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Artisons #39 : « Sontarans »

Les signes dans le ciel me disent que nous avons eu de bonnes participations à l’Artisons « Zodiaque ». En voici donc le résultat. Pour la semaine prochaine, nous attendons de pied ferme les Sontariens, un des ennemis récurrents du Docteur.

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Florent Fayolle (Texte)

« Hue, Chrysomallos ! Plus vite !

– Eh oh ! Je fais ce que je peux moi ! »

Obéissant à l’ordre de Zeus lui commandant de voler au secours de Phrixos et Hellé, menacés par leur belle-mère Ino (puisqu’il est de notoriété publique que les belles-mères recherchent la perte de leurs beaux-enfants), le bélier volant Chrysomallos bougonne. Le frère et la sœur, agrippés à son pelage doré, pèsent leur poids. De plus, le vent de face soufflant sur la Mer Noire ne cesse de lui envoyer des giclées d’eau salée sur le museau. En effet, ces messieurs-dames souffrant du vertige, il est contraint de voler à quelques centimètres au-dessus de l’eau. Il s’ébroue pour dégager les mèches trempées lui retombant sur les yeux lorsqu’un obstacle imprévu se dresse devant lui. Qu’est-ce donc que cette cabine bleue sortie de nulle part, semblant flotter à la surface ? Lancé à pleine vitesse, Chrysomallos tente d’éviter la collision. En vain. Le choc est terrible ! Le bélier se retrouve propulsé dans les airs, Phrixos fermement cramponné à sa laine, tandis qu’Hellé tombe à l’eau. Il apparaît très clairement que la jeune fille ne sait pas nager lorsqu’elle sombre corps et bien.

À ce moment, la porte de l’étrange cabine s’ouvre. Un vieil homme aux longs cheveux blancs risque un regard au dehors.

« Tu te trompes, mon enfant, il n’y a rien à l’extérieur.

– Je vous assure grand-père, il m’a bien semblé ressentir un choc. »

***

Jamie et Victoria sont les premiers à sortir du TARDIS. Cette fois-ci, aucun doute, ils sont bien sur Terre.

« En Sicile – précise le Docteur – au VIème Siècle avant J.C. »

Tout de suite, l’attention des trois compagnons est attirée par d’horribles cris. Homme, bête ou envahisseur extra-terrestre ? Il semble bien difficile de le dire. Une foule compacte se masse autour de l’origine des hurlements. Jouant des coudes, ils se frayent un chemin jusqu’au premier rang pour découvrir un immense taureau de métal, posé au-dessus d’un brasier le chauffant à blanc. C’est de cette statue que proviennent ces plaintes déchirantes.

« Qu’est-ce que c’est, Docteur ? Comment ce truc en fer peut-il mugir ? »

Le visage du Docteur s’est soudain assombrit. Il lutte visiblement pour contenir ses larmes.

« Le taureau est creux, Jamie. Ce que nous entendons, ce sont les hurlements d’un supplicié… »

***

Les deux jeunes hommes avancent à pas prudents dans l’antique forteresse. Le maître des lieux s’est certes absenté pour une virée aux Enfers, il n’empêche que l’endroit fourmille sans nul doute de gardes. Il ne sera pas facile de libérer leur sœur, la belle Hélène, enlevée par le légendaire Thésée.

« Passe devant, Pollux. Je couvrirai nos arrières.

– Et pourquoi serait-ce à moi de m’exposer le premier aux dangers, Castor ?

– Parce que tu es immortel, pardi ! Moi je n’ai pas la chance d’être fils de Zeus ! »

Pollux allait répliquer lorsque les bruits d’une cavalcade dans les couloirs se firent entendre. Les demi-jumeaux* tirent leur glaives, guettant l’arrivée des soldats. Soudain jaillit devant eux un homme tout de noir vêtu, aux sourcils épais et au bouc poivre et sel, courant éperdument et les bousculant au passage, sans même un « pardon ». Castor et Pollux se regardent, interloqués, lorsqu’un second personnage fait son apparition. Coursant visiblement le précédent, ce nouveau venu, à la tignasse blanche, porte une veste rouge et une cape flottant derrière lui. Après avoir à son tour bousculé les deux frères, il se retourne pour les saluer en un semblant de révérence avant de poursuivre sa course. Une jeune femme blonde fait alors son apparition, leur adresse un sourire timide avant de partir à la suite des deux hommes.

« Docteur, attendez-moi ! »

* Demi-jumeaux ? Qu’est-ce que c’est que ça ? C’est bien simple : Zeus, qui est un chaud lapin, s’enticha un jour de Léda, la femme de Tyndare, roi de Sparte. Afin de la séduire, le roi des Dieux, qui malgré sa position sociale semble manquer de confiance en lui, décide de se métamorphoser en cygne (nous noterons que Zeus séduit beaucoup en se métamorphosant). Après avoir fricoté avec le divin volatile, Léda pond deux œufs, l’un engendré par Zeus, le second par Tyndare. Du premier naquirent Pollux et Hélène, du second Castor et Clytemnestre.

***

Cela fait plusieurs jours que le Docteur bricole sans discontinuer, penché sur une table de travail installée dans un coin de la salle de commande du TARDIS.

« Allez-vous enfin m’expliquer ? » s’impatiente Sarah Jane.

Le Docteur lève un instant la tête de son fouillis électrique. Il porte d’énormes lunettes, dont la journaliste ne saisit pas bien l’utilité, lui donnant l’aspect d’un insecte. Pour toute réponse, le Docteur se contente de tendre la main en réclamant un Jelly Baby orange. Sarah s’exécute en soupirant, tandis que le Docteur met la touche finale à sa création.

« Et voilà ! Qu’en dites-vous ? Il est beau, non ? »

Le Seigneur du Temps brandit triomphalement un petit robot ressemblant à un crabe. Avec ça, affirme-t-il, il pourra s’adonner à l’observation animalière.

« Une créature extrêmement rare habite ici, en Argolide. Grâce à mon ingénieuse invention, nous allons pouvoir l’observer à loisir, sans que notre présence ne vienne la perturber. »

Face à un écran retransmettant en temps réel la « vision » du crabe-robot, le Docteur, une manette à la main, dirige les pas de sa création. Bientôt, une créature reptilienne apparaît sur l’écran. Un immense monstre serpentaire doté de multiples têtes.

« N’avez-vous jamais vu plus merveilleuse création de la Nature, Sarah Jane ? Il est même possible qu’elle soit la dernière de son espèce. Nous avons une chance inouïe !

– Dites, Docteur… J’ai l’impression que quelqu’un ne partage pas votre fascination pour cette merveilleuse création de la Nature… »

En effet, un homme à la musculature herculéenne, armé d’un large glaive, combat rageusement le serpent polycéphale. Son combat semble voué à l’échec car, pour chaque tête tranchée, deux autres repoussent. Il n’empêche que le Docteur ne peut s’empêcher de prêter main-forte à la bête.

« Ne vous inquiétez pas, Sarah Jane, mon robot-crabe va détourner l’attention de cette brute en lui pinçant les guibolles. »

L’homme ne semble guère goûter la plaisanterie. Au premier coup de pince, il lance un regard noir au crabe. La dernière image transmise par l’écran est un talon s’écrasant rageusement sur le robot.

***

« Regardez, mes amis… N’avez-vous jamais vu plus merveilleuse création de la Nature ? »

Embusqués derrière des rochers, le Docteur, Adric, Nyssa et Tegan observent un lion énorme, paresseusement étendu à l’entrée de sa tanière, ses griffes acérées brillant à la lumière des étoiles. Nyssa tend soudain l’index.

« Docteur, regardez ! »

Un homme avance farouchement vers le lion et le visage du Docteur se décompose immédiatement.

« Oh non ! Encore lui !? »

L’homme, celui-là même qui bien des années plus tôt avait détruit son robot-crabe flambant neuf, se jette sur le fauve et, sous les mines consternées des quatre voyageurs, l’étouffe sans autre forme de procès !

***

Un pingouin gambade joyeusement sur le mont Olympe, tandis qu’un homme vêtu d’un incroyable manteau multicolore monologue face à une jeune fille le fixant de ses grands yeux perplexes.

« Mademoiselle Astrée, en tant que déesse de la Justice, vous serez bien d’accord avec moi : lors d’un procès, il est impensable que l’accusé et son accusateur soient une seule et même personne. Aussi, après avoir découvert que le Valeyard n’était autre que moi même, mais dans le futur, j’étais bel et bien dans mon bon droit en exigeant l’annulation de l’ensemble de la procédure judiciaire. D’autant plus que ce tricheur avait contrevenu à toutes les règles en falsifiant les images d’une aventure qui ne m’étais pas encore arrivée.

– Je ne vous suis pas très bien Docteur… Souffririez-vous d’une forme de dédoublement de personnalité ?

– Mais pas du tout… Frobisher, peux-tu lui expliquer ? »

Astrée s’éloigne lentement à reculons de son interlocuteur.

« Vous parlez à… un pingouin ? … Je crois que je ferai mieux d’y aller…

– Attendez, ne partez p… ! »

Mais il est trop tard, la jeune déesse, fille de Zeus et de Thémis, a déjà pris la poudre d’escampette. Frobisher remarque alors un objet à l’éclat métallique.

« Regardez, Docteur… On dirait qu’elle a oublié ceci. »

***

Les sourcils froncés, Ace pèse méticuleusement ses différentes fioles. Acide sulfurique, acide nitrique, glycérol… Les flacons et les poids se succèdent sur les plateaux cuivrés d’une antique balance. La moindre erreur pourrait avoir des conséquences fâcheuses. Pendant que la jeune femme se concentre sur ses dosages, le Docteur lui fait la conversation, sans remarquer les regards agacés de sa compagne d’aventures.

« T’ai-je déjà dit, Ace, comment je suis entrré en possession de cette balance ? C’était bien avant notrre rrencontrre, du temps de ma prrécédente incarrnation. J’étais en compagnie de la déesse Astrrée lorrsqu’elle prit soudainement la fuite. Je crrois qu’elle était un peu zinzin. Dans sa prrécipitation, elle a même oublié sa balance. Je l’ai rrécupérée – dans le but de la lui rrendrre, tu me connais – mais ne l’ai jamais rrevue. »

Le ciel s’obscurcit brusquement, se couvrant de nuages noirs, et la foudre s’abat à quelques mètres d’eux. Ace sursaute, manquant de renverser ses flacons et évitant de justesse une catastrophe. Une voix venue des cieux tonne:

« DOCTEUR, JE CROIS QUE VOUS AVEZ QUELQUE CHOSE APPARTENANT À MA FILLE !!!

– Ace… Je crois que nous ferions bien de retourner au TARDIS… et de laisser la balance ici. »

***

N’eût été l’urgence de la situation, Charley aurait éclaté de rire en voyant le Docteur coiffé de cet étrange casque, pourvu de deux verres globuleux en guise de visière et surmonté d’antennes, de paraboles tournoyantes et d’ampoules clignotantes. Un enchevêtrement de câbles relie le couvre-chef à une espèce de grosse télécommande bardée de cadrans, d’écrans et de jauges. L’ensemble de l’attirail émet un bip-bip-bip perpétuel hautement agaçant.

« Alors, c’est avec cette… chose que vous allez retrouver le monstre ?

– Tout à fait, encore que je n’aime pas le terme de monstre qui me paraît dégradant. Il s’agit d’un khãzstramirdiløpossilimagohodon pourpre à grande crête de la planète Varos. Nous allons le localiser et le ramener dans son monde avant que… »

Le Docteur est interrompu par un terrible grognement et une créature reptilienne aux écailles rouges jaillit de la forêt, déracinant un arbre sur son passage. Le moment est venu pour le Docteur de prononcer sa formule magique:

« Cours ! »

Les deux voyageurs prennent leurs jambes à leurs cous, poursuivis par le khãzstramirdiløpossilimagohodon pourpre à grande crête les dominant du haut de ses six mètres. Charley allait faire une remarque sur l’absence de plan de son compagnon lorsqu’apparaît devant eux un géant. Haut comme deux hommes, le nouveau venu bande son arc, dans lequel il a encoché une flèche de la taille d’une lance de cavalerie. Un claquement de corde plus tard et la créature s’effondre, le cerveau transpercé de part en part.

« Joli coup – félicite le Docteur -, quoiqu’un peu violent à mon goût. Vous savez, j’ai un jour rencontré Guillaume Tell et… »

Charley l’interrompt.

« Merci de votre intervention. Ce monstre – froncement de sourcils réprobateur du Docteur – allait nous dévorer. »

Le géant affiche un large sourire satisfait.

« Vous avez eu de la chance de tomber sur Orion, car je suis le plus grand chasseur que le monde ai porté et portera jamais. J’ai chassé et tué les animaux les plus gros, les plus terrifiants et les plus dangereux de la Colchide à l’Armorique et de la Dacie à la Cyrénaïque. Artémis elle-même ne peut en dire autant ! Ouille… »

Orion s’effondre soudain, manquant d’écraser Charley et le Docteur sous son poids, tandis qu’un petit scorpion s’éloigne en sifflotant, ni vu ni connu.

***

« Achille.

– Présent, M’sieur. »

Le centaure jette un regard sévère au jeune Myrmidon.

« On dit professeur.

– Pardon, M’sieur… euh… Professeur… »

Le professeur secoue la tête en soupirant et poursuit l’appel.

« Actéon.

– Présent.

– Aristée.

– Présent. »

Une quinzaine d’élèves, parmi lesquels pas mal de demi-dieux, suivent avec plus ou moins d’assiduité ses cours d’héroïsme. Car comme chacun sait, on ne devient pas un héros grec en claquant des doigts. Il y a Achille, la forte tête ; Héraclès, le bagarreur ; Ulysse, le premier de la classe…

Tout en gravant l’intitulé de la leçon du jour sur le tableau de marbre, le centaure débute son cours:

« Aujourd’hui, les enfants, nous étudierons les hydres et surtout, comment les combattre. Car il est bien peu commode de vaincre un adversaire capable de se…

– … régénérer. »

Le professeur se retourne, ses sabots martelant l’estrade. Comment n’avait-il pas remarqué cet homme, assis comme si de rien était au beau milieu des élèves, entre Jason et Patrocle ? Les cheveux brun coupés court, vêtu d’une veste en cuir, l’homme le regarde d’un air joyeux, souriant jusqu’aux oreilles (qu’il a fort grandes).

« Qui êtes vous ? Et de quel droit venez-vous perturber ma classe ?

– Je vois que vous n’avez pas été prévenu de mon arrivée – il sort de sa poche un porte-carte qu’il présente au centaure – Je suis l’inspecteur d’académie. Mais je vous en prie, poursuivez votre cours, professeur Chiron. »

Chiron éclate de rire.

« Du papier psychique ! Vous avez bien failli m’avoir, Docteur ! Ainsi vous vous êtes encore régénéré ? »

***

Le Docteur a tout juste le temps de claquer la porte du TARDIS, sur lequel s’écrase une pluie de projectiles.

« Pfff ! C’était moins une ! Martha, vous êtes-vous occupé de notre invité ?

– Il barbotte dans la piscine. Il lui faut un abri, où allez-vous le conduire ?

– Un endroit calme, avec beaucoup d’eau. C’est tout ce qu’il faut à un Sukhurmashu. Et je connais l’endroit parfait: la planète Terre ! »

Martha esquisse une grimace dubitative.

« La Terre ? Vous êtes sûr, Docteur ?

