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Artisons #36 Spécial Fourth Doctor

Merci d’avoir participé, malgré les quelques ratés autour de cet Artisons ! Le sujet s’est finalement étendu aux épisodes perdus.

Comme c’était l’anniversaire de Tom Baker, Umanimo m’a suggéré, pour reprendre (définitivement ?) les rennes de l’Artisons, de faire un défi spécialement dédié à ce Docteur.

Amicalement,

Marie

(Cliquez sur les images pour les afficher en plus grand)

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Béa Leuleu (Fanart)

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Florent F. (Fanart)

Episodes perdus

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Laureline (Texte)

La Cornemuse

Fin de l’épisode de The Highlanders.

“Jamie peut venir avec nous ? demanda Polly au Docteur.

– Oui, s’il m’apprend à jouer de la cornemuse.”

Jamie rentra dans le TARDIS à la suite de Ben, Polly et le Docteur.

Le Docteur commença à apprendre à jouer.

Ben, un jour de cours de cornemuse commenta :

“Ça nous changera de la flûte.

– Oui, ça manquait de variations”, continua Polly.

Le Docteur sait jouer de la cornemuse plus ou moins bien, continuant ses cours avec Jamie.

“On va à la bibliothèque ? proposa Polly à Ben. On les entendra moins.”

Tout en acquiesçant, Ben se fit la remarque “Est-ce que je ne préfère pas la flûte, finalement ?” Puis ajouta :

“Mais oui, allons-y, du silence nous fera du bien.”

Le Docteur avait appris à jouer convenablement selon lui, parcourait les couloirs à grands-pas, criant à tue-tête :

“Ben, Polly, venez écouter le beau morceau.”

Ben était caché dans un placard avec Polly.

“Non, pas encore ! s’emporta Ben. Il faudra songer à partir du TARDIS si ça continue !

– Même sur une autre planète que la Terre, ça m’ira.” dit Polly sur un ton exaspéré.

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Umanimo (Drabble 333 mots)

Épisodes Éliminés

« Oh, je sais ! »

Si nous étions dans un dessin animé, on pourrait sans doute voir une ampoule s’illuminer au dessus de la tête du Maître. Mais nous ne sommes pas dans un dessin animé, et il n’y a que son visage qui s’éclaire.

« Je sais comment éliminer le Docteur ! Définitivement ! »

Il est si content de son idée qu’il se met à rire en se frottant les mains avec satisfaction.

***

Une pièce sombre dans un sous-sol. Elle est très grande et remplie d’étagères sur lesquelles des bandes vidéo reposent sous une couche plus ou moins importante de poussière. Un bruit étrange se fait entendre et un placard supplémentaire fait son apparition dans un recoin.

La porte s’ouvre et une mince silhouette noire en sort. L’homme se déplace rapidement dans les allées en inspectant les notations sur les boîtes.

« Ah ! marmonne-t-il. C’est ici. »

Il sort un long et mince cylindre de sa poche. Il le pointe vers un des rayonnages. Une lueur blanche s’en échappe et un certain nombre de coffrets semblent disparaître.

Un observateur attentif – s’il y en avait un – remarquerait de minuscules parallélépipèdes sur les planches métalliques. Un observateur attentif avec une très forte loupe reconnaîtrait les objets qui s’y trouvaient il y a quelques instants. Mais il faudrait sans doute un bon microscope pour lire ce qui était écrit sur les tranches : « Doctor Who – FF – The Highlanders » ou bien « Doctor Who – KK – The Faceless One ».

Il poursuit sa tâche avec minutie, remontant sans cesse le temps. On l’entend grommeler :

« The Power of the Daleks, disparu. The Savages, éliminé. The Massacre of St Bartholomew’s Eve, pffuit ! Marco Polo, à la corbeille. »

Son ricanement retentit de temps en temps.

« Hé hé hé ! Hein Docteur, que dis-tu de ça ? Sapé à la base. Tu vas disparaître de la mémoire même des Terriens. Il ne restera plus que moi, le Maître, et la série s’appellera Master Who ! »

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 27 janvier à 20h00 (pour la France. Au Québec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) À envoyer à : umanimo@live.fr

Pour la semaine prochaine, le thème est :

« Fourth Doctor »

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Artisons spécial Geek Faëries : The Highlanders

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Comme vous le savez peut-être, je présenterais demain (dimanche) une conférence sur les épisodes perdus de Doctor Who, a cette adresse, entre 11h et 12h.

A l’occasion, un concours de fanfic et fanart est organisé jusqu’à la fin du weekend, reprenant le sujet des épisodes perdus, et plus particulièrement de l’épisode « The Highlanders ». Vous pouvez venir lire tous les détails ici.

N’hésitez pas à envoyer vos créations, artisonneurs réguliers ou moins réguliers! vous pouvez également me les envoyer à romanatrelundarIV@gmail.com si vous le souhaitez, et aussi si vous n’avez pas fini vos créations pour la fin de la convention, vous avez jusqu’au mardi 20 à minuit (voir un peu plus tard).

A bientôt,

Marie

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Artisons #29 « Remplacement »

Bonjour à tous! merci pour vos créations du sujet « Huitième docteur ». Le renouvellement des joueurs se confirme…

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Florent F. (texte)

– « Et voilà ! Le Far West ! »

Le Docteur a à peine ouvert les portes du TARDIS qu’Anji et Fitz, vêtus à la mode des pionniers de l’Ouest, le bousculent pour sortir, un sourire radieux aux lèvres.

– « Ah, les Terriens ! Steven et Dodo étaient aussi enthousiastes que vous. Pourquoi un tel engouement pour cette période ? »

– « Pourquoi ? – s’étonne Fitz – Vous n’avez jamais vu les films avec John Wayne ? »

Le Docteur fait la grimace.

– « La dernière fois que je suis venu jouer les cow-boys, je me suis fait arracher une dent par Doc Holliday… »

A l’évocation de ce déplaisant souvenir, le Seigneur du Temps masse douloureusement sa mâchoire, tandis qu’Anji le coiffe d’un sombrero sans qu’il n’y prête réellement attention.

Fitz Kreiner, un stetson noir vissé sur le crâne, observe les alentours avec curiosité. Le TARDIS s’est matérialisé dans des collines sauvages, mais l’on aperçoit une ville à proximité.

– « Où sommes-nous, Docteur ? »

– « Deadwood, dans le Dakota du Sud, en 1876. En pleine ruée vers l’or ! »

Bientôt, les trois voyageurs déambulent dans les rues noires de monde de Deadwood. Une foule de prospecteurs poussiéreux côtoie de cow-boys convoyant des troupeaux de bétail vers le Wyoming ou le Montana, des aventuriers sans foi ni loi et des prédicateurs illuminés prêchant la bonne parole à un auditoire bien peu réceptif.

– « Et les femmes, dans tout ça ? » questionne Anji.

– « C’est un univers très machiste… Il est bien difficile pour une femme de s’y faire une place lorsqu’on ne veut être ni fermière, ni prostit… »

Le Docteur n’a pas le temps de terminer sa phrase qu’une détonation retentit derrière eux. Une balle siffle au-dessus de leurs têtes, envoyant rouler dans la poussière le sombrero du Docteur. Tous trois se retournent lentement pour se retrouver face à une femme rousse vêtue d’une veste de trappeur et tenant dans ses mains une carabine encore fumante.

– « Cela fait des jours que je traque l’assassin de mon mari, mais je ne pensais pas qu’il aurait le culot de revenir à Deadwood, qui plus est en osant porter les vêtements de sa victime ! »

– « Je vous assure, Madame – hasarde le Docteur sans grande conviction – que j’ai trouvé ces habits à San Francisco, plus de cent ans dans votre futur… »

***

San Francisco, le 31 décembre 1999. Dans le vestiaire du personnel d’un hôpital, Ted, très indigné, prend à témoin son collègue Pete.

– « Non mais tu te rends compte ! Quelqu’un a volé mon costume de Wild Bill Hickok dans MON placard ! Ne me restent que le chapeau et les bottes ! Qu’est-ce que je vais mettre, moi, pour le réveillon ? »

– « Moi, j’ai vu un mort sortir de la chambre froide avec un nouveau visage. Plus rien ne peut me surprendre. »

Retour à Deadwood. Le Docteur et ses compagnons n’en mènent pas large. Sans grande surprise, les explications du Seigneur du Temps n’ont pas convaincu la rouquine.

– « Même moi, je n’aurais pas osé inventer une pareille histoire, et pourtant je suis une sacrée conteuse ! – Elle crache sa chique aux pieds du Docteur – Maintenant, tu vas payer pour la mort de mon Bill ! »

Soudain, une nouvelle détonation retentit, et c’est cette fois le chapeau de Mme Hickok qui en fait les frais. Tous se retournent vers un cow-boy nonchalant, un brin de paille aux lèvres, vêtu d’une chemise jaune et coiffé d’un stetson blanc d’où s’échappe une longue mèche brune. Une fine fumée s’échappe de son colt déjà rengainé. Le Docteur, avec son exceptionnelle acuité, remarque que l’ombre du nouveau venu, moins rapide, a encore l’arme au poing.

– « Lucky Luke ! Ne te mêle pas de ça ! »

– « Cet homme à droit à un procès équitable, Calamity. »

– « Ouais ! Et descendre Wild Bill d’une balle dans le dos à sa table de poker, c’est équitable, peut-être ? – Elle se tourne vers le trio – Et voilà, ils en ont profité pour filer ! »

– « Tu veux que je donne le sombrero à flairer à Ran-Tan-Plan ? »

Haletants, le Docteur, Fitz et Anji ont regagné la sécurité du TARDIS.

– « Cette femme, Docteur… C’était… ? »

– « Oui, Anji… C’était Calamity Jane… »

Un peu d’Histoire: Wild Bill Hickok, l’une des plus fameuses légendes de l’Ouest, a été assassiné à Deadwood le 2 août 1976, dans les circonstances décrites ici, par un certain Jack McCall. Son assassin ayant été identifié le jour même (il fut jugé, innocenté, le jugement cassé, capturé, jugé à nouveau, condamné et finalement pendu le 1er mars 1877), on supposera, si l’on tient à faire coïncider cet artisons à l’Histoire, que Calamity Jane connaissait le nom du tueur mais pas son visage. La légende veut que Calamity Jane ait été la femme de Wild Bill Hickok, mais l’acte de mariage n’ayant jamais été retrouvé (et Bill étant marié à une autre), il faut se contenter des récits de l’aventurière, qui avait furieusement tendance à mêler réalité et fiction. Si leur mariage parait improbable, leur relation est en revanche établie.

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Jelly Sweet (design de t-shirt, retrouvez ses créations par là-bas: http://insydmycreations.wordpress.com/ ) (et texte)
T-shirt eight

Il y avait une file d’attente interminable au guichet, le Docteur attendez patiemment son tour.

Sortant de sa poche un sachet de bonbon il commença a mastiquer ses jelly babies en soupirant. Les personnes devant lui commençaient à se dandiner d’un pied sur l’autre. Ils étaient là depuis des heures.

Sortant sa montre a gousset il regarda l’heure passer puis se décida à remédier au problème.

Il sortie de la file, se dirigea droit vers le guichet en dépassant tout le monde. Arrivé devant l’agent d’accueil il lui tendit son paquet de bonbon.

-Un bonbon ?

L’agent prit un bonbon et le mastiqua.

-Puisque nous avons fait connaissance je vais vous dire quelque chose !

Il se racla la gorge et d’une voix déterminé mais calme dit :

-Dépêchez vous ou je vous frappe avec ma chaussure !

Soudain le Docteur se réveilla en sursaut, il s’était assoupie dans son fauteuil . Le cauchemar certainement causé par l’abus de bonbon l’avait secoué.

Jamais il n’avait pensé se servir de « SES » chaussures comme arme de dissuasion.

Il se leva fit quelques pas, puis avec un grand sourire s’exclama :

-Ses chaussures elles me vont à la perfection.

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KathWho (texte)

Entre une machine à barbe-à-papa et un kiosque de concours de tir de fléchettes dont les prix étaient constitués de peluches de chatons, s’ouvrit d’un coup  la porte d’une boîte téléphonique bleue. Le soleil jouait à cache-cache entre les nuages, et le temps frais était idéal pour une journée où le Docteur et ses compagnons passeraient celle-ci dehors.

– Blackpool! Oh Docteur, quelle idée magnifique! Je n’y suis pas allé depuis l’époque où j’étais sous la tutelle de ma gouvernante! Hmm oh, et vous sentez cette odeur? Des pommes d’amour!

Charley avança d’un pas gai et regarda tout autour d’elle, excitée et enchantée par le jeu des couleurs et le son des manèges. Le Docteur sortie à son tour, un sourire en coin, puis C’Rizz le suivie d’un pas plutôt hésitant.

-Pourquoi dois-je absolument porter ses trucs? Pourquoi TOI tu ne changes jamais de costume partout où tu vas et moi, il y a toujours des règles spéciales à suivre…

-C’est tout simple! Je suis un Seigneur du temps, ma peau n’a pas la fascinante propriété de pouvoir changer d’apparence en fonction mon environnement, donc mes vêtements non plus!

-Bien sur…

C’Rizz poussa un soupire, il n’était pas du tout convaincu par le ‘’déguisement’’ que lui avait préparé son amie. Du fond de teint partout où la peau était apparente, cette pâte rosée lui donnait déjà des démangeaisons, et il avait du mal à voir son reflet sans grimacer avec cette ridicule casquette, de quoi déjà? Bêse-balle? Tout ça pour dissimuler ses excroissances osseuses et ses yeux.

-Si j’ai bien compris, cet endroit a pour principale utilité de créer des fausses situations de stress intense dans un but de … divertissement?

-Oui tout-à-fait. J’aime particulièrement les montagnes russes et la tour donne une vue des plus de remarquable…Ah, Charley nous fais un signe, je crois qu’elle nous a trouvé des places pour ta première expérience! Vite!

Le trio s’installa dans une cabin, la structure centrale se mit à tourner lentement puis de plus en plus vite. Attachée à celle-ci, il y avait des poutres en métal qui étaient reliées aux cabines qui elles-mêmes tournoyaient de manière un peu aléatoire. Charley se mit à crier avec enthousiasme quand la musique changea pour indiquer une accélération soudaine juste avant le changement de sens. Le Docteur, pour sa part, lisait un livre d’une main, et s’appuyait sur la barre de protection de l’autre. Visiblement, cette attraction était pour lui à peine au-dessus de la chaise berçante. C’Rizz regardait le sol, les dents serrés, espérant que l’expérience finisse rapidement. Quelques minutes plus tard ses souhaits furent exhaussés.

-Tu peux relâcher la barre, elle va se lever automatiquement C’Rizz. Vite, on va essayer celui-là!

-Ehm Docteur, j’imagine que tu vas me dire qu’il faut en essayer plusieurs avant de dire qu’on n’aime pas?

-Ta mère t’as bien appris les bonnes manières, en effet, il existe toute sorte de jeux ici, je suis sûr que vas t’habituer et trouver ton niveau de confort.

-Ma mère est morte.

-Oui, oui oui oui oui, c’est vrai. Mon erreur, mon erreur. Ne restons pas ici. Hop!

Ils rejoignirent Charley qui faisait la file un peu plus loin, leur gardant les places. Une brise rafraichissante fit gonfler sa jupe-pantalon, qui était apparemment à la mode ses quelques décennies après ‘’son temps’’. Le Docteur suivi des yeux la mini rafale qui anima les fanions multicolores.

