Even more of ME!

« Encore plus de MOI ! » Comment s’étonner que l’égo du Sixième Docteur frémisse d’aise devant les superbes productions qu’il a inspirées.

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biggerontheinside (texte)

Séparer les couleurs

Après ses mésaventures et courses sur Jaconda, le Docteur avait décidé de nettoyer son manteau. Après tout, il était important que celui-ci reste immaculé afin de pouvoir imposer son resplendissement aux yeux ébahis du reste de l’univers. Cependant, il fut rapidement confronté à un problème de taille : comment le laver efficacement ? En effet, le vêtement ne portait pas d’étiquette et était fait d’un tissu particulier dont le Docteur ignorait tout. Il était inquiet à l’idée de ruiner le vêtement, mais se rassura en se rappelant qu’il en possédait plusieurs exemplaires et qu’il pouvait donc se permettre d’expérimenter un peu.

Quelques heures et de nombreuses tentatives plus tard, le Docteur dut se rendre à l’évidence : aucune des méthodes qu’il connaissait n’avait fonctionné. Les résultats de ses expérimentations gisaient sur le sol ; les couleurs avaient bavé les unes sur les autres ou s’étaient unis en une couleur marron peu seyante pour un Seigneur du Temps tel que lui. L’un des manteaux, curieusement, était devenu bleu ciel.

Désespéré, le Docteur allait se résoudre à abandonner lorsqu’un éclair de génie le frappa : il lui suffisait de consulter la base de données du Tardis ! Une base de données portant sur l’intégralité de l’espace-temps contenait forcément le renseignement qu’il cherchait. Il retourna donc à la salle de contrôle afin de consulter l’ordinateur de la console.

Lorsqu’il arriva à destination, Peri avait disparu. Il supposa qu’elle était retournée dans sa chambre et commença à taper sur l’ordinateur. Au bout de quelques minutes, le résultat apparut : le tissu avait été fabriqué par des gobelins de la planète Gringo et repoussait naturellement la saleté ; il était d’ailleurs déconseillé de tenter de le laver, car cela pouvait entraîner des résultats imprédictibles. Satisfait de sa découverte, le Docteur nota mentalement de continuer à s’habiller avec ce type de tissu dans le futur (certaines de ses incarnations avaient déjà oublié de se changer pendant plusieurs années) et, se sentant plein d’énergie, décida d’effectuer quelques réparations dans le TARDIS.

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Florent Fayolle (fanart)

Artisons Six

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Johannes (fanarts)

Doctor Who and the Pirates - Best cliffhanger ever FR

Pas touche à mon humaine 800px

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Laureline (texte)

– J’ai envie de pêcher, affirma le Docteur. Peri, nous mangerons du poisson ce soir où nous ne mangerons pas !

Bleu

Le TARDIS atterrit brusquement.

– Où sommes nous donc ? demanda Peri.

– J’ai choisi une planète pour se reposer, avec beaucoup de mers pour pouvoir pêcher.

Le Docteur ouvre la porte du TARDIS et un flot d’eau turquoise rentra. Vite fait, il ferma la porte.

– Ah non, c’est la saison des pluies. Essayons un autre endroit pour se détendre.

Vert

Le TARDIS atterrit brusquement.

– Où sommes-nous donc encore ? Et pourquoi cette envie de poisson ?

– Nous allons pêcher des espèces exotiques.

Encore une fois le Docteur ouvrit la porte du TARDIS et cette fois-ci un éclair vert rentra dans le TARDIS. Le Docteur referma vivement la porte.

– Nous sommes en pleine guerre des sorciers. Essayons d’aller pécher autre part.

Jaune

Le TARDIS atterrit brusquement.

– Cette fois ci, je suis formel, nous allons pêcher ! Nous allons sur Antiopolis IV

Il y a 2 saisons là-bas : un hiver doux où les Rekivores pullulent dans les rivières. L’autre saison, il y a quatre soleils. Le seul moyen de survie est d’aller dans les cavernes.

– D’accord Docteur, répondit Peri évasivement, puis elle alla se changer.

Le Docteur rouvrit la porte et une lumière jaune intense entra. Il referma vite la porte.

– Qu’est ce qu’il y a Docteur ? Nous sommes arrivés ?

– Non, non, Peri, juste une panne du TARDIS.

Et le Docteur fit redémarrer le TARDIS.

Orange

Le TARDIS atterrit de nouveau en silence, et Peri revint.

– Allons-y Docteur ! Que cette idée de poisson vous passe le plus vite possible.

Et Peri ouvrit la porte. Un désert de sable orange s’étendait à ses pieds.

Peri parla avec beaucoup de précautions.

– Euh, Docteur, cela ne ressemble pas à votre description.

– M’accuserais-tu de mentir? C’est une petite erreur de quelques parsecs, repartons.

Rouge

– Cette fois-ci, je vais pêcher sur la planète forestière Fangwood. Je connais une petite rivière pleine de Juskeux, des poissons difficiles à attraper, mais bons pour faire une bouillabaisse.

– Une bouillaquoi ? demanda Péri

– Une bouillabaisse ! Dois-je t’informer de tout Peri ? Nous sommes arrivés ! Allons-y !

Le Docteur ouvrit la porte

Une nuée d’abeilles rouge vif entra et attaqua les occupants du vaisseau. Encore une fois, il referma les portes.

– ENCORE REFAIT ! PAS MOYEN DE PÊCHER DANS TOUT L’UNIVERS ! Puisque c’est ça, nous allons plutôt aller faire du ski dans les Montagnes Blanches.

Blanc

Le TARDIS atterrit brusquement…

Le Docteur redémarra le TARDIS et celui-ci atterrit quelques minutes plus tard.

– Sommes-nous à la bonne destination Docteur ? Vous vous trompez souvent.

– Bien sûr, nous sommes sur une magnifique planète où je pourrais pêcher des Gumblejacks.

[suite dans The Two Doctors]

 

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Lise Hamaide (fanarts)

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Marie Valerio (texte)

Une Mort sucrée

« Tu ne me fais pas peur. » songea le Docteur, lançant un regard de défi à l’ennemi qui se dressait devant lui. « Tu n’es qu’une machine, une vulgaire carcasse métallique sans âme. Tu as eu le dessus la dernière fois mais cette fois-ci, je ne te laisserai pas ce plaisir. »

D’un pas ferme et résolu, le Docteur monta sur la balance. L’aiguille s’agita sous son poids, hésitante, puis s’arrêta finalement sous les applaudissements de la jeune fille rousse.

« Félicitations Docteur ! Six kilos en moins, vos efforts ont porté leurs fruits ! »

Le Docteur eut un petit rictus de satisfaction.

« Quand je pense que vous doutiez de moi, Mel. Je vous avais bien dit que j’avais un excellent métabolisme. »

« Si vous le dites. Heureusement tout de même que j’étais là pour m’assurer que vous pratiquiez vos exercices quotidiens. Pas toujours de bonne grâce d’ailleurs… »

« Le fait est que les résultats sont là. Je propose d’ailleurs d’aller fêter ça. Miss Bush, que diriez-vous d’aller visiter une nouvelle planète ? »

« Vous n’allez pas encore nous amener sur une planète peuplée de monstres aux dents pointus ? »

« Rassurez-vous, j’ai une destination bien plus tranquille en tête. » fit-il, un sourire malicieux aux lèvres.

******

Quelques instants plus tard et à quelques années lumière de là, le TARDIS se matérialisa sur une planète très animée, au cœur d’une ville futuriste dont les rues composées d’une multitude d’échoppes bigarrées embaumaient de mille saveurs. Le Docteur ouvrit la porte et, d’un geste théâtral, désigna la rue grouillante de monde qui se trouvait face à eux.

« Melanie, bienvenue sur Netkisch ! Aussi appelée « le garde-manger de l’univers ». Les plus grands restaurants de la galaxie rassemblés sur une planète entièrement dédiée à l’art culinaire. Les visiteurs viennent des quatre coins du cosmos savourer les plats les plus extraordinaires dans ce temple de la gastronomie. Sentez ces délicats effluves de nourriture : cela ne vous met-il pas en appétit ? »

« Docteur…» maugréa la jeune femme d’un ton réprobateur « Pour fêter la réussite de votre régime, la première chose qui vous vient à l’esprit est de vous remplir la panse ? »

Le Docteur prit un air offusqué.

«Il ne s’agit pas de se remplir la panse ! Je vous parle des mets les plus raffinés de l’univers connu ! C’est un endroit que je rêve de visiter depuis que j’ai dérob…fait l’acquisition de mon TARDIS, mais j’ai toujours craint que ma silhouette en pâtisse. Maintenant que je suis svelte, je peux bien me permettre quelques écarts. Et entre nous, n’êtes vous pas curieuse de goûter à la cuisine spatiale ? »

« Justement, j’ai peur qu’elle soit un petit peu trop « spatiale » à mon goût… »

« Une bouchée de Krynoid ? »

Une curieuse petite femme venait de surgir devant Mel et le Docteur. Son apparence était humaine mais sa courte taille, ses sourcils verts proéminent et les étranges dards qui clairsemaient sa peau indiquaient sans équivoque qu’elle ne provenait pas de la planète Terre. Elle tendit à Mel un plateau garni d’une pyramide de petits feuilletés ronds.

« Bien volontiers ! » s’exclama le Docteur avant de mordre à pleines dents dans l’une des bouchées de Krynoid, incitant Mel à faire à faire de même. « C’est aux plantes, ça devrait vous plaire. »

La jeune femme, d’abord circonspecte, porta l’un des feuilletés à sa bouche avant d’émettre un « Hummm » de surprise.

« Docteur…je crois sincèrement que c’est l’une des meilleures choses que j’ai jamais mangées. »

« Rien d’étonnant ! Les Etrogums sont de fins cordons bleus, sans doute les meilleurs cuisiniers qui soit. Et avec un vrai sens du raffinement ! Tout le contraire de leurs cousins, les Androgums. Mais je suis sûre que cette jeune demoiselle se fera un plaisir de nous le démontrer en nous conduisant à son restaurant. »

«Qu’est-ce qu’on attend alors ? » approuva Mel en prenant une nouvelle bouchée.

******

Au même moment et à quelques pas de là, un jeune cuisinier local échappait de justesse à une poêle à frire qui vint s’écraser avec fracas sur les murs de sa cuisine.

« Espèce d’incapable ! Tu veux donc me laisser mourir de faim ? » tonna l’immense Androgum qui venait de lui adressser ce projectile.

« Désolé patron, mais je n’y peux rien si notre garde-manger est vide. Je ne peux pas à la fois être aux fourneaux et m’occuper du ravitaillement. Les clients se font rares et nos effectifs se sont considérablement réduits ces derniers temps. Le fait que vous ayez dévoré la plupart de vos employés n’aide pas… »

Shakeese, l’Androgum, s’approcha du jeune cuistot et, d’une main sur la gorge, le souleva dans les airs comme s’il ne pesait rien.