– Et pas n’importe quel endroit. L’île Bouvet, dans l’Atlantique Sud. L’île la plus isolée au monde, distante de 1600 km de la terre la plus proche. Allons-y ! »

Après que le Docteur a actionné une série de manettes et de boutons, la colonne centrale du poste de commende du TARDIS se met en branle, emportant le vaisseau dans le vortex spatio-temporel. Bientôt, le vaisseau se matérialise. Il est temps de libérer le Sukhurmashu, créature affectueuse mais quelque peu envahissante, mi-bouc mi-poisson. Sitôt les portes du vaisseau ouvertes, l’animal se précipite à l’extérieur, gambadant sur le sable doré avant de se jeter dans l’eau d’une rivière… sous les yeux effarés d’un adolescent monté sur un âne, qui ne tarde pas à fuir au galop. Le Docteur semble soucieux.

« Je ne comprends pas… L’île Bouvet est pourtant réputée être inhabitée et couverte de glaces… Bah, tant pis. »

Ses portes refermées, le TARDIS disparaît bruyamment des rives de l’Euphrate.

***

Comme bien souvent, le Docteur et les Pond sont en plein pique-nique. Il faut dire que le Docteur, dans sa onzième incarnation, est particulièrement friand de pique-niques.

« Les pique-niques, c’est cool. » se plait-il à rappeler à ses compagnons.

Cédant à la pression d’Amy et du Docteur, Rory a une fois de plus revêtu son costume de Romain (« Les Romains, c’est cool. » et « Les Romains, c’est sexy. » lui a-t-on rappelé). Alors que le Docteur s’acharne – sans succès – à dévisser le couvercle d’un bocal de terrine de campagne sous le sourire narquois d’Amy, Rory aperçoit une silhouette fugitive.

« Regardez, là ! »

Quittant des yeux la terrine de compagne, Le Docteur et Amy regardent dans la direction indiquée, sans rien remarquer.

« Il y avait quelqu’un, je vous assure ! Un adolescent qui nous épiait. Il a disparu derrière les oliviers. Il portait une espèce de grande cruche et… et il a disparu. »

Amy s’apprête à faire une remarque spirituelle lorsqu’ils entendent des appels.

« Ganymèèèèèède ? Youhooouuu ! Où te caches-tu Ganymède ? »

Un vieillard à barbe blanche et au physique athlétique en dépit de son âge apparaît. Il semble prendre un plaisir goguenard à cette partie de cache-cache et s’approche des trois voyageurs.

« N’auriez-vous pas vu Ganymède, mon am… mon échanson ? Vous ne pouvez pas vous tromper: un jeune garçon brun terriblement sexy portant une grande amphore d’hydromel. Non ? »

Rory ouvre la bouche et Amy le fait taire d’un coup de coude fort peu discret. Le barbu se tourne vers lui.

« Peut-être voudriez-vous vous joindre à nos jeux, beau militaire…

– Non ! » réponds à sa place Amy, d’un ton qui n’admet nulle objection.

Finalement peu déçu, le vieil homme prend congé des trois compagnons et reprend sa recherche.

« Ganymèèèèdre ? Montre-toi ou je me transforme en aigle ! »

***

Assis sur un pliant face aux portes grandes ouvertes du TARDIS, le Docteur, coiffé d’un bob et chaussé de bottes en caoutchouc, pêche à la ligne. Cela fait bien deux heures maintenant qu’il est immobile, contemplant son bouchon flottant sur les flots azur de la Méditerranée, sans avoir fait la moindre prise. Clara à beau s’occuper en faisant des soufflés (ratés), elle commence à trouver le temps long. D’où vient cette brusque lubie pour la pêche ? Et combien de temps cela va-t-il durer ? Bien décidée à faire part de son impatience au Seigneur du Temps, elle se tourne vers le Docteur juste à temps pour le voir tomber à l’eau, littéralement arraché de son siège par une violente traction sur sa ligne. Elle se précipite sur le seuil du TARDIS mais ne peut que contempler, impuissante, le bob flotter sur l’eau.

Gonflant les joues, le Docteur tâche de retenir sa respiration, cramponné à sa canne-à-pêche qu’un thon de belle taille entraîne vers les profondeurs. Alors que le Docteur est sur le point de suffoquer, un second poisson fait son apparition et rejoint le premier. Tous deux semblent l’observer. La vue de Docteur se fait floue. Est-ce une hallucination ? Les formes des deux poissons changent pour devenir un jeune couple parfaitement nu (si l’on fait abstraction du carquois porté par l’homme). La femme nage jusqu’à lui et, à la grande horreur du gallifreyen, lui prodigue une ventilation artificielle – plus communément appelée bouche-à-bouche – lui donnant quelques secondes de répit, tandis que l’homme le prend fermement sous les aisselles et le hisse jusqu’à la surface. Crachant encore des giclées d’eau salée, le Docteur parvient à nager vaille-que-vaille jusqu’au TARDIS, à l’intérieur duquel une Clara paniquée le hisse. C’est toute une histoire pour convaincre le pauvre Docteur d’au moins tomber la chemise pour s’envelopper dans une serviette.

« Allez-vous me dire ce qui vous est arrivé, Docteur ?

– Je crois… Je crois bien que j’ai pêché Aphrodite… À moins que ce ne soit Eros… »

Sous l’eau, homme et femme se métamorphosent à nouveau pour retrouver leur forme d’origine : humanoïdes orange couverts de ventouses.

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Laureline (Texte et Photomontage)

Texte :

Après un atterrissage difficile, le Docteur s’était retrouvé dans un lieu étrange fait de couloirs uniquement, et rien pour les distinguer. Quelqu’un l’avais assommé par derrière, mais impossible de se souvenir qui. Il s’était retrouvé sur le sol dur et froid, heureusement libre de ses mouvements, mais incapable de retrouver son chemin.

Une voix sortie de nulle part :

« Mon cher Docteur, je voudrais savoir pourquoi tu me bât à chaque fois, alors que j’étais meilleur que toi à l’académie. Un plan adapté des expériences de la Rani a donc concocté un test d’intelligence pour toi. Tu es dans un labyrinthe, tu dois en sortir avant que ce rat que j’y ai mis n’en sorte. Par soucis d’égalité, j’ai agrandi le rat. Il y a aussi d’autres pièges.

– Encore le Maître, se dit le Docteur. Je ne débarrasserai jamais de ce pot de colle. Bon, cherchons la sortie. »

Pendant une heure, le Docteur marcha au hasard, évitant des pièges grossiers tels que des fils tendus pour le faire tomber dans des trous. La décoration était grossière : des squelettes d’animaux anormaux – sans doute des résultats d’expériences ratées. L’ambiance sonore n’était guère mieux, il entendait des grognements et des rugissements d’animaux qui lui étaient inconnus.

Lorsqu’il tomba une autre fois sur un squelette qu’il reconnu avoir déjà vu, il décida de changer de stratégie. S’il ne pouvait pas mourir de faim ou de soif aussi vite que les Humains, ce n’était pas une raison pour gaspiller son énergie. Il décida de méditer pour réfléchir à une solution, en espérant qu’un monstre rugissant du labyrinthe ne viendrait pas le déranger. Ce fut chose vaine : un minotaure passa devant lui, mais, comme le Docteur méditait et restait immobile, le minotaure ne l’avait pas vu.

« Pauvre bête, se dit il. Il faudrait que je le sorte de ce bourbier pour le ramener sur sa planète. »

Il avait trouvé une méthode pour sortir de là avant de se régénérer : découdre sa chère écharpe comme un fil d’Ariane. C’était un crève cœur pour lui. Il attacha un bout de son écharpe à un mur, et recommença sa recherche. Il croisa une bête à l’apparence féroce mais heureusement docile – il avait déjà hypnotisé une de ses congénères sur la planète Peladon. Il s’inquiéta de ne pas encore avoir croisé le rat géant du Maître. Était-ce une blague ? Ou était-il déjà sorti ? L’idée de se faire ridiculiser par un animal lui était douloureuse. Non, décidément, le Maître lui aurait dit.

Il croisa à plusieurs reprises son fil d’Ariane, lui permettant d’éviter de reprendre le même chemin, il évita aussi des pièges sophistiqués tels des rayons paralysants ou des rayons transformeurs en pierre, aussi bien que des pièges grossiers, comme des filets tombant du plafond. Quel était donc la taille de ce labyrinthe ?

Il trouva la sortie de manière soudaine. C’était une porte à peine visible d’à peine 1m50 de haut. Le Docteur fut surpris de la personne qu’il vit : la Rani. Celle-ci se faisait maintenant passer pour la Maître pour faire ses expériences sur lui. Il devrait se méfier à l’avenir. La Rani était dans un siège confortable… endormie. Sans doute, le Docteur avait-il passé beaucoup de temps pour trouver la sortie. Il passa discrètement devant elle et aperçu des TARDIS dans une salle derrière, à coté de celui de sa consœur Seigneur du Temps. Il entra dans celui de son ennemi, y enleva une pièce principale, le contrôleur de destination, ainsi la Rani ne pourrait plus lui poser de pareils pièges. Il reprit son TARDIS, qui, à son grand étonnement, se dématérialisa en silence.

NOTES de l’auteur : Le minotaure est un monstre légendaire de l’antiquité à l’apparence de taureau.

Le taureau et le rat sont mes deux signes du zodiaque (occidental et chinois).

Idées sortie de : Castrovalva, The Monster of Peladon, The Horns of Nimon.

Photomontage :

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Umanimo (Texte et Fanarts)

Texte :

Zoodiaque

« Mon cher Kl’’ï^d#, votre zoo est absolument étonnant. »

Kl’’ï^d# se rengorge et agite négligemment ses écailles de nuque.

« J’avoue être plutôt content de moi, gouverneur Wr`û~g%. Cela m’a demandé des années d’étude, et encore plus longtemps de recherche, mais le résultat est là. Que penseriez-vous d’une deuxième visite ?

– Oh volontiers, volontiers, Kl’’ï^d#. Certains spécimens ont particulièrement attirés mon attention. »

Il enroule son troisième tentacule antérieur autour du pédoncule de son œil unique. Ce qui est un signe évident de ravissement. Kl’’ï^d# sent la place de Grand Superviseur des Espèces Étrangères, qu’il vise depuis un moment, se concrétiser.

Il glisse son appendice ventral dans la serrure compliquée du jardin, et l’ouvre à nouveau. Divers bruissements et des odeurs étrangères frappent leurs récepteurs sensoriels.

L’établissement est divisé en autant de cases qu’il y a d’espèces, et chacune offre à son occupant le milieu idéal pour lui permettre de prospérer.

Kl’’ï^d# et Wr`û~g% s’arrêtent tout d’abord près d’un globe au trois quart rempli d’eau. Deux créatures s’y ébattent. Elles ont une forme allongée, des écailles couvrent leur corps, leurs membres sont prolongés par des voiles qui leur servent à se déplacer dans ce milieu liquide.

« Pouvez-vous me répéter les noms et les caractéristiques de ces êtres ? demande Wr`û~g%.

– Bien entendu, gouverneur. Ceux-ci s’appellent des « Poissons ». Comme vous pouvez le constater, ils ont besoin… »

Ils poursuivent leur excursion, Kl’’ï^d# présentant chacun de ses protégés avec forces détails, religieusement écoutés par Wr`û~g%.

C’est ainsi qu’ils passent près d’un enclos contenant un individu se déplaçant sur quatre membres et dont la tête s’orne de deux protubérances enroulées en spirale. Kl’’ï^d# le qualifie de « Bélier ».

Le suivant est également un quadrupède cornu, mais plus gros et semblant plus agressif. Il fait entendre un long cri et fonce sur les visiteurs. Heureusement, sa cage est suffisamment solide pour éviter tout incident. Cependant, Wr`û~g% ne peut s’empêcher de ressentir un délicieux frisson de crainte.

Ils passent rapidement près d’un autre local contenant de l’eau et dans lequel s’ébat un être caparaçonné d’une coque dure, se déplaçant sur dix pattes crépitant sur la roche.

« Un Crabe ou Cancer, précise Kl’’ï^d#.

– Ah, s’exclame Wr`û~g% en désignant l’enclos suivant. C’est surtout celui-ci que je souhaitais revoir. Savez-vous, mon cher Kl’’ï^d#, que je ne suis pas loin de penser que cette créature possède une sorte de conscience ? Primitive, certes, fort primitive, mais ses balbutiements pourraient avoir du sens, si on prend la peine de les écouter attentivement. »

Kl’’ï^d# plisse avec finesse son cornet émetteur.

« Mon cher gouverneur, figurez-vous que cette idée m’a également traversé l’esprit. Cet individu imite à la perfection nos comportements, mais ce n’est que du mimétisme sans signification. J’ai fait analyser ces sons, et je puis vous assurer qu’ils n’ont aucun sens. »

L’occupant de l’enceinte secoue les barreaux de son abri et hurle :

« Libérez-moi, bande de poulpes grotesques. Je suis le Maître, vous m’entendez ! Pas une de vos bestioles ridicules enfermées dans cette ménagerie. »

Sous l’effet du stress, il perd la maîtrise de son apparence et ses yeux virent au jaune, tandis que ses canines prennent la forme de crocs. Il voit même avec effroi ses mains se couvrir d’une fourrure fauve et ses ongles s’étirer en longues griffes. Il pousse un hululement de désespoir.

Les deux Xk*ël& reculent de quelques pas.

« C’est très certainement votre spécimen le plus impressionnant, murmure Wr`û~g%. Cette transformation a sûrement un caractère défensif dans son milieu naturel. Elle est tout ce qu’il y a de plus déroutante. De quoi effrayer ses prédateurs.

– Sans doute, souffle Kl’’ï^d#. On s’y laisserait prendre, n’est-ce pas ? Pour un peu, on pourrait le croire dangereux. Continuons la visite, si vous voulez bien. »

Ils s’éloignent rapidement en ondulant des pseudopodes, chacun étant peu désireux de montrer à l’autre qu’il n’a pas envie de rester plus longtemps dans le voisinage de ce monstre.

Fanarts :

 

Poissons-Sea-Devils

Gemeaux-Mark-Rani

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 10 mars à 20h00 (pour la France. Au Québec, prenez en compte le décalage horaire.) À envoyer à : umanimo@live.fr

Au nom du très glorieux « Sontaran » Empire, le thème de la semaine prochaine est les « Sontariens » !

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Artisons #35 « Illumination »

Nos villes sont illuminées en ces périodes de changement d’année et de célébration religieuse. Soudain, dans mon esprit qui se torturait pour trouver un thème pour cette semaine, ce fut « L’Illumination » !

Que le grand cric ne vous croque pas, mais vous illumine de son inspiration.

Le résultat de l’Artisons « Cycle » est très visuel. Beaucoup de Fanarts et de Photomontages, cette fois-ci.

(Cliquez sur les images pour les afficher en plus grand)

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Béa Leuleu (Photomontages)

Sylvester McLloyd

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Clémence Beauregard (Texte)

La course des tricycles

Par un bel après-midi d’été gallifreyen, deux petits garçons s’amusaient joyeusement sur leurs tricycles.

« C’est moi qui vais gagner, nananère ! lança le petit brun à son ami d’un ton moqueur en pédalant à toute vitesse.

– Attends que je te double ! »  lui rétorqua le petit blond tout en essayant de le rattraper.

Les deux enfants continuèrent leur course avec acharnements, ils se dépassaient à tour de rôles, mais finalement ce fut le garçon aux cheveux d’or qui remporta la course. Celui-ci cria fièrement sa victoire.

« Ouais !! Je suis arrivé le premier !! C’est moi le plus rapide !