-Hmm…

Ils firent quelques manèges, puis alterna aussi avec les diverses attractions autres, tel que les arcades, les concours, maisons hantés et animation de clowns et mascottes.  Plus la journée avançait, plus C’Rizz se sentait mal. Au début Charley avait tenté de le rassurer en lui disant que c’était probablement surtout ceux de type rotatif qui lui donnaient des malaises et que d’autres types seraient moins pire. C’est pourquoi le Docteur et elle semblait avoir migré peu à peu vers des manèges plus doux, pour l’épargner, voir s’arrêter complètement. Attablé dans une foire alimentaire, Charley réchauffait ses mains autour d’une bonne tasse de thé. Le début de l’automne se faisait sentir en cette fin d’après-midi. Le Docteur piochait en alternance entre un sac de jelly babies et un cornet de frites.

-Regarde, tu n’es pas obliger de nous suivre partout non plus, tu peux rester ici pendant quelques temps, repose-toi, mange un peu, ça va te redonner des couleurs.

-Docteur! s’exclama Charley.

-Pardon, c’est une expression. Charley et moi allons essayer certains gros calibres avant qu’il soit trop tard. S’il y a quoi que ce soit, on se rejoint au Tardis d’accord?

– Oui oui.

C’Rizz se releva lentement puis alla regarder à nouveau les différents menu de restauration rapide. Le Docteur pris la main de Charley et lui fit un grand sourire.

-Montagnes russes! NOUS VOILÀ!

Puis tel des gamins, ils coururent jusqu’à la plus grosse, la plus haute et la plus terrifiantes des structures de Pleasure Beach, Blackpool.

La file d’attente était ridiculement trop longue.  Il faisait de plus en plus frais. Charley commençais à en avoir accès de d’entendre le Docteur expliquer une énième fois en quoi, tel ou tel manège utilisait la force centrifuge, centripète et la gravité ainsi que d’autre termes de plus en plus technique. (Dont certains, elle en était presque sûr, étaient inventés, au besoin, pour illustrer ses propos.)

-… lorsque le premier wagon descend le long du rail, non seulement il traîne avec lui le second dans son élan, mais les roues n’ont même pas besoin d’une traction motorisé, c’est uniquement la force de…

-Docteur regardez!

-…bien sûr ils y a toujours un système palliatifs si jamais…

-Docteur!!

-Quoi!

-Je crois qu’il commence à pleuvoir…

-Et alors? Tu n’es pas fait en chocolat que je sache? J’avais déjà observé que la température allait dans cette direction. C’est plutôt une bonne nouvelle en fait, la foule va se disperser, nous auront vite le champ libre, n’est-ce pas excitant?

-Pas en chocolat, idiot mais tu oubli le maquillage de C’Rizz!

Soudainement la pluie de mit à tomber dru. Le Docteur et Charley  se retrouvèrent pris dans une marée humaine de gens qui se cherchait un abri.  Un craquement et un éclat de lumière traversa le ciel. Ils cherchèrent à retourner directement au Tardis, C’Rizz les y attendait surement. Le kiosque de tir était couvert et les toilettes n’était pas loin non plus. Le Docteur fit le tour de la place mais ne parvint pas à trouver leur ami Eutermesan.

-Docteur, vous croyez qu’il lui est arrivé quelque chose?

-Nah, il est brillant, il n’a probablement juste pas eu le temps de se rendre jusqu’ici. Il doit être caché près de la foire alimentaire. Attendons que le pire passe.

La pluie s’arrêta près d’une demi-heure après, sauf quelque gouttes ici et là. Le Docteur et Charley se rendirent près de la foire. Mais encore une fois, pas de trace de leur ami. Ils demandèrent alors aux commerçants puis finalement aux gardiens.

-Oh! Vous parlez surement du type qui a eu une intoxication alimentaire! Venez avec moi, il est à l’infirmerie.

-Intoxication? C’est grave? Demanda Charley alors qu’ils emboîtèrent le pas.

-Non, enfin, je ne pense pas, sinon ils auraient appelé l’ambulance. Voilà c’est ici.

Le gardien ouvrit la porte d’une petite pièce pâle avec une croix rouge. Il y avait deux paramédic et un lit en métal pliable où était couché C’Rizz.

-Écoutez, je vais bien, je vous assure, vous pouvez me laissez partir! Je dois rejoindre mes amis.

-Monsieur, vous êtes tout enflé et votre peau n’a toujours pas retrouver son teint naturel.

-Ce n’est pas grave, je …ah Charley, Docteur!

Le Docteur regarda la scène avec amusement, le fond de teint avait presque entièrement coulé du visage de son ami, on y voyait très bien ses yeux reptiliens et la forme atypique de son crâne, mais la couleur de sa peau naturel reflétait le bleu pâle de la pièce.

-C’est bon je suis le Docteur, je l’amène avec moi. Je m’occupe de le soigner, il doit avoir un peu d’hypothermie dû à l’orage, si je peux vous emprunter une couverture…

Ils firent vite de ramener leur ami au Tardis. Heureusement pour eux, la nuit commençait à tomber, le déplacement se fit sans incident.

-Alors C’Rizz, tu nous raconte? C’est quoi cette histoire d’intoxication? Fit Charley.

-Ouf! Content d’en avoir fini avec cet endroit, quelques minutes de plus sous ses lumières et ses couleurs délirantes et j’aurais fait une autre crise!

-Une crise?

-Oui, ce n’était pas les manèges le problème, mais le parc lui-même! Tout cet amalgame d’excitation visuel, c’est ça qui me rendait malade. Je ne m’en étais pas rendu compte avant qu’il commence à pleuvoir. Quand la pluie s’est mise à tomber, j’ai vu ma vraie peau devenir toute sorte de couleur. J’ai compris que mon corps n’arrivait pas à gérer le tout. Je commençais à aller mieux, mais quand la pluie a dévoilé mon corps multicolore, ils ont cru que j’étais malade, dans la semi-panique de la tempête ils m’ont trainé jusqu’à l’infirmerie, et voilà.

-Hahaha, j’aurais dû y penser, mon pauvre ami, la prochaine fois, nous irons dans un parc datant d’avant les années 40.

-Pourquoi ça Docteur? fis Charley en haussant un sourcil.

-Parce que c’est bien connu que la vie y était en noir et blanc! Comme dans le film

Charley se tapa le front avec la main et laissa C’Rizz ne rien comprendre.

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Laureline D. (photomontage)
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Lulu Whovian (McGalek)
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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 25 Novembre a 20h00 🙂  (pour la France. Au Quebec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) A envoyer à : romanatrelundarIV@gmail.com

Pour la semaine prochaine, le thème est:

« Remplacement »

En effet, à partir de la semaine prochaine je donnerais à Umanimo les clés de l’Artisons, je prend quelques temps de repos 🙂

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Artisons #28 « Huitième Docteur »

Bonjour à tous! merci pour vos créations du sujet « Cinquième Docteur ». Des petits nouveaux cette semaine, ça fait plaisir des nouveaux joueurs!

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Biggerontheinside (texte de 400 mots)

Cricket Boy

Le Docteur se tenait dans la salle de contrôle, songeant avec nostalgie à toutes les aventures qu’il avait partagées avec Turlough. Celui-ci venait de partir pour rentrer chez lui, et il se trouvait de nouveau seul avec cette jeune fille, Peri, qu’il connaissait à peine. Celle-ci était partie se changer pour une tenue plus appropriée que le maillot de bain avec lequel elle était arrivée à bord. Il se sentit déprimé en étendant ses pensées à tous les compagnons qui avaient voyagé avec lui et qu’il avait perdus.

Il était plongé dans ses pensées lorsque Peri revint dans la salle de contrôle, habillée d’une jupe courte et d’un chemisier blanc. Elle attendit quelques instants, elle décida de manifester sa présence en toussant légèrement. Il leva les yeux et lui sourit en découvrant sa présence.

-Ah, Peri, dit-il, je t’attendais. Alors, où voudrais-tu aller pour ton premier voyage ?

La question la prit de court, et après quelques instants elle ne put que balbutier :

-Eh bien, en fait je ne sais pas. Il y a trop de possibilités, vraiment !

-Je vois, fit le Docteur d’un air dépité.

Il se mit à réfléchir à l’endroit où il pourrait l’emmener, quand une idée lui vint : il se sentait légèrement déprimé, et il connaissait le meilleur remède à cette condition : le cricket ! Il annonça donc joyeusement :

-Je sais ! Nous allons aller à Stockbridge, la saison de cricket va bientôt commencer !

-La saison de cricket ? demanda Peri d’un air déconfit. Vous êtes sûr ?

-Bien évidemment, répondit-il sans remarquer l’air déconfit de sa compagne. Stockbridge est le meilleur endroit sur Terre pour jouer au cricket, et le cricket n’a jamais tué personne. Enfin, tant que la balle dans laquelle on tape n’est pas en réalité une minuscule bombe conçue pour détruire l’Univers.

-Je veux dire, ne pourrait-on pas aller ailleurs ? Je trouve le cricket très ennuyeux

-Comment ça ? Le cricket est une activité passionnante ! Très bien, céda le Docteur en voyant sa compagne lever les yeux au ciel, nous irons autre part.

Il s’affaira sur la console et le Tardis atterrit au bout de quelques instants avec ce bruit si particulier. Il ouvrit le scanner pour révéler un sol rouge et un ciel noir d’encre.

Où sommes-nous, Docteur ?demanda Peri d’un air suspicieux

Nous sommes sur Mars, lui répondit-il avec un grand sourire.

Notes :

-Stockbridge est une ville anglaise où le Docteur a passé beaucoup de temps à jouer au cricket quand il voyageait avec Nyssa

-La bombe balle de cricket est une référence à H2G2

-La fin mène à l’audio Red Dawn (premier audio Five/Peri)

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Florent F. (texte de 250 mots et photomontage piqué à…)

Harry Sullivan était perplexe. Son trouble n’était pas du au changement radical de son patient et ami. Même s’il n’avait encore jamais eu l’occasion de le constater, il savait qu’un Seigneur du Temps est capable de se régénérer, adoptant une nouvelle apparence et une nouvelle personnalité. Le jeune homme blond qui s’était présenté comme le Docteur – ce qu’il n’avait aucun mal à croire, ayant immédiatement reconnu la cabine bleue qui s’était subitement matérialisée dans son cabinet – ne présentait absolument aucun signe d’une quelconque maladie, mais les deux jeunes femmes qui l’accompagnaient désormais avaient insisté pour qu’il subisse un bilan complet « au cas où ».

Il observait avec hébétude la radio depuis de longue minutes. Deux cœurs en parfaite santé, rien de plus normal. C’est autre chose qui troublait le médecin militaire. Et pourtant, il avait vu bien des bizarreries au cours de ses années de service au sein de UNIT. La mine sombre, il s’avança vers le Docteur et ses compagnes.

– « Docteur, il y a un problème… »

Toujours souriant, le Docteur haussa un sourcil, tandis que Nyssa et Tegan palissaient avec angoisse.

– « J’ai relevé une anomalie inquiétante dans votre structure osseuse… – il tendit la radiographie au Seigneur du Temps qui chaussa ses lunettes en demi-lune – Voyez, votre colonne vertébrale n’est pas normalement constituée de vertèbres, mais… de spaghettis ! … C’est une colonne spaghettale ! »

– « Je le savais ! » s’écrièrent d’une même voix Tegan et Nyssa.

PS: Je tiens à remercier chaleureusement KathWho, pour ses commentaires

« Normalement, c’est une position qui n’est pas supposé être facile à tenir surtout pour un gars, a cause de la forme du bassin et tout, mais faut croire que Davison a un spaghetti à la place de la colonne. » 8 décembre 2013

« Nah moi je trouve pas, il est vraiment timide son déhanché. Peter a un spaghetti à place de la colonne. » 30 mai 2014

qui m’ont inspiré ce texte. J’en profite pour lui piquer une image qui l’illustre à merveille (qui illustre mon texte, pas qui illustre KathWho).

Spaghetti

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Jelly Sweet (design de t-shirt, retrouvez ses créations par là-bas: http://insydmycreations.wordpress.com/ )
Give me five
et
TS 5TH
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Marie D. (texte « augmenté », je vous invite à cliquer sur les liens en souligné… 150 mots)
 .

Tegan et Nyssa avaient remarqué depuis quelques temps… quand est-ce que cela avait débuté, d’ailleurs ? Sans doute ce jour là sur la plage, en 1974. Depuis, à chaque fois que le Docteur pouvait dégoter une brocante, il fouillait systématiquement les bacs de disques.

Mais là, c’était inquiétant. Après une virée sur terre, le Docteur s’était enfermé dans sa zero-room, emportant ses dernières acquisitions avec lui. Et c’était ainsi depuis plusieurs heures. Elles avaient diner en tête à tête finalement, lassées de l’attendre.

Soudain, un grand fracas dans le couloir. Elles se précipitèrent, et constatèrent qu’un vinyl était brisé sur le sol, à quelques pas de sa pochette, devant la porte désespérément close.

« Je n’aime pas voir des débris sur le sol », pensait Nyssa en les ramassant. « Brisés. »

Tegan, elle, s’était saisie de la pochette. Le visage d’un jeune homme souriant y était imprimé. Adric ?

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KathWho (fanart)
 Artison_spécial_Fivey_KathWho copy

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 18 Novembre a 20h00 🙂  (pour la France. Au Quebec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) A envoyer à : romanatrelundarIV@gmail.com

Pour la semaine prochaine, le thème est:

« Eight »

En l’honneur du Huitième Docteur qui sera le weekend prochain à Paris. (j’ai l’impression de me répéter?)

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Artisons #27 « Cinquième Docteur »

Bonjour à tous! merci pour vos créations du sujet « En retard ».

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Florent F. (texte)

Susan courait sur les pavés londoniens. Le cours de sciences était déjà entamé depuis une bonne demi-heure alors qu’elle arrivait en vue de l’école Coal Hill. Son grand-père lui avait bien écrit un mot d’excuse, mais elle se demandait s’il était bien opportun de le remettre à son professeur.

« Monsieur Chaterton,

veuillez excuser le retard de ma petite-fille Susan Foreman à votre cours. Notre véhicule à été retardé par une perturbation magnétique dans le vortex temporel.
Dr Foreman »
Non, la vérité n’était décidément pas très crédible. Elle parviendrait bien à inventer une quelconque histoire
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Marie D. (texte)

Evelyn poussa la porte du Tardis avec précaution. Son cher Docteur lui avait suggéré, puisqu’elle aimait tant le chocolat, de l’emmener au pays ou le chocolat était une spécialité, mais sans en dire plus. Elle avait réfléchit sérieusement à la question. Cela aurait pu être la Belgique, avec ses pralines succulente, ou à Bayonne, là le chocolat arriva en premier du nouveau monde, parfumé au piment. Les deux destinations lui aurait plût ; mais elle espérait que ce serait la troisième qu’il choisirait. L’Amérique centrale, là ou le chocolat était vénéré par les Aztèques.
Un accent spécial, presque Espagnol, attira son oreille dès qu’elle fut sortie. Le Tardis s’était matérialisé dans une pièce close, et une autre porte l’attendait à quelques pas de là. Une délicieuse odeur de chocolat égayait la pièce, mêlé à une autre odeur qu’elle ne parvenait pas à identifier. Elle se retourna sur le Docteur qui sortait derrière elle.
« Bayonne, quelle bonne idée! J’ai du mal avec l’accent Basque*, mais c’est vraiment chouette, j’ai hâte de gouter au piment d’Espelette…
-Ce n’est pas du Basque, Evelyn, c’est de l’Espagnol… ancien…
-Oooh, nous sommes chez les Aztèques? »
Le Docteur ouvrit la porte.
« Oui Evelyn… Mais un peu trop tard pour avoir du chocolat. Pardon. »
* Note : le Basque n’est pas une langue indo-européenne et se confond difficilement avec l’Espagnol… à par peut-être sur l’accent, vu la proximité géographique?