«Écoute-moi bien Latruffe… »

« Trifflle. Je m’appelle Trifflle. »

« Écoute-moi bien Trifflle : je suis affamé. Cela fait des jours que tu ne me proposes que des denrées répugnantes. Encore un repas à manger de l’Ood et je vais mourir d’une indigestion. D’ici ce soir, j’exige quelque chose de nouveau, quelque chose de bon et de consistant, ou bien c’est toi qui passera à la casserole. Pigé ? »

Le souffle coupé, Trifflle acquiesca péniblement. Quand son maître eut relâché son étreinte, il s’empressa de prendre ses jambes à son cou, esquivant au passage une batterie de casserole que Shakeese avait lancé en sa direction, et se rua hors de la cuisine au son de : « Et ne remets pas les pieds ici sans une denrée d’exception ! Maudit Etrogum !»

******

En traînant les pieds, le malheureux cuistot se mit en quête de l’ingrédient parfait, sondant du regard la foule qui se pressait dans les rues.

« Un curry de Kraal ? Non, c’est plein de nerfs le Kraal, c’est un cauchemar à cuisiner. Un sauté de Sontarien ? Immangeable. Un ragoût de Racnoss ? Non, je lui en ait déjà servi plusieurs fois. Il a dit qu’il voulait goûter quelque chose de nouveau. Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui préparer ? »

Trifflle soupira. Travailler au service d’un Androgum n’était vraiment pas de tout repos. Ce n’était pas pour rien que son peuple évitait généralement d’accueillir leurs lointains cousins dans leurs restaurants. Des clients extrêmement difficiles, jamais rassasiés. Lui avait eu le malheur d’en avoir un pour patron. Il était tout aussi exigeant et insatiable que ses congénères mais il était aussi plein aux as. Et Trifflle ne pouvait pas se permettre de perdre sa place.

Alors qu’il se remettait en chasse, son regard s’arrêta sur un manteau aux couleurs criardes. Intrigué, il s’approcha discrètement de l’individu qui arborait une si étrange tenue.

« Vois-tu, autrefois, les Etrogums et les Androgums partageaient la même planète. » expliquait le manteau à la jeune femme qui l’accompagnait. « Les premiers étaient au service des seconds et suaient sang et haut à longueur de journée pour leur préparer leurs gargantuesques repas. Mais les Androgums n’étaient jamais satisfaits, réclamaient encore et encore plus de nourriture. Alors les Etrogums, fatigués d’être ainsi réduits en esclavage, prirent la fuite et se mirent en quête d’une nouvelle planète où ils pourraient développer leurs dons en matière de gastronomie. C’est ainsi que fut fondée Netkisch. »

« Tout cela est très intéressant Docteur, mais expliquez moi une chose… »

« Quoi donc ? »

« Pourquoi ce restaurant ne proposait-il que des amuse-bouche ? »

« C’est très simple, voyons : chaque restaurant de cette planète a sa spécialité. Certains restaurants sont spécialisés dans les amuse-bouche, d’autres dans les entrées et d’autres dans les desserts. Et bien sûr, on trouve des restaurants pour tous les plats possibles et imaginables. »

« C’est un bien étrange fonctionnement. Cela dit, je dois avouer que nous en avons mangé tellement que je ne pense pas pouvoir avaler grand chose de plus. »

« Absurde ! Nous n’allons pas repartir après n’avoir visité qu’un restaurant ! Vous devez au moins goûter aux desserts que l’on trouve sur Netkisch. D’une finesse et d’une délicatesse incroyable ! Je vous parle de crème chantilly plus légère que les nuages, d’îles flottantes qui flottent réellement !»

« Je vois que notre visite vous a tout juste ouvert l’appétit. C’est à croire qu’en plus d’avoir deux cœurs, les seigneurs du temps ont deux estomacs. »

Le Docteur allait se scandaliser des paroles de Mel, quand un jeune Etrogum en toque et tablier vint lui taper sur l’épaule.

« Excusez-moi cher monsieur, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre votre conversation. Je me vante de servir dans mon restaurant certains des meilleurs desserts de la galaxie. Je serai très honoré de vous convier vous et votre amie à venir déguster nos plus belles créations, notamment notre célèbre charlotte vénusienne à six étages. »

Les yeux du Docteur se mirent à pétiller à la mention de l’extravagante pâtisserie. Il se tourna vers sa compagne avec enthousiasme.

« Vous entendez ça, Mel ? Six étages ! »

« Docteur » le sermonna-t-elle. « Tout cela n’est pas bon pour votre ligne, vous le savez. »

Le Docteur, l’air ennuyé, se pencha vers elle et lui glissa sur le ton de la confidence :

« Vous savez, après avoir dégusté un bon dessert, je pourrais envisager de nous conduire vers la plus grande salle de sport de la galaxie. Mon incarnation précédente était un bon client, je suis sûr qu’ils nous laisseront assister à un cours. »

Le visage de Mel s’illumina.

« Personnellement, j’ai un faible pour les îles flottantes. »

Elle prit gaiement le bras du Docteur et tous deux suivirent l’aimable cuisinier, qui se présenta au passage sous le nom de Trifflle.

« Un seigneur du temps ! » songeait-t-il. « Voilà une denrée de premier choix ! »

******

Le restaurant de Triffle était spacieux et richement décoré. Le Docteur et Mel, confortablement installés dans des fauteuils en velours, consultaient la carte des desserts, qui se trouvait être la seule carte disponible dans le restaurant mais qui comportait plus d’une centaine de mets.

« Avez-vous fait votre choix ? » s’enquit leur hôte, qui jouait également le rôle de serveur.

« Pour ma part, je prendrai la charlotte vénusienne.» choisit le Docteur.

« Et moi je vais prendre la ceinture d’astéroïdes flambée au caramel. » ajouta Mel.

« Excellent choix ! Ce sera prêt dans un instant. »

Triffle regagna sa cuisine en quatrième vitesse.

« Charmant garçon. » commenta le Docteur. « Son établissement a un certain cachet, je trouve. »

« Oh oui ! J’aime beaucoup sa fontaine de chocolat chaud. »

« C’est tout de même étrange que nous soyons les seuls clients ici, vous ne trouvez pas ? »

« En même temps, l’emplacement n’est pas idéal. Si nous n’avions pas rencontré Trifflle, je doute que nous soyons tombé sur ce restaurant. Il est…bizarrement excentré. »

« Et puis ce jeune Etrogum semble être le seul aux commandes. Aucun serveur, aucun commis de cuisine… »

« C’est vrai que c’est étrange. Mais cette planète en elle-même est assez étrange, si vous voulez mon avis. »

« Mel, vous qui avez gardé votre sac, est-ce que vous n’auriez pas emporté une… »

« Et voilà ! » l’interrompit le cuisinier, de retour avec deux énormes plats. « Une charlotte et une ceinture d’astéroïdes flambée ! »

« Déjà ? Quelle rapidité ! »

« Régalez-vous ! J’espère que cela va vous plaire… » ajouta leur hôte d’un air nerveux.

Le Docteur n’avait pas besoin de l’entendre dire deux fois. Alors que Mel contemplait d’un air perplexe la farandole de beignet qui flottait au dessus de son assiette, il plongea sa fourchette dans le première étage de l’imposante pâtisserie.

« Hmmm ! Quel régal ! Des fruits confits ! Voilà qui est audacieux ! Et chaque étage à sa propre saveur. Goûtons le deuxième : du miel ! Des noix ! Et celui-ci est à la nougatine. Et celui là aux pralines… »

Avant qu’il ait eu le temps de terminer sa phrase, la tête du Docteur vint s’écraser dans la crème pâtissière.

******

Quand il reprit connaissance, le Docteur se trouvait dans la cuisine du restaurant, cuisine qui étrangement était à l’envers. Du moins, c’est ce qu’il crut au premier abord. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que c’était en fait lui qui avait la tête en bas.

« Tiens, voilà mon repas qui se réveille ! Tant mieux, tant mieux, j’adore les entendre crier pendant la cuisson. »

Le Docteur faisait face au propriétaire des lieux, Shakeese, l’Androgum ventripotent qui avait revêtu pour l’occasion un gigantesque tablier aux allures de bavoir et qui buvait goulument du vin dans une coupe de la taille d’un trophée de golf. Le seigneur du temps était pendu par les pieds au plafond de la cuisine, ligoté comme un saucisson au-dessus d’une marmite fumante. Triffle, aux fourneaux, préparait la sauce qui devait l’accommoder, accompagné de Mel, à qui on avait fourni toque, tablier et de lourdes chaînes aux chevilles.

« Qu’est-ce que ça signifie ? » s’indigna le Docteur. « Mel, que se passe-t-il ? »

« Je suis vraiment désolée Docteur. » gémit Mel d’une voix tremblante. « La nourriture était droguée. »

« Bienvenue dans mon restaurant ! Votre amie ici présente est ma nouvelle employée ! Quant à vous, vous avez l’honneur d’être au menu de ce soir : vous êtes le plat principal ! »

« Voilà donc le vrai visage de cet établissement. Trifflle, comment pouvez-vous collaborer avec cet individu ? Votre peuple s’est battu pour se libérer du joug des Androgums, et vous vous mettez au service de ce criminel ! »

Entre deux pincées de sel, Trifflle bredouilla d’une voix cassée :

« Vous croyez que ça me fait plaisir de travailler pour ce monstre ? Je n’y peux rien si je suis tombé sur le seul Androgum qui ait fait fortune ! Depuis qu’il a racheté le restaurant, je passe mon temps à piéger de malheureux clients pour qu’ils finissent dans l’assiette du patron, mais au moins ce boulot paye bien. Pardonnez-moi s’il faut que je gagne ma vie, j’ai une femme et un enfant en bas âge moi, monsieur ! »

« Assez bavassé, place au dîner ! » rugit le patron. « Employée ! Allez attiser le feu, mon estomac crie famine. Et resservez-moi du vin ! »

Il tira avec force sur les liens qui entravaient Mel afin de l’entraîner vers la marmite. La jeune femme leva un regard désespéré sur son ami.

« Docteur, qu’allons-nous faire ? »

« Mel, écoutez-moi bien » murmura le Docteur à l’oreille de sa compagne. « Vous allez faire exactement ce qu’il vous dit… »

Mel écouta attentivement ses paroles tout en faisant mine d’attiser le feu. Puis, elle s’empressa d’aller remplir la coupe de Shakeese, dont l’estomac faisait des bruits de tonnerre.

« Dépêche-toi avec la sauce, fainéant ! J’ai tellement hâte de planter mes crocs dans ce seigneur du temps… »

Il vida sa coupe d’un trait, buvant à grandes lampées. Puis, s’essuyant les babines d’un revers de la manche, il saisit de sa main libre un couteau de boucher.

« Bien, il est temps pour notre invité de passer à la cass… »

Un vigoureux hoquet l’interrompit alors. Horrifié, il porta les mains à sa gorge comme s’il réalisait seulement ce qu’il venait d’ingurgiter.

« Quelle est cette horreur ? Ce n’est pas du vin ! Qu’avez-vous mis dans mon verre ? »

De violents spasmes parcoururent son corps, ses genoux se mirent à fléchir et sous les yeux horrifiés de son unique employé, l’Androgum se retrouva bientôt sur le carrelage de la cuisine, le corps parcouru de terribles convulsions.

« Poison…c’est du poison…on m’assassine ! » geignait-il.

Bientôt, les convulsions stoppèrent, et Shakeese se retrouva tout à fait inerte. Trifflle, abasourdi, était resté figé, sa casserole de sauce bouillante à la main, ne semblant pas réaliser ce qui se déroulait sous ses yeux. Le Docteur s’éclaircit bruyamment la gorge, comme pour lui signifier qu’il aurait été courtois de bien vouloir le détacher, ce que Triffle fit immédiatement, se confondant en excuses.

