait l’air calme, mais ses yeux bleus envoyaient encore des éclairs. Le prisonnier ricana.

– Ah, bravo, dit-il d’un ton qui n’avait plus rien de monocorde. Encore un point fixe du temps qui part en fumée. Vous n’auriez pas pu le laisser faire, peut-être ? Ce n’est pas le premier monstre qui essaie de m’embrasser…

Albus Dumbledore rassembla le bout de ses doigts sous son menton et jeta au prisonnier un regard d’un bleu vif par-dessus ses lunettes en demi-lune.

– Un « merci » aurait suffi. Vous ne tenez pas à votre âme ?

– Cela n’aurait eu aucun effet sur moi. Pas plus que vos potions et sortilèges…

– Ah. Je vois. Vous n’êtes pas de ce monde. Vous êtes un imposteur. L’imposteur d’un imposteur. Très habile, dit Dumbledore.

– Et je suis dans le bon camp, quoique vous en pensiez, répondit le prisonnier d’un ton sarcastique. Dites, ça ne vous ferait rien de me détacher ?

– Libero, dit Dumbledore en agitant sa baguette magique.

Les cordes tombèrent au sol.

– Qui êtes-vous ? demanda Dumbledore.

Le prisonnier se redressa de sa chaise en rangeant un petit objet allongé, pas plus gros qu’une baguette mais un peu plus épais, dans une poche intérieure de son manteau. La colère déformait ses traits quand il se pencha vers le vieux professeur en appuyant ses deux mains sur le bureau.

– Je pensais mon déguisement imparable, dit le jeune homme en grinçant des dents.

– Pas tout à fait assez blond. Trop grand, trop mince… Vous avez oublié les tâches de rousseur, aussi, répondit Dumbledore.

– Eh bien voilà, c’est moi, le génie qui se salie les mains pour réparer les erreurs des autres, dit-il. J’aurais pu vous planter là… Ooooh oui, j’aurais pu ! Mais voilà…

Il se mit à marcher de long en large, donnant du pied dans un fauteuil avant de se retourner vers Dumbledore avec d’autant plus de hargne que le vieil homme ne se départait pas de son calme.

– Il fallait que Rome brûle, Rome a brûlé. Il fallait que Londres brûle, Londres a brûlé. Il fallait que Pompéi brûle. Il fallait que ces deux stupides petits humains qui font joujou avec le temps comme des chiots avec une balle soient arrêtés… Il fallait que Cedric Diggory  meure. Quel est l’idiot qui vous a donné ces facultés incroyables, cette imagination débordante et cette liberté insolente, et a oublié d’ajouter un atome de responsabilité à la recette ? Un seul petit atome ? Mais c’est fini, Dumbledore, c’est fini ! La prochaine fois, comptez sur quelqu’un d’autre. J’ai vu assez de gens mourir pour pourrir toute une vie.

– Mais vous en avez sauvés assez pour en justifier onze, à moins que je ne m’abuse – ce qui m’arrive rarement, étant doté d’une intelligence aussi prodigieuse que la vôtre, et ce n’est pas peu dire, répondit Dumbledore, une étincelle amusée dans les yeux.

Les yeux de l’imposteur s’élargirent sous le coup de la surprise la plus profonde. Bouche-bée, il s’effondra dans le fauteuil. Le vieillard avait dit onze. Onze, non pas dix. Comment Dumbledore pouvait-il connaître son plus sombre secret ? Il aimait être surpris par l’intelligence de ses interlocuteurs (pour un peu que ceux-ci soient dans son camp) autant qu’il détestait perdre la face, et il finit par laisser un sourire envahir lentement son visage mince.

– Bien-sûr, murmura-t-il. Je suis déjà intervenu dans cette histoire… C’est moi qui a donné sa baguette à Harry, n’est-ce pas ? Mais sous une autre apparence… Son apparence… et vous, Professeur Dumbledore, vous êtes prodigieux ! ajouta-t-il avec un enthousiasme qui contrastait avec la colère de l’instant précédent.

– Le ministre et ce brave fonctionnaire en ont encore pour quinze minutes d’un sommeil certainement réparateur. Nous avons donc un peu de temps avant qu’ils ne se réveillent, dit Dumbledore en agitant de nouveau sa baguette.

Une théière et deux tasses surgirent de nulle part et se posèrent sur le bureau.

– Vous prendrez bien une tasse de thé, Docteur ?

***

Spoiler alerte toujours valable.

– Il n’a pas l’air très content du rôle que vous lui donnez à jouer.

– Oh, il exagère sur ce coup. Une mission courte, sans aucun risque, un seul mort – sans compter celui dont il a pris la place – pour en sauver des milliers…

– Les deux gamins fauteurs de trouble vont s’en sortir, alors ?

– Tout est rentré dans l’ordre. Il a fallu s’y reprendre à plusieurs reprises, et seulement les premières tentatives sont connues des acteurs de l’univers. Celle que nous venons de vous présenter restera un secret connu de Dumbledore seulement.

– Vous faites toujours appel au même… régulateur ?

– Comme vous pouvez le constater, il est d’un caractère… Variable. Il lui arrive de refuser. Voyez plutôt comment il a débouté notre demande dans le passé.

***

  1. Westeros, derrière le Mur, An 299

Attention, contient un spoiler pour qui n’a pas vu la saison 6 du Trône de Fer.