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KathWho (texte)

Mel revenait de la piscine pour rejoindre le Docteur. Elle épongea sa florissante chevelure d’une serviette, et entra dans la salle de contrôle du Tardis.

Il était encore là. Dans la même position de méditation. Cela durait depuis plusieurs heures, ou plusieurs jours, elle avait du mal à l’estimer. Le temps dans le Tardis étant si relatif. Cependant, le nombre de tasse de thé vides s’étaient lentement accumulées en tourelles aussi hautes que potentiellement chancelantes, lui donnant tout de même une certaine indication ‘’temporelle’’ depuis sa dernière visite.

-Docteur, je veux bien voir que vous aimez profiter des bienfaits de la théine, mais là, vous ne croyez pas que ça devient un peu ridicule? dit-elle en appuyant ses mains sur sa taille fine et athlétique.

-Ne me dérange pas, dit-il en ouvrant un seul œil qu’il referme aussitôt, j’ai besoin de toute ma concentration. Je ne peux pas aller dormir maintenant. Je dois continuer de travailler, il me reste si peu de temps. C’est prrrimordial.

-Si peu de temps? elle lui fit une moue taquine. Nous sommes dans le Tardis, nous avons tout le temps qu’il nous faut, et puis, vous êtes un Seigneur du Temps, vous avez tout le temps que vous voulez!

Irrité, le Docteur laissa reposer ses bras au sol et regarda sa compagne en fronçant ses épais sourcils.

-C’est là que tu fais errreur Melanie. Avoir plein de temps devant soi est une malédiction, on a l’impression qu’on a tout le temps du monde pour réaliser ses projets. Alors on repousse toujours à plus tard, et on finale, rien n’est fait. Sur Gallifrey, les membres de ma race s’étouffent sous les tonnes de fils d’arrraignées accumulés au fils de siècles d’inaction.

-Oui ça je peux le comprendre j’avais un ami comme ça à l’école, il remettait toujours ses travaux scolaire au lendemain, cela lui apportait plus de problèmes qu’autre chose, je n’ai jamais compris pourquoi il s’égarait autant…

-Non c’est plus que ça. Essai d’imaginer que tu as le pouvoir de réaliser des choses grandioses, mais que tu te retrouvais bloqué devant l’accomplissement ardu de cette tâche par le poids même de ses possibilités infinis. Entreprendre, même le début, devient alors terrrrifiant, comme si la montagne était pour s’écrouler sur notre tête. Donc on l’évite, on la fuit, on fait autre chose. Des choses insignifiantes pour ne pas rester dans cet état de dormance, ce donner l’illusion de progresser, mais elle nous rattrrrrrrape, et nous dévore de l’intérieur, toujours plus grande. Elle nous poursuit et on sent ses filaments nous étreindre et nous engluer sous elle, même les choses les plus simples nous semble inatteignables. On vit dans la peur la plus profonde, ronger par la culpabilité et puis plus rien faire, afin de pas brisé cet équilibre frrrragile et meurtrier.

Mel regarda le Docteur qui s’emportait de plus en plus dans sa tirade, puis recula d’un pas. Elle remarqua ses traits assombrit par la fatigue, ses cernes sous ses yeux clair et de son visage pâle. Celui-ci n’était plus aussi rond, joviale et rieur que celui qu’elle avait connu autrefois, il avait changé.

-Et maintenant? Que faites-vous? Vous réfléchissez à un moyen de sortir de tout ça?

-Prrécisément. Je réfléchie. Il y a tant à faire, j’ai laissé tant de chose en suspend que je dois régler. Parfois il s’agit seulement de quelques secondes que j’aurai du mieux investir, mieux planifier, j’aurai pu sauver tant de gens, faire tellement plus! Bientôt mes plans entrerons en action et tu verras, l’Univers nous en sera reconnaissant…

-Hm… l’Univers oui… En attendant, c’est votre santé qui ne le sera pas vraiment si vous ne prenez pas le temps d’avoir un VRAI repos.

Elle soupira puis se pencha pour rapporter une des tourelles de porcelaine. Oui, décidément le Docteur avait bien changé. Elle ne croyait pas que cela lui manquerai un jour, l’époque où elle devait le réveiller au bout de 12h de sommeil ininterrompu, d’un bienveillant coup de pied matinal. Au lieu de ce lourdaud, elle avait ce petit homme imprévisible, mystérieux, inquiétant et elle n’était pas sûre si elle avait envie de faire partie de ses soi-disant plans pour sauver l’Univers…

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Umanimo (fanart)

Seven-lapin-retard-red

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 28 octobre a 20h00 🙂  (pour la France. Au Quebec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) A envoyer à : romanatrelundarIV@gmail.com

Pour la semaine prochaine, le thème est: « Five », en l’honneur du Cinquième Docteur qui sera ce weekend à Paris!. (et je suis certaine que vous devinerez aisément quel sera le thème de la semaine d’après…)

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Artisons #26: « En retard! »

Merci pour vos créations, hélas peu nombreuses, pour le projet crabe. Elles sont réunies également sur le site de Whovian 4 Research… Vous pouvez continuer à nous en envoyer!

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Florent F. (BD)

Artisons crabe

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Umanimo (Texte)

Il fait beau. La côte australienne déploie sa magnifique plage sous un ciel d’un bleu presque irréel. Tegan marche sur le sable clair en souriant sous la chaude caresse du soleil. Elle se sent parfaitement heureuse.

Un chatouillement attire son attention et elle baisse les yeux. Un animal grimpe sur son pied. Un crabe d’une espèce qu’elle ne connaît pas. Il est noir et assez gros. D’un geste de dégoût, elle le rejette, frissonnante. Mais un bruit ténu et cependant effrayant la fait se retourner. Des milliers de ces mêmes crabes envahissent le rivage. Ils se précipitent vers elle. En quelques secondes, elle en est recouverte. Elle ouvre la bouche pour hurler.

Tegan se réveille. Elle est dans sa chambre, à l’hôpital, et sa mère est à son chevet.

« Maman ? souffle l’Australienne.

– Oui, ma chérie !

– Tu devrais rentrer à la maison quelques heures, pour te reposer.

– Je ne veux pas te laisser seule.

– Ne t’inquiète pas. Tu me reverras vivante. J’ai encore des ressources, lui répond Tegan faiblement.

– Oh, mais je ne le disais pas pour ça ! s’exclame Mme Jovanka, craignant d’avoir donné des idées morbides à sa fille.

– Je sais, maman. Va te coucher dans un bon lit, tu me feras plaisir. Te rendre malade ne m’aidera pas.

– Oui… oui, tu as peut-être raison. Eh bien… je te laisse. Pas longtemps, juste pour me rafraîchir un peu.

– C’est ça. Prends ton temps.

– Je reviens vite. »

Mme Jovanka pose un baiser sur sa joue, et s’en va rapidement, sans doute pour lui cacher les larmes qu’elle a du mal à retenir.

Tegan pousse un soupir. Elle tourne la tête vers la fenêtre où elle n’aperçoit qu’un peu de ciel bleu. Ses dernières visions du monde extérieur, et de cet endroit où elle avait tant aimé se trouver : à quelques kilomètres au dessus du sol.

« J’ai même fait mieux que ça, songe-t-elle. J’ai parcouru l’univers, j’ai vu d’autres mondes, des vaisseaux spatiaux, le passé, l’avenir, grâce à une machine qui voyageait dans le temps et l’espace. J’ai connu des extra-terrestres, et même le plus merveilleux d’entre eux. Quarante-six ans… C’est un peu tôt pour quitter la vie, mais je les ai remplis de plus de choses que je n’aurais jamais osé espérer. Je peux partir en paix. »

Elle jette un coup d’œil aux appareils qui l’entourent et indiquent à ceux qui la soignent que tout va encore à peu près bien dans son corps malade. Le son a été enlevé, mais elle voit la courbe régulière de ses battements de cœur sur un cadran, et d’autres renseignements qui lui sont plus obscurs. Il y a là aussi les perfusions qui lui permettent de ne pas trop souffrir.

Les médecins ont renoncé à la soigner.

« J’ai refusé l’aide du mien de Docteur, il y a un an. »

Informé de son état, il lui avait proposé de l’emmener ailleurs, dans des lieux où on saurait la soigner, mais elle avait refusé. [Audiosode : The Gathering]

« Je veux rester ici, sur ma planète, lui avait-elle alors expliqué. Vivre la même vie que mes contemporains. Et si cela signifie mourir d’une maladie qu’ils ne savent pas encore soigner, je prends le risque. »

Maintenant qu’elle arrive au bout, elle se demande si elle a fait le bon choix.

***

« Que bricolez-vous encore, Docteur ? »

Turlough contemple avec une moue dubitative, les jambes gainées du pantalon rayé d’orange et de crème et les baskets blancs du Docteur, qui sortent de dessous la console.

La réponse lui parvient étouffée et, de toute façon, incompréhensible, même pour lui.

« Ne croyez-vous pas que vous devriez la laisser tranquille… » commence-t-il, en parlant du TARDIS.

Comme pour lui donner raison, la machine bascule soudain, l’envoyant rouler par terre. Le Docteur glisse et se retrouve contre les portes extérieures, une partie des circuits du TARDIS dans les mains.

« Qu’avez-vous fait, Docteur ? grogne Turlough.

– Mais rien, je… »

Les lumières s’éteignent, les plongeant dans le noir. Turlough essaye de regagner la console, malgré la forte déclivité du sol.

« Docteur ? » appelle-t-il.

Aucune réponse.

« Qu’est-ce qu’il lui est arrivé ? » s’inquiète le jeune homme.

Il rampe dans toute la pièce, tâtonnant devant lui et appelant de temps en temps :

« Docteur ? Où êtes-vous ? »

Finalement, la lumière revient, et le TARDIS retrouve son assiette horizontale. Turlough se redresse, et inspecte rapidement la salle des commandes : pas de Docteur.

« Où est-il donc passé ? » grommelle-t-il.

La dernière vision qu’il a eu de lui, c’était près de la porte extérieure, mais celle-ci est bien fermée, et ne semble pas avoir été ouverte entre-temps.

***

Le Docteur se retourne en bougonnant.

« J’ai encore dû m’endormir n’importe où », songe-t-il en sentant un sol dur sous sa tête.

Il s’assoit, un peu étourdi, et gratte son crâne aux cheveux dorés. Le lieu où il se trouve est sombre et ne lui est pas familier. Il est saturé d’odeurs désagréables.

« Odeurs d’hôpital, murmure-t-il. D’hôpital terrien. »

Il se relève et constate qu’il a raison. Grâce à une faible lueur venant de l’imposte au dessus de la porte, il aperçoit une chambre de malade. La fenêtre elle aussi se découpe en plus clair, montrant un ciel saturé d’étoiles.

Il se penche vers le lit et reconnaît aussitôt celle qui l’occupe.

« Tegan, chuchote-t-il. Comment… pourquoi suis-je ici ? Y suis-je venu volontairement, sans m’en souvenir ? »

Cela lui paraît impossible.

« Eh bien, Docteur, susurre soudain une voix qu’il ne connaît que trop bien. Prêt à affronter tes derniers ennemis ? »

Une silhouette sombre vient de se détacher du recoin situé derrière les appareils. Avant que le Docteur ait pu faire un mouvement, elle pointe vers lui un outil cylindrique. Le Seigneur du Temps ressent une vive douleur parcourir son corps, et une sensation atroce : celle de s’effondrer sur lui-même. Il a l’impression que chaque partie de son individu se replie comme objet télescopique. Il hurle… ou du moins, il voudrait le faire. Mais aucun son ne sort de sa gorge.

***

La seconde après, il atterrit au milieu d’un étrange paysage. Il reste un instant assis, attendant que la souffrance reflue. Puis il examine son environnement.

La couleur dominante est le rouge. Il se décline en de nombreuses nuances, du plus foncé, presque noir, à un vermillon éclatant, en passant par des roses, nacrés, pastel ou fuchsia. Il est entouré par des rochers aux formes arrondies. Le sol a un aspect vivant. Il palpite, parcouru par des scintillations qui partent dans tous les sens. Le ciel est de teinte orangé, secoué d’éclairs aveuglants.

« Quel est cet endroit ? marmonne-t-il. Il me rappelle quelque chose, mais je n’arrive pas à me souvenir quoi. Un monde où je suis déjà allé, sans doute. »

Il y a une sorte de beauté dramatique dans ce lieu. Encore un peu endolori, il se relève péniblement, s’appuyant sur les rocs qui cèdent légèrement sous la pression de sa main. Sortant ses lunettes de sa poche, il les examine de plus près. Leur structure est translucide et semble faite de morceaux emboîtés les uns dans les autres.

« C’est vivant, murmure-t-il en apercevant des créatures qui bougent dans les profondeurs de chaque élément. Pas seulement ces blocs, mais tout. Tout ce qui m’entoure. Je suis à l’intérieur d’un être vivant. Pas dans son estomac, j’espère. Je n’ai nulle envie d’être digéré. »

De vagues sons lui parviennent. Des sons très graves, à la limite de ses capacités auditives. Mais bientôt, d’autres bruits, bien plus distincts et plus reconnaissables, percent cette vague rumeur : des cris. Les cris de quelqu’un en péril. Le Docteur essaye de repérer leur direction.

« Par là ! » s’exclame-t-il en désignant sa gauche.

Mais au bout de quelques pas, il fait demi-tour.

« Non, plutôt par là. »

Il part en courant de l’autre côté.

***

Il a tout juste contourné quelque uns de ces rochers vivants, qu’il est témoin d’un spectacle inquiétant. Tout est envahi par des créatures qu’il reconnaît immédiatement comme faisant partie de l’espèce Brachyura, décapodes généralement aquatiques, plus simplement connus sous le nom de crabes.

Ceux-ci sont noirs, de la taille de sa tête environ pour ce qui est du corps, mais pourvus de pinces imposantes, et surtout meurtrières. Ils se déversent partout, découpant et dévorant tout ce qui se trouve sur leur passage. Chaque partie du lieu est atteinte : le moutonnement de roches spongieuses, le sol et même le ciel ou plafond de cet endroit. Partout où ils passent, ils laissent derrière eux une terrible désolation. Les rouges, les roses, les oranges ternissent, grisaillent. Le paysage à la beauté tragique perd toute couleur et toute substance, prenant un aspect stérile.

Les cris de détresse viennent de plus loin, derrière le débordement de crabes. Sautant d’un côté, s’agrippant de l’autre, le Docteur poursuit dans cette direction, en essayant d’éviter les monstres.

Il arrive devant un amas de ces créatures. Une main en sort et tente difficilement d’atteindre un objet cylindrique. Une vieille connaissance : le TCE.

« L’arme du Maître ! Cette personne en dessous… ce doit être lui. »

Tout ce qui vient de se passer prend tout à coup un sens. L’horrible sensation de rétrécir : le TCE, bien sûr ! Et le lieu vivant où ils se trouvent : le corps de Tegan.