« Je suis vraiment désolé, comprenez-bien qu’il m’aurait retrouvé et qu’il m’aurait dévoré moi-même si je ne vous avais pas conduit jusqu’ici. Sans cela, j’aurai rendu mon tablier depuis bien longtemps. Et maintenant qu’il est mort, je ne lui dois plus rien. »

« Détrompez-vous, il est en vie. » dit le Docteur au cuisinier, désignant le corps gisant au sol de son patron. « Mais je vous conseillerais de ne pas traîner dans les parages. Vous n’aimeriez pas être là quand il reprendra connaissance, croyez-moi. »

« Comment ça, il est en vie ? Vous ne l’avez pas empoisonné ? »

En entendant cette accusation, le Docteur et Mel éclatèrent de rire.

« Vous entendez ça, Mel ? Il pense que vous avez mis du poison dans son verre ! Sachez jeune homme qu’il n’y a pas de pire poison pour un Androgum que des légumes frais. »

Mel sortit alors une petite bouteille de son sac, un large sourire aux lèvres :

« Du poison ? Quel poison ? C’est du jus de carotte ! »

Note au-cas-où : les Androgums sont une création de Robert Holme, ils apparaissent dans l’épisode « The two Doctors ».

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Umanimo (fanart et texte)

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« Docteur, vous perdez quelque chose. »

Rira bien qui rira ensemble

Ou

Homme qui rit à moitié dans ton lit

« Héhéhéhéhéhéhé… »

Le Maitre s’introduit dans le TARDIS du Docteur. Il tâte, dans sa poche, un minuscule appareil qu’il a l’intention de coller sous la console de la machine. Ainsi, il pourra non seulement surveiller toutes les allées et venues de son rival, mais il lui suffira d’appuyer sur un bouton spécial de son TCE pour qu’un gaz hilarant se déverse dans la salle de commande. Il se réjouit à l’avance de voir le Docteur se ridiculiser encore plus qu’il ne l’est déjà, lorsqu’il sera pris d’une irrépressible envie de rire.

Après avoir déposé l’objet qui s’est magnétisé immédiatement à la console, le Maitre ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil par la porte donnant vers l’intérieur du vaisseau. Son pied appuie sur quelque chose et il baisse les yeux. C’est le manteau du Docteur qui git sur le sol blanc. Intrigué, il le ramasse. Un peu plus loin, le gilet de tapisserie multicolore traine près d’un mur. Fronçant les sourcils, le Maitre entre, prend cette deuxième pièce de vêtement et il la soulève jusqu’à ses yeux.

« Que diable… » marmonne-t-il.

Son regard rencontre alors un bout de tissu jaune finement rayé de noir. Il avance jusque là pour constater que cette étoffe ne fait que précéder une autre, bleu ciel, ornée de petits cœurs blancs, et encore une autre, immaculée, sur laquelle un point d’interrogation rouge vif se détache.

« Qu’est-ce qu’il fabrique ? »

À cet instant, une voix puissante entonne une chanson gallifreyenne à un volume que n’aurait pas renié une corne de brume.

D’une porte à sa gauche, un nuage de vapeur sort, le faisant tousser.

« Docteur ? appelle-t-il. Vous avez perdu quelque chose. »

Pas de réponse, à part le refrain de la ballade, hurlé par deux paires d’énergiques poumons. Grommelant, le Maitre s’apprête à repartir, puis il se rappelle qu’il a les bras chargés des habits du Docteur. Où les déposer ? Pas sur le sol, à nouveau. Son sens de l’ordre ne le supporterait pas. Il entre dans la salle de bains, espérant y trouver des patères.

L’épaisseur du nuage qui envahit la pièce ne lui permettant pas d’y voir à plus de quelques centimètres, il tâtonne du bout des doigts de la main gauche, le bras droit étant occupé par le costume coloré. Ses phalanges rencontrent quelque chose de souple et de mouillé. Un cri d’orfraie retentit, ainsi que ces paroles bredouillées :

« Qui est-ce ? Qui est là ?

– Oh pardon, Docteur. Je m’en vais. »

Mais il n’a pas le temps de se retirer. Une poigne aussi ferme qu’humide le saisit par le devant de sa redingote et un visage rond aux yeux furieux surgit du brouillard, si près que leurs nez se touchent.

« Toi ! Qu’est-ce que tu fais là, malfaisant ?

– Tes… tes affaires. Elles trainaient partout.

– Et alors ? Qu’est-ce que ça peut te faire ? Tu n’es pas chargé du ménage chez moi, que je sache, non ? »

Sans paraitre se rendre compte qu’il est nu comme un ver, le Docteur sort de la douche avec dignité et attrape une serviette. Il commence à se sécher, en tournant le dos à son congénère, lequel contemple l’arrière train rebondi qui s’agite devant lui. Toujours embarrassé par le tas de tissu qu’il n’ose d’autant pas poser au sol que celui-ci est détrempé, le Maitre finit par battre en retraite dans le couloir.

« Pffou, soupire-t-il, en passant un doigt dans son col brodé. Il faisait chaud là-dedans. »

Ses pommettes ont pris une teinte d’un rose soutenu. Il a tout juste atteint la salle de commandes que le Docteur surgit derrière lui, toujours en tenue d’Adam, et lui envoie un sec :

« Donne-moi mes fringues. »

Après une hésitation, le Maitre retire le caleçon bleu du tas et le tend au Docteur.

« ‘rci », grogne celui-ci.

Appuyé du fessier à la console, il entreprend de l’enfiler. Il fait ensuite un geste des doigts signifiant « le reste » vers le Maitre, lequel sort la chemise blanche et la lui donne. Le Docteur l’enfile et la boutonne soigneusement. D’un nouveau geste, il intime au Maitre de lui passer le reste.

Le Seigneur du Temps renégat cherche le pantalon. Mais celui-ci lui échappe des mains, ainsi que son TCE qu’il n’avait pas lâché lorsqu’il avait commencé à ramasser les habits du Docteur. Le toc ! de son impact sur le sol est aussitôt suivi d’un pschiii ! de mauvais augures.

Environné d’une vapeur rose layette, les deux hommes s’effondrent et commencent à se plier en deux et à se tordre.

« HA HA HA HA HA ! beugle le Docteur, les larmes aux yeux.

– Héhéhéhéhéhé, lui répond le Maitre, hoquetant sans pouvoir s’arrêter.

– Qu’est-ce que… ha ha ha… qu’est-ce qui se pa… ha ha ha… sse ?

– C’est… héhéhéhé… c’est mon gaz hil… hihihi… larant.

– Combien… houhouhouhou… de temps ava… ha ha ha… vant que ça cesse de fai… hai hai hai… re effet ?

– …sais héhéhéhéhé… rien. »

Quelques heures plus tard, épuisés, les zygomatiques envahis de crampes, le ventre toujours secoué de temps en temps d’un reste de crise, les yeux rouges à force d’avoir versé des larmes de rire, les deux Seigneurs du Temps parviennent enfin à se relever et à tituber jusqu’à la salle de bain où ils mettent leurs têtes sous la douche.

« Tu vas me payer ça, ha ha ha, grommèle le Docteur.

– Oh la ferme, Docteur, héhéhéhé », réplique le Maitre.

Enfin calmés, ils attrapent tous les deux une serviette pour se sécher la tête, lorsqu’ils s’aperçoivent qu’ils tiennent la même. Ils se fusillent du regard. Le Maitre tire d’un coup sec son côté pour faire lâcher le Docteur, mais celui-ci fait pareil, seulement avec plus de force.

Le Seigneur du Temps renégat tombe en avant et atterrit dans les bras de son ennemi, déséquilibré, patinant sur le sol mouillé. Le Docteur le saisit à bras le corps et le redresse vivement, dans l’intention de le repousser ensuite. Mais dans son mouvement, leur deux visages se sont à nouveau rapprochés à se toucher…

Nous préférons tirer un rideau pudique sur la suite des évènements.

 

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Les Artisons prennent des vacances. Vous les retrouverez à la rentrée. Bel été à vous.

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Sixième Docteur

Enfin le voilà, l’Artisons sur le Sixième Docteur. Vous avez voté pour lui, alors à vos crayons, logiciels de photomontage, claviers et autres moyens que vous jugerez bons pour nous régaler avec notre Sexy Sixie, tant apprécié sur ce groupe.

 

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À envoyer à umanimo@live.fr avant le lundi 11 juillet, minuit.

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Les Cauchemars du Docteur

Une porte qui grince… un souffle glacé sur votre nuque… êtes-vous certain de vouloir vous aventurer dans cet Artisons ? En tout cas, vous voilà prévenus, Whovians. Au delà de ces lignes, perdez tout espoir d’échapper à vos cauchemars.

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Bab El (fanart)

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Béa Leleu (fanart)

CALLIGAWHO

Calligawho

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Flavien Lenfant (texte)

Au fond du trou.

L’homme se réveilla. Il ne savait plus bien qui il était. Il essaya de se relever, mais à sa grande surprise, il n’arrivait pas à bouger. Difficilement, il levait la tête pour tenter d’apercevoir dans quelle posture il avait encore réussi à se fourrer. Il était vraisemblablement dans un très grand puits, attaché par de très grosses chaînes. Il se mit à hurler, à hurler toujours plus fort. Mais rien. Rien. Vraiment rien, ne serait-ce que l’écho de sa propre voix. Rien ? Peut-être pas rien, car plus il criait et plus les chaînes se serraient toujours plus le long de son corps. Elles lui lacéraient à présent le corps, qui lui semblait en feu. Alors, il se tut. Il décida de réfléchir à la situation plutôt que de l’aggraver. Il se rappela les dernières actions et les derniers événements qui avaient pu le pousser dans cette situation fort peu confortable. Il se souvint fort facilement qu’il était à bord de son TARDIS, et qu’il avait décidé de visiter la nouvelle destination que son véhicule lui avait offert. Il lui semblait bien qu’il avait rencontré son ennemi de toujours. Ou son ami ? Il ne savait plus, un homme à deux visages, tantôt ami, tantôt ennemi mais toujours là, toujours présent, toujours à lui jouer de sale tours. Il pleurait alors. Les larmes coulaient le long de son corps et tombaient sur les chaînes qui au contact du liquide se mirent à fondre. A fondre ? Enfin libre ? Non ! Elles ne fondaient pas ! Elles mutaient ! Elles devinrent plus piquantes, brûlantes. Oui, les chaînes devinrent acide. Cet acide coulait du métal et pénétraient dans les plaies déjà présentes. Le TimeLord sentait bien que les plaies devenaient toujours plus grandes, plus douloureuses. Il sentait la mort venir. Tout son corps allait disparaître. Il n’y avait que peu de chances qu’il puisse régénérer si son corps lui même venait à disparaître ! Devant tant de désespoir, de souffrance, il ne put que faire la constatation que c’était un ami qui l’avait mis dans un tel embarras et qui allait mener à sa mort. Il se mit à rire, à rire, et à rire toujours plus fort ! Son les éclats de rire, les chaînes mutèrent encore, elles riaient elles aussi, par secousse, elles étaient bruyantes dans leur rire, elles se changèrent en un amas de serpents, qui sifflaient et riaient. C’est ainsi que le TimeLord perdit la vie, sans même se souvenir de son identité, percé de plaies, suffoquant, et étouffant.