– Non.

Le Docteur tournait ostensiblement le dos au Timelord dépité et tripotait la poignée d’ouverture du Tardis. La porte s’ouvrit sur un paysage glacé et une rafale de vent amena un paquet de neige à l’intérieur.

– Non, je ne suis pas votre marionnette. Je vous rappelle même que vous vouliez me faire Président de Gallifrey la dernière fois que j’y ai mis les pieds.

– Je me rappelle surtout que vous avez pris la fuite. De quand date votre régénération ?

Le Docteur se retourna et essuya une poussière imaginaire de sa manche en répondant d’un air suffisant.

– Il y a quelques semaines. Qu’en pensez-vous, pas mal, non ? Et contrairement à l’ancienne version de moi, celle-ci… NE SE LAISSE PLUS MARCHER SUR LES PIEDS ! La porte est ouverte, cher ami. Si vous voulez bien vous donner la peine d’en franchir le seuil…

– Docteur, permettez-moi d’insister…

Le Docteur toisa son interlocuteur de l’air le plus buté qu’il soit, le menton dressé, les bras croisés, le dos cambré, prêt à redonner de la voix.

– Vous voulez m’envoyer dans un univers glacial, au milieu de… de zombies et de sauvageons, derrière le seul mur qui protège la civilisation d’un hiver féroce – si on peut appeler ça une civilisation – tout ça pour venir en aide à un gamin infirme qui fait joujou avec le temps. Et en plus, vous me promettez tous les plaisirs du monde : orteils gelés, zombification, une nourriture immangeable, une compagnie de rustres… Je vais devoir enfiler des peaux de bêtes… Des peaux de bêtes !

Quand il s’énervait, sa voix montait dans les aiguës. Il tata le tissu de sa veste colorée avec la satisfaction de quelqu’un qui n’entend pas s’en défaire de sitôt.

– Trouvez un Timelord plus stupide que moi. Vous ne devriez pas avoir trop de mal, c’est une espèce qui pullule sur Gallifrey. N’importe qui fera l’affaire. Je suis surpris que vous n’ayez pas postulé vous-même.

Le messager était partagé entre le dépit et l’exaspération. Il soupira.

– Parce que, Docteur, contrairement à ce que vous pensez, cette tâche ne peut être confiée qu’à un Timelord particulièrement… Inventif… Indépendant… Intelligent, et sensible, et, euh…

Le Docteur eu l’air soudain plus affable.

– Oui, bien-sûr, et je suis le meilleur. Je comprends mieux. Pourquoi n’avez-vous pas commencé par-là ?

Mais il se reprit rapidement.

– Non, non, non. Vous ne m’aurez pas avec vos boniments. Dehors !

***

Spoiler alerte toujours valable.

– Cet univers avait besoin d’un véritable génie pour le sauver. Les dommages commis étaient presque irréparables, entre ce qui était écrit et ce que nous voyions à l’écran… Il nous fallait le meilleur. Nous avons envoyé Rassilon.

– Rassilon ? N’était-il pas mort depuis longtemps ?

– Voyons, comme le Docteur le sait très bien, Rassilon avait compris les principes de l’immortalité… Tout ce qu’il nous fallait, c’était relancer un nouveau cycle de régénération. Le Haut-Conseil s’en est chargé pendant la Guerre du Temps, et nous lui avons proposé cette mission peu après la disparition de Gallifrey. Il n’a fait aucune difficulté ; il était trop heureux d’échapper au verrou temporel. Mais nous n’aimons pas faire appel à lui. Il se soucie beaucoup trop de la fin et pas assez des moyens. Ses méthodes ne sont pas toujours… Enfin, bref.

– Donc, si je comprends bien, ces Timelords peuvent voyager dans tous les univers ?

– Aaaah… non, pas tout à fait. D’abord, nous devons les y autoriser. Ensuite, ils ne sont pas supposés pouvoir entrer dans la matrice génératrice. Celle-ci doit garder son indépendance.

– Vous dites qu’ils ne sont pas supposés entrer dans la matrice génératrice… J’en déduis que ce n’est pas impossible. Que se passe-t-il en cas d’accident ?

– Voyons… Oui, celui-ci devrait faire l’affaire.

***

  1. Londres, 13 décembre 2016 vers 10h

Le Docteur était attablé devant le petit déjeuner le plus extraordinaire de tous les univers : œufs brouillées, beans, saucisses, toasts, trois confitures différentes, un grand café au lait, du jus d’orange, du bacon, une assiette de frite et même un sac de jelly babies. Les portes du Tardis étaient grandes ouvertes et tout autour, les badauds s’attroupaient.

– Bonjour Docteur ! Je peux prendre un selfie avec vous ?

– Eh Docteur ! Vous me signez un autographe ?

– C’est dingue ce qu’il lui ressemble… En plus jeune, bien-sûr !

Le Docteur se rendit compte qu’il n’avait pas réussi à attraper sa serviette et qu’il s’essuyait les lèvres avec son écharpe interminable.

– On ne peut pas avoir la paix dans cette ville. K9 !

Le chien robot roula hors du Tardis.

– Oui Maître ?

L’attroupement applaudit à tout rompre.

– Il parle ! C’est vraiment bien fait ! Ils ont fait des progrès fous sur les effets spéciaux ! La BBC n’est plus ce qu’elle était !

Le Docteur se leva de table.