« Mais pourquoi est-il là, lui aussi ? »

Le Docteur se souvient de la phrase prononcée par l’ombre, dans la chambre de l’Australienne : « Prêt à affronter tes derniers ennemis ? »

« Il devait parler de ces animaux, de ces crabes, quoi qu’ils soient. »

Si le Maître est ici, c’est certainement par erreur, et non pas volontairement. Le Docteur est tenté de le laisser aux prises avec ses propres bêtises. Avançant prudemment, il s’empare du TCE.

Est-ce que le Maître a senti sa présence ? En tout cas, il l’appelle :

« Docteur ! Aide-moi ! Je t’en prie ! »

Faisant sauter l’arme dans sa main, le Docteur hésite.

***

Un hurlement plus fort que les autres le décide. Et puis, ils ne seront pas trop de deux pour se battre contre les créatures. Il braque l’engin sur les plus proches – qui avancent dangereusement vers lui – et tire. La bestiole atteinte se réduit à un minuscule point qui détale et disparaît en se glissant entre les interstices formés par les cellules du corps de Tegan.

Bientôt, visant soigneusement pour ne pas donner au Maître la taille d’un virus – ils ont déjà celle d’une bactérie – il arrive à dégager son vieil ennemi de la masse de ses agresseurs. Tandis que le Maître se relève, haletant, le Docteur continue son travail de miniaturisation. Les crabes sont nombreux et grouillent autour d’eux, les enserrant dans un filet mortel.

« Donne-moi ça ! lui crie le Maître en essayant de reprendre le TCE. Tu ne sais pas t’en servir, nous n’en sortirons jamais.

– Pas question, réplique le Docteur. Cet objet est bien trop dangereux dans tes mains. Même pour toi, ajoute-t-il avec ironie.

– Alors balaye l’amas, au lieu de les viser un par un, bougre d’idiot ! »

Rapidement, l’action de l’arme les libère de l’embûche que tissaient les monstres. Mais d’autres sont là, à l’affût, prêts à les dévorer au moindre signe de faiblesse.

Appuyés ensemble contre une de ces roches vivantes, les deux Seigneurs du Temps surveillent les alentours.

« Où sommes-nous ? demande le Docteur.

– À l’intérieur de Tegan, tu ne l’avais donc pas compris ?

– Bien sûr que j’avais compris ! rétorque le Docteur. Mais où exactement ? Et que sont ces créatures ?

– Dans sa tête. Et ça… c’est son cancer.

– Oh… »

***

« Ma chérie, tu m’entends ? »

Tegan entrouvre les paupières.

« Michael, souffle-t-elle. Tu es venu.

– Pourquoi ne m’as-tu pas fait avertir que tu… enfin… que tu étais à l’hôpital à nouveau.

– Tu peux le dire, tu sais, murmure-t-elle. Je n’ai pas peur. J’ai vécu tant de belles choses que le départ ne m’inquiète pas. »

Son ancien fiancé hoche douloureusement la tête. Elle est peut-être prête, mais pas lui. Quand elle avait voulu la séparation, il n’avait pas compris pourquoi, et avait cru en être la cause. Puis il avait su. Il avait voulu reprendre leurs relations, mais elle avait refusée.

Il ne sait plus si c’est par indifférence ou pour l’épargner. Maintenant, après avoir vu le regard de tendresse et de reconnaissance qu’elle lui a jeté en le voyant, il penche pour la deuxième hypothèse.

« Tu sais… commence-t-il.

– Elle ne vous entend plus, Michael, chuchote Mme Jovanka. Je crois… je crois que c’est la fin », ajoute-t-elle.

Ils se taisent tous les deux, chacun d’un côté du lit, tenant une des mains de Tegan dans les leurs.

Elle gémit doucement, s’agite un peu, serrant leurs doigts dans les siens.

« Docteur… balbutie-t-elle. Docteur… je vous en prie. Docteur… j’ai besoin de vous. Docteur ! »

Les deux personnes à son chevet se regardent.

« Vous croyez qu’il faut appeler le médecin ? demande Michael. Elle le réclame.

– On peut, si vous voulez, mais je crains que ça ne serve pas à grand-chose. Nous savons tous ce qu’il en est. Elle aussi. Elle délire, je pense. »

Mme Jovanka éclate en sanglots. Elle se lève, et sort rapidement de la chambre en bredouillant :

« Excusez-moi Michael, mais parfois, c’est trop dur. »

***

« Mais c’est génial ! s’exclame le Docteur.

– Génial ? D’être emprisonné là-dedans, à la merci d’une maladie humaine ? grogne le Maître. Donne-moi le TCE. Je l’ai actualisé, on peut inverser le processus, maintenant.

– Tu veux dire rendre aux choses leur taille originelle ?

– Exactement. Tu fais ce que tu veux, mais moi, je vais sortir de là. »

Le Docteur recule, tenant l’arme hors de portée de son ennemi.

« Si tu reprends ta taille, tu vas la tuer.

– Et alors ? Qu’importe ! Elle va mourir de toute façon, et je n’ai pas envie de la suivre dans la tombe.

– Mais tu ne comprends pas ? Pourquoi est-ce que je viens de dire « Génial » ?

– Est-ce que je sais ? Tu divagues, c’est tout.

– Mais non ! Parce qu’avec ça… »

Il brandit l’arme.

« …on peut la sauver ! Détruire les cellules cancéreuses, ces crabes qui t’ont attaqué… et mis en piteux état d’ailleurs, ajoute-t-il en regardant le corps blessé du Maître.

– Je m’en remettrais… si nous sortons d’ici au plus vite !

– Pas question. Je tiens une chance d’aider Tegan. Je ne vais pas la laisser passer. Elle ne voulait pas que je l’emmène ailleurs pour la soigner. Puisque Mahomet n’a pas voulu venir à la montagne, c’est la montagne qui s’est déplacée dans le corps de Mahomet.

– Tu dérailles complètement…

– C’est une expression terrienne. Commençons tout de suite.

– Commençons ? Il n’y a qu’un seul TCE, je te signale.

– Alors, viens avec moi… si tu veux vivre. Sans ton arme, tu ne feras pas long feu. »

***

Le Docteur parcourt le crâne de Tegan, à la recherche des bandes de crabes, qui continuent à attaquer les tissus cérébraux. Le TCE s’avère très efficace. Partout où ils passent, la maladie recule, les cellules cancéreuses meurent, réduites à d’infimes particules qui sont avalées facilement par des globules de gelée blanchâtre.

« Des lymphocytes », avait-il murmuré la première fois qu’il en avait aperçu.

Il est tellement occupé à sa tâche, qu’il ne fait plus attention au Maître qui le suit pas à pas, en surveillant ses arrières. Par moment, le Seigneur du Temps renégat crie :

« Attention, il y en a qui reviennent par là ! »

Il pense plus à sa peau qu’au bien-être de Tegan, mais ces avertissements aident le Docteur.

« Tu sais, dit celui-ci tout à coup. Je n’aurais jamais cru qu’un jour je m’amuserais autant en me servant de cette arme. Ni que je penserais que tu as bien fait de l’inventer.

– Je ne l’ai pas inventé…

– Oui. Tu as volé cette technologie à d’autres, comme d’habitude.

– Mais je l’ai infiniment perfectionnée », ajoute le Maître qui ne veut pas laisser passer une occasion de se vanter.

***

Mme Jovanka est installée dans le fauteuil et somnole, tandis que Michael essaye de rester éveillé. Ils se sont relayés, pour s’avertir mutuellement… afin ne pas rater le moment. Le dernier, celui qui va inévitablement arriver. Cette nuit, demain matin, en tout cas… assez vite.

Tandis que la fenêtre commence à s’éclaircir, une infirmière entre pour changer la perfusion de morphine et surveiller où en sont les signes vitaux de la malade.

« Comment va-t-elle ? demande Michael.

– État stationnaire », annonce la soignante, après un coup d’œil sur les écrans.

  1. Tanaka soupire. Cela fait plusieurs jours que l’état de Tegan en est au même point. La femme ressort, poursuivant son tour des chambres. Michael rapproche sa chaise et pose une main sur celle de son ex petite amie. Elle respire doucement, tourne la tête vers lui, ouvre les yeux et lui sourit.

« Tu es encore là ? » chuchote-t-elle.

Elle aperçoit sa mère dans le fauteuil.

« Maman aussi. »

Elle referme les paupières un instant, puis les rouvre.

« Tu sais, vous ne devriez pas vous épuiser ainsi. Je sens que j’ai un répit. Je vais mieux. Je n’ai plus mal. »

Michael n’ose pas lui dire que c’est sans doute parce que l’infirmière vient de remplacer le flacon de morphine. Il se contente de hocher la tête en souriant.

« Et aussi, songe-t-il, on dit souvent qu’avant la mort, il se produit une période plus ou moins longue de quelques heures ou quelques jours où la personne se sent mieux. Le fameux « mieux avant la fin ». Je ne peux pas partir maintenant. »

***

« Docteur ! »

Le Maître pousse un cri étranglé.

« Oui, oui, j’arrive lui répond son confrère Seigneur du Temps. Je termine ceux qui se trouvent là. Je crois qu’on l’a presque débarrassée…

– Docteur, vite ! »

Le Docteur se retourne. Le Maître est entouré par deux globules blancs. Il lutte pour ne pas se laisser engloutir. Un troisième arrive, rampant de tous ses pseudopodes.

« Mais, s’exclame le Docteur, ils nous avaient laissés tranquilles jusqu’à présent. Pourquoi…

– Peu importe ! le coupe le Maître. Sors-moi de là ! »

Le Docteur hésite. Le plus simple, c’est d’utiliser le TCE. Mais le risque de toucher le Maître est extrêmement élevé. Finalement, il vise avec soin et tire sur le troisième lymphocyte qui vient de s’amalgamer avec ses collègues. Le résultat est surprenant. Au lieu de se réduire, la créature explose, les couvrant d’une gelée gluante. Cela s’avère efficace, car les deux autres globules se rétractent, abandonnant leur proie.

Celle-ci tombe à quatre pattes, gémissant. Sa peau, abîmée par les attaques des crabes, a déjà subi l’assaut des puissants sucs digestifs de ces agresseurs. Furieux et apeuré, il se remet debout et fonce vers le Docteur, décidé à reprendre son arme.

« Donne-moi ça ! hurle-t-il. Je dois retrouver ma taille, vite. Nous allons nous faire dévorer ! »

– Pas question, grogne le Docteur, en le repoussant. J’ai passé des heures à soigner Tegan, ce n’est pas pour la tuer maintenant, en lui faisant exploser le crâne. »

Ils luttent un instant pour la possession de l’outil essentiel. Ils sont de force égale. Le Docteur un peu plus grand, un peu plus lourd et en meilleur état, mais le Maître possédé par la rage de survivre. Soudain, le Docteur se souvient que le Maître occupe actuellement le corps d’un Trakénite.

« Les prises de karaté vénusien doivent avoir de l’effet sur lui, ce qui ne serait pas le cas pour un Seigneur du Temps. »

Il appuie sur deux points situés de chaque coté de sa trachée artère, à la base du cou. Le Maître s’effondre, étourdi. Le Docteur se redresse et empoche le TCE. Il relève la tête et s’aperçoit que les lymphocytes reprennent l’offensive, plus nombreux encore. Il est vraiment urgent de sortir de cet endroit qui redevient un piège mortel. Il regarde le Maître qui émerge difficilement. Il est tenté un instant de l’abandonner à son sort.

« Il a essayé de me tuer en me mettant face à la maladie de Tegan, songe-t-il. Et il n’aurait pas hésité à la détruire, si je ne m’étais pas interposé. »

Néanmoins, il s’accroupit près de lui, passe son bras sous le sien, et l’aide à mettre debout en l’apostrophant :

« Dépêche-toi ! Nous allons sortir par le tympan. Si je me suis bien repéré, nous n’en sommes pas loin. »

***

Après sa première perfusion de morphine du matin, Tegan avait demandé à ce qu’on ne lui en remette pas.

« Je vous assure, je n’ai plus mal du tout, avait-elle affirmé à l’infirmière. Si j’en ai besoin à nouveau, je vous appellerais. »

Elle a même fait redresser son lit par Michael, pour pouvoir à nouveau contempler le bleu du ciel. Elle regarde les yeux cernés de son ami avec tendresse et inquiétude.

« Maman et toi, vous donnez trop de mal pour me veiller. Je n’ai pas besoin de quelqu’un en permanence. Je me sens tellement mieux. Si je ne savais pas que c’est impossible, j’aurais l’impression d’être guérie.

– Impossible ? Qui sait ? murmure Michael à qui la fatigue donne envie de croire aux miracles.

– On ne guérit pas d’un cancer du cerveau, surtout au stade où j’en suis.

– Tu n’as pas eu besoin d’antidouleur de toute la journée », lui fait-il remarquer.

Une idée lui vient.

« Je vais en parler au docteur », ajoute-t-il.

Il parcourt les couloirs à la recherche d’un membre du corps médical qui acceptera de l’écouter. Il finit par tomber sur l’interne, un jeune homme jovial et très bronzé.

« Serait-il possible de refaire passer un scanner à Mlle Jovanka ? Tegan. Tegan Jovanka. »

Le médecin consulte le dossier.

« Ah oui ! Cette personne est… médicamentée. »

Un euphémisme pour dire qu’elle est perdue et qu’on se contente de l’empêcher de souffrir.

« Je sais, répond M. Tanaka. Cependant, elle n’a pas eu besoin de morphine, ni même d’un autre analgésique de toute la journée. Elle dit ne plus souffrir et se sentir mieux.

– Ça arrive ce genre de mieux…

– Je sais ça aussi, l’interrompt Michael. Excusez-moi d’insister, mais il me semble que d’aller voir ce qui se passe dans son crâne… Cela me rassurerait, vous comprenez ? Je suis prêt à payer entièrement cet examen.

– Hum… eh bien… ma foi… ça ne coûte pas grand-chose. Enfin, je veux dire, si cette dame peut supporter ce scanner, je ne vois pas pourquoi…

– Merci, le coupe à nouveau l’ami de Tegan. Dès que possible, vous voulez bien ?

– Je vais voir les disponibilités.

– Merci beaucoup. »

Michael serre chaleureusement les mains du docteur et repart vers la chambre.

Une fois là, il trouve Tegan installée devant un plateau chargé d’un pot de compote qu’elle est en train de terminer, et d’un yaourt.

« J’avais faim », explique-t-elle.

Son ami lui fait un sourire radieux, et l’embrasse sur la joue, ému.

***

« Cet endroit est infernal », grommelle le Maître.

Ils sont en train de se glisser dans l’oreille interne de Tegan et le moindre bruit fait tout trembler autour d’eux. De plus, la complication de cet organe est telle, qu’ils se sont perdus plusieurs fois. Ils aboutissaient dans des impasses, et devaient repartir en arrière.

Enfin, loin devant eux, une lueur rose leur annonce qu’ils approchent de l’extérieur. Ils se retrouvent devant un mur qui vibre en faisant bouger un os fixé dessus. Ils appuient sur la paroi, mais elle est tout à fait solide et ne cède pas à leurs tentatives de la percer. Un son très grave leur parvient. La muraille s’agite, les renversant par la seule pression de l’air qu’elle repousse vers l’intérieur.

« Par où allons-nous passer ? questionne le Maître.

– Hum… marmonne le Docteur. Il faut faire un trou. Mais le plus petit possible pour ne pas la blesser. »

Il sort le TCE de sa poche et le tend au Maître, mais sans le lâcher. La partie mortelle est tournée vers son vieil ennemi.