Et…

Et…

Et… C’est comme alors qu’il se réveilla. Il faisait souvent des rêves de la sorte. Le Maître essuya alors la sueur qui coulait à grosses gouttes sur son front. Décidément, le Docteur était impitoyable avec lui, et même dans ses rêves, il ne lui accordait aucun répit…

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Florent Fayolle (fanarts)

Nightmare-of-Barbara

Le cauchemar de Barbara (petite explication-spoiler : A la fin de l’arc « the Reign of Terror » (qui se déroule en 1794, comme l’atteste la scène de l’arrestation de Maximilien de Robespierre), Ian et Barbara espionnent dans une auberge parisienne Paul Barras et Napoléon Bonaparte, complotant déjà la prise de pouvoir par Napoléon. Or, à cette époque, le jeune Napoléon Bonaparte, du fait de son amitié avec Augustin de Robespierre, frère de Maximilien, était fortement soupçonné de robespierrisme, ce qui lui valut d’être incarcéré au Fort Carré d’Antibes. Une telle erreur n’a put que hanter les cauchemars de la professeur d’Histoire qu’est Barbara Wright !)

Nightmare-of-the-Sontaran

Le cauchemar du Sontarien

Nightmare-of-Davros

Le cauchemar de Davros

Nightmare-of-Six

Le cauchemar de Six

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Johannes (fanarts)

Nightmare-2

Le rêve de Charley

Nightmare-1

Le rêve de Eight

Nightmare-3

Le rêve de C’rizz

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Laureline (bonhommes bâton)

cauchemar-docteur

Le cauchemar du Docteur

cauchemar-jeune-koschei

Le cauchemar de Koschei

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Lise Hamaide (fanarts)

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Marie Valerio (texte)

La planète fantôme

La console du TARDIS commençait à s’agiter. Le module que contenait la colonne centrale se mit à monter et descendre, lentement d’abord, puis de plus en plus en vite, émettant un sifflement familier qui ne pouvait signifier qu’une chose : le Docteur et ses compagnons s’apprêtaient à atterrir sur une nouvelle planète.

Le jeune Écossais fut le premier à répondre à l’appel de l’inconnu. Enfilant sa veste, il s’apprêtait à franchir la porte du vaisseau quand la voix d’une jeune femme le sermonna :

-Attends Jamie ! Cesse de toujours te précipiter sans réfléchir ! Tu ne sais même pas si l’air est respirable dehors.

-Qu’est-ce que tu racontes ? » bougonna Jamie. « L’air est presque toujours respirrrrable là où le TARDIS se pose.»

« Il est très dangereux de sortir sans connaître l’environnement dans lequel on s’engage. » affirma Zoé d’un ton docte. « Jetons d’abord un coup d’œil au scanner. »

Elle leva les yeux sur le petit écran qui surmontait la console du vaisseau, mais celui-ci demeurait noir comme le fin fond du cosmos.

« C’est étrange, on ne voit rien. »

« Et alors ? Nous sommes arrrrivés au beau milieu de la nuit, voilà tout. » fit Jamie en haussant les épaules.

« Mais regarde les coordonnées qui apparaissent sur l’écran. C’est absurde ! Il n’y a rien à cet endroit de la galaxie, strictement rien.»

« C’est impossible, on ne peut pas s’être posés au milieu de nulle part. »

« Je pense tout de même que l’on ne devrait pas s’aventurer dehors avant d’en avoir parlé au Docteur. À propos, où est-il ? »

À cet instant, un cri lointain leur parvint :

« Jamie, Zoé ! Qu’attendez vous ? Venez vite, nous avons une planète à explorer ! »

Derrière eux, la porte du TARDIS était grande ouverte, le Docteur leur faisant signe de le rejoindre au plus vite à l’extérieur.

*****

Un parfum de mort et une brume funeste les accueillirent sur cette planète inconnue donc le sol s’affaissait sous leur pieds tel de la glaise. L’obscurité la plus totale les entourait et l’unique son qui venait rompre le silence écrasant qui pesait sur eux était le bruit de leurs propres pas.

« Eh bien » bredouilla le Docteur « Voilà une atmosphère peu engageante. »

« Je n’aime pas ça » fit Zoé qui le suivait à la trace.

« Tiens donc, tu aurais la frrrrousse ? » l’interrogea Jamie d’un ton taquin.

« Bien sûr que non.» rétorqua la jeune fille, piquée au vif «Je pense simplement que… »

« Silence ! » l’interrompit le Docteur. « Vous entendez ? »

Dans la brume lointaine résonnait ce qui semblait être un cri étouffé, le hurlement d’une bête féroce et potentiellement morte de faim.

« Je ne suis pas sûr de vouloir rencontrrrrer le monstre qui pousse ce genre de cri. »

« Ah, qui a la frousse maintenant ? Rassure toi Jamie, je doute que la vie puisse exister sur une planète aussi peu fertile. Ce que nous avons entendu est probablement un orage qui se prépare. »

« Je n’en suis pas si sûr, Zoé. » répliqua le Docteur. « Cette planète peut au premier abord sembler trop hostile pour accueillir une quelconque forme de vie mais il n’en a peut être pas toujours été ainsi. Suivez-moi, nous allons essayer d’identifier l’origine de ces cris. »

À tâtons, les trois voyageurs commencèrent à tracer leur chemin en direction des hurlements. Leurs yeux s’habituaient petit à petit à l’obscurité, tandis que le sol se faisait de plus en plus compact sous leur pas, révélant une étroite route de pierre. Bientôt, à travers la brume, ils commencèrent à voir émerger des formes rondes et imposantes qui se révélèrent être de gargantuesques globes d’argile.

Le Docteur examina l’une des structures :

« Des habitations. » affirma-t-il. « Ou devrais-je dire des ruines. Nous avons débarqué dans une ville fantôme. »

« Quelle étrange architecture. » s’étonna Zoé.

Elle toucha l’un des globes de la paumes de sa main. À sa grande surprise, leur surface était froide et métallique.

« La question est : qu’est-il arrivé aux habitants ? » s’interrogea le Docteur, pensant tout haut.

« Hum, Docteurrrr ? Vous entendez ce que j’entends ?

« Effectivement Jamie, les cris ont cessé. »

« Non, ce n’est pas ça. C’est autre chose…ce sont des voix ! Des voix humaines ! »

« Dieu du ciel Jamie, tu as raison ! Il y a des habitants dans ces ruines ! Et ils sont peut-être en danger ! »

Aussitôt, le Docteur et Jamie s’élancèrent à la rencontre des mystérieuses voix, arrachant Zoé à sa contemplation des étranges bâtiments qui les entouraient.

« Docteur ! Jamie ! Attendez-moi ! »

Elle se lança immédiatement à leur poursuite mais dans son élan, son pied heurta un objet dissimulé dans la brume, la faisant chuter lourdement. Haletante, la jeune femme se redressa avec peine.

« Docteur ? Jamie ? Où êtes vous ? »

Ignorant dans quelle direction ils étaient partis, elle tenta de se repérer aux milieux des innombrables orbes d’argile, tous semblables. Tandis qu’elle poursuivait son chemin, il lui sembla que les ténèbres s’épaississaient autour d’elle. Peut être était-ce dû à l’intrigante présence qu’elle sentait dans son dos. À moins que ce ne soit ce léger râle qui remontait jusqu’à ses oreilles tel un gémissement.

« Tout va bien Zoé. » se rassura-t-elle a mi-voix. « Ne commence pas à te laisser influencer par ce genre de pensées irrationnelles. Tu l’as dit toi-même, il est parfaitement impossible de trouver de la vie sur cette planète. Alors garde ton calme. »

Mais s’il n’y avait pas la moindre trace de vie sur cette planète, qui donc avait construit ces bâtiments ?

Zoé fit volte-face. Face à elle, une gigantesque créature avançait. Son corps était recouvert d’écailles noires et luisantes, ses mains ornées de menaçantes griffes, ses yeux, deux braises rouges luisant dans les ténèbres. C’était de sa bouche que s’échappait la plainte rauque qui poursuivait Zoé, de sa bouche béante bordées de deux impressionnantes rangées de dents.

Zoé ouvrit la bouche pour hurler, mais le cri resta terré dans ses poumons.

*****

« Regardez Docteurrrr ! Les voilà ! »

En plein cœur de la ville fantôme, une demi-douzaine d’hommes en uniformes blancs se pressaient. Leurs visages étaient dissimulés par des casques à visière opaque d’où s’échappaient des voix métalliques. Tous étaient lourdement armés. Presque tous arboraient des traces de sang.

« Vous êtes sûrs qu’il n’en reste plus un seul ? »

« Il me semble en avoir aperçu un dans le quartier ouest, commandant. »

Comme pour appuyer ces propos, un nouveau rugissement se fit entendre au loin. Dissimulés derrière les ruines d’une ancienne façade, Jamie et le Docteur observaient la scène à la dérobée.

« Qui sont ces hommes Docteurrrr ? Des militairrrres ? »

« Vraisemblablement. Et quelle que soit la créature qui les a mis dans cet état, il semblerait qu’elle soit proche. Restez sur vos gardes vous deux…tiens, où est Zoé ? »

« Ils ont l’air en mauvaise posturrre, on devrait aller les aider. »

« Attends Jamie, ne t’approche pas… »

Mais le jeune homme s’était déjà avancé, interpellant les combattants d’un signe de la main.

« Oy ! Excusez-moi, nous sommes… »

« Jamie, non ! »

Sous les cris alarmés du Docteur, l’un des hommes pointa son arme vers Jamie. Et fit feu.

*****

Zoé était formée au combat à mains nues. Elle n’aurait jamais usé de violence contre un innocent mais savait parfaitement comment maîtriser un ennemi en cas d’agression inopinée. Elle aurait aisément pu, d’un coup de pied bien placé, faire vaciller la créature monstrueuse qui fonçait droit sur elle avant de la mettre au tapis à l’aide d’une prise de son cru. Mais une terreur irrépressible l’empêchait de faire le moindre mouvement. Paralysée, elle vit la gueule de l’extra-terrestre se rapprocher de son visage, attendit de sentir ses crocs se refermer sur son cou, mais la morsure ne vint pas. Au lieu de cela, la bête la traversa.

La jeune fille se retourna, constatant hébétée que la créature poursuivait lentement son chemin après être passé à travers elle comme si de rien n’était. Sa démarche était chancelante, comme si chaque nouveau pas lui demandait un effort incommensurable. Sa longue queue hérissée d’écailles qui traînait sur le sol avait été tranchée et dessinait sur ses traces une longue traînée de sang.

« Le pauvre, il ne me voulait aucun mal. » se dit-elle « Il est gravement blessé. »

Zoé tenta de l’arrêter, tendant une main vers son dos, mais une fois de plus ses doigts ne rencontrèrent que le vide. Comme si cette étonnante apparition ne se trouvait pas vraiment devant elle, bien qu’elle puisse la voir se dresser de toute sa hauteur sous ses yeux. Face à ce phénomène, même l’intelligence supérieure de la jeune fille se retrouvait déboussolée.