– Ne te réjouis pas trop vite Thêta ; j’ai un autre défi à te proposer répliqua le perdant. Tu vois la colline là-bas ? On l’appelle  » La Pente des Enfers » très peu de gens ont réussi à la descendre sans se blesser ou sans casser leur tricycles. Si tu réussis à arriver le premier en bas de cette colline je te donnerais 4 paquets de Jelly Babies mais si tu perds tu devras m’en donner 8 paquets ! ajouta t-il avec un sourire malicieux.

– J’accepte ton défi Koshei ! » répondit-il, bien décidé à montrer qu’il était le plus rapide de l’univers.

Ils remontèrent la côte avec difficulté car elle était l’une des plus raides pentes de la planète. Arrivés tout les deux au sommet, ils se mirent en position de départ. Thêta pas franchement rassuré à l’idée de dévaler la pente demanda :

« Mais tu crois pas que c’est un peu dangereux? On pourrait se faire mal comme tous les autres qui ont essayé avant nous.

– Fais pas ta poule mouillée ! Soit courageux pour une fois ! » s’exclama le brun en le tapant dans le dos amicalement.

Mais je n’ai pas peur du tout !Tu va voir je vais les remporter ces Jelly Babies ! »

Et il s’élançât dans la descente sans attendre le top départ.

« Hey! Attends-moi Theta ! » s’écria Koschei avant de pédaler à son tour.

Les deux jeunes Gallifreyens dévalaient la pente à une vitesse folle tout en évitant les trous du chemin. Soudain, une des roues du tricycle de Thêta passa dans un des trous et lui fit perdre le contrôle de son véhicule. Koschei hurla :

« Attention Thêta !!! »

Le blond tomba et s’étala sur l’herbe rouge. Quant au tricycle, il alla se fracasser contre un arbre. Le brun arriva quelques secondes plus-tard en freinant.

« Ça va ?! demanda-t-il à son ami allongé sur le sol.

– Moi oui mais mon tricycle est complètement cassé, répondit-il en se relevant et en époussetant ses vêtements.

– Bon tant pis pour la course, on doit rentrer ça va bientôt être l’heure du couvre-feu », abrégea Koschei. Et les deux amis partirent chacun en direction de leur maison.

Quelques jours plus tard, les deux garçons se retrouvèrent au pied de l’arbre argenté où ils s’étaient quittés la dernière fois.

Koschei regarda Thêta avec admiration et s’exclama :

« Ne me dis pas que c’est le nouveau tricycle sonique !?

– Si ! Mes parents me l’ont acheté vu que l’ancien était irréparable, répondit-il joyeusement

– La chance ! Et si on allait l’essayer ? Sur une pente moins dangereuse cette fois,

– Bien sûr! C’est parti ! »

Et ils partirent trouver un nouveau terrain de jeu.

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Kathwho (Fanart)

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Laureline Duroman (Fanarts)

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Umanimo (Fanarts + Texte parodique)

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Le cycle de la Mort

(à partir de la chanson Le Cycle de la Vie dans Le Roi Lion)

Tous les jours de ta vie dans ton TARDIS
Aigri par l’indifférence du Docteur
À l´infini, tu imagines des astuces
Pour le tuer, l’humilier, le faire souffrir.

Tu as tant de choses à conquérir
Pour franchir la frontière du pouvoir
Recueillir la puissance
Qui vient du fond des âges
Dans le chaos d´une chaîne de haine.

C´est l´histoire de la mort
Le cycle infernal
D´un enfant de Gallifrey qui toujours renaît.

La ronde infinie
De ce cycle infernal
C´est l´histoire, l´histoire de la mort.

C´est l´histoire de la mort
Le cycle infernal
D´un enfant de Gallifrey qui toujours renaît.

La ronde infinie
De ce cycle infernal
C´est l´histoire, l´histoire de la mort.

[Texte original :
Au matin de ta vie sur la planète
Ébloui par le Dieu Soleil
A l´infini, tu t´éveilles aux merveilles
De la terre, qui t´attend et t´appelle

Tu auras tant de choses à voir
Pour franchir la frontière du savoir
Recueillir l´héritage
Qui vient du fond des âges
Dans l´harmonie d´une chaîne d´amour

C´est l´histoire de la vie
Le cycle éternel
Qu´un enfant béni, rend immortel

La ronde infinie
De ce cycle éternel
C´est l´histoire, l´histoire de la vie

C´est l´histoire de la vie
Le cycle éternel
Qu´un enfant béni, rend immortel

La ronde infinie
De ce cycle éternel
C´est l´histoire, l´histoire de la vie.]

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 13 janvier à 20h00 (pour la France. Au Québec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) À envoyer à : umanimo@live.fr

Pour la semaine prochaine, le thème est :

« Illumination »

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Artisons #33 « Noël »

Bonjour à tous ! Quelle n’a pas été ma « Fureur » de m’apercevoir que je n’avais aucune raison d’être furieuse ! La participation à l’Artisons de la semaine dernière a été excellente. En voici donc les résultats.

Que le Papa Noël, le petit Jésus et les Trois Mages vous inspirent pour celui de cette semaine.

(Cliquez sur les images pour les afficher en plus grand)

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Florent Fayolle (Fanart)

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Kathwho (Fanart)

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Marie Devigne (Fanartmontage et Fanart)

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Melencolya (Photomontage)

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Pocky (Fanart)

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Umanimo (Texte)

Fureur Divine

« Nom de Moi ! s’exclame Zeus. Que fais-tu ici, petit mortel ? Assis sur mon trône ?

– Réclamer ma place, répond le Maître, en se rengorgeant et en se calant plus confortablement encore dans l’immense siège dont il n’occupe qu’une infime partie.

– Hein ? »

Le roi des Dieux éclate d’un rire homérique. Tout tremble autour de lui. Les colonnes supportant le toit du séjour des Dieux vibrent, les nuages s’effilochent, des myriades d’oiseaux s’envolent. Le ciel lui-même est secoué de spasmes et fait entendre des grondements de tonnerre.

« Mes amis ! crie Zeus. Mes Dieux, mes Déesses ! Venez voir ! »

Des voix diverses, certaines douces et harmonieuses, d’autres râpeuses, d’autres encore effrayantes, se font entendre. Un groupe d’hommes et de femmes entre dans la salle.

« Oui, Seigneur ? susurre une femme à la beauté renversante.

– Un mortel ! Un mortel ici. Et qui prétend que sa place est sur mon trône ! »

Un concert de caquètements divers retentit. Chacun se moque à sa manière. Hadès ricane, les yeux étincelants de flammes rouges. Héphaïstos gronde comme le feu de sa forge. Dionysos glougloute comme un dindon et porte son hanap à sa bouche. Héra se fend tout juste d’un sourire méprisant. Aphrodite se pâme d’un rire cascadant.

Le Maître redresse sa petite taille, et tente de percer la cacophonie :

« Je suis le Maître, crie-t-il. Et tous, oui vous tous, vous devez m’obéir ! »

Il agite vers eux un outil noir pas plus grand qu’un de leurs cure-dents. Le Dieu des Dieux saisit l’importun par son col brodé et le soulève, gigotant de fureur.

« Prend garde, petit homme. Ma patience à des limites. »

Le Maître tend vers lui son TCE, et appuie sur le bouton. Une explosion. Lorsqu’elle s’évanouit, les autres Dieux, stupéfaits, voient leur chef se réduire à la dimension de l’importun.

Fulminant, Zeus se jette sur lui et les deux hommes se battent comme des chiffonniers.

Héra s’avance et attrape à son tour son époux par sa toge pour le séparer de son adversaire.

« Vous me faites honte ! gronde-t-elle. On dirait un Humain. »

Elle le laisse tomber à terre et il reprend sa taille dans un déchaînement de tempête. Les autres Dieux en sont à peine affectés, mais le Maître s’envole comme une feuille d’automne. Il atterrit cul par dessus tête aux limites du domaine des Dieux.

Il se relève à peine, lorsqu’un éclair flamboie derrière lui. Appuyé sur les nuées sombres où fleurit la foudre, Zeus prépare son trait suivant.

Avec un cri d’angoisse, le Maître détale, poursuivi par la Fureur Divine.

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 23 décembre à 20h00 (pour la France. Au Québec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) À envoyer à : umanimo@live.fr

Pour la semaine prochaine, le thème est :

« Noël »

♪ « Il est né le Divin Enfant… ♫ Jouez hauboits, résonnez musettes… » ♪

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Artisons #25 : « Spécial 7ème Docteur »

Voici les résultats pour l’artisons « Journal » (ou journaux…) 🙂 merci de votre participation…

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KathWho (fan-art)

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Laureline (montage)

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Umanimo (texte)

Le Moine

25 août 1066 :

Maudit sois-tu, Docteur ! Coincé dans ce trou à rats, avec des péquenots humains, et la menace des Vikings qui pointe à l’horizon.

J’essaye d’atteindre le circuit transdimentionnel de mon TARDIS depuis hier. En vain. Les offrandes quotidiennes de ces primitifs ont peut-être un peu trop tenté mon appétit.

26 août 1066 :

Les paysans sont venus me voir. Ils veulent que je prie pour écarter l’invasion. Heureusement, ces imbéciles superstitieux ont encore un peu de respect pour moi et continuent de m’apporter à manger. Ce qui est fort ennuyeux dans un sens. Je dois maigrir.

27 août 1066 :

Finalement, j’ai fait appel à un de leurs enfants pour se glisser sous la console, et démonter le circuit transdimentionnel. Je vois ce qui ne va pas. Ce maudit Docteur – comme le diraient leurs femmes : qu’il pourrisse en Enfer, lui et ses descendant, jusqu’à la centième génération – a fait disparaître une pièce essentielle. Comment la remplacer ?

28 août 1066 :

On a vu les Vikings aujourd’hui, mais le mauvais temps a renvoyé la flotte du roi Harald vers l’est. La peur a fait fuir une partie de la population. Les autres sont restés, mais je n’ai pas trouvé parmi eux de bon forgeron pour me fabriquer la pièce qui me manque. Les métaux qu’ils utilisent ne sont pas adaptés, mais ça devraient tenir au moins jusqu’à une planète plus civilisée.

29 août 1066 :

Me voilà sur les routes. Mon objectif : un forgeron ou au moins une forge.

30 août 1066 :

Les Vikings ont fini par débarquer sur les côtes. Je suis sans arrêt dépassé par des fuyards affolés, certains blessés, racontant d’horribles histoires. Docteur ! Je te poursuivrais jusqu’aux confins de l’univers pour les journées que tu m’obliges à vivre dans ce temps et ce lieu barbare !

31 août 1066 :

Je me suis caché tout le jour et la nuit dans une grange en ruine. J’ai entendu passer les envahisseurs. Ils sont particulièrement bruyants. Rien ne pourra leur résister ici. Surtout pas ces paysans qui n’ont plus grand-chose de guerriers.

1er septembre 1066 :

J’ai atteints un village un peu plus important. Il est déjà ravagé par les Normans, mais j’ai enfin trouvé ce que je voulais. Pas le forgeron, mais la forge. Et mieux encore que cela, le cadavre d’un Viking. Je me suis revêtu de ses hardes – un peu trop grandes – et j’ai commencé mon travail, sûr de ne pas être dérangé. Les gens d’ici sont tellement froussards, qu’ils n’oseront pas m’approcher.

6 septembre 1066 :

Je l’ai échappé belle ! Les indigènes ne sont pas si couards que ce que je pensais. Ils sont revenus, après s’être cachés dans les bois, et m’ont trouvé au moment où je finissais ma pièce. J’ai eu du mal à les convaincre que mon déguisement n’était destiné qu’à tromper l’ennemi. Certaines lames sont passées un peu trop près de mon cou. Docteur, je te revaudrais ça !

Je leur ai fait croire que je travaillais à fabriquer un sortilège. Quelques étincelles, un peu de fumée bleue, et ils me regardaient comme un grand enchanteur. Maintenant, je dois leur fausser compagnie et revenir à mon TARDIS.

7 septembre 1066 :

Une deuxième vague d’envahisseurs Vikings a mis le pays à feu et à sang. J’ai dû suivre les villageois dans leur refuge, une grotte humide au fond d’un hallier. J’en ai assez des repas mangés froids, parce qu’on ne peut pas faire du feu, et les températures commencent à devenir désagréables.

8 septembre 1066 :

J’ai profité d’une bataille pour mettre les voiles. Ça se tapait dans tous les coins. Je me faufilais et je suis passé entre les coups. Le chemin de retour promet d’être ardu.

13 septembre 1066 :

Retrouvé TARDIS. Mis le circuit en place – utile de maigrir. Pas fonctionné. Verrai demain. Épuisé.

14 septembre 1066 :

Je me fais aussi discret que possible dans le monastère. Plus question de chants religieux ou autre. Les Vikings tiennent le pays, et pourraient me faire un mauvais sort s’ils me découvrent. Le problème vient de la nourriture. Heureusement que les Seigneurs du Temps peuvent tenir longtemps sans alimentation.

Dans la pièce que j’ai fabriquée, ce sont les métaux qui ne sont pas adaptés. Le cuivre est bien trop souple. Mais je vais sûrement y arriver !

15 septembre 1066 :

Depuis hier, je n’ai pas vu un seul envahisseur. Ils sont partis plus au sud. Ayant ravagé la contrée, elle ne les intéresse plus. J’ai risqué un œil à l’extérieur et je suis allé jusqu’au village. J’ai trouvé des outils en bronze dans une des maisons. J’essaye de remplacer le morceau défectueux. Très difficile sans forge pour fondre le métal.

16 septembre 1066 :

Je n’ai pas progressé.

17 septembre 1066 :

D’autres gens ont emménagé dans les maisons, vides de leurs premiers occupants. J’ai revêtu mon habit de moine et je suis allé les voir. Ils sont chrétiens et m’ont fait bon accueil, bien qu’un peu méfiant. J’ai usé de toute mon adresse naturelle à la comédie pour les convaincre.

J’ai demandé si quelqu’un savait travailler le bronze. Un très vieux bougre m’a répondu que oui. Ce n’était pas son métier, mais il fabriquait et réparait souvent les outils sur un simple feu de camp. Je lui ai montré la pièce en cuivre et lui ai fait comprendre qu’il me fallait la même en bronze… pour créer un sort qui éloignerait les Vikings. Je ne sais pas s’il m’a cru. Il avait l’air plus intelligent que les imbéciles superstitieux qui peuplent le pays.

18 septembre 1066 :

Victoire ! Et bientôt : à nous deux, Docteur ! Le vieux m’a ramené la pièce manquante. Pour le remercier, je l’ai béni, lui et toute sa famille. Ça a eu l’air de le satisfaire. Ça marche ! Mon TARDIS a repris sa dimension transcendantale intérieure. Je vais pouvoir repartir de cette maudite planète. Du moins jusqu’à un monde où je pourrais faire refaire mon circuit dans de meilleures conditions.

Mais je n’en ai pas fini avec toi, Docteur. Je te réserve un chien de ma chienne. Un jour, je te retrouverai et alors…

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 7 septembre a 20h00 🙂  (pour la France. Au Quebec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) A envoyer à : romanatrelundarIV@gmail.com

Pour la semaine prochaine, le thème est:

« Spécial 7ème Docteur »

Pourquoi? car nous allons tenter d’éditer un petit fascicule que je remettrais à Sylvester McCoy lors de la prochaine convention (la FACTS) belge avec les anciens artisons et pour remplir… Si possible, si vous avez l’optique de vous y trouver, évitez les vidéos et gifs, car on ne peut pas (encore) les imprimer chez les moldus.