« Règle-le à la puissance minimale. Et fais attention ! Je tiens le bon bout. »

Le Maître lui lance un regard féroce, mais il se penche sur l’objet et commence à faire des réglages.

« Si tu veux me jouer un tour à ta façon, ajoute le Docteur, rappelle-toi que c’est moi qui vais tirer et que j’aurais toujours l’arme à la main.

– Oui, oui, j’ai compris ! grogne le Maître. Tout ce que je veux, c’est sortir d’ici, d’accord ? »

***

Tegan dort profondément dans sa chambre d’hôpital, couchée sur le côté.

On lui avait fait passer un scanner, tard dans la soirée. Le résultat avait été surprenant. Quelques semaines plus tôt, la tumeur s’était propagée à la majorité de ses lobes cérébraux. Les médecins avaient décidé d’arrêter le traitement, qui l’affaiblissait et la faisait souffrir, sans apporter de mieux.

Or, l’image de son cerveau ce soir-là, avait montré une telle régression de la maladie que celle-ci n’était quasiment plus visible. On apercevait encore des cicatrices là où elle avait envahi l’organe, mais l’interne avait affirmé que, si le cancer ne revenait pas, Tegan pourrait recouvrer rapidement ses capacités cérébrales, et guérir.

Ses deux « gardiens » s’étaient autorisés à rentrer chez eux, afin de récupérer de la fatigue accumulée les jours précédents.

Elle est donc seule cette nuit-là. Et elle en éprouve un secret soulagement. Avoir quelqu’un à ses côtés en permanence finissait par lui peser.

Soudain, elle fronce les sourcils et secoue la tête dans son sommeil. Quelques secondes plus tard, elle se retourne et gémit. Puis sa main se porte instinctivement à son oreille. Elle y enfonce son petit doigt et en gratte l’intérieur. Cela semble apaiser la démangeaison. Mais un instant plus tard, cela recommence, plus fort. L’irritation devient si vive qu’elle la réveille.

Tegan s’assoit. Le picotement augmente.

« On dirait qu’une bête m’est entrée dans l’oreille, grommelle-t-elle. Oh, bon sang ! C’est insupportable ! »

Elle pivote avec précaution, laissant pendre ses jambes hors du matelas. Elle hésite. Cela fait si longtemps qu’elle n’est pas descendue de ce lit. Elle pose les pieds avec précaution, saisit la perche de la perfusion, et se met debout, un peu vacillante.

Sans chercher ses pantoufles, elle glisse pas à pas, se dirigeant vers la salle de bain où elle espère trouver un coton tige pour déloger l’animal qui crapahute dans son conduit auditif.

***

Le trou les avait tout juste laissé passer. Le Docteur avait ouvert la marche, puis il avait surveillé son compagnon, en le menaçant du TCE.

« C’est inutile, lui avait dit celui-ci avec ironie. Que crois-tu que je puisse lui faire, à cette taille ?

– Je t’ai trop souvent fait confiance… à tort. Je prends mes précautions, maintenant.

– Ouais, avait grogné le Maître. Confiance… sauf quand tu aurais dû. »

Maintenant, ils tentent de gagner la sortie à travers la jungle d’immenses pousses couvertes d’écailles que sont les poils qui tapissent cet endroit. Partout, ils rencontrent des blocs de matière jaunâtre et collante qui rendent leur progression difficile. Parfois, le Docteur n’a d’autres solutions que d’en réduire quelques uns avec l’arme.

« Elle a les oreilles sales, ta compagne, fait remarquer le Maître.

– Elles sont sûrement remarquablement propres, mais nous sommes minuscules. La moindre particule nous paraît gigantesque.

– Mouais… »

Tout à coup, le sol est secoué d’une violente convulsion. Toute luminosité disparaît, les plongeant dans le noir total. Le Docteur s’accroche à un des poteaux squameux. Il ne voit pas ce qu’il advient du Maître. Il a déjà beaucoup de mal à ne pas re dévaler le long du sentier qu’ils se sont péniblement creusé dans cette forêt. Cela lui semble durer une éternité.

Puis la lumière revient et le séisme s’arrête.

« Maître ? » appelle-t-il.

Aucune réponse ne lui parvient et son confrère Seigneur du Temps n’est visible nulle part. À nouveau, le Docteur est tenté de poursuivre sa route, sans attendre son comparse. Puis un appel :

« Docteur ! Ici ! »

Contournant quelques poils, il le retrouve englué dans un bloc de cérumen.

« Comment fais-tu ton compte pour toujours te mettre dans les situations les plus biscornues ? » marmonne-t-il.

Cependant, il ne peut s’empêcher de sourire. À la fois de voir son ennemi dans une position ridicule, mais aussi… parce que cela lui rappelle leur enfance.

« Koschei était déjà ainsi, songe-t-il. Toujours à se retrouver dans des états impossibles. Souvent par curiosité d’ailleurs, mais aussi parce qu’il était excessivement distrait. Il vivait dans ses chimères. »

Tout en aidant le Maître à s’extraire de la matière poisseuse, il repense à leur enfance, et à ce qu’était celui qu’il appelait alors son ami.

« Comment a-t-il pu changer autant ? s’interroge-t-il. D’un gamin rêveur, studieux, obéissant et craintif, il est devenu cet homme égocentrique, mégalomaniaque et sans cœur. »

Mais le temps n’est pas à la nostalgie. Ils viennent à peine de se remettre en marche, qu’une nouvelle secousse les jette à terre.

***

Dans la salle de bains, Tegan se regarde dans la glace. Elle en a oublié ce qui l’a amenée là. D’ailleurs, la démangeaison s’est atténuée.

Son visage l’effraye. Les joues creuses, le teint gris, les cernes sous les yeux. Cela n’est pas dû à son âge, elle le sait. Avant sa maladie, personne ne lui aurait donné ses quarante-six ans. Mais le cancer et les traitements ont ajoutés vingt ans dans la balance, en quelques mois.

« Je vais guérir, chuchote-t-elle à son reflet. Et puis, miroir, mon beau miroir, je serai à nouveau la plus belle. »

Son caractère combatif, qui l’avait abandonné dernièrement, refait surface. Être passée si près de la mort, et avoir triomphé de la maladie de façon aussi miraculeuse, lui paraît un signe.

« Il faut que tu consacres ce cadeau à te battre pour les autres », s’interpelle-t-elle.

Et elle ajoute :

« Je suis d’accord. »

Elle éclate d’un rire grêle, un peu fragile.

Tout à coup, une silhouette noire émerge derrière elle. Elle voit l’image de l’homme dans la glace, et elle pousse un cri d’effroi.

« Le Maître ! »

Son cœur fait un bond dans sa poitrine. Le Seigneur du Temps renégat ne peut être là que pour quelque chose de mauvais. Lui faire du mal, ou pire encore, tendre un piège au Docteur. Mais celui-ci surgit aussi de la même manière, semblant se matérialiser à partir de l’air ambiant.

« Bonjour Tegan, lui dit-il en souriant. Heureux de te voir debout.

– Docteur… » balbutie-t-elle.

Elle vacille, un peu étourdie par le choc de ces deux soudaines apparitions. Le Docteur qui est derrière le Maître, veut l’écarter pour venir au secours de son ancienne compagne, mais celui-ci le devance. D’un geste instinctif, il passe les bras autour de la taille de l’Australienne, et la soutient.

Il la guide ensuite jusqu’à son lit, devant le regard ébahi du Docteur.

« Bien, énonce-t-il alors. J’ai fait ma bonne action du siècle. Rends-moi mon TCE, s’il te plaît, que je puisse partir.

– Tu peux t’en aller, mais sans ton arme. Je n’ai toujours pas confiance en toi. »

En disant ces mots, le Docteur pointe l’objet vers lui.

« J’y vais, grogne le Maître, en levant les mains. Mais je te retrouverai, crois-moi.

– Je n’en doute pas, répond le Docteur. J’attends ce moment avec impatience », ajoute-t-il avec ironie quand la porte de la chambre claque.

***

À nouveau allongée sur sa couche, Tegan écoute le récit de sa guérison.

« Alors, murmure-t-elle, lorsque le Docteur a fini. C’est un peu grâce à lui si je suis guérie. Je ne l’ai même pas remercié. Et je ne lui ai pas non plus dit merci pour m’avoir empêchée de tomber.

– Il s’en remettra, j’en suis sûr, persifle le Docteur.

– Je me doute qu’il n’attendait pas de reconnaissance de ma part. Tout de même… ça m’ennuie un peu.

– Tegan, Tegan, Tegan, lui chuchote-t-il. Tu es trop scrupuleuse. Oublie ça, et ne pense plus qu’à te remettre maintenant.

– Oui, Docteur, répond la malade avec un faible sourire. Je suis fatiguée, maintenant. Je crois que je ferais mieux de me rendormir.

– Je te laisse, alors. Hauts les cœurs, Tegan. Tu vas t’en sortir. »

Il s’éclipse discrètement, laissant son ancienne compagne à sa nouvelle vie.

 

[Ce texte a été écrit à partir de la page sur le personnage de Tegan, dans la base de données « tardis.wikia ». Il y est précisé que Tegan a souffert d’un cancer du cerveau peu après ses quarante-six ans, que le Docteur lui a alors proposé de l’emmener hors de la Terre pour la soigner et qu’elle a refusé. On y lit aussi que quatre années plus tard, elle est toujours en vie, et lutte pour la cause des Aborigènes.]

Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 28 octobre a 20h00 🙂  (pour la France. Au Quebec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) A envoyer à : romanatrelundarIV@gmail.com

Pour la semaine prochaine, le thème est: « En retard! » car j’ai posté cet artisons en retard. Eh oui…

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Artisons hors-série: « Crabe »

Vous pouvez retrouver les résultats de l’artisons précédent ici. N’hésitez pas à jeter un œil aux précédents défis 🙂

Cette fois-ci, je vous propose un artisons un peu particulier. Déjà, il ne sera pas limité à la série classique; j’invite les fans de la nouvelle série à nous rejoindre. Ensuite, si vous voulez faire des crossover, n’hésitez pas.

Pour rappel, le principe de l’artisons: Un thème (ici « Crabe ») pour vous inspirer un texte (en un seul chapitre), un dessin, une vidéo, un photomontage (et tout ce que vous voulez d’artistique) au choix… en un temps limité de deux semaines.

Pourquoi « Crabe »? eh bien, c’est en relation avec un autre projet que je lance donc officiellement par la même occasion: Whovian 4 Research. Il s’agira d’une campagne de sensibilisation (bilingue) en faveur de la recherche, et de l’un des projets auquel tout un chacun peu participer à condition de posséder un ordinateur (en plus c’est gratuit) : Le World Community Grid, dont l’un des cheval de bataille est le cancer (dont le Crabe est une métaphore).

L’organisation de l’artisons est une première publicité; et vos productions seront mise en valeur sur le site du projet… et vos dessins illustrerons nos campagnes qui serons diffusées un peu partout (y compris, nous ferons tout pour, sur des groupes anglophones)

Vous pouvez prendre le sujet crabe au premier degré (crustacé), au second (maladie), mais aussi dans le ton que vous le souhaitez (n’hésitez pas dans le registre du comique si vous avez une idée qui va dans ce sens!)

Les contributions sont attendue pour le mercredi 22 octobre 2014, mais vous pouvez continuer à nous en envoyer au delà de la date limite. A envoyer à romanatrelundariv@gmail.com

Si vous n’avez pas la fibre créatrice, mais que vous connaissez bien l’anglais, vous pouvez venir aider Arthur à la traduction du site du projet, et vous pouvez déjà participer à WCG.

Amicalement,

Marie

W4R_logo

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Résultat de l’artisons #25 Septième Docteur

Sylvester ne viendra finalement pas à la FACTS… tant pis pour lui, il a raté une collection de belles choses!

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Arthur (photomontage)

Sylvester McCoy

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Florent F. (Texte)

– « Professeur, je ne vais quand même pas porter ça !!!! »

Ace sort de l’immense dressing du TARDIS, l’air renfrogné, vêtue d’une jupe à rayures rouges et blanches (sous laquelle on devine un jupon), d’un chemisier blanc à dentelles et d’un tablier noir brodé de fleurs. La tenue est complétée par un large chapeau de paille.

– « Eh bien quoi ? Là où nous allons, toutes les jeunes filles porrtent cette tenue. Ton blouson crroulant de badges et de pin’s ne ferrait qu’attirrer l’attention surr nous ! »

– « Et je suppose que votre gilet à points d’interrogation y sera du dernier cri ? »

– « L’avantage de ce gilet est d’êtrre chic et discrret en toute situation. – sourit le Docteur en ajustant, par pure coquetterie, son nœud de cravate – Allons-y, Ace ! »

Le Docteur s’apprète à ouvrir la porte du TARDIS lorsqu’il remarque que sa jeune compagne tient fermement sa batte de baseball.

– « Ace ! Là-dehorrs, nous sommes en 1543. Le baseball n’a pas encorre été inventé ! Laisse cette batte, tu vas nous fairre rrepérrer ! »

– « Vous m’avez déjà défendu d’emporter mon sac d’explosifs ! La batte, je la garde  »

Ace se dirige d’un pas décidé vers la porte tandis que le Docteur soupire. Otant son chapeau pour le remettre illico, il lui emboite le pas et tous deux se retrouvent aux pieds d’une forteresse. Dans un fracas épouvantable, un boulet de canon vient percuter la muraille à quelques mètres d’eux, propulsant des éclats de pierre alentours. Les deux voyageurs spatio-temporels se jettent à terre, évitant tout dommage.

– « Vous avez le chic pour nous mener toujours dans des endroits calmes et paisibles, Professeur ! Que se passe-t-il ici ? »

Se relevant dignement et époussetant ses vêtements, le Docteur bredouille:

– « Aurrais-je ômis de te le dirre ? Nous sommes à Nice, le 14 août 1543, et la ville est  assiégée par les trroupes frranco-turrques. »

Ace n’a pas le temps de protester que déjà un second boulet vient s’écraser contre les remparts. Un groupe de Niçois passe en courant (la jeune anglaise ne manque pas de noter qu’aucune femme ne porte ce fichu costume traditionnel). Un jeune homme les remarque et s’arrête auprès d’eux.

– « Ne restez pas là, ils arrivent ! »

Sans demander leur reste, Ace et le Docteur prennent leurs jambes à leur cou et suivent les fuyards. Bientôt, tous sont à l’abri derrière les remparts de la ville. Haletante, Ace lance au Docteur un regard noir.

– « Je crois que vous me devez quelques explications, Docteur… »

– « Ne te rrends-tu pas compte de la chance que nous avons, Ace ? Nous vivons un moment historrique et nous allons sans doute pouvoirr élucider une énigme ! Dès demain, les Frranco-turrcs vont parrvenirr à ouvrrirr une brrêche dans le rremparrt norrd ! – Ignorant la mine catastrophée de la jeune fille, il continue – C’est là qu’est sensée interrvenirr Catarrina Segurrana ! »

– « Catarina qui ? »

– « Simple lavandièrre, Catarrina Segurrana va assomer le porrte-étendarrd turrc et galvaniser les assiégés. Grrâce a elle, l’ennemi serra repoussé et finirra par abandonner le siège! »

– « Et alors ? Qu’est-ce que l’on fiche ici, Professeur ? »

– « Tu vas comprrendrre: figurre-toi qu’aucun chrroniqueurr contemporrain ne mentionne Catarrina Segurrana ! Catarrina Segurrana est-elle un mythe ou une rréalité ? Nul ne le sait ! Mais nous, nous le saurrons ! Nous allons en êtrre les témoins prrivilégiés !!! »

Le Docteur saute d’excitation tandis qu’Ace, abasourdie, s’écroule sur un banc. Le jeune homme aperçu quelques minutes plus tôt, s’approche d’eux.