– K9, nous quittons Londres. On reviendra quand ils se seront calmés. Est-ce qu’un petit déjeuner doit s’apparenter à un spectacle de rue, hein ?

– Données insuffisantes, Maître.

La foule éclata de rire. Le Docteur leur lança un regard indécis. Il débarrassa rapidement les reliefs de son repas et s’apprêta à fermer la porte, sous les regards enthousiastes de l’auditoire ; mais devant un public visiblement conquis, il ne put s’empêcher de brandir son chapeau d’un air triomphant.

– Salutations, Terriens !

Il songea un instant à improviser un discours mais l’inspiration lui manquait et il se retira en souriant de toutes ses dents. Les portes claquèrent et le Tardis se dématérialisa sous les hurlements de joie et les acclamations de l’assistance.

***

– C’est toujours délicat, bien-sûr. Mais en général, les habitants de la matrice génératrice présentent une résilience incroyable à l’inexplicable. Ils trouvent toujours une explication.

– Et cette matrice originelle ne pouvait pas suffire à trouver la Question ?

– Voyons, jeune homme, je sais bien que vous n’êtes qu’un stagiaire fraîchement débarqué dans l’observatoire… Mais vous devriez avoir un peu plus de jugeote. Nous parlons tout de même de la Question à la vie, l’univers et le reste. Comme si un univers pouvait suffire à y répondre !

– Oui-oui-bien-sûr… Mais tous ces univers parallèles générés par l’imagination des Terriens de l’univers d’origine… Ce n’est pas que ça fait désordre, mais c’est très bruyant, non ? Si la Question est posée, l’entendrez-vous au milieu de tout ce brouhaha ?

– C’est exactement la raison pour laquelle vous êtes ici. Vous êtes le meilleur développeur de l’école. Eh bien, nous avons besoin d’un programme bien spécifique.

– Oui, en effet. Il faudra que le silence tombe, quand la Question sera posée.

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Flavichou Bacca (photo-montages)

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Florent Fayolle (vidéo-montage, photo-montages, fanarts)

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Jelly Sweets (texte et fanart l’illustrant)

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Le Dalek de SunnyDale

Buffy suivait l’homme avec une certaine lassitude. Elle avait rencontrer pas mal de type étrange dans sa ville mais celui là en tenait une couche.

Il était apparu un soir dans le cimetière et ses propos étranges l’avait poussé à le suivre.

– Comment ? Vous ne connaissez pas les cybermens ?

– Des hommes robots vous dites ? A part l’ancien petit ami de ma mère non ?

– Non pas vraiment je dirais des robots hommes. Il transforme les hommes en robots.

– Je vous l’ai dit ici on est plutôt monstres, vampires, démons…

– Les monstres ça n’existent pas, pas plus que les fantômes. Ce sont juste des extra terrestres rassemblé  en communauté. Un peu comme  Chinatown.

– Les goûts culinaire en moins c’est ça ?

Il n’avait pas répondu et Buffy pensa que finalement ses répliques mordante faisait toujours autant d’effet.

– Au fait c’est quoi votre nom déjà ?

– Docteur.

– Docteur quoi ?

– Si vous voulez. Appelez moi juste Docteur.

– Et bien Juste Docteur je crois qu’on tourne en rond.

Il regardait un gadget dans sa mains. Une espèce de petite parabole, ou plutôt une sorte de bouchon de radiateur digne de la voiture de Giles.

– Non c’est pas possible, il doit être dans le coin. C’est lui qui tourne en rond !

– Le Cybermen ?

– Non le Dalek.

– Ah oui c’est quoi déjà ?

– Ma parole qu’avez vous à la place du cerveau ?

– Heu désolée mais je n’apprécie guère vos insinuations.

– Ce n’est pas grave prenait un Jelly Baby. Les jaunes surtout ça vous stimulera.

Buffy observa le petit sac en papier avec un regard méfiant .

– Vous n’êtes pas en train de me proposer de la drogue j’espère.

L’homme restait debout devant elle, il avait une stature immense, une très longue écharpe et un large chapeau. Elle ne distinguait de son visage que ses dents apparaissant derrière un sourire digne du chat de Alice.

– Giles dit qu’on peut vous faire confiance, si ce n’est pas le cas… Mr pointu veille au grain

Elle sortie un pieu de sa veste puis tendis la main pour prendre un bonbon dans le sac en papier.

– On aurait pu emmener Willow et Alex avec nous.

– Moui moi aussi j’aime bien avoir des compagnons. D’ailleurs K-9 nous aurait était utile. Il a un flaire exemplaire du moins pour une machine.

– Encore des Robots ? Mais c’est quoi cette obsession.

– Pure coïncidence. Mais j’ai eu a faire avec d’autre créature croyez le. Je suis sure que vous n’avez jamais vu un silurien. Des êtres reptiliens qui vivent sous terre depuis la nuit des temps.

– Sous terre c’est toujours là qu’il se cache. Mais si je vois de quoi vous parlez.

– Et un Zygon ?

– Laissez moi deviner « Tentacule ? »

– Et de vrai extra terrestres ?

– Je ne sais pas,y en a beaucoup qui ressemble a des insectes ?

– Les Wirrn ! Un genre de mante religieuse.

– Demander a Alex.

Après une heure à tourner en rond dans le cimetière à discuter de leurs rencontre, Buffy se tourna vers le Docteur.