Je contacterais personnellement chaque auteur des anciens artisons à propos de Seven, pour avoir son accord.

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Artisons hors série « Surprise pour l’anniversaire de Marie »

Je ne m’y attendais pas du tout… Mais en ce 25 septembre, j’ai reçu de nombreuses participations à un artisons que je n’avait pas demandé… Etrange! surprise! J’ai également eu un super document google qui me fait pleurer!

Merci… pour ce 23ème anniversaire ❤

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Amane (badge que je recevrais, parait-il, bientôt)

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Bea Leuleu (fanart)

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Florent F. (Montage et planche BD)

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(pour le détail: Florent a dessiné de manière très fidèle les rues de ma ville!)

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Kathwho (fanart)

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Laureline (montage… et une bonne après midi!)

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Lulu ‘rbex (une pince rainbow dalek love!)

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Sébastien F. (texte, cross-over avec Picsou – et une histoire en particulier: « une lettre de la maison », de Don Rosa)

Donaldville, Calisota. Sept heures du matin. Comme chaque jour, la ville entière se réveil au même moment. La ville entière ? Pas exactement. Il existe une personne qui se lève avant les autres. Il existe une personne qui se couche après les autres. Cette personne a bâti Donaldville de ses propres mains, et malgré ce qu’il a beau dire, il tient à cette ville. Il n’ose pas le dire, car il a peur que ses ennemis – notamment Flairsou et Gripsou – pensent qu’il se ramollit. Ce qui est faux.

Picsou ne se ramollit pas, non. Cependant, il évolue. Il change. Depuis son retour d’Ecosse avec Donald, Riri, Fifi et Loulou, Picsou a énormément changé. La lettre de son père lui a fait beaucoup de bien. Mais il ne sait pas comment se comporter. S’il veut que son empire financier reste aussi grand qu’il ne l’est actuellement, il doit rester le même qu’il était avant. Mais le fait est qu’il ne l’est plus. Le fait est qu’il a compris que la personne qu’il était avant n’était pas le vrai Picsou, il n’était pas le Balthazar McPicsou qui a laissé une opale aborigène qui aurait pu le rendre riche. A présent, il ressent plus de choses. Il ressent l’amour, à nouveau. Un amour ancien, celui de Goldie, mais aussi un amour nouveau, celui de sa famille. De ses neveux et petits-neveux, de sa sœur, et de ses parents. Il avait toujours aimé ses parents, mais il les avait oubliés. A présent, il pense à eux tous les jours. A présent, il souhaiterait leurs avoir dit au revoir correctement. Aujourd’hui, il regrette.

C’est ce à quoi pensait Picsou ce jour-là, à sept heures du matin, alors que toute la ville – sa ville – se levait. Il souhaitait avoir une seconde chance. Il souhaitait qu’un miracle se produise. Mais il savait que c’était impossible.

Il entendit Miss Frappe arriver, se poser devant son bureau et commencer à travailler. Il ne lui avait jamais dit, mais Picsou était très satisfait de son travail. Elle arrivait à le supporter, à supporter ses crises égocentriques, sans jamais râler. Elle faisait son travail, c’est tout.

Dix heures du matin. La feuille de compte que Picsou devait remplir a gardé le même teint immaculé que lorsqu’il était arrivé, trois heures plus tôt. « Ce n’est pas une journée pour travailler » pensa le canard le plus riche du monde. Il se leva, prit sa canne, son haut de forme et sorti de son bureau en murmurant dans sa barbe, puis sorti de son coffre. Cependant, Miss Frappe avait entendu – ou crut entendre, car elle n’en revenait pas – ce que son patron venait de dire. « Merci pour tout Miss Frappe ». Tandis que l’homme au 30m3 d’argent sortait du bureau, sa secrétaire le regarda par la fenêtre, en se demandant ce qu’il s’était passé en Ecosse pour que celui qui ne l’avait jamais remercié pour quoi que ce soit lui reconnaisse un peu de gratitude après toutes ces année.

Tandis qu’il marchait dans le parc, à l’ombre de l’immense statue de Cornélius Ecoutum, Picsou repassait encore et encore la lettre de son père dans sa tête. Les mauvaises langues diront que, ce jour-là, comme à son habitude, il pensait à ses comptes, aux impôts, à son argent. Mais elles auront tort. Elles ne pourront pas comprendre. Une personne cependant comprendrait. Une personne que ni Picsou, ni aucun habitant de Donaldville ne connaisse, mais qui, pourtant, est connu dans toutes les galaxies. Cet homme donne de l’espoir aux gens, il les rend meilleur. Et ce jour-là, cet homme aux grands cœurs se trouvait dans ce même parc, à l’ombre de cette même statue, à regarder ce canard qui marchait, l’air grave. Mais cet homme savait que le canard ne pensait pas à son argent. Il lisait dans ses yeux qu’il avait des problèmes bien plus grave que des problèmes d’argent. Une vieille chanson nordique dit « Ne soit jamais dans la détresse par manque d’argent ». L’homme à la boîte bleue voyait la détresse dans ses yeux, pas par manque d’argent, mais par manque de quelque chose de plus précieux. L’amour.

Il se dirigea alors vers lui, lui parla à l’oreille et l’emmena dans son étrange boîte. Et ils se rendirent alors en Ecosse, avant la mort de Fergus McPicsou et de Edith O’Drake. A leur retour, dans ce même parc, à l’ombre de cette même statue, le canard le plus riche du monde sortit, le sourire au bec. Cependant, ce n’était pas son coffre remplie de pièce qui le rendait aussi riche. Tous ses trésors, toutes ses sociétés, tous ses puits de pétrole ne lui importaient guère à présent. S’il était heureux à présent, c’était grâce à une seule chose ; Balthazar McPicsou a pu dire au revoir à ses parents.

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Umanimo (Fan-art, cross-over avec les Annales du Disque-Monde)

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J’en suis encore toute émue… merci ❤

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Artisons #22 « Spécial: La Rani »

Voici les résultats pour l’artisons « Occupation » 🙂 merci de votre participation… J’espère que la rentrée c’est bien passé pour tout le monde, car vous avez été assez peu inspiré, je me trompe? Enfin, je sais que Kathwho a l’esprit très… occupé par la venue de Colin Baker a Montreal!

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Laureline D. (2 mots d’absences)

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Marie D. (texte)

L’ambiance était trompeuse. Pas de bruit de bottes, mais une musique, joyeuse et légère, qui émanait d’un petit caf’conc’*. Pas de rue vide, mais une certaine animation autour des boutiques des Champs-Elysées, fréquentées essentiellement par des uniformes vert-de-gris et des jolies cocottes. « Difficile d’y croire, n’est-ce pas, Zoë ?

-J’ai entendu parler de cette période, mais je l’imaginais bien plus sombre… moins joyeux… » Jamie demanda plus d’explication.

« Aye, mais… si ces gens sont occupés par des ennemis, ils devraient se révolter ? Par exemple, les jacobites…

-Et tant de peuples opprimés. Cela viendra, Jamie… cela viendra. »

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Umanimo (texte)

Centre de Loisirs (600 mots)

[Merci à Béa Leleu qui m’a donné le germe de cette idée.]

« Je vous débarrasse de votre casque, monsieur Omega ?

– Vous êtes nouvelle ici, non ? lui répond la voix profonde du Seigneur du Temps légendaire.

– Oui, c’est mon premier jour, répond la jeune hôtesse en rougissant légèrement.

– Ça se voit. Je n’enlève jamais mon casque, retenez-le bien.

– Bien, monsieur Omega. Je vous inscris dans quelle occupation, aujourd’hui ?

– Je vais faire un bowling d’antimatière, et j’ai une partie d’échec multi-dimensionnel en cours avec Eldrad.

– Monsieur Eldrad vient d’arriver. Il a dit qu’il vous attendait pour vous « mettre la pâtée ». Je suis désolée du langage, mais ce sont ses mots exacts.

– Ah, ah ! Qu’est-ce qu’il croit ce Kastrian ? Qu’il va réussir à me battre, moi, Omega, le plus grand des Seigneurs du Temps ! Il fourre son doigt en silicate dans son œil du même métal. »

Omega s’éloigne avec dignité, accompagné par le sourire un peu crispé de la réceptionniste. En attendant l’arrivée du prochain client, elle remet de l’ordre sur le comptoir, rangeant en pile bien nettes les brochures sur les diverses activités du « Centre de loisirs pour Méchants Intergalactiques ».

« Venez vous détendre chez nous, entre deux plans diaboliques », annonce l’une d’entre elles en lettres rose fluorescent sur fond arc-en-ciel.

***

« Exterminez ! Exterminez ! Exterminez ! »

La salle de jeux vidéo retentit de ces exclamations. Aux différentes bornes, plusieurs Daleks sont installés et jouent à Space Invaders.

Le Maître s’y trouve également. Il a un casque audio sur la tête, et écoute la suite d’opéras L’Anneau du Nibelungen, tout en jouant à Babel Rising. Il a modifié la matrice du jeu pour que toutes les personnes aient les divers visages du Docteur.

« Tiens, prend ça ! » grommelle-t-il entre ses dents en lançant un « éclair infernal » sur un groupe d’ouvriers arborant le costume de cricket de la Cinquième incarnation de son ennemi de toujours.

***

Pendant ce temps, dans la partie sauna, on entend :

« Leuleuleuleuleuleuleu ! »

Paressant dans une des baignoires, une créature brun-verdâtre à l’allure mi-reptilienne mi-pisciforme agite le tronçon de son arrière train dans l’eau boueuse. Son rire répond à une plaisanterie de Linx, un Sontarien qui a abandonné son armure pour faire également trempette dans un bain de boue.

« Mon cher Sil, affirme Linx. A-t-on jamais vu visages plus répugnants que ceux de ces Humains ?

– Je suis bien d’accord, approuve le Mentor. Leur peau rose est proprement dégoûtante. Et leur forme ! Ces deux membres inférieurs comme des bâtons, qu’ils agitent pour se déplacer… n’est-ce pas repoussant ?

– J’ai aussi des jambes, fait remarquer le Sontarien aigrement.

– Heu, oui… certes… mais vous les utilisez avec tant de dignité, mon cher Linx. C’est tout à fait différent. »

***

Dans la cour ombragée, un groupe de Méchants fait une partie de pétanque.

Le cochonnet est une lune, et les boules des planètes – habitées, bien entendu.

Azal le Daemon fait équipe avec Broton le Zygon. Ils jouent contre le Gardien Noir et Sutekh.

Bok, l’animal favori d’Azal, tourne autour d’eux en quêtant une caresse.

« Va chercher ! » crie son maître en lançant une des planètes. La gargouille s’éloigne en se dandinant sur ses pieds griffus.

Cependant, Sutekh s’impatiente.

« Et alors, grogne-t-il à l’adresse de Broton. Tu tires ou tu pointes ? »

Par moquerie, le Zygon adopte l’aspect de Sutekh et agite ses grandes oreilles. Celui-ci grommelle :

« Je déteste quand tu fais ça. Joue, bon sang ! La pétanque, c’est sérieux. »

***

À la fin de cette première journée de travail, la Draconienne ferme le Centre.

« Je ne sais pas si je suis faite pour ce poste, soupire-t-elle. Gérer autant de personnalités égocentriques et mégalomaniaques, c’est épuisant. »

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 16 septembre a 20h00 🙂  (pour la France. Au Quebec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) A envoyer à : romanatrelundarIV@gmail.com

Pour la semaine prochaine, le thème sera dédié à :

« La Rani »

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Artisons #21: « Occupation »

Voici les résultats pour l’artisons « Téléphone » 🙂 merci de votre participation.

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Béa Leuleu (photomontage)

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KathWho (fanart)

« Urgent Calls »

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Laureline D. (Texte + photomontages)

Téléphone, number A

A l’école Coal Hill, octobre 1963.
Susan Foreman tomba malade, elle du appeler son grand-père pour qu’il vienne la rechercher. Arrivée devant le téléphone, celle ci se figea.
La secrétaire lui demanda :
– Un problème, vous avez oublié le numéro?
– Non, comment utilise-t-on ce téléphone?

Les professeurs présents, Ian Chesterton et Barbara Wright se regardèrent médusés devant que cette jeune fille si intelligente en cours ne sache pas utiliser un téléphone.

téléchargement (1)


Téléphone, number B

Dans le TARDIS
Un compagnon du Docteur, tenant absolument à téléphoner chez lui pour demander des nouvelles de ses amis.avait persuadé le Doctor de le laisser passer cet appel et suivi ses directives pour retrouver son chemin dans le TARDIS.
Il arriva enfin à la phone room, pleine de sortes de téléphones.
Certains n’avaient même pas de quoi composer un numéro, d’autres n’avaient pas de fils, ou semblaient trop plats pour être des téléphones. Le pire des téléphones était un où elle n’aurait ni su où parler, ni su où écouter. Il n’aurai su se servir d’aucun.
Le Docteur l’avait encore manipulée.
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Marie D. (Texte, 100 mots)

Le Docteur extirpa du TARDIS un transat, une serviette de plage, un matelas pneumatique double et un parasol. Il regarda sa montre, mis le matelas dans les bras d’Adric en lui conseillant d’aller le remplacer par deux autres serviettes.

1974, en France, un beau soleil. Des jeunes qui jouent au ballon, les platines portables qui chantonnent sur le sable…

Il ne fallu pas longtemps pour que le Docteur soit entouré d’une bonne dizaine de filles, 45 tours en mains. Il s’en saisit d’un. A coté de la photo d’un bel homme blond, le titre : « Le téléphone pleure ».

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Umanimo (Texte)
Le téléphone sonne (600 mots)
[Attention, spoilers sur plusieurs épisodes de la série classique (et explication à la fin).]« Je suis là, dit le Docteur en prenant le téléphone des mains de Martha.

– Docteur… souffle la voix du Maître à l’autre bout du fil.

– Maître, répond le Docteur.

– J’aime lorsque tu m’appelles par mon nom. »

Titip ! Titip ! Titip !

« Attends, j’ai un autre appel.

– Quoi ? s’indigne le Maître.

– Allô, oui ? Qu’y a-t-il ?

– Allô Docteur, est-ce toi ? demande une voix que le Docteur n’a plus entendu depuis sa troisième incarnation.

– Qui est-ce ? Que voulez-vous ? s’enquiert-il prudemment.

– Juste te dire au revoir, Docteur, reprend la voix familière.

– Maître ? s’étonne-t-il. Mais comment peux-tu… »

Titip ! Titip ! Titip !

« Attends, j’ai un troisième appel.

– Mais je… » commence le Maître.

Le Docteur prend la nouvelle communication.

« Docteur, félicitations ! s’exclame une voix rauque, râpeuse, qu’il a connu durant sa quatrième incarnation. Tu arrives juste à temps pour la fin.

– Maître ? répète le Docteur encore une fois. D’où m’appelles-tu, cette fois-ci ? Cela ne peut pas être de Gallifrey… »

Titip ! Titip ! Titip !

« Oh non… désolé, mais on dirait que j’ai un autre appel. »

Le Docteur regarde Martha.

« Combien de communications en parallèle peut-on avoir avec ce téléphone ?

– Pas plus de trois, normalement, répond-elle. Sinon, ça coupe la première.

– Hum, alors je reprends… Maître ? Excuse-moi, je vais devoir te rappeler dans cinq minutes.

– Quoi ? s’exclame le Maître, furieux. Je… Oh ! Il a raccroché !

– Allô qui est-ce ? demande le Docteur à ce quatrième interlocuteur.