– « Vous semblez être nouveaux, en ville. Je ne vous avais encore jamais remarqué. Et vous semblez pas du comté. »

– « Qu’est-ce qui vous fait dirre ça? » lance le Docteur, le sourcil suspicieux.

– « Votre accent, sauf votre respect, Monsieur. »

Le Docteur s’apprète à protester mais Ace, ayant retrouvé son sourire, s’empresse de remercier le jeune homme de son intervention de tout à l’heure et se plaint de ne pas avoir de toit pour la nuit. Le jeune Niçois, du nom de Jouan Badat, touché par la détresse du duo – et plus encore par les yeux bleus de la jeune fille – ne se fait pas prier pour les inviter chez lui.

– « Il reste de la socca et de la pissaladière » ajoute-t-il avec un sourire engageant.

Tous trois progressent dans les ruelles étroites et sinueuses de la ville, pleine de réfugiés venus des campagnes avoisinantes.

– « Si les renforts promis par Charles de Savoie tardent à arriver, la ville ne tiendra plus très longtemps. Le moral de la population est en baisse. François Ier a envoyé l’un de ses plus brillants, stratège: le comte d’Enghien. Et la flotte ottomane est commandée par le tristement célèbre Khayr ad-Din Barberousse. »

A ce nom, Ace ouvre de grands yeux, à la fois inquiète et excitée.

– « Le pirate ? »

– « Corrsairre. – corrige le Docteur – Tout depend du point de vue. » ajoute-t-il devant le regard réprobateur de leur guide.

– « Voyez, – poursuit le jeune homme, désignant un groupe de moines – Même les bénédictins du monastère de Cimiez ont du venir se réfugier en ville. »

Soudain, le Docteur s’élance en avant, se frayant un chemin à travers la foule à grands coups de parapluie, bien décidé à atteindre les moines. L’un deux, un frère quelque peu enrobé, remarque le Seigneur du Temps et déguerpit en bousculant les passant, le Docteur sur ses talons. Ace et Jouan tentent de les rattrapper mais sont bien vite distancés.

– « Il serait pas un peu fada, votre ami ? »

Tandis qu’Ace se rend chez Jouan, le Docteur poursuit toujours le Moine (puisque ce n’est pas un simple moine mais bien le Moine) à travers la ville. La traversée du marché aux poissons de la plassa San-Francès est épique, les deux Seigneurs du Temps manquant de s’étaler sur les morues et poutines tombées sur les pavés, au milieu des poissonniers harangant le chalant et des cri des gabians – comme les Niçois appellent les goélands – trouvant plus commode de chaparder aux étalages que de pêcher dans la Méditerrannée. La course effrénée se poursuit en direction de plassa Rossetti et de la petite église Santa-Reparata dans laquelle le Moine s’engouffre, sous l’œil intrigué des fidèles. Le Docteur y pénètre à sa suite, retirant précipitament son chapeau. Il aperçoit son vieil ennemi glisser une clef dans la serrure d’un confessional et s’y réfugier. Ses Derbies claquants sur le sol dallé de l’église, le Docteur s’engouffre à son tour dans le confessionnal. Il ouvre alors de grands yeux:

– « C’est… plus grrand à l’intérrieurr… » murmure-t-il.

Le Moine s’affaire autour de la console.

– « Bienvenu à bord, Docteur. Ah! Il m’en aura fallu du temps et de l’énergie pour remettre mon TARDIS en état après toutes les misères que vous m’avez fait subir ! »

La colonne du TARDIS se met en mouvement et le bruit caractéristique de la dématérialisation se fait entendre.

– « Rramenez-moi à Nice maintenant ! » tempête le Docteur en martelant le sol de son parapluie.

– « Ne vous en faîtes pas, nous n’allons pas bien loin » le rassure le Moine avec un sourire mauvais et, tout compte fait, assez peu rassurant.

En effet, le TARDIS se rematérialise et la colonne centrale s’immobilise. D’un geste de la main, le Moine invite le Docteur à sortir.

Le confessionnal se trouve maintenant sur le pont d’une galère ottomane. Un homme âge mais encore vigoureux, la barbe soignée et teinte au henné, coiffé d’un riche turban, les doigts chargés de bagues ornées de pierreries et portant un cimeterre ouvragé au côté s’avance.

– « Amirral Khayrr ad-Din, je prrésume ? – salue le Docteur en soulevant son chapeau – Je suis le Docteurr. Si je puis me perrmettrre, vous perrdez votrre temps. La ville ne tomberra pas et les rrenforts venus de Ligurrie vous obligerront à lever le siège. »

– « Qui est cet olibrius ? » demande Barberousse au Moine qui vient à son tour de sortir du TARDIS.

– « Un homme qu’il faudra surveiller de près. Il est plus dangereux qu’il n’en a l’air. Il serait sage, très grand amiral, de l’exécuter sans attendre. »

Affichant un grand sourire, Barberousse met la main sur son cimeterre mais le Moine s’interpose, suggérant un autre mode de mise à mort.

Bientôt, le Docteur se retrouve en équilibre sur une planche surplombant les flots, les chevilles entravées par de lourdes chaînes. Barberousse et le Moine, entouré de dizaines de marins et janissaires, s’esclaffent tandis qu’un soldat turc armé d’une hallebarde force le Docteur à avancer vers l’extrémité de la planche.

– « Je désapprrouve violemment ce genrre de prrocédés ! – s’insurge le Docteur – Vous n’êtes qu’un pirrate ! »

– « Corsaire. – rectifie Barberousse avec un air de dignité outragée – Tout dépend du point de vue. »

Le soudard chargé de l’exécution, visiblement nerveux de devoir lui aussi progresser sur cette planche et désireux d’en finir au plus vite, pousse le Docteur de la pointe de son arme.

– « Aïe ! Faîtes un peu attention, vous m’avez fait mal, maladrroit ! »

– « Cette comédie a assez duré ! – hurle Barberousse – J’ai un siège a mener, finissons-en ! »

D’un mouvement vif, le hallebardier fauche les jambes du Docteur du manche de son arme. Dans un geste désespéré, le Seigneur du Temps parvient à accrocher le bord de la planche avec la poignée de son parapluie mais finit par lacher prise.

Plouf !

***

Cependant, Ace est arrivée chez Jouan qui s’est assis à son bureau, lequel croule sous une montagne de papiers.

– « Je consigne les évènements depuis le début du siège – explique le jeune homme – Rien ne doit sombrer dans l’oubli. »

– « Pourquoi cette guerre, Jouan ? »

– « Vous l’ignorez ? »

– « Je ne suis pas du coin. »

– « En fait, c’est assez simple. Comme vous le savez, le comté de Nice dépend du duché de Savoie. Or, le roi de France, François Ier, est le fils de Louise de Savoie, dont le père, le duc Philippe II de Savoie, est le grand père de Charles III de Savoie, le duc actuel. – Ace fronce les sourcils, essayant de démeler les branches de cet arbre généalogique tandis que Jouan poursuit ses explications – Le roi de France réclame donc le comté de Nice à titre d’héritage, nonobstant sa promesse de renoncer à ses prétentions sur la ville. C’est également pour lui l’occasion de mettre des bâtons dans les roues de Charles Quint, évidemment. »

– « Euh… Donc, en gros, la France veut conquérir Nice? »

– « Voilà. »

– « Et les Turcs, dans tout ça? »

– « François Ier et le sultan Soliman le Magnifique sont alliés depuis 1536, les deux royaumes s’assistent en toutes circonstances. C’est comme ça que nous nous trouvons pris entre les Français côté terre et les Ottomans côté mer. – Il marque un temps d’arrêt, comme si une question lui brûlait la langue sans qu’il ne parvienne à se décider – Ce Docteur qui vous accompagne, qui est-il ? Ses manières sont étranges… »

– « C’est un peu difficile à expliquer. Il vient de très très loin. »

– « D’Ecosse ? Son accent me rappelle celui du vieux Jimmy McClure qui s’est installé dans la vallée du Palhoun il y a quelques années. »

– « De beaucoup, beaucoup plus loin. »

– « De Russie ? – Ace fait signe que non – Ne me dites pas du Levant, je ne vous croirais pas. »

– « En fait, – elle baisse la voix – le Docteur n’est pas de notre monde. Nous voyageons dans l’espace et le temps. »

Un instant interdit, Jouan se ressaisit et sourit.

–  » Je crois que vous me racontez des cagades ! Si vous voulez bien m’excuser, il faut que je note les derniers évènements. »

– « Je vais tenter de retrouver le Docteur. »

Empoignant sa batte de baseball, Ace commence ses investigations. La maison de Jouan Badat, sur la carriera dóu Gouvèrnou, est située au centre de la ville basse dominée, comme de bien entendu, par la ville haute et son château, perchés sur la colline. Regagnant l’endroit où elle a perdu le Docteur, elle finit par remonter sa piste jusqu’à l’église Santa-Reparata. Elle s’apprête à entrer lorsque les cloches de la ville se mettent à sonner à toute volée. Le couvre-feu instauré par le condottiere Andrea Doria, qui dirige la défense de la ville, approche et la population regagne ses pénates, tandis que de nouveaux boulets de canons viennent s’écraser sur les maisons. D’autres détonations, venues des remparts, leur répondent.

 

Sur sa galère, Barberousse observe un boulet niçois rater son navire de quelques mètres, dans une gerbe d’écume.

– « Quand les armes promises seront-elles prêtes, Moine ? Ce siège s’éternise et il est hors de question que je regagne la Sublime Porte sans richesses ni captifs ! »

– « Bientôt, bientôt votre Grandeur. Je vais retourner en ville mettre au point les derniers préparatifs. »

– « Encore votre sorcellerie ? »

– « Il n’y a rien de sorcier là-dedans, Ô amiral. Mon peuple est féru de sciences, comme je vous l’ai expliqué. »

A pas prudents, le Moine regagne son TARDIS. Le tempérament impulsif de Khayr ad-Din n’est pas pour le rassurer. Il se console en imaginant la lente agonie du Docteur, noyé dans les eaux de la Baie des Anges, se régénérant pour à nouveau boire la tasse et ce sans interruption jusqu’à atteindre son ultime incarnation. Sa vengeance, longtemps attendue, est enfin accomplie.

***

Mais les héros ont la peau dure est le Docteur, trempé mais bien vivant, ouvre les yeux. Il est étendu sur une couche assez inconfortable dans une salle dont la décoration laisse cruellement à désirer. Il entend une voix fémine s’exclamer:

– « Enfin vous reprenez connaissance ! »

Le Docteur se retrouve face à une créature le dépassant de deux bonnes têtes, couverte d’écailles grisâtres et à la tête ornée de curieuses protubérences ressemblant à des nageoires.

– « Un démon des merrs ! »

– « Merci, ça fait plaisir… » commente la créature en faisant la moue.

– « J’ai déjà rrencontrré votre peuple auparravant, dans votrre futurr. »

– « Hmm, vous avez besoin de vous reposer encore, il me semble. »

– « Ecoutez-moi! Si le Moine est ici, cela ne peut prrésager qu’une catastrrophe, vous devez m’aider! »

– « Les Siluriens ne se mêlent pas des affaires humaines. »

– « Vous vous en êtes déjà mêlés: vous m’avez sauvé la vie. »

– « Mais vous n’êtes pas humain, étranger aux deux cœurs. »

– « Il faut absolument que je découvrre ce que manigance le Moine. Il peut êtrre extrrèmement dangerreux et même si j’ignorre encorre son dessein, il se peut qu’il ait des conséquences fâcheuses pourr les Silurriens. Je dois parrler à votrre chef. »

La Silurienne hausse les épaule.

– « Il n’y a pas de chef. La colonie est en hibernation. Je suis la seule à être éveillée. Il faut bien qu’une scientifique soit là en cas de problème. La survie de mon peuple en dépend. »

– « Alorrs, c’est à vous de m’accompagner ! » – le Docteur lui saisit fermement le poignet et l’entraîne dans les coursives de la colonie silurienne – « Nous devons rregagner Nice ! » – il s’arrête brusquement et se tourne vers sa compagne d’aventure improvisée – « Mais avant tout, je dois savoirr… »

– « Quoi ? »

– « Quel est votrre nom. Je déteste courrirr aux côtés d’une inconnue! »

– « Saleya. »

Le Docteur et Saleya, qui se laisse finalement entraîner, poursuivent leur course lorsque la Silurienne s’arrête net.

– « Le système d’alarme! »

Les yeux écarquillés de stupéfaction, elle désigne une boitier ouvert d’où pendent des fils sectionnés, lequel est sensé sonner l’alerte en cas d’intrusion dans la chambre d’hibernation des armées siluriennes. Le Docteur et Saleya s’avancent à pas furtifs, traversant des corridors où des centaines de créatures reptiliennes attendent dans leurs sarcophages vitrés l’heure favorable au réveil de la race silurienne. A mesure qu’ils progressent, ils entendent un gai sifflotement, provenant d’une porte entr’ouverte.

– « L’armurerie… » murmure Saleya.

A pas de loup, les deux compagnons pénètrent dans la pièce pour découvrir le Moine, leur tournant le dos, vidant tranquillement les rateliers d’armes, son TARDIS-confessional posé au beau milieu de la pièce.

– « Les mains en l’airr ou je fais feu ! Et ne vous retournez pas ! » menace le Docteur, quoiqu’il ne soit pas armé.

Pris au dépourvu, le Moine obtempère, laissant tomber le fusil silurien qu’il avait en mains.

– « Vivant ! Comment vous en êtes-vous encore tiré ? »

– « Je vous l’expliquerrai plus tard. Saleya, voulez-vous bien rramasser cet arrme et tenirr ce trriste sirre en rrespect ? »

Mais alors que la Silurienne se baisse pour récupérer le fusil laissé au sol, une voix derrière eux ordonne:

– « Les mains en l’air ou je fais feu – et d’ajouter – Et je ne bluffe pas, moi. »

Le Docteur et Saleya se retournent lentement pour se trouver face à une créature féline au pelage blanc et aux yeux turquoise, curieusement vêtue à la mode d’un spadassin du XVIIème Siècle mais tenant fermement au point un pistolet silurien. Le Moine, qui a retrouvé sa figure joviale, se place à ses côtés.

– « Docteur, permettez-moi de vous présenter mon assistante, Miss Tibbs. Une chose que j’aurai appris de vous: voyager seul dans l’espace et le temps, c’est triste. »

– « Que faisons-nous d’eux ? » demande la chatte.

– « Nous les tuerons plus tard, je veux réfléchir à quelque chose de vraiment sûr, cette fois. Quelque chose à laquelle tu ne réchapperas pas, Docteur. J’aimais bien pourtant l’idée de la noyade. Comment as-tu fais pour t’en sortir? »

Le Docteur désigne Saleya.

– « Il faut demander à mon amie. C’est elle qui m’a sauvé des eaux. »

Mais les explications attendront. Les armes promises à Barberousse n’attendent pas, elles. Le Docteur et Saleya sont jetés au cachot – car le Moine, qui a gardé des goûts moyen-âgeux depuis sont séjour dans l’Angleterre du XIème Siècle, a pourvu son TARDIS de geôles dans le plus pur style médiéval.