– Bon on rentre, votre pastèque machin truc il est pas là.

– Un Dalek !

– Oui bon vous voyez bien.

– C’est étrange.

– De toute façon avec tout les monstres qui rodent en ce moment ça m’étonnerai qu’il est survécu votre machin.

– Vous parlez de la créature la plus puissante de l’univers. Qui à détruit des planètes entière.

– Oui bien il n’est pas là, retournons à la boutique magique. On cherchera dans un bouquin. Et puis les extra terrestres ça fait trop « X-files » à mon goût on est pas dans une série.

Le Docteur fronça les sourcils et marmonna

– Si Fox entendait ça !

– Pardon vous disiez ?

– Non rien retournons au TARDIS

– Vous vivez vraiment la dedans ? Je sais que la chambre que je partage avec Willow est petite mais vous vous vivez réellement dans une boite.

Plus tard à la boutique magique.

– Alors votre recherche ?

– Absolument rien Giles je dirais bien « Que dale » ! Que dale, Dalek ? Dalek, que dale ? Bon c’est pas grave. Va falloir que je l’arrange cette réplique.

– En tout cas Docteur votre machine est tout a fait fascinante. J’avais déjà entendu parlez de la possibilité de superposer des espaces de cette façon mais à cet échelle c’est fabuleux.

– Je sais technologie des seigneurs du temps.

– Alors ses recherches Alex ?

– Est bien comment dire Buffy, c’est pas tout les jours qu’on a affaire a ce genre de chose.

– Oui Alex et moi avons chercher mais rien, c’était plus facile quand j’étais démon au moins j’aurais pu le localiser.

– Anya combien de fois devrais je te dire qu’il vaut mieux éviter de dire que tu as étais un démon devant n’importe qui.

– Et Willow elle en est ou ?

– Elle est partie avec Tara chercher son ordinateur. Enfin c’est ce qu’elle dit. Je pense qu’elles sont plutôt partie chanter.

– Mais tu vas arrêter avec cette histoire.

Le Docteur était entré dans son TARDIS et ressortie quelques instant plus tard avec à ses cotés un chien robot.

– Les amis je vous présente mon fidèle compagnons K-9.

A cet instant la clochette de la porte de la boutique retentis. Willow et Tara entrèrent main dans la main avec un ordinateur et une pile de livre sous les bras.

– K-9 pourrait tu aider Willow à retrouver la piste du Dalek !

– Affirmatif maître.

Willow était émerveillé et dit à Tara.

– Moi aussi j’en veux un comme ça !

– Hum je crois que Miss Kitty fantastico ne serait pas d’accord.

– Tu as sans doute raison

Le petit groupe alla s’asseoir à la table déjà couverte de livre.

– Alors d’après vous Docteur que cherche ce Dalek.

– Oh vous savez ils sont peut être impitoyable mais leur but et la destruction pure et simple. Peut importe le moyen.

– Hum la fin du monde. Depuis le maître ça n’arrête pas.

– Non je ne pense pas que le maître soit derrière tout ça.

– En effet il est mort. Il y a 4 ans environs.

– On ne doit pas parler du même.

– Ah vous aussi vous en avez un. Je compatis.

– Je ne vous le fait pas dire.

Les recherches étaient laborieuse et le Docteur tournait en rond.

– Comment vous faites pour rester comme ça ?

– En général je vais patrouillé ça m’évite les bouquins.

– Ah ça y est ! On a trouvé. Avec K-9 on a pisté sa signature énergétique, avec les plan de la ville on a pu le retrouvé. Il est au Lycée de Sunnydale.

– Au Lycée ? Non pas encore !

– Qu’y a t’il dans ce lycée ?

– Rien juste la bouche de l’enfer.

– Alors allons-y !

Le Docteur sortie en courant de la boutique et revint doucement en enlevant son chapeau.

– Il est de quel coté ce Lycée ?

Plus tard au Lycée. La petite troupe avance dans les couloirs en chantier. Buffy une arbalète dans la main, Alex avec une grosse hache, Anya une batte de base-ball suivis de Willow, Tara accompagné de K-9. Le Docteur suivait en agitant son instrument qu’il appelait tournevis sonique.

– Je crois que je préférai quand j’étais Démon au moins j’avais de quoi me défendre.

– Oui tes veines purulentes !

– Alex !

– Désolé c’est sortie tout seul.

– C’est au sous sol.

– Attention de ne pas trop m’endommager les murs ils viennent d’être repeint.

– Quel étrange endroit pour l’apprentissage. Si le professeur Chronotis était là il en perdrait son gallifreyen.

Le groupe avançait sans bruit. Les un derrière les autres. Les petits couloirs ne leurs permettant pas de s’écarter. Puis ils arrivèrent au grand sous sol. Par terre un grand pentagramme était dessiné et le Dalek se trouvait au centre. Devant lui un homme feuilleté un livre. Lorsque le petit groupe entra dans la pièce l’homme leva la tête.

– Ethan Rayne ! J’aurais du m’en douter

– Vous connaissez cet individu ?

– C’est une vieille connaissance verser dans les forces obscure.

– Giles mon vieil ami.

– D.O.C.T.O.R*

– J’ai comme une sensation de déjà-vu trop familière.

– Que fait tu ici Ethan.

– Et bien voit tu je renvois cette créature dans son monde. Je fais une bonne action.