Sharaz sharaz, tumal. Balor, balor. Enfin, vous voilà, Docteur.

– Hein ?

– Je suis Kalid.

– Maître ! Je sais qui tu es, inutile de me jouer cette comédie.

– Kalid ne peut-il pas voyager là où l’esprit l’emmène ?

– Cesse cette stupide mascarade.

– Fais attention, Docteur. Je peux rassembler des furies et des démons, une troupe de chérubins ou Lucifer lui-même.

– Arrête de… »

Titip ! Titip ! Titip !

« Désolé, je te reprends en ligne dans une minute. »

Le Docteur change à nouveau d’interlocuteur. Il bascule la conversation vers le Maître qu’il connaissait lorsqu’il était exilé sur Terre à la fin du vingtième siècle.

« Allô, Maître ? Ah, il n’est plus là. Bon, voyons qui d’autre appelle, mais je commence à le soupçonner… Allô ?

Allô Docteur ? Sais-tu que cette petite planète que je déteste va bientôt cesser d’exister ?

– Encore toi… soupire le Docteur, en entendant cette voix au fort accent américain.

Et je me suis habillé pour cette grande occasion.

– Je sais », grince le Seigneur du Temps.

Titip ! Titip ! Titip !

« Je raccroche, gronde-t-il, sentant sa patience s’effriter.

– Hé ! Tu ne peux pas me laisser… J’ai gâché toutes mes vies à cause de toi ! Docteur !

– Désolé, je dois y aller. »

Le Docteur change à nouveau de destinataire.

« Docteur ! Tu ne peux pas me raccrocher ainsi au nez !

– Ah oui, j’oubliais que tu es Premier Ministre, maintenant », lance ironiquement le Docteur.

Ignorant le sarcasme, le Maître répond, enchanté.

« Ouii ! C’est bien, n’est-ce pas ? »

Titip ! Titip ! Titip !

« J’ai un autre appel.

– Encore ? Mais qui donc te harcelle comme ça ?

– Eh bien, tu ne me croiras pas, mais c’est… toi.

– Moi ? Mais je te parle à l’instant, je ne peux pas… oh…

– Oui, tu as compris. J’ai en attente, en ce moment même : toi, toi, toi et toi. »

Pendant ce temps, à travers le temps et l’espace, on entend :

« Docteur ? Réponds-moi.

– Docteur, es-tu là pour la fin ?

– Mon cher Docteur, je t’attends pour diriger l’univers avec toi.

– Docteur, nous n’avons plus beaucoup de temps… »

[Tout le monde aura reconnu, je pense, la conversation téléphonique entre le Maître et le Docteur dans l’épisode The Sound of Drums. Pour les autres conversations, j’ai utilisé le plus possible de vraies répliques tirées des épisodes : Terror of the Autons, The Deadly Assassin, Time-Flight, et le film de 1996, Doctor Who, the Enemy Within.]

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 2 septembre a 20h00 🙂  (pour la France. Au Quebec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) A envoyer à : romanatrelundarIV@gmail.com

J’ai fini mon mémoire aujourd’hui. Pour la semaine prochaine, le thème sera donc…

« Occupation »

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Artisons #20: « Téléphone »

Voici les résultats pour l’Artisons « Gourmandise » 🙂 merci de votre participation.

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Arthur « Chroniques soniques » (photomontage)

Image Artison Gourmandise

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Béa Leuleu (fanart)

(comme je le considère comme légèrement coquin, je l’ai mis en petit, vous pouvez cliquer pour voir plus. MIAM)

four gourmandise

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Florent F. (fanart)

Artisons gourmandise

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KathWho (fanart)

kandyman

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Laureline (photomontage)

Peter_Davison

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Marie D. (texte, 100 mots)

Elle lui tendit un bol de cacao amer

« Je l’ai fait à la mode aztèque »

Il hésita à le goûter, et observa le breuvage. « Je sais que ce n’est pas du tout le style de chocolat que je fais d’habitude…»

Le Docteur la regarda dans les yeux.

« Evelyn, tu sais, je t’aime beaucoup, mais… je n’aurais jamais imaginé que…
-Mais de quoi parlez-vous ? »

Il devint aussi rouge qu’une partie de son costume.

« Ce n’était pas une demande en mariage ? »

Elle éclata de rire.

« Je ne comprendrais jamais les Humains. »

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Umanimo (trois textes et deux dessins)

Convoitise (100 mots)

Inspirés par le dessin et le texte de KathWho pour l’Artison Maître

Un lapin ! Une boule de poils recouvrant une chair tendre, juteuse. Et des os… des os qui craquent sous la dent et dégorgent leur succulente moelle.

Il bondit sous mon nez, sous mes narines frémissant de son odeur exquise. Sa queue blanche me nargue, sautillant sur le sol brun.

Je le regarde avec gourmandise.

Tous mes muscles sont prêts pour la course. Ma bouche salive déjà…

Non !

Je ne suis pas un animal, guidé par son instinct. Je suis un Seigneur du Temps.

Je ne chasserai pas le gibier qui me fascine. Je resterai là, assis, comme un Roi majestueux entouré de ses sujets.

 Gourmandise-Umanimo

Choix (240 mots)

« Le Coronas Gigantes de Bolivar, monsieur.

– Hum, parfum subtil de moka et de cacao… Séduisant. Un peu trop peut-être. Et ensuite ?

– Le Maduro 5 Genios de Cohiba. Je le recommande pour plus de douceur. Léger goût de cèdre, lorsqu’on aime les saveurs boisées.

– Non, pas assez puissant.

– Si vous voulez de la puissance, je vous présente le Château Margaux de Davidoff. Beaucoup d’amateurs s’en détournent, parce qu’il ne paye pas de mine et qu’il n’est pas très grand, mais il pourrait vous surprendre.

– J’ai déjà essayé. Pas mauvais en effet. Cependant, je préfère quelque chose de plus imposant.

– Alors, j’ai ce qu’il vous faut : le Sir Winston de H.Upman. Permettez-moi de vous le faire essayer. C’est une vitole qui demande une grande habitude pour en saisir toutes les subtilités, mais lorsqu’on y parvient, c’est un enchantement. »

Un silence durant lequel on n’entend plus que quelques bruits discrets. Craquements de feuilles de tabac entre les doigts, crissement d’une allumette, aspiration de lèvres sur le bout d’un cigare.

« Oui, il est excellent.

– Vous prenez celui-ci, alors ?

– Certainement. Qu’avez-vous en stock ?

– Vous voulez tout mon stock ?

– Tout à fait. »

Pendant que le commerçant gagne son arrière boutique, le client sort de sa poche un cylindre en métal noir mat. Sa forme rappelle celle d’un cigare.

Peu après, lorsqu’il sort du magasin, plusieurs grosses boîtes marquées H.Upman sous le bras, il remet l’objet à sa place.

« Paiement immédiat », murmure-t-il.

Gourmandise-2-reduit

Jelly Babies (330 mots)

« Veux-tu un Jelly Baby ? »

Le Docteur tend un sachet de papier blanc au Maître.

Le Seigneur du Temps renégat, occupé à attacher le Docteur, jette à peine un coup d’œil aux friandises colorées qui remplissent la pochette.

« Je ne suis pas gourmand, répond-il. Tes tentatives pour retarder le moment fatidique sont pathétiques et ridicules.

– Je te recommande les noirs. Ils sont délicieux. De plus, c’est ta couleur.

– Garde tes stupides sucreries ! Ce que je veux, c’est ton corps et toutes tes régénérations.

– Allez ! Juste un seul. Accorde-moi un dernier vœu. Tout condamné à mort y a droit.

– Je me moque du droit…

– Au nom de notre ancienne amitié, alors.

– Amitié ? Ah !

– Un seul.

– Oh… d’accord. Pour ne plus entendre tes jérémiades. »

Le Maître plonge la main dans le sachet et en ressort un bonbon de couleur noire. Il le contemple avec méfiance.

« Allez, insiste le Docteur. Goûte-le. Tu verras, c’est exquis. »

Avec un soupir, le Maître met le Jelly Baby dans sa bouche.

« Alors ?

– Pas mauvais. Les jaunes, c’est à quoi ?

– Citron je crois.

– Oui, citron. Le orange devrait être à l’orange, je suppose.

– Essaye.

– Gagné ! Voyons le vert. Succulent : citron vert.

– Mes préférées à moi sont les roses, indique le Docteur, en retirant doucement une de ses mains des menottes métalliques.

– Les roses ? À la framboise. Et les rouges sont à la fraise. »

Sous le regard ébahi de Lee et de Grace, le Maître et le Docteur piochent à qui mieux-mieux dans la petite pochette de papier qui a l’air sans fond – ou plus grande à l’intérieur, peut-être.

« Non, décidément, ce sont les noirs, ceux au cassis, que je préfère, annonce le Maître.

– Ils sont tous excellents de toute façon, réplique le Docteur. La quintessence délicate du goût. »

Il se tourne vers les deux Humains et leur fait un clin d’œil.

« Quelqu’un qui aime les Jelly Babies ne peut pas être foncièrement mauvais, non ? » prononce-t-il silencieusement.

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 2 septembre a 20h00 🙂  (pour la France. Au Quebec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) A envoyer à : romanatrelundarIV@gmail.com

En hommage au mémoire de Laureline, le prochain thème sera…

« Téléphone »

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Artisons #17: « Révolution »

Avant de lancer le prochain défi, voici les participations du précédent appel sur le thème « Sport ».

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Béa Leuleu (fanart)

four sport

(Note de Marie: eh oui, les jeux antiques se pratiquait nu… Ce n’est pas pour rien que « gymnastique » viens de « γυμνός » -gumnos ou gymnos- qui signifie « nu »)

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Eridann (drabble)

« Sport : conseillé par le Docteur » 
(Plan large, deux personnes qui se désaltèrent à l’ombre d’un parasol tout en discutant)
le Docteur : Que buvez vous Péril, est-ce encore là une de vos boissons terriennes pour femmes qui n’a pas de gout?
Peri: Non docteur, il s’agit d’un liquide bien meilleur que le thé. j’en raffole par cette chaleur, vous devriez essayer car vous devenez aussi rouge que certaines de vos tenues.
(plan serré sur la tête du docteur) :
Le Docteur : par mes mille couleur, si vous avez raison, je veux gouter cela
(plan sur péri servant un verre de sirop de menthe au docteur. Elle pose le verre remplit devant le docteur qui se lève pour le prendre. Il porte une tenue fortement colorée)
Le Docteur: Je vais gouter ça (il goute). Hum, c’est sucré (il finit le verre d’un train), c’est excellent… avec cette boisson je peux faire la chasse aux  Daseks et aux Cybergeek dans la même journée.
(les deux personnages se lèves et montent dans une boite bleue. le docteur en ressort soudain en courant et prend la bouteille avant de retourner vers sa cabine téléphonique…)
 (plan : un arrêt sur image  où l’on voit la marque de la bouteille « Sirop Sport » en gros plan) 
Spot de fin (et musique à la docteur qui) : « Les sirots Sports, ils rafraîchissent même les coeurs sur Gallifrey » (publicité non officielle, faite sans le consentement de la BBC) 

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Florent F. (texte)

[Ce texte fait immédiatement suite à l’arc « Carnival of Monsters »]

Quelque chose turlupine Jo Grant. Sitôt retrouvée la sécurité du TARDIS, et malgré l’émoi causé par sa rencontre avec les Drashigs, elle questionne le Docteur.

– « Dites-moi Docteur, je me demandais… Lorsque vous et le lieutenant Andrews avaient falli en venir aux mains, vous avez dit avoir appris la boxe par John L. Sullivan.

– « Lui-même. Un garçon fort charmant.

– « Mais vous venez pourtant d’effectuer votre premier voyage en TARDIS. Comment se peut-il… ? »

Le regard du Docteur devient soudain mélancolique.

– « Ah! C’était pour ainsi dire dans une autre vie… En ce temps là, je n’étais pas un dandy mais un clown, pour reprendre l’expression de mon premier moi. »

Jo s’assied confortablement tandis que le Docteur, usant de toute sa théâtralité (il affirme d’ailleurs avoir appris l’art de la scène auprès de Tennessee Williams), se lance dans un récit enflammé.

Le nœud pap’ en bataille, le Docteur se faufile à travers les ruelles du Chicago, suivi de près par Jamie McCrimmon et Zoe Heriot. Jettant de fréquents coups d’œil derrière eux, ils s’accordent un instant pour souffler. Il semblerait bien qu’ils soient finalement parvenus à semer les Ogrons.

– « Ils ne sont guère malins, mais opiniâtres. Nous ne nous en débarrasserons pas si facilement. – prévient le Seigneur du Temps – Tout d’abord, quittons ces ruelles désertes pour nous mêler à la foule. Nous serons moins repérables. »

A peine prononce-t-il ces mots que les trois compagnons perçoivent des éclats de voix. Sans réfléchir, Jamie se précipite dans leur direction, suivi par Zoe et un Docteur bougonnant. Ils déboulent dans un vaste entrepot au centre duquel un ring a été dressé. Fièrement campé sur ses jambes, un colosse aux cheveux gominés et à forte moustache, ses poings gantés sur les hanches, toise le public qui se masse avec un air de défi. A ses côtés, un arbitre dégingandé harangue la foule, promettant la somme rondelette de 250 dollars à celui qui parviendra à vaincre John Lawrence Sullivan – puisque tel est le nom du boxeur – fraichement débarqué de Boston. Il brandit une liasse de billets verts pour appuyer ses dires. Malgré l’importance de la cagnotte, personne n’ose défier le champion. Il faut dire que John L. Sullivan jouit déjà d’une sacrée réputation, surtout depuis qu’il a triomphé de Paddy Ryan, considéré comme le champion du pays, un an plus tôt.

– « Je ne comprend pas – s’étonne Zoe – Pourquoi organiser un combat dans un lieu si reculé ?

– « Nous sommes en 1883, Zoe. En ce temps-là, la boxe est un sport jugé trop violent par les Etats-Unis. Sa pratique est totalement illégale. »

Décidément, le Docteur a toujours réponse à tout songe intérieurement la jeune astrophysicienne. Sur le ring, Sullivan, en manque d’exercice, commence à perdre patience et apostrophe les spectateurs:

– « Allons, allons ? Où est passée l’audace américaine ? N’y a-t-il aucun Yankee prêt à défier un Irlandais ? »

Une voix se fait soudain entendre:

– « Il ne sera pas dit qu’un Highlander ne releva pas le défi d’un Irlandais ! »

Catastrophés, le Docteur et Zoe voient Jamie bondir sur le ring, sous les ricanements des spectateurs. Il faut dire qu’il fait figure de gringalet face à l’imposante carrure du boxeur. Après que Jamie ait enfilé une paire de gants de cuirs tendue par l’arbitre, le combat s’engage. Les deux adversaires se tournent autour, se jaugeant du regard. D’un bond, Jamie se jette sur John Sullivan qui esquive sans mal le direct du jeune Ecossais, répliquant dans la foulée par un violent uppercut qui met Jamie KO illico. Affolé, le Docteur bondit sur le ring secourir son ami.

– « Ah! – s’exclame, ravi, Sullivan – Voici un second concurrent ! J’espère que tu seras plus coriace que ce freluquet, Papy ! »

– « Vous faites erreur, je… » bafouille le Docteur.

Mais John L. Sullivan ne l’écoute pas et fond sur lui. Dans le public, résignée, Zoé secoue la tête tandis que le Docteur court autour du ring, poursuivi par un Sullivan hilare. Soudain, une demi-douzaine d’Ogrons surgissent, brandissant leurs armes extra-terrestres. Tout le monde se fige. D’un pas mal assuré, l’arbitre s’avance.