– « Il y a tout de même une chose qui m’échappe – demande le Docteur au Moine – Quel est votre intérêt là-dedans. Qu’est-ce que cela vous apporte de fournir des armes siluriennes aux Ottomans? »

– « Oh, Docteur… Je pensais que vous me connaissiez mieux que ça. Ce que je retire de l’opération ? Tout simplement le bonheur de fiche la pagaille dans l’Histoire de la race humaine que vous chérissez tant. Un plaisir bien innocent, n’est-ce pas ? »

***

Jouan Badat parcourt les ruelles de Nice. La nuit est tombée et la ville, toute lumières éteintes, n’est éclairée que par la Lune dont le disque est déjà haut dans le ciel. Inquiet de ne pas voir revenir la jeune anglaise, il a choisit de braver le couvre-feu pour tenter de la retrouver. Il n’a pas été bien loin lorsqu’il tombe sur une patrouille d’une douzaine de soldats. Avant qu’il n’ait eu le temps de s’expliquer, deux d’entre eux l’empoignent fermement et le conduisent devant leur capitane. Le sourcil froncé, la joue barrée d’une estafilade encore rouge reçue quelques jours plus tôt dans une escarmouche contre les troupes françaises menées par le chevalier d’Aulx, le capitaine toise Jouan d’un air sévère.

– « Toujours à faire des bêtises, toi ! »

– « Je… Je cherche une fille… » bafouille Jouan.

Le capitaine éclate de rire et lui colle une grande claque dans le dos.

– « Petit frère, tu as de la chance d’être tombé sur moi ! Je te dirai bien de rentrer chez toi, mais les rues ne sont pas sûre à cette heure-ci. Le mieux est encore que tu restes avec nous. »

– « Merci, Matieu. Ecoute, je cherche une jeune fille que j’ai rencontré ce matin. Avec un accent étranger et une sorte de gourdin. »

– « Oh, coquin ! C’est une amie à toi ? Je l’ai croisée il n’y a pas une heure. Mademoiselle refusait de se plier au couvre-feu et m’a estourbi deux gars avec ça! » Il brandit la batte d’Ace « Elle appelle ça, une batte de bazebole. Je t’en ficherai moi ! »

– « Où est-elle ? Il faut absolument que je la retrouve ! »

– « Elle est au poste de la tour Sincaïre. On y fera un saut tout à l’heure. »

***

Ace est en effet cantonnée au poste de garde. Elle boude pendant que quelques soldats jouent aux cartes. L’un d’eux a le front bandé et la regarde de travers, sans remarquer que l’un de ses camarades profite de son inattention pour observer son jeu.

– « Vous n’avez pas le droit de me retenir ici ! Ni de m’avoir retiré ma batte ! Je dois retrouver le Docteur ! »

Avec un sourire goguenard, l’un des joueurs fait remarquer:

– « Vouaïe, c’est plutôt Doumenègue qui aurait besoin d’un Docteur » provoquant l’hilarité générale, à l’exception de celle de l’intéressé.

– « Elle a bien fini nous défoncer le crâne, à Ounourat et moi ! Et mancou on la met en cage ! »

La porte s’ouvre alors, et entrent les frères Badat suivis des hommes de Matieu.

– « Ace ! Avez-vous retrouvé cet étrange Docteur ? »

– « Non, j’ai perdu sa piste à l’église… – elle marque une pause, pour se remémorer le nom – Santa Reparata. Et ces idiots qui refusent de me laisser aller ! J’aimerais regagner le TARDIS. »

– « Le quoi ? »  demande Matieu Badat avec un air suspicieux.

– « Temps À Relativité Dimensionelle Inter-Spatiale ! » détaille-t-elle comme une évidence, tout en arrachant sa batte de baseball des mains du capitaine.

 ***

Le Docteur fait les cent pas dans son cachot, allant et venant de long en large en marmonnant des paroles incompréhensibles ce qui semble avoir le don d’agacer autant Saleya que Miss Tibbs, à qui le Moine a confié la garde des prisonniers pendant qu’il remet les armes siluriennes à Barberousse.

– « Taisez-vous, Docteur, ou je vous abats dans votre cellule ! » menace la chatte en braquant vers lui son pistolet.

– « Allez-y, tirrez ! Je me régénerrerai et vous aurrez un nouveau moi à ma place, peut-êtrre encorre plus bavarrd ! »

– « Ne me tentez pas… » menace Miss Tibbs en s’approchant des barreaux.

Soudain, Saleya ouvre la bouche et projette entre les barreaux une langue démesurée qui vient s’enrouler autour du cou de Miss Tibbs. La féline n’a pas le temps de réagir qu’elle est propulsée contre la lourde grille et la heurte de plein fouet. Saleya ramasse les clefs à la ceinture de la geôlière inconsciente.

– « Allons-y, Docteur. »

Le Docteur la regarde, abasourdi.

– « Pourquoi ne pas l’avoirr fait plus tôt ? »

Les deux compagnons se libèrent et enferment Miss Tibbs dans la cellule, avant de filer sans demander leur reste. Courant à travers les couloirs du vaisseau, ils atteignent la salle de contrôle et la sortie. Un instant plus tard, le Seigneur du Temps et la Silurienne sont sur le pont de la galère amirale de la flotte turque, entourés des soldats de Khayr ad-Din Barberousse.

– « Vous !!! » hurle Barberousse, visiblement plus surpris de voir le Docteur encore en vie que de l’apparition d’une créature reptilienne amphibie à ses côté.

– « Charrmé de vous rrevoirr. » – salue poliment le Docteur en ôtant son chapeau.

Les marins reculent, passablement effrayé par Saleya. Leur chef, qui en a vu d’autres, ne décolère pas et se tourne vers le Moine.

– « Et que fait cet homme dans votre vaisseau ? Je le croyais votre ennemi ! »

– « Je vous assure, puissant seigneur, que je n’y comprend rien… » bredouille le Moine

– « Suffit ! » coupe Saleya.

La Silurienne, qui n’a pas manqué de récupérer l’arme de Miss Tibbs, menace l’amiral turc.

– « Puisque vous semblez ici être le chef, vous allez gentiment ordonner à vos hommes de jeter leurs armes à la mer. Et vous allez rendre ce que vous avez volé à mon peuple »

– « Volé… ? » lance Barberousse au Moine qui rit nerveusement, tentant de se faire le plus petit possible.

L’un des marin, plus brave que les autres, s’avance.

– « Capitaine, c’est un démon… un démon des mers… – (« Décidément ! » songe Saleya, vexée) – Si nous combattons avec des armes démoniaques, nous serons maudits et finirons tous au Jahannam ! »

Khayr ad-Din n’est pas spécialement porté sur la religion, mais tout de même, il y a là de quoi faire réfléchir même le plus endurci des corsaires. Le Docteur saute sur l’occasion pour enfoncer le clou:

– « Et songez à votrre rréputation de guerrrier intrrépide et courrageux. Votrre nom trraverrserra les siècles et que dirra-t-on de vous si vous combattez à arrmes inégales ? Trop peu d’honneurr pourr vous suivrrait cette victoirre. A vaincrre sans pérril, vous triompherriez sans gloirre. »

L’amiral fronce ses sourciles broussailleux. Son second lui glisse à voix basse.

– « Le jour se lève, capitaine. L’assaut va bientôt être donné. »

– « Laissez les nouvelles armes… » englobant d’un geste le Docteur, le Moine et Saleya – « … et tuez-les ! »

Avec une vivacité dont lui-même se serait cru incapable, le Moine sort un pistolet silurien de sous sa soutane et abat le marin le plus proche, avant de plonger dans son TARDIS et d’en verrouiller la porte. Alors que Saleya fait feu en tous sens, aculée au bastingage, et que le confessional commence à se dématérialiser, le Docteur se fraye miraculeusement un chemin dans la mêlée jusqu’à un marin turc portant son parapluie. Il lui arrache rageusement le pépin et lui en assène un bon coup sur les orteils avant de courir se mettre à l’abri tandis que son infortuné adversaire sautille sur une jambe, tenant douloureusement son pied. Une main écailleuse le saisit par le col et l’entraîne par-dessus bord. Barberousse et ses pirates se penchent au-dessus de l’eau.

– « Il ne réapparaissent pas… Ils ont du se noyer, amiral. » risque un janissaire.

– « Je n’en crois rien. C’est la seconde fois que ce Docteur disparaît sous les eaux. Peu importe, nous n’avons que faire de lui. Préparez-vous pour l’attaque. »

***

Quelques secondes seulement se sont écoulées lorsque Saleya, entraînant le Docteur, sort de l’eau, à quelques mètres de la plage. Les Siluriens amphibies sont capables de nager extrèmement vite, rivalisant en cela avec nombre de créatures marines.

– « Saleya, – annonce le Docteur après avoir repris son souffle – je vous avoue êtrre parrticulièrrement heurreux d’avoirr conserrvé mon parrapluie et mon chapeau malgrré cette courrse aquatique. Je crrois que je vais m’étendrre quelques instants surr les galets. »

Joignant le geste à la parole, le Docteur s’allonge de tout son long sur la plage. Bien que le Soleil soit encore bas, le matinée est déjà chaude. Profitant du silence de sa compagne, le Seigneur du Temps poursuit son monologue.

– « Savez-vous, Saleya, que dans quelques siècles, des milliers de visiteurrs déferrleront surr ces plages ? Ce serra la grrande mode des bains de merr sur la Côte d’Azurr. Mais vous ne l’appelez pas encorre comme ça, non ? »

– « Je crois, Docteur, que je ne connaîtrais pas ces temps-là. » sourit Saleya.

– « Foutaises ! Vous êtes une Silurrienne, votrre longévité dépasse de beaucoup celle des humains ! »

Saleya s’effondre alors. D’un bon, le Docteur se retrouve à ses côté. Son air joyeux le quitte soudain lorsqu’il remarque la sang maculant les vêtements de son amie. Le visage grave, le Gallifreyen ferme une dernière fois les yeux de la Silurienne et, sans un mot, se dirige vers les remparts de la ville. Soudain, il entend au loin le tumulte d’un affrontement.

– « L’assaut ! L’assaut du rremparrt norrd se dérroule maintenant ! Sans moi ! Je vais rrater Catarrina Segurrana ! »

***

Tandis que le Docteur prend le pas de course, la bataille fait rage du côté de la tour Sincaïre. Les bannières de chaque faction claquent aux vents. Le lys français et le croissant turc contre l’aigle niçois et la croix savoyarde. Matieu Badat, à la tête de ses hommes, combat aux sommet des remparts. S’armant d’une longue perche, il repousse une échelle de siège et, hurlant un tonitruant « Vaï ti pica lou Palhoun ! » envoie une grappe de soldats français et turcs dégringoler au bas de la muraille. Justement là où est installée une drôle de cabine bleue.

A l’intérieur de la tour, Ace enrage. Les ordres de Matieu sont clairs: elle doit rester sous bonne garde pour sa propre sécurité. Jouan partage d’ailleurs l’avis de son aîné et tente de lui changer les idées. Sortant de sa bourse une pièce percée et une mince bande de papier, il propose:

– « Nous pourrions jouer au pilou, vous connaissez ? C’est un jeu d’argent qui vous coûte pas un franc. »

La porte s’ouvre soudain et apparaît Doumenègue, une épée ensanglantée à la main.

– « La situation devient intenable. Il faut immédiatement envoyer un message à Andrea Doria, dans la ville haute ! Il nous faut des renforts sur le champs sans quoi nous ne tiendrons pas ! »

D’un bond, Jouan se lève:

– « Je m’en charge ! »

Profitant de ce que personne ne fait attention à elle, Ace se jette à l’extérieur, bousculant Doumenègue au passage, et gravit les remparts. Jouan tente de la rattraper mais Doumenègue l’arrête.

– « On a besoin de toutes les bonnes volontés, là-haut. La fille cogne dur, j’en sais quelque chose ! Vous, filez alerter le condottiere ! »

Les troupes franco-turques se montrent de plus en plus hardies tandis que les défenseurs niçois faiblissent. Matieu Badat se démène comme un beau diable, frappant d’estoc et de taille. Un colosse brandissant une bannière rouge frappée d’un croissant d’or prend pied sur les remparts. De sa seconde main, il manie un énorme cimeterre dont les moulinets font des ravages dans les rangs niçois. Hurlant  de rage, le capitaine Badat tente de l’atteindre mais ne parvient à se dégager de la mêlée qui l’oppose aux hommes d’armes du chevalier d’Aulx. Soudain, une silhouette jaillie d’on ne sait où se jette dans la bataille. Bondissant à travers les combattants et faisant tournoyer sa « batte de bazebole », une jeune fille se rue sur le porte-étendard turc en lançant son crie de guerre:

– « Aaaaaaaaaaaaaaaaace !!!! »

La batte frappe l’homme en pleine tête. Voyant trente-six chandelles danser devant ses yeux, le malabar lâche sa bannière et s’écroule sans connaissance. Ramassant la hampe de l’étendard devant la foule médusée des combattants, Ace la brise sur son genou et la lance au bas des remparts. Aussitôt, l’espoir revient dans le cœur des assiégés qui redoublent d’énergie. Matieu Badat inflige même une magistrale déculottée au chevalier d’Aulx qui déguerpit sans demander son reste. Bientôt, l’assaut est repoussé. Français et Turcs regagnent leurs campement dans le plus grand désordre tandis que les Niçois laissent éclater leur joie, Matieu et Doumenègue portant Ace en triomphe sur leurs épaules. C’est à ce moment que surgit le Docteur, quelque peu essoufflé par sa course, mais radieux de voir Ace saine et sauve.

– « Pourr fêter cette belle victoirre – lance le Docteur à la cantonnade – chantons tous en chœurrs votrre hymne !

O la miéu bella Nissa

Rregina de li flou

Li tiéu… »

S’apercevant qu’il est le seul à chanter et le centre de regards interloqués, il bredouille:

– « Hmm… Peut-êtrre bien qu’elle n’a pas encorre été écrrite, mais vos déscendants la connaîtrrons tous… »

Le condottiere Andrea Doria arrive alors, à la tête d’une véritable petite armée et accompagné de Jouan Badat.

– « Eh bien ? Où sont donc ses terribles guerriers qui manquent de faire tomber la ville basse ? »

Matieu s’avance.

– « Ils ont été repoussés, condottiere. Et c’est grâce au courage de cette jeune fille. »

– « Et de sa batte de bazebole. » précise Doumenègue.

– « Et comment s’appelle notre jeune et charmante sauveuse ? » s’incline Doria.

Ace ouvre la bouche mais le Docteur s’interpose.

– « Catarrina Segurrana – avant d’ajouter entre ses dents, à Ace – Ne va surrtout pas me chambouler l’Histoirre ! »

***

Plus tard dans la journée, Ace et le Docteur, devant le TARDIS, font leurs adieux aux frères Badat. Jouan et Matieu ne manquent pas de s’interroger lorsqu’ils voient les deux compagnons pénétrer dans cette curieuse cabine, interrogation qui se mue en stupéfaction lorsque celle-ci disparaît sous leurs yeux.

– « C’est… C’est incroyable ! »

– « Tu sais quoi, petit frère ? Tu ne devrais pas parler d’eux dans tes chroniques. On t’accuserai de raconter des cagades. »

***

Dans la salle de contrôle du TARDIS, Ace a revêtu sa tenue habituelle tandis que le Docteur s’affaire autour de la console.