– Et en échange que t’a t’il offert ?

– LA VIE SAUVE*

– Je n’ai pas pu refuser.

A ce moment un carreau d’arbalète vola dans la pièce et vain s’écraser contre le Dalek.

– Oups ! Le coup est parti tout seul.

Tout le groupe se jeta a terre sous les rayons mal ajusté du dalek.

Willow et Tara incantèrent une formule qui fit apparaître une espèce de bouclier autour du groupe armé. Anya se faufila à l’arrière du dalek et le frappa avec sa batte. Une gros bruit de ferraille se fit entendre. Tout le monde se retourna vers elle.

– Quoi je dois pas être la seule a avoir fait ça ?

Chacun se lança à l’assaut de la machine qui continuait a tirer de façon anarchique et non précise.

Le Docteur toujours debout à l’entré observait de façon étrange le combat. Quelques chose n’était pas normal.

– Attendez, arrêtez tout !

Les coups et les lasers s’arrêtèrent nette.

– Tu n’es pas le Dalek que je recherche. Tu vise beaucoup trop mal.

– JE NE VEUX PAS VOUS FAIRE DE MAL !*

Le Docteur s’approcha du dalek.

– Qui est tu ? Et où est l’autre.

– JE L’AI DETRUIT, LES DALEKS DOIVENT ETRE DETRUIT.

– Qui est tu ? Tu est défectueux ?

– NON VOUS M’AVEZ REPARE DANS LE FUTURE, JE SUIS RUSTY*

Ethan ferma le livre qu’il tenait à la main et dit une formule.

De violents éclaires fusèrent dans la pièce et se concentrèrent autour du Dalek qui disparut.

– Où l’avez vous envoyé ?

– Je ne sais pas ? C’est lui qui me l’a demandé. Ripper une chose obscure arrive encore plus obscure que tout ce qui s’est déjà passé ici. Laisse moi partir, je n’ai rien fait de mal ici.

Giles laissa Ethan partir qui courut sans demander son reste.

– Et Bien Docteur je crois que votre dalek est partie. Rentrons, demain nous devons affronter encore un cours de psycho. D’ailleurs Willow est ce que tu as les notes du dernier cours ? Je crois que j’ai du m’endormis.

– Oui, tu progresse, on ne t’entend presque plus quand tu ronfle. Demande a Tara tu faisais un de ses boucans en histoire de l’art !

– C’est vrai j’ai du plusieurs fois incriminer la climatisation pour te couvrir.

– Ah ah très drôle ! Mais tu sais que si madame Walsh m’attrape c’est fichu pour ce semestre.

Elles s’éloignèrent en discutant. Suivis de d’Alex et Anya

– Tu l’as vraiment frappé avec ça ?

– Ben oui, ça peut faire très mal, si ce machin peut envoyé une balle a plus de 100m alors pourquoi pas un robot.

– Une vrai américaine hein !

Giles resta avec le Docteur et K-9 un moment.

– Et bien quel drôle d’histoire.

– Effectivement ce genre de chose n’arriverai pas a Coal Hill school !

– Vous êtes anglais ?

– Non je viens de Gallifrey.

– Oh oui bien sure.

– Mais j’aime beaucoup l’Angleterre.

– Oui parfois elle me manque. Je pense y retourner bientôt.

– Alors nous nous y retrouverons peut être. Dans un lycée peut être. Il faudra que je vous présente a mon amie Sarah Jane Smith elle est comment dit-on ? Journaliste ?

– Oh et bien pourquoi pas.

Les deux hommes sortirent du lycée et retournèrent à la boutique magique. Le Docteur entra dans son TARDIS avec K-9 et disparut dans un bruit rock.

Giles essuya ses lunettes et entreprit de ranger les livres qui étaient encore en vrac sur la table.

Fin

*Voix de Dalek

K9-separateur-small4

Lise Hamaide (fanart)

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K9-separateur-small4Lou Ann (fanart)

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Marie Valerio (texte)