« Il se passe des choses plus qu’étranges sur cette planète. » songea-t-elle. « Je dois retrouver le Docteur et Jamie au plus vite. »

Elle se remit en route mais les rues de la ville déserte se ressemblant décidément toutes, elle aurait été bien en peine de déterminer si elle se trouvait dans la bonne direction. Soudain, son pied vient heurter un mystérieux objet qui semblait figé dans le sol.

« Encore ? » s’exclama-t-elle avec lassitude.

Comprenant qu’elle était revenue sur ses pas, Zoé se baissa pour examiner à tâtons ce qui l’avait fait trébucher dans sa course. Par sa forme oblongue, elle en déduisit qu’il s’agissait d’un levier.

*****

Un laser brillant s’échappa du fusil de l’homme en blanc pour s’élancer en trombe vers Jamie. Ce dernier eut à peine le temps de cligner des yeux avant que le tir sans sommation le transperce, ou plutôt le traverse de part en part, sans causer le moindre dommage. Au lieu de cela, le faisceau de lumière vint heurter le bâtiment qui se trouvait dans son dos, provoquant l’effondrement de sa façade.

Jamie lança un regard stupéfait au Docteur, tandis que le responsable de l’assaut se faisait vivement réprimander :

« Soldat ! Cesser de tirer dans le vide, nos munitions sont précieuses. »

« Pardonnez-moi commandant, mais je suis persuadé d’avoir vu quelque chose bouger. »

« Stupéfiant… » murmura le Docteur.

Jamie de son côté était moins stupéfait qu’offensé par l’assaut qu’il venait de subir.

« Vous allez voir ce qu’il en coûte de s’attaquer à un McCrimmon ! Creag an tuire ! »

« Attends Jamie ! » s’exclama le Docteur sortant de sa cachette. « Cela ne sert à rien, ils ne peuvent pas nous voir, encore moins nous entendre. »

Jamie s’arrêta net, son poing levé demeurant figé dans les airs.

« Comment cela ? Il ne peuvent pas nous voirrrr ? »

Pour prouver ses dires, le Docteur se planta devant l’un des soldats et, avec le plus grand sérieux, commença à lui tirer la langue et lui adressa toute sorte de grimaces. L’homme poursuivit son chemin sans un regard.

« Là, je ne comprends plus rien… » maugréa Jamie en passant vainement sa main devant le casque du commandant qui l’ignora royalement.

« Je crois que je commence à comprendre, pour ma part. Viens Jamie, nous devons retrouver Zoé avant que… »

La phrase du Docteur devait rester en suspens, alors qu’autour d’eux la ville s’évanouissait dans la brume. Les soldats eux mêmes devinrent progressivement flous, s’estompant petit à petit pour laisser place à ce qui semblait être une immense salle de contrôle. Autour d’eux, des machines rutilantes aux tableaux de bords constellés de cadrans et d’interrupteurs multicolores côtoyaient des enchevêtrements de tubes fluorescents et de pistons en tout genre. Aucun doute, ils se trouvaient dans un vaisseau spatial. Dans un coin de la pièce, le TARDIS les attendait comme s’il ne les avait jamais quittés.

Face à eux, accroupie sur le sol se tenait une silhouette familière.

« Zoé ! » s’exclama le Docteur. « Tout va bien ? »

« Je…je ne sais pas. » bafouilla-t-elle, confuse. « J’ai simplement baissé ce levier et tout autour de moi s’est mis à… »

« Où sommes nous Docteurrrr ? Où est passé la ville ? »

« Je crois que c’est à lui qu’il faudrait poser cette question. » déclara le Docteur en désignant d’un geste le fond de la salle.

Jamie et Zoé découvrirent alors avec stupeur le capitaine du vaisseau : semblable à la créature que Zoé avait croisé dans les ruines de la ville fantôme, sa peau était noire et luisante, ses immenses pattes munies de griffes aiguisées. Il flottait paisiblement dans ce qui ressemblait à un gigantesque bocal de formol, un long tube relié à sa poitrine semblant fournir son alimentation tandis que de petits capteurs parsemaient le sommet de son crâne.

« Qu’est-ce que c’est que ce monstrrrre ? »

« J’ai croisé un de ses congénères quand nous étions séparés. J’ai cru qu’il allait s’en prendre à moi mais au lieu de ça, il…eh bien, il m’est passé au travers. »

« Cela n’a rien d’étonnant Zoé. La créature que tu a croisé n’était pas réelle. Tout ce que nous avons cru voir était une illusion. La planète sur laquelle nous nous trouvions il y a encore quelques instants n’existe pas, où plutôt n’existe plus. Voyez plutôt. »

Les trois voyageurs s’approchèrent du globe de verre où sommeillait la créature. À ses pieds se trouvait une plaque sur laquelle on pouvait lire cette inscription :

ICI REPOSE LE COMMANDANT INKUBOO, DERNIER REPRÉSENTANT DE SON ESPÈCE. PUISSE SON SOUVENIR PERDURER À JAMAIS.

Le Docteur pointa du doigt les capteurs présents sur le front du spécimen.

« C’est une technologie assez répandue dans cette région de la galaxie : ces capteurs permettent de retranscrire les pensées de l’esprit auquel ils sont reliés et de les rendre perceptibles. Une projection, en quelque sorte. Ce que nous avons vu n’était qu’un rêve, un cauchemar de notre pauvre ami ici présent, revivant la destruction de sa planète par des hommes. »

« Non, ce n’est pas possible. » le contredit Zoé. « Ces bâtiment étaient tangibles, je les ai touchés. »

« Ce que tu as senti sous ta main était probablement l’un des murs de ce vaisseau. »

Zoé se rappela le contact froid et métallique de l’édifice.

« Donc ce vaisseau serait une sorte de mausolée ? » poursuivit-elle. « Un temple à la mémoire de sa planète disparue ? »

« C’est cela. Et cette créature, maintenue artificiellement en vie grâce à ce tube, fait en sorte que cette mémoire ne s’éteigne jamais. »

Zoé et Jamie échangèrent un regard.

« Docteurrrr ? Vous dites que ce sont des hommes qui ont exterminé son peuple ? Des humains, comme Zoé et moi ? »

« Malheureusement oui, Jamie. L’empire colonial terrien n’appréciait guère de rencontrer de la résistance sur les planètes dont il s’emparait.»

« Docteur, notre vaisseau voyage à travers le temps. Ne pourrait-on pas envisager de… »

« Réécrire l’histoire est strictement interdit par mon peuple, Zoé. Nous ne pouvons rien faire pour rendre sa planète à ce malheureux. Nous pouvons juste faire en sorte que son sommeil soit paisible. »

Sur ces mots, le Docteur apposa sa main contre la vitre du bocal, comme pour caresser délicatement le front de l’intrigante forme de vie qui y sommeillait, et se mit d’une voix douce à chantonner ces paroles :

Klokleda partha menin klatch,
haroon haroon haroon,
Klokleda sheenah tierra natch,
haroon haroon haroon,
Haroon haroon haroon

Au bout de quelque couplet de cette étrange ritournelle, la créature semblait apaisée, et le seul mouvement qui animait son étrange aquarium était le souffle qui parcourait sa poitrine.

« C’est joli. » commenta Zoé. « Qu’est-ce que c’est ? »

« Rien qu’une vieille berceuse vénusienne. Elle a fait ses preuves sur les plus capricieux des enfants, crois-en mon expérience. »

D’un signe de tête, il désigna le levier que Zoé avait abaissé quelques instant plus tôt.

« Jamie, mon garçon, pourrais-tu… »

« Aye ! » s’exclama le jeune homme en actionnant le levier.

À nouveau, le monde autour d’eux s’effaça, et de vastes prairies verdoyantes s’étalèrent sous leurs yeux. Les globes d’argiles qui constituaient la cité extra-terrestre se dressèrent à nouveau autour d’eux, intacts et couverts de peintures tribales. Sous un soleil déclinant, des êtres imposants couverts d’écailles aux griffes acérées et aux dents tranchantes, vaquaient à leurs occupations. Certains tenaient des boutiques, d’autres, plus jeunes, jouaient à la balle. L’un deux passa à travers Jamie sans ménagement, rappelant qu’il n’était présent qu’en apparence.

« C’est sa planète ? Avant qu’elle ne soit détruite ? Et son peuple ? » demanda Zoé.

« Oui, tels qu’il s’en souvient du moins. »

« Quel superrrrrbe paysage. » commenta Jamie qui, nostalgique, songeait à son Écosse natale.

Les trois voyageurs se perdirent un instant dans la contemplation de cette planète factice, s’étonnant de ne pas sentir les rayons du soleil sur leur peau, tant tout cela semblait réel.

« Bien » clama le Docteur. « Je vois qu’il se fait tard, nous devrions retourner au TARDIS. »

« Docteur ? »

« Qu’y a-t-il Zoé ? »

« Ne peut on pas rester encore un instant ? Ce crépuscule est si beau. »

« Aye, Docteurrrr. Juste un petit instant. »

Le Docteur jeta un regard attendri à ses jeunes compagnons.

« Je suppose que nous pouvons rester encore un peu. »

Ainsi, main dans la main, dans un silence mélancolique, le Docteur, Jamie et Zoé contemplèrent un coucher de soleil sur le spectre d’une planète depuis bien longtemps disparue.

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Nata Luna Sans (texte et photos illustrations)

Le Docteur hurle, toujours sans se réveiller.

Le Maître ne se réveille pas non plus, car il ne s’est jamais endormi.  C’est pratique d’être robot – il s’y est enfin accoutumé – sauf que les nuits sont longues, surtout quand le Docteur dort.

Quand le Docteur a des insomnies, ils passent la nuit à se raconter de vieilles histoires, chacun à son tour, changeant certains détails afin de faire ressortir le rôle que lui-même y avait joué. Quand le Docteur a le blues, c’est plutôt le Maître qui parle. Celui-ci, pensant toujours de façon stratégique, a trouvé la façon de discerner si le Docteur va toujours mal : s’il corrige ses exagérations, c’est qu’il va bien; s’il s’endort et qu’il ronfle, encore mieux. Par contre, le silence face aux vantardises du Maître est inquiétant.

Comme tout bon télépathe, le Maître est capable de saisir certaines images du cauchemar, car les rêves d’un esprit sans barrière sont vulnérables aux fuites de données.

Le Docteur revoit des visages d’amis se fondre comme des sculptures en sable quand les moments qu’on a vécus ensemble sont effacés de la réalité. Les photos (nostalgique, il garde depuis toujours les diapos, les daguerréotypes, les polaroïds des compagnes) s’embrument  lorsque les paradoxes se résolvent et une toute petite décision prise on-ne-sait-quand par on-ne-sait-qui fait disparaître toute une chronologie… Il ressent se déchirer le réseau du temps, ses neurones accablées de la perspective simultanée de tous les univers possibles… Et surtout son propre bras autour des épaules d’une chère amie très particulière (la texture de ses cheveux et de son pull-over), son bras qui prétend la protéger de tout danger, son bras qui entoure un vide quand soudain elle n’a jamais existé.  Mais le Docteur s’en souvient, les guerres du temps n’effacent pas de sa mémoire toutes ces histoires qui sont devenues des fictions, et c’est ce qui l’affole.