– « Il y a encore quelque chose que je ne comprends pas, Professeur. Pourquoi courriez-vous après ce moine ? »

– « C’est une vieille connaissance, Ace. Un Seigneurr du Temps, tout comme moi, mais qui a choisit une toute autrre voie. Mais – sa figure s’illumine d’un large sourire alors qu’il tire de sa poche un curieux objet métallique  – je lui ai rréserrvé une petite surrprrise… »

***

Un confessionnal dérive dans l’espace. A son bord, le Moine et Miss Tibbs, leurs manches retroussées jusqu’aux coudes, fulminent. Le corps du Seigneur du Temps est à moitié enfoui dans la console du TARDIS dont les panneaux ont été soulevés pour permettre d’accéder à la machinerie. Il en ressort couvert de camboui.

– « Du sucre dans le système de propulsion ! Ce que c’est petit, Docteur ! Ce que cela peut-être mesquin ! Foi de Moine, je te réserve un chien de ma chienne ! »

***

Notes: Afin de faire plus « couleur locale » les noms propres ont été retranscrit en langue niçoise (le Nissart), à l’exception notable de la ville elle-même. Ainsi, le personnage de Catarina Segurana est plus connu sous son nom francisé de Catherine Ségurane. Jean est Matthieu Badat, le premier historien, le second capitaine, sont également des personnages authentiques, quoique je n’ai trouvé nulle mention d’un lien de famille, cette fraternité est donc une invention de ma part. Pour les passionnés d’Histoire, sachez que malgré l’épisode héroïque raconté ici, la ville basse finira par capituler le 22 Août mais la garnison refusant de se rendre, le siège se poursuivit  autour de la citadelle, perchée sur sa colline. Le 7 septembre 1543 arriva l’armée de secours, commandée par le duc Charles de Savoie (nommé Charles II ou Charles III selon les sources), qui décida les assiégeants à lever le camp. Pour en savoir plus, vous pouvez jeter un coup d’œil ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_Nice_(1543) et aussi là: http://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_S%C3%A9gurane

Les boulets du siège existent toujours, et on en trouve encore aujourd’hui à plusieurs endroits de la ville, comme ici: http://www.nicerendezvous.com/car/images/stories/visite/nice-boulet-turc.jpg

Enfin, pour ceux qui aime finir en chanson: http://www.youtube.com/watch?v=15oZvZtsYYw

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KathWho (fanart)

Sevenpuppets

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Manon Whovian (fanart)

SEVEN

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Umanimo (fan-art)

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Comme vous l’avez remarquer… il n’y a pas encore de sujet pour la semaine prochaine. Cela arrivera d’ici ce soir…

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Artisons #25 : « Spécial 7ème Docteur »

Voici les résultats pour l’artisons « Journal » (ou journaux…) 🙂 merci de votre participation…

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KathWho (fan-art)

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Laureline (montage)

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Umanimo (texte)

Le Moine

25 août 1066 :

Maudit sois-tu, Docteur ! Coincé dans ce trou à rats, avec des péquenots humains, et la menace des Vikings qui pointe à l’horizon.

J’essaye d’atteindre le circuit transdimentionnel de mon TARDIS depuis hier. En vain. Les offrandes quotidiennes de ces primitifs ont peut-être un peu trop tenté mon appétit.

26 août 1066 :

Les paysans sont venus me voir. Ils veulent que je prie pour écarter l’invasion. Heureusement, ces imbéciles superstitieux ont encore un peu de respect pour moi et continuent de m’apporter à manger. Ce qui est fort ennuyeux dans un sens. Je dois maigrir.

27 août 1066 :

Finalement, j’ai fait appel à un de leurs enfants pour se glisser sous la console, et démonter le circuit transdimentionnel. Je vois ce qui ne va pas. Ce maudit Docteur – comme le diraient leurs femmes : qu’il pourrisse en Enfer, lui et ses descendant, jusqu’à la centième génération – a fait disparaître une pièce essentielle. Comment la remplacer ?

28 août 1066 :

On a vu les Vikings aujourd’hui, mais le mauvais temps a renvoyé la flotte du roi Harald vers l’est. La peur a fait fuir une partie de la population. Les autres sont restés, mais je n’ai pas trouvé parmi eux de bon forgeron pour me fabriquer la pièce qui me manque. Les métaux qu’ils utilisent ne sont pas adaptés, mais ça devraient tenir au moins jusqu’à une planète plus civilisée.

29 août 1066 :

Me voilà sur les routes. Mon objectif : un forgeron ou au moins une forge.

30 août 1066 :

Les Vikings ont fini par débarquer sur les côtes. Je suis sans arrêt dépassé par des fuyards affolés, certains blessés, racontant d’horribles histoires. Docteur ! Je te poursuivrais jusqu’aux confins de l’univers pour les journées que tu m’obliges à vivre dans ce temps et ce lieu barbare !

31 août 1066 :

Je me suis caché tout le jour et la nuit dans une grange en ruine. J’ai entendu passer les envahisseurs. Ils sont particulièrement bruyants. Rien ne pourra leur résister ici. Surtout pas ces paysans qui n’ont plus grand-chose de guerriers.

1er septembre 1066 :

J’ai atteints un village un peu plus important. Il est déjà ravagé par les Normans, mais j’ai enfin trouvé ce que je voulais. Pas le forgeron, mais la forge. Et mieux encore que cela, le cadavre d’un Viking. Je me suis revêtu de ses hardes – un peu trop grandes – et j’ai commencé mon travail, sûr de ne pas être dérangé. Les gens d’ici sont tellement froussards, qu’ils n’oseront pas m’approcher.

6 septembre 1066 :

Je l’ai échappé belle ! Les indigènes ne sont pas si couards que ce que je pensais. Ils sont revenus, après s’être cachés dans les bois, et m’ont trouvé au moment où je finissais ma pièce. J’ai eu du mal à les convaincre que mon déguisement n’était destiné qu’à tromper l’ennemi. Certaines lames sont passées un peu trop près de mon cou. Docteur, je te revaudrais ça !

Je leur ai fait croire que je travaillais à fabriquer un sortilège. Quelques étincelles, un peu de fumée bleue, et ils me regardaient comme un grand enchanteur. Maintenant, je dois leur fausser compagnie et revenir à mon TARDIS.

7 septembre 1066 :

Une deuxième vague d’envahisseurs Vikings a mis le pays à feu et à sang. J’ai dû suivre les villageois dans leur refuge, une grotte humide au fond d’un hallier. J’en ai assez des repas mangés froids, parce qu’on ne peut pas faire du feu, et les températures commencent à devenir désagréables.

8 septembre 1066 :

J’ai profité d’une bataille pour mettre les voiles. Ça se tapait dans tous les coins. Je me faufilais et je suis passé entre les coups. Le chemin de retour promet d’être ardu.

13 septembre 1066 :

Retrouvé TARDIS. Mis le circuit en place – utile de maigrir. Pas fonctionné. Verrai demain. Épuisé.

14 septembre 1066 :

Je me fais aussi discret que possible dans le monastère. Plus question de chants religieux ou autre. Les Vikings tiennent le pays, et pourraient me faire un mauvais sort s’ils me découvrent. Le problème vient de la nourriture. Heureusement que les Seigneurs du Temps peuvent tenir longtemps sans alimentation.

Dans la pièce que j’ai fabriquée, ce sont les métaux qui ne sont pas adaptés. Le cuivre est bien trop souple. Mais je vais sûrement y arriver !

15 septembre 1066 :

Depuis hier, je n’ai pas vu un seul envahisseur. Ils sont partis plus au sud. Ayant ravagé la contrée, elle ne les intéresse plus. J’ai risqué un œil à l’extérieur et je suis allé jusqu’au village. J’ai trouvé des outils en bronze dans une des maisons. J’essaye de remplacer le morceau défectueux. Très difficile sans forge pour fondre le métal.

16 septembre 1066 :

Je n’ai pas progressé.

17 septembre 1066 :

D’autres gens ont emménagé dans les maisons, vides de leurs premiers occupants. J’ai revêtu mon habit de moine et je suis allé les voir. Ils sont chrétiens et m’ont fait bon accueil, bien qu’un peu méfiant. J’ai usé de toute mon adresse naturelle à la comédie pour les convaincre.

J’ai demandé si quelqu’un savait travailler le bronze. Un très vieux bougre m’a répondu que oui. Ce n’était pas son métier, mais il fabriquait et réparait souvent les outils sur un simple feu de camp. Je lui ai montré la pièce en cuivre et lui ai fait comprendre qu’il me fallait la même en bronze… pour créer un sort qui éloignerait les Vikings. Je ne sais pas s’il m’a cru. Il avait l’air plus intelligent que les imbéciles superstitieux qui peuplent le pays.

18 septembre 1066 :

Victoire ! Et bientôt : à nous deux, Docteur ! Le vieux m’a ramené la pièce manquante. Pour le remercier, je l’ai béni, lui et toute sa famille. Ça a eu l’air de le satisfaire. Ça marche ! Mon TARDIS a repris sa dimension transcendantale intérieure. Je vais pouvoir repartir de cette maudite planète. Du moins jusqu’à un monde où je pourrais faire refaire mon circuit dans de meilleures conditions.

Mais je n’en ai pas fini avec toi, Docteur. Je te réserve un chien de ma chienne. Un jour, je te retrouverai et alors…

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 7 septembre a 20h00 🙂  (pour la France. Au Quebec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) A envoyer à : romanatrelundarIV@gmail.com

Pour la semaine prochaine, le thème est:

« Spécial 7ème Docteur »

Pourquoi? car nous allons tenter d’éditer un petit fascicule que je remettrais à Sylvester McCoy lors de la prochaine convention (la FACTS) belge avec les anciens artisons et pour remplir… Si possible, si vous avez l’optique de vous y trouver, évitez les vidéos et gifs, car on ne peut pas (encore) les imprimer chez les moldus.

Je contacterais personnellement chaque auteur des anciens artisons à propos de Seven, pour avoir son accord.

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Artisons hors série « Surprise pour l’anniversaire de Marie »

Je ne m’y attendais pas du tout… Mais en ce 25 septembre, j’ai reçu de nombreuses participations à un artisons que je n’avait pas demandé… Etrange! surprise! J’ai également eu un super document google qui me fait pleurer!

Merci… pour ce 23ème anniversaire ❤

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Amane (badge que je recevrais, parait-il, bientôt)

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Bea Leuleu (fanart)

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Florent F. (Montage et planche BD)

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(pour le détail: Florent a dessiné de manière très fidèle les rues de ma ville!)

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Kathwho (fanart)

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Laureline (montage… et une bonne après midi!)

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Lulu ‘rbex (une pince rainbow dalek love!)

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Sébastien F. (texte, cross-over avec Picsou – et une histoire en particulier: « une lettre de la maison », de Don Rosa)

Donaldville, Calisota. Sept heures du matin. Comme chaque jour, la ville entière se réveil au même moment. La ville entière ? Pas exactement. Il existe une personne qui se lève avant les autres. Il existe une personne qui se couche après les autres. Cette personne a bâti Donaldville de ses propres mains, et malgré ce qu’il a beau dire, il tient à cette ville. Il n’ose pas le dire, car il a peur que ses ennemis – notamment Flairsou et Gripsou – pensent qu’il se ramollit. Ce qui est faux.

Picsou ne se ramollit pas, non. Cependant, il évolue. Il change. Depuis son retour d’Ecosse avec Donald, Riri, Fifi et Loulou, Picsou a énormément changé. La lettre de son père lui a fait beaucoup de bien. Mais il ne sait pas comment se comporter. S’il veut que son empire financier reste aussi grand qu’il ne l’est actuellement, il doit rester le même qu’il était avant. Mais le fait est qu’il ne l’est plus. Le fait est qu’il a compris que la personne qu’il était avant n’était pas le vrai Picsou, il n’était pas le Balthazar McPicsou qui a laissé une opale aborigène qui aurait pu le rendre riche. A présent, il ressent plus de choses. Il ressent l’amour, à nouveau. Un amour ancien, celui de Goldie, mais aussi un amour nouveau, celui de sa famille. De ses neveux et petits-neveux, de sa sœur, et de ses parents. Il avait toujours aimé ses parents, mais il les avait oubliés. A présent, il pense à eux tous les jours. A présent, il souhaiterait leurs avoir dit au revoir correctement. Aujourd’hui, il regrette.

C’est ce à quoi pensait Picsou ce jour-là, à sept heures du matin, alors que toute la ville – sa ville – se levait. Il souhaitait avoir une seconde chance. Il souhaitait qu’un miracle se produise. Mais il savait que c’était impossible.

Il entendit Miss Frappe arriver, se poser devant son bureau et commencer à travailler. Il ne lui avait jamais dit, mais Picsou était très satisfait de son travail. Elle arrivait à le supporter, à supporter ses crises égocentriques, sans jamais râler. Elle faisait son travail, c’est tout.

Dix heures du matin. La feuille de compte que Picsou devait remplir a gardé le même teint immaculé que lorsqu’il était arrivé, trois heures plus tôt. « Ce n’est pas une journée pour travailler » pensa le canard le plus riche du monde. Il se leva, prit sa canne, son haut de forme et sorti de son bureau en murmurant dans sa barbe, puis sorti de son coffre. Cependant, Miss Frappe avait entendu – ou crut entendre, car elle n’en revenait pas – ce que son patron venait de dire. « Merci pour tout Miss Frappe ». Tandis que l’homme au 30m3 d’argent sortait du bureau, sa secrétaire le regarda par la fenêtre, en se demandant ce qu’il s’était passé en Ecosse pour que celui qui ne l’avait jamais remercié pour quoi que ce soit lui reconnaisse un peu de gratitude après toutes ces année.

Tandis qu’il marchait dans le parc, à l’ombre de l’immense statue de Cornélius Ecoutum, Picsou repassait encore et encore la lettre de son père dans sa tête. Les mauvaises langues diront que, ce jour-là, comme à son habitude, il pensait à ses comptes, aux impôts, à son argent. Mais elles auront tort. Elles ne pourront pas comprendre. Une personne cependant comprendrait. Une personne que ni Picsou, ni aucun habitant de Donaldville ne connaisse, mais qui, pourtant, est connu dans toutes les galaxies. Cet homme donne de l’espoir aux gens, il les rend meilleur. Et ce jour-là, cet homme aux grands cœurs se trouvait dans ce même parc, à l’ombre de cette même statue, à regarder ce canard qui marchait, l’air grave. Mais cet homme savait que le canard ne pensait pas à son argent. Il lisait dans ses yeux qu’il avait des problèmes bien plus grave que des problèmes d’argent. Une vieille chanson nordique dit « Ne soit jamais dans la détresse par manque d’argent ». L’homme à la boîte bleue voyait la détresse dans ses yeux, pas par manque d’argent, mais par manque de quelque chose de plus précieux. L’amour.

Il se dirigea alors vers lui, lui parla à l’oreille et l’emmena dans son étrange boîte. Et ils se rendirent alors en Ecosse, avant la mort de Fergus McPicsou et de Edith O’Drake. A leur retour, dans ce même parc, à l’ombre de cette même statue, le canard le plus riche du monde sortit, le sourire au bec. Cependant, ce n’était pas son coffre remplie de pièce qui le rendait aussi riche. Tous ses trésors, toutes ses sociétés, tous ses puits de pétrole ne lui importaient guère à présent. S’il était heureux à présent, c’était grâce à une seule chose ; Balthazar McPicsou a pu dire au revoir à ses parents.

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Umanimo (Fan-art, cross-over avec les Annales du Disque-Monde)

LaMort-et-LeMaitre

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J’en suis encore toute émue… merci ❤

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