– « Si vous venez pour le combat, Messieurs, sachez que l’on boxe selon les règles du marquis de Quinsberry. Les armes sont bien entendu formellement interdites ! »

En grognant une phrase incompréhensible sans aucun doute discourtoise, l’Ogron le plus proche fait feu, désintégrant instantanément l’infortuné. Aussitôt, l’entrepot devient le théâtre d’une panique indicible, chacun courant éperdument pour tenter d’échapper au massacre qui s’annonce. D’un geste vif, le Docteur braque son tournevis sonique vers les monstres, qui émet un faible sifflement à peu près imperceptible dans le tumulte ambiant. Dans l’instant, les armes des Ogrons se disloquent dans leurs mains velues. Retirant ses gants avec un rictus goguenard, John Sullivan saute par-dessus les cordes du ring et se dirige d’un pas menaçant vers les extra-terrestres.

– « N’y pensez même pas! – lui hurle le Docteur – Ce sont des Ogrons! Il battraient un gorille au bras de fer ! »

Mais Sullivan est déjà sur le premier Ogron. L’humanoïde lui décoche un violent coup de poing. Sullivan vacille, tâte sa mâchoire, sourit sinistrement et flanque un terrible direct du droit à l’Ogron qu’il expédie sur l’un de ses congénères. Un terrible pugilat s’engage dans l’entrepôt quasi-désert (ne demeurent plus que Sullivan, le Docteur, Zoé, les Ogrons et Jamie, toujours inconscient) et bientôt, « the Boston strong boy », haletant, trempé de sueur, est debout au milieu des Ogrons inconscients. Essuyant les gouttelettes qui ruissellent sur son front il lâche:

– « Pfff! Ca faisait longtemps que je n’avais pas connu un si beau combat ! »

Mais dans un hurlement, un Ogron surgit derrière lui, faisant tournoyer un lourd crochet de fer au bout d’une chaîne ! Il s’effondre soudain: le Docteur, comme toujours au bon endroit au bon moment, l’a sonné d’un magistral coup de marteau. Serrant (ou plutôt broyant) chaleureusement la main du Seigneur du Temps, Sullivan affirme:

– « Bravo, Docteur ! Vous, on peut dire que vous en avez dans le pantalon ! »

– « Mmm… Je vous retourne le compliment. – répond poliment le Docteur – Si j’avais votre crochet du droit, certains de mes problèmes pourraient être promptement réglés… »

– « C’est d’accord ! – s’exclame Sullivan en lui mettant une affectueuse tape dans le dos qui manque de renverser le Docteur – Je vais vous donner des leçons de boxe ! J’espère que vous aimez voyager car je suis en pleine tournée. Je pars ce soir même en train pour Milwaukee.

– « Peut-on caser une cabine bleue dans un wagon ? »

Pour en savoir plus sur John L. Sullivan : http://fr.wikipedia.org/wiki/John_L._Sullivan

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KathWho (drabble)

Le plein air

-«Ahh respirez-moi cet air pur de la forêt boréal!  N’est-ce pas un endroit merveilleux pour faire de la randonnée pédestre, faire du kayak et profité du soleil!

– «Pour l’instant ce sont plutôt les moustiques qui profitent de nous, non? »dit l’historienne en tuant une des sales bêtes. « Pourquoi nous ne nous rendons pas en haut de la colline AVEC le Tardis? Je ne suis pas sûr d’avoir suffisamment la forme pour un tel effort physique. »

-«Absurde Evelyn! Cela vous fera le plus grand bien, même à votre âge!»

-«Seriez-vous en train d’insinuer que je serais une vieille peau? C’est vous dites avoir plus de 900 ans!» fit-elle, indignée.

– «Ehrrmm hm oui, eh bien, à tous les âges il est bon de savoir se tenir en forme.»

-«Vous vous rattrapez toujours de justesse hm? Bon je vais aller me préparer. On se rejoint en haut?»

-«Oui oui, faite vite! Je ne peux pas attendre de gravir cette montagne qui m’appelle!

 …Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.

Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière

Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,

Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,

Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux ! … »

(François-René de CHATEAUBRIAND, La forêt)

****

En haut de la colline, le Docteur est appuyé sur un arbre, le visage rougi, son manteau sous le bras et le souffle court. Evelyn arrive via le sentier, et s’approche de lui.

-Docteur, ça va?

-Juste…un peu….

-…Épuisé?

– …Pas vous?

-J’ai pris la piste familiale, des bottes, et surtout, une bouteille d’eau. Ce que, visiblement, vous n’avez pas prévu, trop préoccuper à vouloir me prouver que vous étiez plus en forme que moi!

-Quoi?!

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Laureline D. (Texte + reprise de photomontage)

Voici le programme sportif pour les jeux arcadiens de Gallifrey:

Tous ont décidé de s’inscrire au cyclisme. (Il y a un prix spécial pour cette course)

Premier Doctor :

S’étant entraîné particulièrement au cyclisme, il ne fait que cette épreuve.

Second Doctor :

Inscrit en course à pieds :

A vos marques prêt ? «When I say run, run. RUN. »

Troisième Doctor :

Inscrit en Aikido et en course

Quatrième Doctor :

Inscrit en Course de haie  euh non course d’obstacle en écharpe.

Epreuve à ne pas rater,  des scènes de cette course peuvent finir au zapping. Avec obstacles tels que les Daleks ou les Cybermen ou les Macras.

Cinquième Doctor :

Inscrit au Criquet :

En exclusivité, voici sa séance d’habillage. Il est aidé par Peri :

– Doctor, le match va commencer !

– Peri, je ne suis pas prêt, je ne peux pas jouer ainsi habillé. Je cours au dressing me changer.

Cinq minutes après :

– Doctor, plus que quinze minutes !

– Je cherche les habits de criquet. Je n’arrive pas à mettre la main dessus.

Cinq minutes après

– Plus que cinq minutes !

*bruits de vêtements retournés*

– Je ne trouve pas ces maudits habits ! Ne me presse pas ainsi, ça ne m’aide pas.

– Je viens vous aider à les trouver.

– Non, j’ai déjà enlevé les vêtements

Cinq minutes après :

– Doctor, c’est trop tard, le match a commencé.

*Le Doctor sort du dressing, habillé tel qu’il y est rentré, se voit dans un miroir.*

– Mais oui, c’est idéal ce vêtement. Ah mais… oh non, je me suis encore régénéré ! A la réflexion, il n’était pas trop tôt pour cela.

– Doctor, je ne vous reconnais pas !…

– Si c’est trop tard pour le criquet, je retourne au dressing me rhabiller correctement, pas comme maintenant, je ne ressemble à rien.

Sixième Doctor :

Suite à l’entraînement intensif imposé par Mel, il refuse de participer à plus d’une épreuve. Il va participer à la course de vélo quand Mel sera endormie.

Septième Doctor :

Inscrit en base ball.

Malheureusement le Doctor, trop occupé à son entraînement de cuillères, s’est fait remplacer par Ace pour son épreuve.

Huitième Doctor :

Inscrit pour une course d’obstacles.

Course d’obstacles à travers une foule de fangirls de Paul McGann.

RESULTATS :
à l’heure actuelle, seuls les résultats et le déroulement de la course de cyclisme nous sont parvenus. Voici le reportage :

coursevélo

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Marie (drabble)

Jamie se baissa, maudit une fois de plus la hauteur de son kilt – mais d’où venait donc cette idée que son kilt était trop court ? – et saisi l’extrémité du tronc. Il devait faire honneur à son clan et être au moins dans les trois premiers d’une épreuve des jeux des Highlands, mais face à tous ses colossaux écossais, ce n’était pas gagné.

Il lança le tronc à une distance raisonnable. En vrillant l’air, le tronc produit un son qui le fit chavirer. Qu’est-ce que…

Pourquoi avait-il l’impression qu’il avait des souvenirs d’impressions, mais sans les souvenirs ?

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 22 juillet a 20h00 🙂  (pour la France. Au Quebec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) A envoyer à : romanatrelundarIV@gmail.com (plus sécurisant que les messages facebook, car les mails je peux les épingler… pas les messages facebook)

Le sujet de cette semaine:

« Révolution »

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Artisons #13: Spécial « Superstition »

Avant de lancer le prochain défi, voici les participations du précédent appel sur le thème « Manipulation ». Participation peu nombreuse, mais en période de pré-examen, ce n’est peut-être pas si étonnant.

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Alda Rana (Fanart)

« Les deux Susans »

susans

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David P. (Fanart)

stargateXdoctorwho david papazian

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Eridann (250 mots)

Doctor who and the Jaffa 

«Science fiction is an existential metaphor that allows us to tell stories about the human condition. Isaac Asimov once said, « Individual science fiction stories may seem as trivial as ever to the blinded critics and philosophers of today, but the core of science fiction, its essence, has become crucial to our salvation, if we are to be saved at all. » » (Teal’c)

« Arey’kree kal’ko’na gan mo’a kree tal shal’mac (Restez où vous êtes, que faites-vous ici ?  Les mains en l’air, Identifiez-vous ! )

–  Jaffa ya’ol’wa ? Tel nol te’ak, matal semmoun (Jaffa, que se passe-t-il ? je suis des vôtres, je suis un ami)

–  Ajak ti’ma’fa yei’roy (Idiot, tu vas connaître le châtiment divin !)

– Shel’o tel yuwai’wadat’ko me matal yuna’sede (Inclinez-vous! J’étais mort, mais je suis de votre espèce)

– Ha’taaka, ket tal schre shel pac herac Apophis ! Jaffa sha’lokma’kor  (Traitre, tu mens, tu vas connaître la colère d’Apophis ! Jaffa tuez le)

– Nok’tel’ko lo komoc! (Au secours, laissez-moi passer), dit-il s’enfuyant en courant.

Parvenant à ouvrir la porte du Tardis, esquivant les tires des Jaffas, le Docteur coloré se réfugia dans le Tardis.

– Peri, c’est la dernière fois que je vous laisse piloter le Tardis. Non seulement, tu as désactivé la fonction de traducteur et j’ai du parler Goau’ld , mais pire encore tu m’as posé sur Chulak alors que je voulais aller sur la station Babylone V pour saluer l’ambassadeur Koch. Elle risque d’exploser avant que nous y arrivions ».

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Florent F. (fan-art+1000 mots)

         Le silence et l’obscurité régnaient depuis des millénaires sur l’antique pyramide lorsque, dans un bruit d’aspirateur, le TARDIS se matérialisa. Les deux battant s’ouvrirent en grinçant et un Docteur tout sourire, vêtu d’une veste verte et d’une chemise à jabot, en sortit d’un pas conquérant, immédiatement suivi par un homme en uniforme militaire à fine moustache brune.

– « Ah ! L’Egypte pharaonique ! – s’exclama le Docteur – Ses mystères, ses pyramides… »

Sans se départir de son flegme britannique, le brigadier Alistair Gordon Lethbridge-Stewart l’interrompit. Ils étaient là pour une raison bien précise: retrouver l’Amulette de Seth, un légendaire artefact osirien aux pouvoirs immenses que convoitait le Maître pour asseoir ses ambitions. Il s’agissait de s’en emparer avant lui pour la mettre en sécurité.

– « Et comment allons-nous reconnaître ce bijou? » s’enquit le brigadier en jetant un coup d’œil circulaire aux milliers d’objets et de joyaux entreposés dans la chambre mortuaire.

– « Elémentaire, mon cher Alistair: il est serti d’un saphir de Metebilis III. Vous ne pouvez pas le rater. »

– « Si vous le dites… »

Le brigadier commence juste à farfouiller que son compagnon l’arrête. L’objet n’est pas dans cette salle.

– « Petite erreur de matérialisation » ajoute le Docteur avec un sourire gêné.

– « Ah oui? Et comment allons-nous procéder pour trouver un pendentif dans le labyrinthe d’une pyramide de l’ancienne Egypte?

– « J’ai un plan! » répond triomphalement le Docteur en sortant un parchemin de sa veste.

Le brigadier ne peut s’empêcher de hausser un sourcil suspicieux.

– « Est-il fiable? »

– « Parfaitement fiable! Je le tiens de l’architecte Numérobis en personne! Suivez-moi! »

L’antique parchemin en main, le Docteur s’engouffre dans un couloir, suivi par un brigadier résigné… avant de faire brusquement demi-tour.

– « Vous allez rire: je tenais le plan à l’envers! »

Les deux compagnons déambulent de longues minutes dans les corridors de la pyramide, gravissant des escaliers, traversant d’immenses salles ornées de peintures et de hiéroglyphes. Durant ces interminables minutes, le brigadier supporte vaillament le non moins interminable monologue du Docteur, lui comtant ses courses de char avec Ramsès II.

Soudain, alors qu’ils s’apprêtent à quitter une énième chambre, le Docteur s’immobilise. Des pas résonnent dans le couloir. Sans un bruit, le Docteur et le brigadier se placent en embuscade de part et d’autre de la porte, retenant leur souffle.

Deux silhouettes sortent de l’ombre. Le premier, un homme d’âge mûr à collier de barbe, portant veste en tweed et nœud-papillon, n’a pas le temps d’apercevoir nos héros que déjà le Docteur lui assène un coup dont il a le secret!

– « Ca, c’est de l’aïkido vénusien! » fanfaronne le Seigneur du Temps.

– « Et ça, c’est de la boxe anglaise! »

Vif comme l’éclair, le second individu vient de décocher un puissant direct du droit à l’infortuné Docteur qui s’effondre sur sa victime. Le brigadier s’apprête a intervenir lorsqu’il remarque l’uniforme de son adversaire.

– « Goog grief! Mais vous êtes officier britannique!

– « Capitaine Francis Percy Blake, du MI-5.

– « Brigadier Alistair Gordon Lethbridge-Stewart, de UNIT. »

Les deux hommes se serrent respectueusement la main alors que se relèvent péniblement le Docteur et le barbu – le professeur Mortimer – tâtant douloureusement l’un sa nuque, l’autre sa mâchoire. Il se trouve que Blake et Mortimer cherchent également à contrecarrer les plans d’un génie du mal convoitant l’Amulette de Seth. Sans hésiter, ils choisissent d’unir leurs forces.

Or l’Amulette de Seth est justement en passe de tomber entre de mauvaises mains. Pendue au coup d’une statue à l’effigie du sinistre dieu, l’Amulette de Seth brille d’un éclat bleuté surnaturel. Une silhouette furtive, vêtue de noir, s’en approche. L’homme avance ses mains gantées vers le joyau lorsqu’une voix l’arrête.

– « Halte! Cette amulette m’appartient! »

Le colonel Olrik fait volte-face pour se trouver face à face avec le Maître, qui le regarde fixement. D’une voix qui n’admet nulle réplique il ordonne:

– « Vous allez me la remettre calmement. »

Il vous faut à ce propos savoir que le Maître, double maléfique et éternel rival du Docteur, maîtrise à la perfection l’art de l’hypnose. Il en use et en abuse volontiers.

– « Mon cul, oui! » rétorque – discourtoisement, je vous l’accorde – Olrik.

Il vous faut à ce propos savoir que l’art de l’hypnose du Maître se révèle parfois totalement inefficace. Olrik empoigne son Browning mais le Maître, téméraire, se jette sur lui.