Le Maître pivote la tête puis le torse vers lui et met un bras autour du dormeur, qui se berce en gémissant. « Docteur. Je suis là. » Il rapproche sa tête de la nuque du Docteur et essaie d’entrer dans son  rêve, mais les basculements du Docteur l’empêchent de faire la connexion. Le Maître blottit son front entre les cheveux noirs et gris et le serre contre lui. Il se souvient soudain que ses membres mécaniques sont plus forts que le corps du Docteur. Il pourrait facilement écraser le tronc ou casser le cou de son… de son quoi, précisément ? Ami, ennemi, amant, rival, conjoint ? Compagnon. Qui lui a montré assez de confiance pour, aussi fragile qu’il soit, se laisser plonger dans un sommeil profond près du Maître. Pour l’instant, ce petit miracle réel lui plaît encore plus que la destruction potentielle. Il l’étreint doucement jusqu’à ce que le Docteur s’éveille.

Le Docteur arrête de crier, se frotte le visage avec les mains, et s’échappe des câlins du Maître. D’habitude il se lèverait pour se balader dans les couloirs presque infinis de la TARDIS, prendre de l’eau ou quelque chose de plus fort … mais cette fois le Docteur se détourne encore plus et se cache la tête dans l’oreiller en silence. Le Maître attend. Les épaules du Docteur tremblent mais il n’y a toujours pas de bruit. Le Maître attend encore un peu. Seulement quand le Docteur commence à sangloter, le Maître lui caresse les cheveux humides de sueur froide, l’entoure de ses bras indestructibles, prétendant le protéger de tout danger, de toute tristesse. Tous les deux savent que c’est impossible, mais ça suffit pour survivre jusqu’au lendemain matin.

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Umanimo (fanart)

D’après le tableau de Fussli : le Cauchemar

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À bientôt pour un nouvel Artisons

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Artisons Cauchemar

Ainsi, vous avez voté, à une très faible majorité toutefois, pour ce thème… cauchemardesque. Dans quel endroit glauque à souhait allez-vous entraîner notre Seigneur du Temps ? Et quelles créatures monstrueuses allez-vous lui faire rencontrer ? C’est bien simple, j’en frémis d’avance et j’ai hâte d’entrer dans vos cauchemars.

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À envoyer à umanimo@live.fr. Date limite le lundi 16 mai 2016.

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Résultats Duos Incongrus

Quelle cuvée les amis ! C’est du bon, du très bon. Variées, drôles ou émouvantes, vos contributions sont toutes magnifiques. On y trouve des fanarts, des fanfictions, des photomontages et même des romans photos. Jugez plutôt.

(cliquez sur les images pour les afficher en plus grand)

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Bab-el (roman photo)

Bab-el-Adric-12

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Chanel (fanart)

chanel-red

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Eorina (fanarts)

roxane-eorina(Nyssa, Third)

eorina

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Flavichou (photomontages)

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Florent Fayolle (texte)

– « A couvert ! » ordonna le capitaine McFarlane.
Angus McFarlane était un militaire expérimenté. Dès les premières détonations, il avait mis ses hommes à l’abri d’une maison abandonnée. Une place d’où ils pourraient se défendre et appeler des renforts. La patrouille britannique s’était retrouvée prise dans une escarmouche, comme il y en avait quotidiennement depuis plusieurs mois déjà. Roberts était touché à la jambe mais les cinq autres soldats sous ses ordres étaient indemnes. Hélas, la radio que trimballait Jackson avait reçu plusieurs balles et était hors d’usage. Impossible d’alerter la base.
– « Jackson, voyez si vous pouvez réparer la radio. Redash, occupez-vous de Roberts. Bambera, prenez le bleu avec vous et postez-vous sur le toit. Tâchez de me rendre compte de la situation ».
Le capitaine McFarlane avait toute confiance en Joseph Bambera. Ils avaient fait le débarquement de Normandie ensemble, quatre ans plus tôt à peine, et il savait de quoi il était capable. Natif de Zambie, colonie de l’empire britannique, il effectuait là sa dernière mission avant de rentrer auprès de sa famille. McFarlane n’était pas parvenu à mémoriser le nom du jeune soldat l’accompagnant. Débarqué il y a quelques jours à peine, c’était pour ce crétin maigrichon sa première patrouille. Son baptême du feu.
Par bonheur, le toit était une place relativement sûre. Plat, ses bords protégés d’un parapet, une unique trappe pour y accéder. Autour d’eux, Jérusalem était en proie au chaos. Depuis le plan de partition décidé par l’ONU, la Palestine était le théâtre de violents affrontements entre Juifs et Musulmans. Au beau milieu des combats, les soldats britanniques n’attendaient qu’une chose : la fin de leur mandat sur la Palestine pour pouvoir enfin rentrer chez eux, bien loin de ce conflit dont, il faut bien le dire, leurs dirigeants se fichaient comme de leur première tasse de thé. Joseph Bambera jeta un coup d’œil à son compagnon d’armes. Le jeune soldat était clairement terrifié.
– « Rappelle-moi ton nom, déjà ? »
– « Mott, Wilfred Mott. » articula tant bien que mal le soldat.
– « T’en fais pas, Wilfred Mott, on va se tirer de là et… »
Une détonation. Le sergent Bambera s’effondra. Wilfred Mott, plus terrorisé que jamais, s’approcha de son supérieur. Mort. C’était la première fois qu’il voyait un camarade tomber au combat. Recroquevillé dans l’angle du parapet, serrant son Lee-Enfield * dans ses poings, Wilfred tenta un regard sur la rue en contrebas. Des combattants, des détonations, de la fumée… On aurait juré être au milieu d’une tempête, avec toutes ces balles ! Le monde était-il devenu fou ? … Personne ne semblait prêter attention à lui et il était possible que le sergent ait été victime d’une balle perdue. Il épaula son fusil, bien décidé à faire feu. Le doigt tremblant sur la gâchette, la front en sueur, Wilfred retint son souffle. Sur qui tirer ? A cette distance, impossible de savoir à quel camp appartenaient les hommes se battant plus bas. Et à bien y réfléchir, il lui semblait que tous défendaient des causes légitimes, quoiqu’inconciliables. Et après tout, qu’avait-il à voir avec ce conflit qui le dépassait ? … Il en était là de ces réflexions lorsqu’un individu vint interrompre le fil de sa pensée.
– « Excusez-moi, mon brave – l’interpella un homme qu’il n’avait encore jamais vu – n’auriez-vous pas remarqué quelque chose d’étrange dans les parages ? »
Ces derniers mots avaient été prononcés sur le ton de la confidence et Wilfred se disait que l’inconnu était bien la chose la plus étrange et la plus incongrue qu’il ai vu ces derniers jours. Bien plus grand que lui, l’homme portait un vieux galurin cabossé sur une épaisse tignasse bouclée. Malgré la chaleur, une écharpe colorée, d’une longueur démesurée, était enroulée autour de son cou. Il le regardait de ses yeux énormes, souriant de toutes ses dents. A vrai dire, sans paraître aucunement hostile, l’homme n’en était pas moins inquiétant. Il fouilla dans une de ses poches et en tira un sachet de papier.
– « Voulez-vous un Jelly Baby ? »
– « Mais enfin… D’où sortez-vous ? Et… Qui êtes vous ? »
– « Qui je suis ? Je suis le Docteur. »
– « Docteur qui ? »
– « Hum… Docteur John Smith. »
Docteur John Smith… Cela sentait le faux nom à plein nez, mais Wilfred Mott décida de se contenter de cette réponse. Du moins pour le moment.
– « D’où diable sortez-vous, Docteur Smith ? Et que faites-vous là ? »
– « Vous êtes bien curieux, jeune homme – répondit le Docteur avec un sourire amusé – Sachez que je reviens tout juste de ma Gallifrey natale où j’avais été rappelé pour une affaire, disons, compliquée. Et me voici ici et maintenant, pour répondre à un appel de détresse. Mais je ne pense pas que ce soit vous qui m’avez contacté. »
Gallifrey… Un nom irlandais, ça. Ce Docteur est donc Irlandais. Pas étonnant, se disait Wilfred, ces gens-là sont bizarres.
– « Et à qui ai-je, l’honneur, soldat ? »
– « Deuxième classe Wilfred Mott, Docteur. Venez avec moi, ce toit n’est pas un endroit sûr pour un civil. A l’intérieur, vous serez à l’abri. Le capitaine McFarlane et le reste de la patrouille vous protégeront. »
– « Je ne voudrais surtout pas vous faire de peine, deuxième classe Wilfred Mott, mais j’arrive justement des étages inférieurs et… il n’y a plus personne en vie. Mais ce qui compte, c’est que nous deux, nous soyons bien vivants, pas vrai ? »
Le Docteur accompagna ces mots d’une joyeuse claque dans le dos qui se voulait sans doute ragaillardissante. Alors que Wilfred digérait avec peine la terrible nouvelle, le Docteur extirpa un objet étrange de sa poche, plein de voyants lumineux clignotants, en marmonnant des choses incompréhensibles.
– « C’est par là ! » Déclara finalement le Docteur en indiquant l’est, sans que Wilfred n’ai compris de quoi il s’agissait.
Le Docteur farfouilla à nouveau dans ses poches et en sorti péniblement une longue corde formée de foulards colorés noués entre eux. Il fit glisser l’une des extrémités dans l’anneau de la trappe et se tourna, tout sourire, vers Wilfred.
– « Venez, Wilfred. Nous allons descendre en rappel. »
Pan ! Une balle emporta le chapeau du Docteur, qui roula quelques mètres plus loin. Ramassant son couvre-chef, le Docteur fit la moue en passant son index à travers un trou dans le feutre.
– « Je crois que nous ferions bien de nous dépêcher. » constata-t-il.
Un instant, Wilfred aperçut furtivement une silhouette abritée derrière une fenêtre. Un homme armé d’un fusil et coiffé d’un haut-de-forme… Sans doute son imagination. Imperturbable, le Docteur commençait déjà à descendre le long du mur. Suivre ce personnage lunaire était stupide, mais il semblait qu’il n’y avait rien de mieux à faire. Et puis, ce Docteur semblait savoir ce qu’il faisait. Bientôt, les deux hommes se retrouvèrent dans une ruelle déserte. Le bruit des détonations ne s’était pas arrêté, et les combats devaient être tout proches. Fort heureusement, la piste que semblait suivre le Docteur prenait la direction opposée.
Wilfred et le Docteur traversèrent plusieurs quartiers de la ville. La plupart des bâtiments portaient les séquelles des récents affrontements. Vitres brisées, murs criblés d’impacts de balles… Tout cela n’était pas pour rassurer le jeune soldat britannique qui, cramponné à son fusil, scrutait les alentours d’un regard anxieux. Le Docteur, en revanche, paraissait on ne peut plus serein, suivant consciencieusement le signal de son appareil, visiblement une sorte de détecteur.
– « Quelqu’un de mon peuple doit être coincé par ici, voyez-vous ? Je me dois de lui porter secours. »
– « Un Irlandais ? »
Le Docteur posa sur Wilfred des yeux écarquillés, ce qui compte tenu de leur taille déjà prodigieuse était particulièrement impressionnant, puis éclatat de rire – sans répondre à la question. Wilfred trouva cette attitude profondément vexante.
Bientôt, les deux hommes arrivèrent devant une petite église.
– « Ce doit être ici. » annonça le Docteur en rangeant son appareil dans sa poche.
– « Comment diable faîtes vous pour faire tenir tant de choses dans vos poches, Docteur ? »
– « Elles sont plus grandes à l’intérieur. »
Il poussa sur l’un des battants de la lourde porte qui s’ouvrit en grinçant. Le Docteur et Wilfred se faufilèrent à l’intérieur. L’église était plongée dans le noir et il leur fallut attendre quelques instants que leurs yeux s’habituent à l’obscurité. Un homme vêtu d’une soutane était agenouillé près de l’autel.
– « Veuillez nous excuser pour cette intrusion, mon père… » bafouilla Wilfred en ôtant précipitamment son casque (et en jetant un regard noir au Docteur toujours coiffé de son chapeau).
Le prêtre se retourna vers les deux arrivants. C’était un homme rondouillard aux yeux vifs et au sourire avenant. Son regard croisa celui du Docteur, et tout deux se figèrent.
– « Vous ! » s’exclamèrent-ils à l’unisson avant d’éclater de rire.
– « Je vois que vous avez changé, Docteur. Cette tête-là vous sied bien mieux que l’ancienne. »
– « Trop aimable. Mais comment vous êtes-vous retrouvé là, mon pauvre Mortimus ? »
– « Vous savez parfaitement que je n’utilise plus ce nom depuis bien des années, Docteur. Et figurez-vous que quelqu’un a saboté mon système de navigation alors que je me trouvais dans l’Egypte pharaonique… »
– « Ne me dites pas que vous m’en voulez encore pour ça ! Il y a prescription. »
– « Après cette farce dont, je vous l’avoue, je me serait bien passé, mon TARDIS m’a mené sur Tersurus. Je ne vous cache pas que la communication avec la population autochtone a été assez pénible… »
Avec un clin d’œil complice, le Docteur souffla à Wilfred :
– « Les Tersurons communiquent en modulant leurs flatulences. »
– « Bref, je suis maintenant coincé ici, suite à une nouvelle avarie. Vous n’allez tout de même pas me laisser croupir dans cette ville en proie au chaos, Docteur ? »
– « L’endroit a toujours été un peu agité. La dernière fois que je suis venu dans la région, Richard Cœur-de-Lion et Saladin s’en disputaient le contrôle. »
– « J’ai visité l’endroit au XXIème Siècle, et les choses ne s’y sont pas arrangées. Mettons nos querelles de côté et serrons-nous les coudes, Docteur. »
– « Proposition d’autant plus généreuse que vous avez besoin de mon aide et que je n’ai cure de la votre. Il n’est pas question que je vous aide, vous avez trop souvent, par le passé, tenté de perturber l’Histoire de cette planète. »
Un claquement résonna dans l’église, interrompant la discussion des deux Seigneurs du Temps. Wilfred, pour être certain d’être bien éveillé, venait de se gifler lui-même. A son grand désarrois, il ne rêvait pas. Ce deux « Irlandais » parlaient bel et bien de voyages dans l’espace et dans le temps.
– « J’ai capté, sur Tersurus, quelque chose susceptible de vous intéresser. – reprit le Moine, en tendant une sorte de petit disque au Docteur – Les coordonnées d’un autre TARDIS ayant quitté la planète juste avant mon arrivée. Les empreintes de ses occupants, deux Seigneurs du Temps qui ne vous sont pas inconnus, y sont clairement lisibles. »
La Docteur actionna un mécanisme déclenchant l’ouverture d’un petit écran circulaire. Il le parcourut des yeux quelques secondes et resta un instant pétrifié. Le Maître et Susan s’étaient rendus ensemble sur Tersurus ! ** Mais pourquoi ? Et surtout, qu’était devenu sa petite-fille ? Le Docteur referma délicatement le disque et le rangea dans sa poche.
– « Je crois que je vais finalement vous donner un petit coup de main. Mais pas d’entourloupe, hein ? »
– « Alors vous… Vous venez de… d’une autre planète… ?  » hasarda Wilfred.
Malgré la pénombre, le Moine chaussa une paire de lunettes de soleil et sorti des replis de sa robe de bure une sorte de tube métalique.
– « Jeune homme, je vous prierai d’observer attentivement l’extrémité de cet objet. Docteur, je vous suggère de protéger vos yeux. »
Le Docteur enfonça précipitamment son chapeau jusque sur son nez alors que l’objet émettait un puissant flash lumineux qui illumina toute la pièce. Wilfred resta un instant interdit.
– « Dieu soit loué ! – s’exclama le Moine en joignant les mains – Votre simple apparition, brave soldat, a fait fuir ces horribles mercenaires qui avaient envahit mon église. Soyez béni, mon fils ! »
– « Que… Que fais-je ici ? J’étais sur ce toit et puis… Je ne me souviens de rien… »
– « Sans aucun doute une amnésie passagère due au coup de crosse que vous avez reçu durant l’échauffourée. Ce n’est rien du tout. Veuillez, je vous prie, monter la garde devant la porte, cela me rassurera. Je dois encore passer du temps avec ce pauvre pêcheur qui a grand besoin de soulager sa conscience. N’est-ce pas, Docteur ? »
Wilfred s’éloigna, un peu hagard.
– « Un gadget bien pratique subtilisé aux MiB durant l’un de mes voyages. Ingénieux, Docteur, non ? Surtout pour des humains. »
Wilfred sorti, les deux Galllifreyens reprirent leur conversation. Il fut entendu qu’en échange des précieuses informations fournies, le Docteur donnerait au Moine une pièce de rechange lui permettant de remettre son vaisseau en route vers un monde plus avancé technologiquement où il pourrait effectuer une réparation convenable. C’est ainsi que quelques minutes plus tard, le Docteur, le Moine et Wilfred Mott atteignirent le TARDIS.
– « J’ignorais que des cabines de police avaient été implantées dans l’empire colonial ! » s’étonna Wilfred.
Un peu perdu et finalement assez gêné entre ces deux curieux personnages, chacun regardant béatement l’étrange objet que lui avait donné l’autre, Wilfred préféra détourner les yeux. Et c’est alors qu’il le revit, cette fois très nettement. L’homme au chapeau haut-de-forme, derrière sa fenêtre. Sur son visage maigre, aux traits durs, se lisait une froide détermination. Il épaula son fusil.
– « A terre ! » Hurla Wilfred en ajustant sa propre arme.
Les deux détonations se mêlèrent. La vitre vola en éclats, laissant une estafilade rouge sur la joue du tireur. Le disque fut arraché de la main du Docteur, pulvérisé par la balle. Désemparé, le Seigneur du Temps tomba à genoux devant les débris métalliques éparpillés sur le sol. Un mot, étranglé, presque inaudible, sortit de sa bouche tandis que des larmes lui montaient aux yeux.
– « Susan… »
Wilfred n’avait pas quitté des yeux l’homme au haut-de-forme qui, déjà, ajustait de nouveau son fusil. Le jeune soldat pressa la détente de son Lee-Enfield mais l’arme s’enraya. Un sourire mauvais se dessina sur le visage ensanglanté de l’inconnu. Alors que retentissait le second coup de feu, une jeune femme sortie de nulle part se jeta devant le Docteur tandis que le Moine s’emparait du pistolet de Wilf et faisait feu à son tour. L’homme au chapeau haut-de-forme s’effondra. Etait-il mort ou simplement blessé ? Wilfred Mott ne le sut jamais.
Le Docteur avait déjà ravalé ses émotions. Il était rare que ses sentiments le submergent. Il était penché au dessus de la jeune femme qui avait reçu la balle qui lui était destinée. Son visage lui semblait totalement inconnu. Dans un dernier souffle, serrant l’interminable écharpe dans sa main, elle murmura à l’oreille du Docteur :
– « Courez, espèce de petit malin, et souvenez-vous de moi… »

