Comme c’est romantique !

Le saviez-vous ? Les méchants aussi ont un cœur (même deux, pour certains) et lorsqu’ils prévoient une soirée pour celle ou celui qu’ils aiment, ça donne ça :

(cliquez sur les images pour les voir en plus grand)

Laureline (texte)

Situation : Rome, 66 après JC – palais de Néron

Scène à placer dans l’épisode « The Romans »

Barbara, esclave, parle à une autre servante :

– Néron a essayé de me toucher, mais j’ai réussi à lui échapper quand sa femme est arrivée. Je n’aurais jamais cru que la Rome antique était si dure pour les femmes.

– Il fait ça avec toutes, tu as eu de la chance, mais il t’aura à un autre moment. Si seulement il pouvait essayer de séduire les servantes en leur organisant des soirées romantiques à la mode romaine, mais où les invités portent des masques. Avec des gladiateurs, des soldats, des bougies et de bons plats… Il pourrait voir que l’Amour peut être doux aussi.

Lise Hamaide (fanart)

Othario Pertwee (photomontage)

Umanimo (texte)

Cadeau empoisonné

Le Maitre marmonne :

« Je vais lui tendre un piège, un piège auquel il ne pourra pas résister. Une soirée romantique, dans un cadre surprenant : la Cascade de la Méduse. Les Shingouz y ont ouvert un restaurant très prisé. Qui pourrais-je imiter pour lui faire croire que c’est une de ses… j’y suis ! Romana ! C’est la seule qui pourrait logiquement l’inviter dans un restaurant stellaire. Ses autres animaux familiers sont presque tous des rampants. Des Terriens pour la plupart, peuh… »

Le Maitre se frotte les mains en ricanant.

« Je suis délicieusement diabolique », songe-t-il.

Puis il se met à préparer son piège.

***

Le Docteur se lève à l’arrivée du Maitre. La petite table jouxte une large baie d’où on peut voir la superbe immensité du phénomène spatial.

« Toi ! s’exclame-t-il. Que fais-tu ici ? J’attends…

– Moi, tu m’attends à moi. Hé hé hé hé hé !

– Comment, que veux-tu dire ? C’est Romana qui…

– Pas mal mon imitation, hein ?

– C’est toi qui…

– Absolument. Et tu es magnifiquement tombé dans mon piège. Toujours aussi naïf, mon bon Docteur.

– Qu’est-ce que tu vas faire ? grogne le Docteur, en se rasseyant.

– Tu verras. »

Le Maitre hèle le serveur, un octopoulpe rubis de Schfluut, lequel se glisse avec habileté entre les convives.

« Oui, messieurs ? prononce-t-il, à travers son protège bec traducteur.

– Champagne ! s’exclame le Maitre. Nous fêtons la mort de mon compagnon, ici présent.

– Bien monsieur », répond le garçon, qui en a vu et entendu bien d’autres.

Il s’éloigne, une douzaine de verres collés aux ventouses d’un tentacule, un plateau chargé de vaisselle posé sur un autre, son enregistreur de commande au bout d’un troisième, et une pile de serviettes reposant sur un quatrième.

« Sais-tu, dit le Docteur, pas plus troublé que ça par la déclaration du Seigneur du Temps renégat, que les octopoulpes sont très recherchés dans le secteur hôtelier ?

– Toujours aussi pédant, mon cher Docteur.

– Et comment tu comptes t’y prendre, cette fois-ci ? M’avoir raté plusieurs centaines de fois ne te décourage pas, dis-donc. Tenace, hein ?

– C’est très simple. Aujourd’hui, c’est toi-même qui va mettre fin à tes jours.

– Et pourquoi je ferais ça ?

– Parce que si tu ne le fais pas, toutes les personnes présentes dans ce restaurant mourront, tout simplement. Je connais ton cœur tendre, mon cher Docteur, tu ne laisseras pas ceci se produire.

– Quelle est cette idiotie ? Si c’est ta vision d’une soirée romantique, ça ne m’étonne pas que tu sois toujours seul. »

Le Maitre se contente de se renverser sur sa chaise et de ricaner derechef. Puis il sort une petite boite carrée en velours bleu roi de sa poche. Il l’ouvre devant le Docteur. Elle contient un minuscule flacon rempli d’un liquide ambré.

« Le poison que tu vas avaler, Docteur. Il bloque toute possibilité de régénération. Lorsque je me serais assuré que tu es bien mort, je désamorcerais les bombes. Malin, hein ?

– Terriblement diabolique, je dois avouer. »

Le Maitre se rengorge devant ce qu’il considère comme le meilleur des compliments.

Le serveur revient, portant une bouteille d’un des plus purs crus de champagne dans un seau rempli de glace, et deux flutes d’une finesse exquise. Le Maitre fait le service, remplissant le verre du Docteur en premier, puis le sien.

« Je sais très bien faire chanter le cristal, le sais-tu ? remarque le Docteur.

– Ah oui ? rétorque le Maitre que l’information n’intéresse pas du tout. Profite bien de ta dernière coupe, mon cher Docteur.