Toujours progressant à travers les corridors, le Docteur, le brigadier Lethbridge-Stewart, le capitaine Blake et le professeur Mortimer entendent une détonation et prennent le pas de course. Ils font bientôt irruption dans la salle où a lieu l’affrontement pour découvrir le Maître et Olrik, coincés, entremêlés dans une improbable lutte contorsionniste, s’invectivant mutuellement. Un large sourire éclaire le visage du Docteur.

– « Messieurs, il semblerait que nos ennuis soient terminés. »

Triomphant, les quatre compagnons libèrent les malfaiteurs de leur étreinte, les ficellent solidement et – après que le Docteur a tourné et retourné plusieurs fois son plan – reprennent le chemin de la sortie. Fort civilement, les deux agents de UNIT proposent à leurs homologues du MI-5 de les raccompagner en TARDIS, ce qui ne manque pas d’impressionner Philip Mortimer et Francis Blake (qui ont pourtant vu bien des choses étranges durant leurs différentes missions).

L’amulette de Seth, objet de tant de convoitises, a retrouvé le silence éternel de la pyramide. C’est alors qu’à pas furtifs, mi marchant, mi rampant, s’avance une petite créature chétive restée prudement cachée jusqu’ici. Ses yeux jaunes luisent légèrement dans l’obscurité. D’un bon, elle grimpe sur la statue de Seth et s’empare du pendentif, admirant le joyau bleuté avec un sourire émerveillé et édenté. Dans un souffle elle murmure:

– « Mon précieux… »

et:
Malédiction
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Laureline D. (Texte et Images)

LE PIQUE NIQUE DU DOCTOR

Le doctor Valérian et sa compagne volaient depuis un moment à bord du TARDIS-fugit, conduisant de concert. Le doctor désespèrait toujours que son contrôle temporel était toujours en panne et râlait de cette malchance, qu’il rêvait de retourner à son époque initiale.

Sans titre 1

 

Sans titre 2

Intrigué par une planète plate, le Doctor demanda le nom de ce monde à l’ordinateur de bord. Celle-ci l’informa qu’il s’agissait de Gallifrey. Cette planète les intrigua au point qu’ils choisirent d’atterrir sur un des continents de celle-ci.

Sans titre 3

Après moult disputes, le TARDIS–fugit atterrit sur le continent de gauche qui avait l’ait plus verdoyant.
Guidé par une lumière dorée, ils atterrirent près de deux beaux arbres.

Citation longue d’un livre :

[L’un avait des feuilles vert sombre, dont l’envers brillait comme l’argent, et il répandait de ses fleurs innombrables comme une inépuisable rosée de lumière argentée qui baignait le sol tacheté d’ombres frémissantes. L’autre avait des feuilles vert tendre comme celles du hêtre nouveau, bordées d’une lisière d’or, ses fleurs se balançaient comme des grappes de flammes dorées, cornes lumineuses qui déversaient une pluie d’or sur la terre, et toute cette efflorescence inondait les alentours de chaleur et de lumière. L’un s’appelait Telperion dans le langage de Valinor, et Silpion, et Ninquelótë, et d’autres noms, le second s’appelait Laurelin, et Malinalda, et Culúrien, et fut chanté sous beaucoup d’autres noms.

Au bout de sept heures, chaque arbre allait au plus fort de son éclat puis déclinait jusqu’à s’éteindre et renaître à la vie une heure avant que l’autre ne cesse à son tour de briller. À Valinor, il y avait ainsi deux fois par jour une heure paisible de lumière plus douce où l’éclat pâli des deux arbres mêlait les rayons d’or et d’argent. Telperion, l’aîné, fut le premier à grandir et à fleurir: la première heure qu’il répandit sa lumière, une blanche lueur d’aurore argentée, les Valar ne la comptèrent point dans la suite des heures mais l’appelèrent l’Heure Inaugurale et comptèrent dès ce moment les années de leur règne sur Valinor. À la sixième heure du premier jour, et de tous les jours joyeux qui suivirent jusqu’au Déclin de Valinor, Telperion voyait pâlir ses fleurs et, à la douzième heure, Laurelin sa lumière. Chaque journée des Valar d’Aman comptait douze heures et prenait fin avec la deuxième période où les lumières mêlées faiblissaient, Laurelin sur son déclin et Telperion sur son aurore. Et la lumière qu’ils répandaient se conservait longtemps avant d’être emportée dans les airs ou dissipée dans la terre; la rosée de Telperion comme la pluie de Laurelin s’amassaient dans des réservoirs grands comme des lacs qui étaient les sources d’eau et de lumière du pays des Valar.] (1)
C’était l’heure de manger. La compagne sorti le panier de pique nique, une couverture, du cake au cèleri, des jelly babies, jamie dodgers, cacao, cafetière, etcetera et installa le tout sous l’arbre doré qui était le plus lumineux des deux à ce moment là.

Ils s’installèrent sous  l’arbre doré et mangèrent.

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Au bout d’un moment, des formes avançaient vers eux, ils ne purent définir lesquelles précisément. Par précaution, doctor Valérian cria : « RUN » et prit sa compagnon par la main.

Ils coururent au plus vite vers le TARDIS-fugit, montèrent à bord et partirent au plus vite de cette planète plate

NOTES :
La compagnon du Doctor s’appelle Laureline. Les images de BD et de série animé e sont issues de la bande dessinée réalisée par le scénariste Pierre Christin, le dessinateur Jean-Claude Mézières et la coloriste Évelyne Tranlé. (2)

Le vaisseau s’appelle, dans Valérian et Laureline, le tempus fugit , permet aussi de voyager dans le temps, mais le moteur temporel est en panne à certains moments.

Les formes : ce sont des Valar, qui pouvaient choisir leur apparence. (vf : Le Silmarillion de Tolkien)

(1)    Tolkien, silmarillion : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Silmarillion

(2) Valérian et Laureline,  http://fr.wikipedia.org/wiki/Val%C3%A9rian_et_Laureline.

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Lucille (Fanart + 1000 mots)

C’est une nuit froide de février 1899. Les corbeaux croassent au dessus de la campagne normande, dans ce pays de Caux saisit par le gel. La quiétude de ce paysage nocturne est brusquement interrompue par la course d’un jeune homme d’une vingtaine d’années, hors d’haleine, poursuivit par une meute de chiens dont les babines retroussées laissent apparaître des crocs luisants. Alors que les fauves semblent être sur le point de le rattraper, le jeune homme aperçoit au détour du chemin un objet étrange dont il peut jurer n’avoir pas remarqué la présence précédemment. C’est une sorte de petit cabanon bleu surmonté d’une lanterne affichant au dessus de la porte « Police public call Box ».

– C’est ma chance, se dit il, si ce truc est ouvert, je m’enferme dedans et j’attends que les chiens se calment pour élaborer un plan…

Il se précipite sur la porte qui s’ouvre avec si peu de résistance que le garçon perd l’équilibre en s’appuyant dessus et se retrouve par terre, sur le sol d’un… d’un quoi au juste ? Le jeune homme n’en croit pas ses yeux… Ce qu’il croyait être une toute petite cabane s’avère en réalité contenir une pièce immense. Les aboiements des chiens lui font immédiatement reprendre ses esprits. Il se relève et referme promptement la porte pour s’y adosser et reprendre son souffle.

C’est alors qu’il remarque dans la pièce la présence de deux êtres humains qui le regarde d’un air déconcerté. Le premier est un homme vêtu d’un manteau aux couleurs extravagante et le second est une jeune femme brune (et très charmante, selon sa propre appréciation), du même âge que lui.

– Qui êtes vous et pourquoi le Tardis vous a t’il laissé entrer ? demande l’homme d’un ton furieux.

– Je m’appelle Raoul d’Andresy, répond le jeune homme en reprenant ses esprits. Je ne sais pas qui vous êtes, mais il faut que vous m’aidiez… Ils…

– Bien, bien, calmez vous, reprend l’homme. Asseyez vous ici. Peri, allez lui chercher une bonne tasse de thé, voulez vous ? Je suis le Docteur et voici ma compagne Peri. Vous n’avez rien à craindre avec nous. Racontez nous ce qui vous arrive.

– Les chiens que vous venez de voir forment la meute du comte d’Ypreville. Cet homme possède un bijou qui a appartenu à ma mère, avant qu’elle ne se fasse chasser de la famille pour avoir épouser un roturier. Ce bracelet de diamant est mon héritage, je refuse de le laisser à ce gros sanglier malappris d’Ypreville. Hélas, en voulant récupérer ce qui m’appartient de droit, je suis tombée sur sa femme insomniaque qui a trouvé bon de venir chasser ses cauchemars dans les couloirs du manoir. Elle a crié, je me suis enfui, le compte a lâché ses chiens…

– Il se trouve que j’ai la possibilité de vous aider, jeune homme, mais qui me trouve que ce bracelet est bien celui de votre mère, hum ?

– C’est bien simple, Docteur, il porte sur le fermoir le blason de notre famille, ainsi que les initiales de ma mère, Henriette d’Andresy.

– Hum, puisque le Tardis vous a fait confiance en vous laissant entrer, laissons nous suivre sa décision. Très bien, savez vous où se trouve le manoir, à partir d’ici ?

– A peine un demi kilomètre, au bout de se chemin, derrière la rangée d’arbres.

A ces mots, le docteur s’approche de la table surmontée d’une sorte de colonne et constellée de boutons de leviers. Il se met à en actionner quelques uns. Les yeux ébahis de Raoul sont alors témoins d’un phénomène étrange : la colonne centrale se met à lors à se soulever et à se rabaisser en rythme, alors que toute la pièce semble trembler en émettant une cacophonie digne d’un joueur de trombone ivre mort un soir de 14 juillet. Une fois la manœuvre effectuée, la salle un peu plus calme et Raoul ayant retrouvé sa stabilité, le Docteur se précipite pour ouvrir les portes. A la grande surprise du jeune homme, le cabanon bleu se trouve… devant le coffre d’Ypreville !

– Oh, et bien, et bien… Je ne suis pas peu fier de mon atterrissage cette fois, pile au bon endroit. Merci ma fille ! Dit il en caressant le bois de son étrange boite.

– Dépêchons nous de récupérer le bracelet, Docteur, avant que les habitants de cette maison se posent des questions sur la nature du bruit qu’ils viennent d’entendre.

– Brillante idée, Peri, peut être as tu une suggestion concernant l’ouverture de ce coffre ? Hum ?

– Pour ça, faites moi confiance, dit Raoul, un sourire en coin.

Le jeune homme colle son oreille contre l’acier du coffre fort et commence à faire tourner les boutons. Au bout de quelques tâtonnements, la porte blindée s’ouvre sur une impressionnante collection de bijoux et de titres bancaires.

– Vite, prenez le bracelet, Raoul, et partons d’ici ! Chuchote précipitamment le Docteur.

Alors que la petite troupe regagne le Tardis, un gros bonhomme armé d’un fusil arrive, en robe de chambre, l’air furibard. Raoul lui adresse un petit signe de la main goguenard accompagné d’un sourire narquois avant de refermer les portes derrière lui.

– Merci beaucoup pour votre aide, Docteur. Je n’oublierai jamais la façon dont vous m’avez aidé à regagner un peu de mon trésor familial. Quand à vous, Peri…

Il lui glisse au doigt une petite bague ornée d’un magnifique saphir.

– Cette pierre est loin de rendre hommage à la magnificence de vos yeux, mais j’espère qu’elle comble un petit morceau de l’énorme dette à laquelle je vous suis redevable. M’autorisez vous à pensez à vous quand j’admirerai la couleur de l’océan ?

La jeune femme rougie et se met à glousser alors que son compagnon serre la main du jeune homme.

Tandis que la porte du tardis se referme, laissant le jeune homme s’éloigner, le Docteur se dirige vers la bibliothèque. Il en ressort quelques minutes plus tard, un petit livre de poche en main sur lequel on peut lire « La comtesse de Cagliostro, par monsieur Maurice Leblanc ». Il feuillette l’ouvrage en marmonnant. Ses yeux s’éclairent alors qu’il tombe en arrêt sur une page :

–  Ah ah ! Je le savais ! Bon voyage, monsieur Arsène Lupin* !

* En français dans le texte

et:

dr who lapin

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Marie D. (fanart)

 

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Umanimo (beaucoup de mots)

La Mort

[Avec le Maître et le 13ème Docteur de The Curse of the Fatal Death]

Dans les salons du palais Farnese.

Le Maître regarde la foule en délire, qui remplit le bâtiment de l’ambassade et déborde dans les jardins. Tous ces messieurs très sérieux et ces dames très distinguées, sont aussi déchaînés que les enfants sortant d’une école au moment des vacances. Bousculé de toutes parts, il pose la coupe de champagne qu’il vient de vider, sur le plateau d’un serveur au visage inexpressif. Le domestique slalome avec aisance entre les croupes des rombières et les ventres des milliardaires.

Il étouffe un bâillement. Non qu’il ait sommeil, mais il s’ennuie. Poliment, avec affabilité, mais fermement. Côtoyer tous ses Humains et ne pas pouvoir leur jouer quelques tours à sa façon, afin de tromper sa lassitude, c’est mettre le loup dans la bergerie avec interdiction de goûter à un agneau.

Une fois qu’on a visité toutes les pièces, même les plus secrètes, et qu’on est entré dans l’intimité des maîtres de maison, il n’y a plus rien à faire. Sinon avaler des petits fours et liquider tous les verres d’alcool qui passent.

« Comment suis-je tombé dans ce traquenard ? » songe-t-il avec désespoir.

Le Docteur bien sûr ! Il n’y a qu’elle pour être capable de lui soutirer la promesse de l’accompagner à un bal du Jour de l’An. Il redoute particulièrement le moment où tout le monde embrassera son voisin ou sa voisine, sous le prétexte qu’on vient de passer en l’an 2014 après la naissance d’un prêcheur juif. Il a d’ailleurs prévu de s’éclipser juste avant, quitte à revenir après.

« OH, PARDON ! JE SUIS DÉSOLÉ ! »

Un des invités vient de le bousculer en lui envoyant un coude particulièrement pointu dans les côtes.

« Vous ! s’exclame-t-il.

– QUI MOI ? QUOI MOI ? VOUS ME VOYEZ ?

– Bien entendu que je vous vois ! Je ne risque pas de vous oublier. Pour qui êtes-vous venu, cette fois-ci ? Pour moi ?

– HEIN ? OH NON, NON ! RASSUREZ-VOUS. JE NE SUIS PAS EN SERVICE. JE… M’AMUSE UN PEU. ATTENDEZ… JE ME SOUVIENS, MAINTENANT ! LE MAÎTRE ! VOUS M’AVEZ SOUVENT ÉCHAPPÉ DE PEU. VOUS ÊTES TENACE, HEIN ?

– Et vous avez emmené le Docteur.

– OUI. QUE VOULEZ-VOUS… C’EST LE TRAVAIL. MAIS VOUS L’AVEZ RÉCUPÉRÉE À CE QUE J’AI ENTENDU DIRE. BEAU BOULOT ! TRÈS FORT D’AVOIR SU S’OPPOSER AU DIEU DES ENFERS.

– Alors, vous n’êtes pas ici pour quelqu’un ?

– NON, JE ME DISTRAIS. ENFIN, J’ESSAYE DE COMPRENDRE CE QUI PEUT ÉGAYER LES HUMAINS. UNE FÊTE COSTUMÉE DU JOUR DE L’AN, JE N’AVAIS JAMAIS TESTÉ.

– À minuit, quand tout le monde enlèvera son masque, vous enlèverez le vôtre ?