* Fusil de guerre standard de l’armée britannique de 1895 à 1957.
** Voir le roman « Legacy of the Daleks », de John Peel.

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Johanes (fanart)

Eight et Dodo the sequel

Turlough rencontre One

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Marie Valério (texte)

Y a-t-il un docteur dans l’avion ?

Tegan Jovanka ne trouvait pas le sommeil.

Non pas que les longues heures de vol séparant l’aéroport de Sidney de l’aéroport de Heathrow l’aient angoissée : en tant qu’ancien membre du personnel naviguant – à l’époque, on aurait dit hôtesse de l’air – elle avait l’habitude des vols interminables et se sentait aussi à l’aise dans un avion que sur le canapé de son salon. Elle avait par ailleurs vécu de telles aventures par le passé que la perspective d’un crash lui semblait un événement bien dérisoire.

Non, si elle était l’un des rares passagers à ne pas s’être assoupi dans son siège, c’est qu’elle était hautement perturbée par une certaine vision.

« Je dois avoir rêvé » se dit-elle en secouant la tête. « Cela ne peut pas être vrai. »

Mais quand elle porta à nouveau son regard à travers le hublot, elle constata avec horreur que ce qu’elle avait entraperçu quelques secondes auparavant se tenait bel et bien sous ses yeux.

Affolée, elle interpella l’hôtesse :

« Excusez-moi ! Ça va vous paraître insensé mais…il y a un homme sur l’aile ! »

« Pardon ? »

« Voyez-vous même ! »

L’hôtesse jeta un coup d’oeil à travers le hublot, mais il n’y avait rien d’autre que le pluie qui battait la carlingue de l’appareil et ruisselait contre la vitre. Elle la fixa d’un regard alarmé

« Je sais ce que vous allez penser, mais je vous jure qu’il y avait un homme, debout sur l’aile ! Je l’ai vu ! »

« Un homme ? Vous voulez dire un gremlin, comme dans La quatrième dimension ? »

« Non, un grand type mince avec un long manteau. Vous pensez que je suis folle, c’est ça ? »

« Je pense que parfois la fatigue peut nous faire voir des choses qui ne sont pas vraiment là. Vous devriez essayer de vous reposer.» dit l’hôtesse avec condescendance.

Et refermant le hublot, elle la laissa à son trouble.

Excédée, Tegan poussa un long soupir. Peut-être avait-elle imaginé tout cela. Peut-être était-elle absolument folle à lier. Lorsqu’elle avait tenté d’évoquer ses aventures de jeunesse sur des planètes lointaines auprès de ses amis et de sa famille, ils l’avaient fixée du même regard inquiet, avaient suggéré qu’elle faisait une dépression nerveuse et qu’elle devait suivre un thérapie. Alors elle s’était forcé d’oublier tout cela, de se convaincre qu’elle avait rêvé.

Pourtant, au fond d’elle-même, elle savait que tout cela était réel. Que le Docteur existait bel et bien et qu’il était là, quelque part dans le temps et l’espace, en train de vivre des aventures toujours plus folles et toujours plus périlleuses. Et si ce genre d’aventures étaient possibles, la présence d’un homme sur l’aile gauche de l’avion ne semblait pas si improbable.

Pour s’en assurer, elle ouvrit le hublot. L’homme était à nouveau là, son long manteau brun frappé par le vent, accroupi sur l’aile. En voyant ce qu’il s’apprêtait à faire, Tegan se retint de hurler : il était en train d’arracher la tôle de l’appareil. Il sortit de sa poche un étrange appareil, semblable à un tournevis émettant une curieuse petite lumière bleue, et se mit à sonder les entrailles de l’avion.