Celui qui voyageait dans le temps

Avançant prudemment à travers la dense végétation de la jungle Saturnienne, le commandant Xeror gardait prudemment le poing serré sur la détente de son canon laser, prêt à dégainer au moindre mouvement. Lui et ses hommes ne devaient plus être très loin du nid des extra-terrestres. Une fois que son bataillon aurait anéanti la reine, ces ignobles créatures se retrouverait alors sans défense et cette interminable guerre dans laquelle l’Union Terrienne était englué depuis les débuts de la colonisation spatiale pourrait alors prendre fin.
« Attention commandant, derrière vous ! »
Xeror eut à peine le temps de se retourner que déjà son assaillant aux tentacules verdâtres avait craché vers lui un jet de venin mortel. Instantanément, l’un de ses hommes s’interposa courageusement entre la créature et lui, prêt à se sacrifier pour son bataillon. Malheureusement pour le commandant, celui-ci trébucha sur une racine malencontreusement placée et tomba face contre terre, laissant échapper son arme. Un cri surgit alors des ténèbres :
« Coupez ! »
Les hommes du bataillon galactique 44 baissèrent alors leurs armes et poussèrent un soupir à l’unisson. Excédé, le réalisateur déboula en trombe sur le plateau tandis que l’acteur qui jouait Xeror rejoignait les coulisses en hurlant au scandale.
« Mais qui m’a fichu un figurant pareil ! Quand il oublie pas sa réplique, il met des coups de canon laser dans les côtes de ses collègues ou il se vautre lamentablement ! À ce rythme-là, on arrivera jamais à tourner cette foutue scène ! »
Le jeune soldat se releva penaud et enleva maladroitement son casque.
« Je suis vraiment désolé, je crois que mes chaussures sont trop grandes. Peut-être que si vous me laissiez jouer pieds nus… »
« Mais enfin, vous allez pas vous baladez pieds nus en plein milieu d’une jungle cosmique à haute teneur en radiations ! Allez chercher une autre paire dans les loges ! La porte bleue au fond à gauche du couloir à droite. Et dépêchez-vous ! »
Sans se faire prier, Joey se débarrassa de son fusil laser et se précipita vers le couloir aussi vite que le lui permettait son armure de soldat. Quand son agent lui avait parlé d’un rôle majeur dans un film de science-fiction à gros budget, il ne s’était certainement pas attendu à cela. Avait-il vraiment quitté New-York pour Los Angeles pour jouer un figurant dans une série B, dont le seul rôle consistait à mourir une demi-heure avant la fin du film, le tout dans une armure très inconfortable ? Avait-il vraiment quitté ses amis et son bien-aimé appartement de Manhattan pour se faire hurler dessus par un réalisateur hystérique dont la direction d’acteur consistait principalement à lancer des chaises aux figurants ? Allait-il un jour percer au cinéma ? Et où était donc cette foutue porte bleue ?
Après avoir tourné dans de multiples couloirs, il se retrouva finalement face à une porte bleu vif. Bizarrement, elle se présentait sous la forme d’une sorte de cabine, pas plus grand qu’une cabine de téléphone. « Drôle d’endroit pour ranger des accessoires» se dit Joey. Lorsqu’il l’ouvrit, il ne trouva pas une salle remplie de costumes de spationautes en tout genre mais ce qui ressemblait à l’intérieur d’un vaisseau spatial plongé dans une semi-obscurité peu engageante. En son centre, quatre imposantes colonnes entouraient ce qui semblait être le poste de contrôle, constellé de trucs et de machins qui clignotaient en émettant des sons étranges, et sur lequel était penché un homme à la veste en velours et aux cheveux bouclés.
« Wow, j’aurais pas dû manger ce triple hot-dog au beurre de cacahuètes ce midi… » réalisa Joey.
À ces mots, l’occupant des lieux se retourna en sursaut comme s’il venait de s’apercevoir de la présence de l’intrus.
« Ah ! » s’exclama-t-il en accourant à sa rencontre. « Un militaire !Vous tombez à pic ! Dites-moi, suis-je bien sur Hypérion 4 ? Je crains m’être égaré, les coordonnées spatio-temporelles sont assez confuses…. »
« Euh, pas franchement non. Vous êtes dans un studio de cinéma. Et j’ai bien peur d’être qu’un figurant. Je joue un soldat de l’espace dans Toxic Aliens War 3. »
L’inconnu se mordit la lèvre, l’air profondément embarrassé, et se tourna vers la console du vaisseau le regard lourd de reproches.
« Très amusant, vraiment. Je ne te connaissais pas ce sens de l’humour pittoresque. »
« Dites, vous êtes au courant que votre machin est vachement plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur ? Comment vous faites ça ? »
« Euh, c’est un peu complexe à expliquer. Disons que tout est une question de relativité. On m’appelle le Docteur voyez-vous, ceci est mon vaisseau spatial. »
« Enchanté Doc, moi c’est Joey. Attendez, vous avez dit…c’est un vrai vaisseau spatial ? »
« Ceci est mon TARDIS. Cela signifie Temps À Relativité Dimensionnelle Inter-Spatiale. Grâce à sa technologie extrêmement avancée de voyage inter-dimensionnel, je peux me déplacer librement à travers le temps et l’espace. Je peux ainsi me rendre à n’importe quel point de notre univers, à n’importe quelle période, et ce dans n’importe quel… »
« Ça fait quoi le levier, là ? »
« Non non, ne touchez surtout pas à… »
********
Hors d’haleine, le Docteur se précipita à l’intérieur du TARDIS, entraînant Joey à sa suite pour refermer les portes en toute hâte
« J’en reviens pas ! » s’exclamait le comédien en herbe. « J’en reviens pas, de vrais extra-terrestres ! Avec de vrais fusils de l’espace ! Ils étaient bien réels, hein ? »
« Terriblement réels oui, et vous les avez mis très en colère. Il ne vous est pas venu à l’esprit qu’il ne valait mieux pas rire au nez d’un extra-terrestre armé jusqu’aux dents ? »
« Désolé, mais avouez que des hommes-patates en armure, c’est plutôt rigolo. »
« Ce que vous avez vu étaient des Sontariens, une des races les plus belliqueuses et les plus meurtrières de la galaxie. Bien des peuples ont disparu après leur passage. »
« N’empêche qu’on dirait des patates. J’en reviens pas d’être allé dans l’espace ! Où est-ce qu’on va maintenant Doc ? »
« Docteur, s’il-vous-plait, et nous n’allons nulle part. C’est déjà un miracle que vous n’ayez pas été pulvérisé quand vous avez tenté de mordre dans le crâne de leur adjudant-chef.. »
« Mais j’avais faim ! »
« Écoutez, je ne pense pas que vous soyez fait pour les voyages spatio-temporels. Je vous ramène sur le tournage de votre film. »
« Quoi ? Déjà ? Mais je veux voir d’autres planète moi ! Et je croyais qu’on allait voyager dans le temps. S’il-vous-plait Doc…teur, juste un petit tour dans le passé ! Et un petit tour dans le futur, pour voir les voitures volantes et les types avec des téléphones portables dans le cerveau. »
Le Docteur eut un léger sourire. Il avait beau être une catastrophe ambulante, le bonhomme avait en lui une naïveté et une sincérité qui inspirait la sympathie.
« Bon, je vous accorde un voyage, un seul. L’époque, le lieu, la planète que vous voulez. Essayez d’être assez précis quand même. »
Joey trépigna. Le choix était vaste, à quelle époque se rendre ? Visiter le far-west, au temps des cow-boys et des indiens ? Faire un tour du côté de l’âge d’or d’Hollywood ? Ou remonter carrément à l’époque des dinosaures ! C’est Ross qui aurait été vert de jalousie ! Il songea alors que cela faisait un moment qu’il n’avait pas vu Ross. En y repensant, il compris aussitôt qu’il y avait un époque où il souhaitait se rendre plus que tout au monde.