– IDÉE AMUSANTE. JE NE SAIS PAS ENCORE. DE TOUTE FAÇON, MÊME SI JE L’ENLÈVE, PERSONNE NE VERRA MON VRAI VISAGE, VOUS LE SAVEZ BIEN.

– Je le vois, moi.

– VOUS ÊTES SPÉCIAL.

– Parce que je suis un Seigneur du Temps ?

– NON, PARCE QUE VOUS ÊTES VOUS. VOUS M’AVEZ ÉCHAPPÉ SI SOUVENT QUE VOUS AVEZ APPRIS À ME VOIR. »

Tout en devisant, ils se sont rapprochés du buffet. Cela a été étonnamment facile, alors que quelques instants auparavant, l’endroit était assiégé par la foule. Un espace dégagé entoure la Mort, lequel avance ainsi sans difficulté au milieu du troupeau humain.

Le Maître le voit surcharger une assiette de petit fours et enfouir trois bouteilles de champagne dans les plis de son vêtement.

« VOUS VENEZ ? demande-t-il au Time Lord. J’AVOUE QUE JE M’ENNUIE UN PEU. CE N’EST PAS AUSSI AMUSANT QUE CE J’AVAIS IMAGINÉ. UN COMPAGNON À LA CONVERSATION INTÉRESSANTE NE SERRAIT PAS DE REFUS. »

***

Dans un recoin des jardins du palais Farnese.

Trois bouteilles de champagne plus tard, la Mort et le Maître sont assis derrière un arbuste taillé en boule, qui les dissimule au reste de l’assistance. Ils entendent des bruits divers qui proviennent des autres buissons autour d’eux : des soupirs ou des rires de plaisir.

« LES HUMAINS SONT DES CRÉATURES ÉTRANGES. JE N’AI JAMAIS PU LES COMPRENDRE. ET POURTANT, J’ESSAYE, HEIN ? ÇA FAIT TRÈS LONGTEMPS QUE J’ESSAYE.

– Pourquoi vous donnez-vous cette peine ? répond le Maître. Ils sont tout à fait inintéressants. Celle que j’essaye de comprendre moi depuis longtemps, c’est le Docteur. Sa passion pour les Humains, justement. Ils sont idiots, faibles, lâches, violents, avides, sournois, cruels. Elle fait preuve d’une stupide indulgence envers eux.

– TIENS, remarque la Mort qui n’a pas vraiment écouté ce que disait son compagnon, NOUS AVONS FINI LES BOUTEILLES. ATTENDS ! NE BOUGE PAS, JE VAIS EN CHERCHER D’AUTRES. »

Tandis que le squelette enveloppé de sa houppelande se lève et se dirige vers le buffet, le Maître écoute les bruits alentours en se demandant si leurs ébats, au Docteur et à lui produisent des sons aussi ridicules.

‘Sûrement pas, songe-t-il. On dirait des gorets.’

***

Six bouteilles de champagne plus tard, la Mort tapote le genou du Maître de sa main dure et lui marmonne :

« CHUIS TOUJOURS TOUT SEUL, TU COMPRENDS ? PEUX PAS ME FAIRE D’AMIS AVEC MON MÉTIER. C’EST PAS QU’J’EN AI VRAIMENT BESOIN, MAIS QUAND MÊM’ DES FOIS, J’AIM’RAIS BIEN DISCUTER L’BOUT D’GRAS COMM’ JE LE FAIS M’TENANT AVEC TOI.

– J’suis souvent seul aussi. El’ est toujours partie, voir des merveilles soi disant, ou sauver des mondes. Quelle idée, hein ?

– TU RESTES DANS TON SSAISSEAU, ENCHIN, ENFIN… MACHINE LÀ, QU’EST PLUS GRAND DEDANS ?

– Ouais, tout seul. J’bricole, je m’occupe, mais je m’ennuie. Et quand el’ revient, el’ me raconte ses histoires : « et j’ai sauvé untel ! », « et ils me tiraient d’ssus, mais j’passais entre les balles ! », etc. com’ si ça m’intéressait !

– OH, DIS DONC ! ON EST À SEC À NOUVEAU ! J’REVIENS ! »

Le Maître voit son compagnon de beuverie zigzaguer au milieu de la foule. Le vide qui l’entoure habituellement ne suit pas ses mouvements aussi rapidement qu’il le faudrait, aussi heurte-t-il parfois les gens au passage. Lesquels regardent autour d’eux avec étonnement, se demandant par quoi ils ont été ainsi bousculés.

Lorsqu’il revient, quelques minutes plus tard, il dépose une collection diverse de bouteilles d’alcool sur le sol devant eux.

« Y’AVAIT PUS D’CHAMPAGNE. J’AI TROUVÉ TOUT ÇA. J’AI PRIS TOUT CE QU’ILS AVAIENT. ET MÊME… »

Il a un petit ricanement en produisant un flacon d’un joli vert émeraude.

« DE L’ABSINTHE ! »

La Mort se laisse tomber lourdement à côté du Maître. Il débouche maladroitement un carafon de whisky et enfourne le goulot entre ses dents ouvertes en un sourire permanent. Tout en tétant lui-même une bouteille de kirsch, le Time Lord regarde l’alcool disparaître dans la bouche de son compagnon. Malgré l’absence de chair, le liquide s’évanouit immédiatement. Il ne dégringole pas le long de la colonne vertébrale en franchissant les mâchoires, comme on pourrait s’y attendre.

« Bien sûr, pense le Maître. Ce que je vois n’est que l’apparence qu’il veut bien se donner. Une… personnification anthropomorphique, comme il le dit lui-même. »

Il a le souvenir douloureux de s’être retrouvé avec un aspect semblable et de ses propres difficultés, alors, pour avaler quelque chose. Cette réminiscence ne l’aide pas à se sentir mieux. Pour oublier ce pénible moment, il vide les bouteilles les unes après les autres.

***

D’innombrables litres d’alcool titrant un minimum de 20° plus tard, la Mort donne une accolade osseuse au Maître. Il lui souffle dans la figure un air – un air ? – puissamment alcoolisé.

« T’ES UN COPAIN, TOI ! TU M’JUGES PAS ! FAUT DIRE AUSSI… HIPS ! QU’ON EST UN PEU PAREIL… HEU, TOUS LES DEUX… ENFIN… PAS VRAIMENT PAREIL… MOI, J’FAIS QUE PRENDRE LES GENS… HIPS ! QUAND LE TRAVAIL EST FAIT. TOI, TU M’AS ASSEZ SOUVENT FOURNI DES CLIENTS. ENFIN, PUS TROP DER’NIÈR’MENT, FAUT BIEN L’AVOUER.

– J’ai pormis… heu promis de pplus fair’ d’mal ! J’l’ai pormis… oh zut ! Bref, j’l’ai dit au Docteur… hips ! C’est pas… c’est pas com’ si j’avais pas l’habitud’ de pas faire c’que je dis. Hein ? Tu m’as compris ? Non ? Enfin, moi… j’me comp… p… prends. Mais cet’ fois-ci, c’est différent, tu vois ? C’est bizarre, hein ? J’peux pas… j’peux pas lui mentir. Hips ! C’est plus fort qu’moi. Elle me r’garde avec ses yeux bleus et j’suis plus moi-mêm’.

– J’VOIS C’QUE TU VEUX DIRE. ÇA M’A FAIT PAREIL AVEC HIPS ! J’VEUX DIRE… YSABELL. J’AVAIS PAS D’AUTORITÉ SUR CET’ GAMINE.

– Ysabell ?

– YEP ! MA FILLE… ADOPTIVE ‘VIDEMMENT.

– J’aurais jamais ‘maginé qu’la Mort pouvait avoir un’ fille.

– EL’ M’FAIT TOURNER EN BOURRIQUE. ENFIN, ELLE M’FAISAIT. J’L’AI CASÉE, MAINT’NANT. SACRÉ CARACTÈRE !

– J’croyais pas… hips ! qu’la Mort pouvait avoir une fille.

– TU L’AS DÉJÀ DIT. J’CROIS BIEN QU’T’ES SAOUL, MON COLLÈGUE !

– Moi ? Pas du chout… du tout ! C’est toi qui en tiens une bonne !

– J’PEUX PAS… J’PEUX PAS ÊT’ SAOUL. FAUT AVOIR DE LA CHAIR ET DES GLANDES POUR ÇA. MOI, CHUIS JUSTE UNE PERZO… PERZO… NINIFI… HEUUU… CATION ANTHROPO… HEU… ANTHROPO…

– Anthropophagique !

– OUAIS ! NON ! C’EST PAS ÇA. C’EST ANTHROPO… GRAPHIQUE !

– Ça son’ pas trop… trop… juste non plus anthroporno… graphique.

– T’AS RAISON, C’EST PAS ÇA NON PLUS. BREF, JUST’ POUR TE DIRE QUE J’PEUX PAS ÊT’ SAOUL. S’PAS POSSIB’ »

À cet instant, la Mort fait un sourire encore plus large que d’habitude et s’abat d’un coup en arrière dans un fracas d’ossuaire.

« Ah ! Ah ! Ah ! ricane le Maître. J’te l’avais dit que t’étais bourré ! Moi non ! J’tiens encor’ le coup ! »

Il saisit le flacon d’absinthe et en avale une gorgée. Puis il s’affaisse doucement sur son acolyte.

***

Toujours dans le palais Farnese. Minuit, le 31 décembre 2013 ou bien zéro heure, le 1er janvier 2014.

« Cinq ! Quatre ! Trois ! Deux ! Un ! Bonne Année ! »

Les baisers claquent sur les joues. Ceux qui, la veille, se détestaient, s’embrassent et se souhaitent tous bonheur et santé. On enlève les masques et on rit en apercevant celui ou celle qui est dessous. Les confettis et les serpentins fusent de tous les cotés.

Une jeune femme blonde, déguisée en marquise de Pompadour, cherche dans la foule un homme barbu, vêtu en dandy du XIXème siècle.

« Où est-il passé ? ronchonne-t-elle. Je ne l’ai quasiment pas vu de toute la soirée. Je parie qu’il s’est esquivé, encore ! Incapable de tenir une promesse, comme toujours. »

Elle furète dans toutes les pièces, puis finit par sortir dans les jardins. Ici aussi, c’est le délire. Une farandole s’est formée et elle y est entraînée un instant. Elle arrive finalement à s’échapper et fouille dans les buissons, découvrant des scènes qui auraient été classées triple X par les jurys les moins pointilleux sur la question.

Sans même s’excuser, elle passe à l’arbuste suivant en appelant à voix basse :

« Maître ? Où es-tu ? Si tu as filé en douce, tu me le paieras ! »

Au moment où elle va abandonner, persuadée qu’il doit être retourné dans le TARDIS, elle bute sur quelqu’un qu’elle reconnaît aussitôt.

Inquiète, elle s’accroupit près de lui pour constater qu’il ronfle, bras dessus bras dessous avec une autre personne. Autour d’eux, une multitude de cadavres de bouteilles, champagne et alcools mêlés. Écartant les pans du manteau du compère, elle voit un masque en forme de crâne humain.

« Quel déguisement ridicule ! » pense-t-elle.

Mais sous le masque qu’elle soulève, un autre crâne. Celui-ci est authentique et elle reconnaît le visage de la Mort. Deux petites étincelles bleues tournoient au fond des orbites sombres. Le squelette se redresse d’ailleurs, et il regarde le Maître qui a passé un bras autour de son torse et posé une jambe sur les siennes.

« IL TIENT PAS L’ALCOOL, ON DIRAIT.

– Évidemment ! s’insurge le Docteur. C’est facile pour vous, vous n’avez pas de système digestif. L’alcool ne doit avoir aucun effet. Dans quel état vous me l’avez mis ! ajoute-t-elle, furieuse. S’il a des problèmes à cause de ça…

– NE VOUS ÉNERVEZ PAS. JE VAIS VOUS AIDER À LE RAMENER DANS VOTRE MACHIN LÀ, VOTRE TARDIS. ÇA VA ALLER POUR LUI, JE NE L’AI PAS SUR MA LISTE.

– Vous n’avez pas intérêt ! Sinon, je vais faire un scandale à tout casser chez les Immortels ! Et j’en touche un mot aux Contrôleurs.

– NON, NE FAITES PAS ÇA ! s’exclame la Mort, alarmé.

– Je vais me gêner ! grince le Docteur entre ses dents.

– BON SANG ! CE QUE VOUS ÊTES PROTECTEURS L’UN ENVERS L’AUTRE ! JE NE VOULAIS PAS L’ABÎMER VOTRE CHÉRI, ON S’EST JUSTE LAISSÉS EMPORTER. DANS QUELQUES HEURES, IL N’Y PARAÎTRA PLUS. LE TEMPS QU’IL CUVE. »

Le Docteur et la Mort – dont l’une a un nom masculin, mais est une femme et l’autre un nom féminin, mais est un homme, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué – attrape le Maître, l’un par les pieds, l’autre par les épaules et l’emmènent au milieu des fêtards qui s’écartent sur le passage du grand squelette.

***

Dans le TARDIS.

« Là ! Attention à sa tête ! »

Ils déposent le Time Lord ivre sur son lit. Le Docteur lui enlève ses chaussures, desserre ses vêtements et va chercher dans la salle de bain une serviette qu’elle a mouillée et qu’elle pose délicatement sur son front. Pendant ce temps, la Mort la regarde faire avec intérêt.

« COMMENT ÇA S’APPELLE CE QUE VOUS ÊTES EN TRAIN DE FAIRE, LÀ ? demande-t-il.

– Pardon ? répond le Docteur. Je ne suis pas sûre d’avoir bien compris ce que vous vouliez dire.

– EH BIEN, DE LUI ENLEVER SES CHAUSSURES, ET TOUT LE RESTE QUOI.

– Je le mets à l’aise pour qu’il se sente mieux.

– PARCE QUE VOUS VOUS SOUCIEZ DE SON BIEN-ÊTRE, C’EST ÇA ?

– Oui.

– C’EST LA MÊME FORCE QUI L’A POUSSÉ À RISQUER SA VIE POUR ALLER VOUS RÉCUPÉRER EN ENFER, N’EST-CE PAS ? »

Le Docteur réfléchit quelques instants. Puis elle confirme :

« Oui, c’est pareil. Ça s’appelle l’amour.

– CERTAINS DISENT QU’IL EST PLUS FORT QUE MOI.

– Il l’a bien prouvé il n’y a pas si longtemps, non ?

– OUI, EN EFFET… POUR UN MOMENT, conclue la Mort. CEPENDANT, JE GAGNE TOUJOURS.

– C’est vrai », murmure le Docteur.

Elle se penche pour ramener sur le lit le bras du Maître qui a glissé. Lorsqu’elle se redresse, son visiteur a disparu.

Elle s’assoit au chevet de son compagnon avec un soupir.

« Chu comp… comprends, chu comprends, bredouille celui-ci en s’agitant dans son sommeil éthylique. Ch’l’aime… d’puis toujours… j’crois. ‘lors quand el’ m’r’garde z’avec zes yeux bleus… peux pas lui résizzzzzz… »

***

[La Mort est un personnage emprunté à Terry Pratchett et qu’on trouve dans les Annales du Disque-Monde]

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Le règlement reste le même. Vous avez jusqu’au Mardi 17 juin a 20h00 🙂 2 semaines cette fois-ci pour causes d’examens (pour la France. Au Quebec, prenez en compte le décalage horaire. Sorry!) A envoyer à : romanatrelundarIV@gmail.com (plus sécurisant que les messages facebook, car les mails je peux les épingler… pas les messages facebook)

Le sujet de cette semaine:

Superstition

 

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