– Oh, s’il te plait, comme le vœu d’un condamné, tu me permettras bien ce petit caprice. »

Les yeux du Maitre s’étrécissent. Il observe son ennemi attentivement. Enfin, il soupire :

« Si tu veux, mais fais vite. J’ai hâte.

– Merci. »

Du bout de ses deux index, le Seigneur du Temps fait chanter les verres sur deux notes lancinantes. C’est une mélodie plus que simpliste, agaçante. Le Maitre grince des dents tout en surveillant les doigts de son adversaire. Au bout d’une interminable minute, le Docteur termine par un ré particulièrement long et aigu.

« Joli, non ?

– Bois ton poison, maintenant, gronde le Maitre qui en a assez.

– Buvons d’abord ce délicieux champagne. Ce serait dommage de gâcher son gout.

– D’accord. Vite, alors. »

Après leur libation, le Docteur prend le petit flacon et le tient à la hauteur de ses yeux le faisant tourner entre ses doigts. La liqueur envoie des éclats d’or dans la lumière tamisée.

« Je me demande, dit-il pensivement, lequel de nous deux mourra le premier.

– Qu’est-ce que tu marmonne ?

– Je disais que je me demande quel poison sera le plus rapide ? Celui que tu viens d’ingurgiter avec ton champagne ou celui-ci que je vais avaler à l’instant ? »

Il débouche la minuscule fiasque et la rapproche de ses lèvres.

« Attends ! crie le Maitre. Qu’est-ce que tu racontes ?

– Que pendant que je jouais ma chansonnette, je versais dans ton verre du venin de vipère noire de Gallifrey. Tu connais cette bestiole, non ? »

Le Maitre devient livide. Une sueur froide envahit son front. Précisément un des premier symptômes de ce poison-là.

« Tu mens, balbutie-t-il. Pourquoi aurais-tu apporté ce venin à une soirée romantique avec Romana ?

– Crois-tu que tu peux me berner avec ta mauvaise imitation ? »

Le Maitre recule sa chaise et passe un doigt dans le col de son vêtement. Une sensation d’étouffement commence à lui serrer la gorge.

« Le contrepoison, râle-t-il. Donne-moi le contrepoison.

– Hum, je ne sais pas si j’en ai apporté. »

Le Docteur se met à tapoter ses poches, l’une après l’autre.

« J’ai bien l’impression que je l’ai oublié. Il doit toujours se trouver dans mon TARDIS.

– On y va alors », halète le Maitre.

Des papillons noirs commencent à danser devant ses prunelles.

« Vite… ajoute-t-il.

– Pas avant que tu n’aies enlevé toutes les bombes, rétorque le Docteur, en se renversant contre son dossier, dans une pose nonchalante.

– Mais ça va prendre du temps. Je… je vais mourir.

– Je vais t’aider. À deux, on ira plus vite.

– Alors, allons-y, dépêchons-nous. »

Équipés de deux scaphandres, les deux Seigneurs du Temps visitent le dessous de la station hémisphérique qui contient le restaurant des Shingouz. Une demi-douzaine de bombes y sont accrochées.

Lorsqu’ils rejoignent enfin le TARDIS du Docteur, le Maitre gémit de douleur en se tenant le ventre.

« Vite… agonise-t-il.

– Où j’ai bien pu le mettre ? Je suis d’un distrait, tu ne peux pas savoir. Un jour j’oublierai ma tête. »

Il se met à fouiller le gros coffre qu’il tire d’un espace sous la console. Il en sort divers objets, avant de s’exclamer :

« Oh, regarde !

– Quoi ? Quoi ? Tu l’as trouvé ?

– Non, mais j’ai retrouvé ma flute à bec. Je me demande pourquoi elle était enfouie là. »

Il la porte à sa bouche et en tire les quelques notes de Twinkle, twinkle, little star.

« Docteur… geint le Maitre.

– Oh. Ah oui, le contrepoison. Le voilà,  je crois. »

Il sort une ampoule de verre et la tend à son confrère. Celui-ci s’empresse d’en casser la pointe et d’avaler son contenu. Au bout de quelques minutes, il se met à respirer plus facilement.

« Et maintenant… siffle-t-il, tu vas me le payer. »

À cet instant, le TARDIS se met en marche brutalement, l’envoyant cul par-dessus tête contre un des murs. Le Docteur, impassible, se tient à la console et pousse vivement un autre levier. L’engin fait une autre embardée et se matérialise. La porte s’ouvre à la volée et la machine s’incline, éjectant le Maitre vers l’extérieur… qui se trouve être l’intérieur de son propre TARDIS.

« Adieu, cher Maitre, lui crie le Docteur. C’était une excellente soirée, très amusante et très romantique, en même temps. J’ai particulièrement apprécié le cadeau. Je le garde en souvenir. »

Juste avant de dématérialiser à nouveau, il ajoute :

« Oh, au fait. Il n’y avait strictement aucun poison dans ta coupe de champagne. Et ton imitation de Romana était parfaite, bravo ! Je me suis complètement fait avoir. »

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À bientôt pour un nouvel Artisons !

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