« En fait, Docteur, j’ai une idée très précise de là où je voudrais aller. »
« Où vous voudrez ! C’est parti ! »
********
L’instant d’après, l’étrange cabine téléphonique du Doc se matérialisa en chuintant dans une grande rue de Manhattan, sur un trottoir couvert d’un épais manteau de neige.
« Et voilà ! » fit-il en ouvrant la porte d’un ton théâtral. « New-York, décembre 1995. »
« Wow, c’est exactement comme dans mes souvenirs. » s’émerveilla Joey.
« Il y a quand même une chose qui m’échappe : vous aviez le choix entre n’importe quelle époque, n’importe quel endroit de la galaxie, et vous choisissez de revenir 20 ans en arrière, dans le quartier où vous habitiez à l’époque ? »
« C’est pas n’importe quel quartier, Docteur. On sert le meilleur café de Manhattan dans cette rue. Venez, je vais vous montrer. »
Heureux comme un enfant qui découvre ses cadeaux de Noël, Joey pris le Docteur par le bras et l’entraîna avec enthousiasme vers le Central Perk.
Ils furent accueilli par une alléchante odeur de café et un petit homme aux cheveux blonds péroxydés, arborant une cravate douteuse..
« Gunther ! Ça fait plaisir de te revoir mon vieux ! Ça fait une paye ! »
Le gérant du café lui jeta un regard ahuri.
« Joey ? C’est toi ? Tu…tu as quelque chose de changé, non ? »
« Oh, tu sais ce que c’est, le temps fait des ravages mais je me trouve encore pas trop mal pour mon âge. Comme d’habitude, ste-plait. Et pour vous, Doc ? »
« Vous avez du thé ? »
Tandis que Gunther partait chercher la carte des thés d’un air déboussolé, Joey embrassa la salle du regard, les yeux brillants de nostalgie.
« On venait ici tous les jours, avec les copains. On s’asseyait toujours sur ce canapé, là. Mais…je rêve ! Il y a des types qui nous ont piqué notre place ! »
Une voix familière s’éleva alors de derrière le canapé :
« Dites, c’est moi où le type qui vient d’entrer ressemble à mort Joey, avec trente ans de plus au compteur ? »
«Eh !Vingt ans de plus ! » s’indigna Joey.
Il reconnut alors les deux hommes assis sur le canapé et resta figé de stupeur. Ses deux vieux potes Ross et Chandler le regardait interloqué, Ross manquant de s’étouffer avec son muffin au chocolat. À leurs côtés, assises confortablement dans de profonds fauteuils, Monica et Rachel était plongées dans la consultation d’un obscur magazine. Très ému, il bondit joyeusement sur le canapé pour prendre ses amis par les épaules comme au bon vieux temps.
« J’en reviens pas, les gars, c’est vraiment vous ! Regardez-vous…vous êtes si jeunes ! »
« Ross » marmonna Chandler. « Pourquoi le vieil oncle bizarroïde de Joey essaie de me peloter ? »
« Je propose de faire comme si de rien n’était et de s’esquiver en pas chassé par les sorties de secours. » chuchota Ross.
« C’est dingue. » soupira le comédien. « Vous avez pas idée d’à quel point ça me manque de traîner ici avec vous. Le café à Los Angeles est tellement fadasse… Et Rachel, oh Rachel ! j’ai complètement oublié que tu avais eu cette coupe de cheveux. C’est peut-être pas plus mal au fond… »
« Je rêve où ce type se moque de mes cheveux ? » fit Rachel, sur la défensive.
« Dites-donc vous, si vous vous moquer du look de ma copine, je vais, euh…protester vivement ! »
le menaça Ross, en louchant d’un air inquiet sur ses biceps.
« Vous ne seriez pas de la famille de Joey Tribbiani par hasard ? » l’interrogea Monica, l’air circonspect.
« Peut-être bien, c’est possible. » s’amusa Joey. « Ou peut-être que je viens du fut… »
« Vous en avez déjà trop dit. » lui souffla le Docteur à l’oreille « Il faudrait peut-être filer d’ici avant que votre autre moi ne débarque. Croyez-moi, vous ne voudriez pas créer un paradoxe temporel. »
« Faites pas attention, c’est mon pote l’extra-terrestre. »
« Les copains, vous devinerez jamais qui j’ai vu au salon de massage aujourd’hui ! Tiens, salut Joey. »
Une grande blonde filiforme venait de faire son entrée, saluant nonchalamment Joey comme si elle ne remarquait rien d’anormal chez lui. Cependant, lorsque ses yeux se posèrent sur le Docteur, elle prit soudain un air ébahi.
« Docteur ? »
« Phoebe ? C’est toi ? »
« Docteur ! Après tout ce temps, vous êtes enfin revenu me chercher ! »
« Vous vous connaissez ? » s’étonna Joey.
« C’est une longue histoire » marmonna le seigneur du temps, visiblement gêné.
« Le Docteur et moi avons passé un week-end ensemble, il y a bien longtemps. Enfin, un week-end de quelques années pour être précise. » expliqua Phoebe d’un ton malicieux. «Et on en a vu, des étoiles… »
Joey jeta un regard intrigué à son ami extra-terrestre.
« Une longue histoire, comme je le disais. Pour le moins…mouvementée. Disons simplement que lors de son séjour dans le TARDIS, votre amie a réveillé quelques tensions entre les Zyrtat et les Sycorax, provoqué une super nova d’une ampleur jamais observée auparavant et que depuis, je suis totalement interdit de séjour dans la galaxie du sombrero. »
« Et vous ne m’avez jamais rappelée. Je vous ai attendu moi… » bougonna la jeune femme.
« Écoute Phoebe, j’aurais aimé rester mais malheureusement, Joey et moi avons à faire à l’autre bout de la galaxie. Des planètes à sauver, des paradoxes temporels à résoudre… »
« Mais…et le café alors ? »
Et sous les protestations de Joey, ils regagnèrent le TARDIS sous la neige.
********
« …et à la fin, alors qu’on croit la Terre enfin hors de danger, on remarque que le commandant a encore accroché dans le dos le reste du fœtus du bébé extra-terrestre, qui fait un clin d’oeil à la caméra. »
« Cela m’a l’air d’un très très mauvais film. » conclut le Docteur. « Vous voulez vraiment voir votre nom apparaître au générique de fin ? »
« Qu’est-ce que vous voulez, il faut bien que je mange… »
Le vaisseau émit à nouveau son chuintement, signe qu’ils étaient arrivés à destination.
« Je crois qu’il est temps pour vous de retourner sur le plateau. »
Joey poussa un long soupir de désespoir.
« Pas de petite virée dans le futur ? Je voulais voir si Ross et Rachel étaient encore ensemble… »
« Parfois, il faut mieux ignorer ce genre de choses, vous savez. Les histoires de cœur peuvent finir de façon bien compliqué. »
« Parce que vous et Phoebe, vous… »
« Je crois que nos chemins se séparent ici, Joey. » le coupa le Docteur.
Il lui serra chaleureusement la main, avant de se replonger dans des manœuvres de pilotage aussi étranges que complexes. Mais alors que Joey allait franchir la porte du TARDIS, il l’interpella :
« J’allais oublier : voici pour vous ! »
Joey se retourna et attrapa au vol une paire de bottes bleu éclatant.
« D’authentiques bottes de spationaute. » l’assura le Docteur. « Elle sont programmées pour s’adapter à la pointure du porteur. »
Le comédien à l’armure en plastique sourit jusqu’aux oreilles.
« J’en prendrais soin, Doc. »
Il sortit du vaisseau lentement, prit le temps de regarder la cabine téléphonique disparaître, se volatilisant dans les airs comme par magie. En revenant, sur ses pas, il se demanda naturellement s’il n’avait pas rêvé tout cela, s’il avait réellement voyagé dans le temps et l’espace. Mais en y repensant, il réalisa qu’au fond, ce n’était pas cela l’important.

Après s’être débarrassé de son costume de soldat, Joey quitta sans tarder les studios, ses bottes spatiales sous le bras. Il sortit de sa poche son téléphone portable et composa un numéro qu’il n’avait plus composé de depuis longtemps.
« Allo, Chandler ? Ouais, c’est bien moi. Ouais, ça fait un bail. Écoute, je me disais…je ferais bien un saut à New-York ce week-end. »

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Nata Luna Sans (photos)

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Rien de mieux qu’un télépathique tactile.

the-doctor-finds-uhura-charming

Le Docteur trouve Uhura charmante.

the-doctor-is-charmed-by-uhura

Le Docteur est charmé par Uhura.

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Nous venons en paix. Longue vie et prospérité.

K9-separateur-small4Umanimo (photo-montage)

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Petite explication, car peu de gens doivent connaitre cette série. Le Voyageur des Siècles est une mini série française (quatre épisodes de une heure) diffusée en 1971. Le personnage, un jeune scientifique, revient au XVIIIème siècle pour tenter de sauver une de ses ancêtres de la guillotine et, pour cela, il modifie l’histoire en faisant parvenir à Louis XVI des éléments (par l’intermédiaire de son serrurier, le personnage qu’on voit sur la première image) lui permettant d’éviter la Révolution, mais aussi de moderniser son pays. Bien entendu, cela tourne à la catastrophe et n’empêche même pas son ancêtre de mourir.

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