Cette fois, Tegan bondit de son siège.

« Mademoiselle ! Venez voir, il est revenu ! »

L’hôtesse vint à sa rencontre, l’air gêné.

« Madame, beaucoup de nos passagers sont endormis, je vous prierai de ne pas crier afin de ne pas troubler leur sommeil. »

« Pardon, mais il me semble que nous sommes face à une situation d’urgence ! Voyez vous-même ! »

Et elle lui désigna le hublot, à travers lequel on n’apercevait rien d’autre que la pluie battant la nuit noire et l’aile de l’avion. Tegan sentit son visage se décomposer.

« Je vous jure qu’il y a un instant… »

« Tout va bien, madame.» fit l’hôtesse d’un ton très professionnel. « Il est fréquent d’être perturbé durant les vols de nuit, surtout par temps de turbulences. Je vais vous donner un petit quelque chose qui vous permettra de passer un vol plus tranquille. »

Malgré ses protestations, Tegan se vit donc administrer un somnifère, censé lui permettre de ne plus perturber le sommeil des autres passagers.

« Voilà, une fois de plus je passe pour la folle de service. » marmonna-t-elle avec amertume.

Alors qu’elle considérait le petit comprimé niché au creux de sa paume, elle entendit qu’on frappait au hublot. Elle tourna la tête et se retrouva nez-à-nez avec l’homme au long manteau qui lui adressa un sourire amical. Elle s’apprêtait à hurler mais il lui fit signe de se taire, gesticulant nerveusement. Il semblait vouloir communiquer avec elle à travers le hublot mais pas un son ne lui parvenait. Par de grands gestes, il mimait l’action d’ouvrir une porte. Tegan le dévisageait sans comprendre, quand elle réalisa qu’elle était assise juste à côté de la sortie de secours.

Voulait-il entrer dans l’avion ? C’était insensé !

Un doigt sur la tempe, elle lui transmit le message : « Vous êtes cinglé ou quoi ? »

Il lui adressa alors un regard curieux, comme s’il venait de la reconnaître. Son visage se fendit d’un gigantesque sourire. Ouvrant la bouche en grand, il mima les sons : « Te-gan ! Te-gan Jo-van-ka !»

Et devant son ai ahuri, il hurla, désignant son visage : « C’est-moi ! Le Doc-teur ! »

Elle parvint à lire sur ses lèvres à travers le hublot et s’exclama : « Docteur ! J’aurais dû m’en douter ! »

«Je-dois-en-trer » cria-t-il en désignant à nouveau la sortie de secours. « Ou-vre-moi. »

« Vous êtes malades ? » s’écria -t-elle, un peu trop fort.

« Fais-moi-con-fian-ce » lut elle sur les lèvres du Docteur. Étrangement, il ne lui en fallut pas plus. Elle quitta précipitamment son siège et se jeta sur la sortie de secours.

Bien évidemment, ce genre de dispositif est généralement verrouillé durant les vols, pour éviter qu’un passager distrait ne fasse le grand plongeon en confondant cette issue avec la porte des toilettes. Néanmoins, une ancienne hôtesse de l’air a plus d’un tour dans son sac et sait s’y prendre pour débloquer ce genre de situations. Ainsi, Tegan s’attela à déverrouiller la porte qui devait faire entrer le Docteur.

L’hôtesse de bord l’aperçut alors et, comprenant ce qu’elle s’apprêtait à faire, tenta se s’interposer. Mais il était trop tard : sous la poigne de Tegan, la porte céda et une bourrasque de vent violent fit irruption dans l’avion. Tentant de résister à la pression en s’agrippant à la poignée de l’issue de secours, Tegan distingua alors la forme familière du TARDIS, qui volait tranquillement sous la pluie. La porte de la cabine de téléphone s’ouvrit et le Docteur en jaillit pour atterrir au côté de passagers médusés dont cette intrusion avait brutalement interrompu le sommeil. Prêtant main forte à Tegan et à l’hôtesse, il les aida à refermer la lourde porte de l’issue de secours.

« Bien ! » s’exclama-t-il en se redressant « Voilà une bonne chose de faite. La prochaine fois, je prendrais plutôt un billet, je pense. »

« Vous alors ! Vous avez beau avoir changé de visage, votre tendance à mettre les autres en danger ne changera jamais ! »

« Je suis, moi aussi, très content de te revoir Tegan. » fit-il en souriant.

Elle ne put s’empêcher de sourire à son tour.

« Je dois avouer que côté vestimentaire, il y a du progrès. Pas l’ombre d’un légume en vue. Au temps pour moi, je n’avais pas vu les baskets… »

« C’est extrêmement confortable ! Et ça me donne l’air décontracté.» rétorqua-t-il, vexé.

Il s’aperçut alors qu’une foule de passager le fixait bouche bée.

« Ah oui, vous vous demandez certainement pourquoi je me permets de débarquer dans votre avion au beau milieu de la nuit. Je me présente, John Smith, inspecteur de vol.»

« Vous auriez pu trouver plus original. » marmonna Tegan.

« Je viens à l’instant d’inspecter le moteur de cet appareil et j’ai le regret de vous annoncer que vous êtes en grand danger. À vrai dire, sans vouloir vous alarmez, vous courez à une mort certaine. »

À ces mots, la panique sembla gagner les passagers.

« C’est ça votre notion de la diplomatie ? » s’insurgea son ancienne compagne.

« Du calme, voyons ! Laissez-moi vous expliquer la situation ! Voyez-vous, j’ai trouvé ceci dans le moteur. »

Il sortit alors de sous son manteau une minuscule créature brunâtre à peine plus grosse que le poing à l’apparence d’une pomme de terre flétrie et particulièrement féroce – si tant est qu’une pomme de terre puisse être féroce. Sur son front, une énorme pustule scintillait comme une ampoule, émettant une forte lueur.

« Ce spécimen s’apprêtait à dévorer l’appareil de l’intérieur. »

« Quelle horreur ! » s’exclama l’hôtesse.

« Qu’est-ce que c’est ? Un diablotin ? » demanda Tegan.

« Un diablotin d’un genre particulier, ce que vous appelleriez un gremlin. Plus exactement un Giznudr, une race extraterrestre inexplicablement fasciné par la mécanique qu’on retrouve en générale dans la machinerie des trains ou des avions. Ils se nourrissent de l’énergie dégagée par les moteurs. Celui-ci semble particulièrement vicieux. Et vraisemblablement, il n’est pas seul. Il est probable que plusieurs de ses compagnons se trouvent déjà à l’intérieur de l’avion, voire aient commencé à s’en prendre au circuit électrique. »

Comme pour confirmer ses propos, les lampes qui éclairaient faiblement l’appareil s’éteignirent, provoquant un remue-ménage affolé.

« Parfois, j’aimerais ne pas avoir toujours raison. »soupira le Docteur.

« Vous voulez dire qu’il y a d’autres de ces créatures dans l’avion ? » hurla l’hôtesse qui avait soudain abandonné tout professionnalisme. « Oh mon Dieu, on va tous mourir ! »

Fermement, Tegan la saisit par les épaules et planta son regard dans le sien.

« Je vous promets que tout va bien se passer. Je connais le Docteur, c’est un vieil ami. Il a forcément un plan pour nous sortir de là. Pas vrai Docteur ? »

« Un plan ? Bien sûr, un plan ! Un super plan que j’ai pris soin d’élaborer avant de foncer dans le tas. J’adore les plans, c’est ma passion. Qu’est-ce que je deviendrais sans mes plans…»

Son ancienne compagne lui jeta un lourd regard de reproches, un regard qu’il connaissait bien.

« J’aurais dû m’en douter. Vous n’avez vraiment pas changé ! »

« Pas de panique ! J’ai la situation en main ! »

Il se tourna vers la jeune hôtesse.

« Efforcez-vous de ramener le calme parmi les passagers. Tegan et moi, nous allons nous charger de ces vilaines bêtes. Si tu es partante pour faire à nouveau équipe avec moi, Tegan. »

« Vous ne pouvez vraiment pas vous passez de moi, pas vrai ? »

« Il semblerait que non. Parfait, allons-y ! »

« C’est bien joli tout ça, mais on fait quoi ? On ne sait pas où ils se cachent… » grommela Tegan.

« Eh bien, » répondit le Docteur, qui était occupé à sonder les parois de l’appareil avec son étrange petit ustensile pendant que l’hôtesse rassurait les passagers « le spécimen que j’ai extirpé du moteur tout à l’heure semblait particulièrement sensible aux fréquences émises par mon tournevis sonique. »

« Ah oui, je me souviens de ce machin ! Vous ne l’aviez pas détruit ? »

« Nouveau modèle, nouvelles fonctions. Tu serais étonnée de tout ce qu’on peut faire avec ce petit bijou. Si je parviens à obtenir une réaction, nous pourrons peut-être… »

Il s’interrompit. De petits cris suraigus provenaient du boîtier électrique sur lequel il venait de pointer son tournevis.

« Bingo ! Il faut juste qu’on trouve quelqu’un capable d’ouvrir ceci. »

« Comment ça, vous ne pouvez pas l’ouvrir vous-même ? »

« Avec quoi veux-tu que je l’ouvre ? »

« Docteur…votre nouveau tournevis aux multiples fonctions, il ne fait pas tournevis ? »

« Je reconnais que certains aspects sont peut-être à perfectionner » fit-il d’un ton boudeur.

« Laissez-moi faire. »

Elle ôta l’une de ses chaussures à talons hauts et utilisant la pointe de celui-ci comme un levier, força la porte du boîtier.

« Où as-tu appris à faire cela ? » s’étonna son compagnon.

« J’ai vécu bien des aventures depuis que nous nous sommes quitté, Docteur. » répondit-elle nonchalamment.

La porte du boîtier céda brutalement, révélant une demi douzaine de diablotins rabougris occupés à ronger l’installation électrique. Interrompus dans leur festin, ils poussèrent en choeur un hurlement perçant et jaillir hors de leur boîte.

Bientôt l’avion fut plongé dans le chaos. Les minuscules extra-terrestres s’agrippèrent aux cheveux et aux vêtements des voyageurs, commencèrent à grignoter les sièges et à s’introduire dans leurs bagages à main dans la cacophonie la plus totale. Le Docteur et Tegan essayèrent vainement de les attraper mais ils étaient d’une rapidité impressionnante pour des êtres dotés de si petites jambes.

« Et maintenant hein ? On fait quoi maintenant ? » hurla Tegan, ses cris de paniques se mêlant à ceux des passagers.

« Restons calmes ! Ils sont manifestement sensibles aux fréquences basses. Si seulement on avait les moyens de reproduire une telle fréquence à grande échelle, quelque chose qui produise un son très grave… »

« Docteur…je crois que j’ai la solution ! Dans mon sac ! »

Sur ces mots, elle se précipita vers le casier au-dessus de son siège et fouilla dans ses bagages pour en sortir un long tube de bois décoré de couleurs vives.

« Est-ce que ce serait…un didjeridoo ? » demanda le Docteur, les yeux brillants.

« Tout juste ! Je vous l’ai dit, j’ai vécu d’autres aventures après vous avoir quitté. J’ai entre autre monté une association pour venir en aide aux aborigènes d’Australie, et lors d’une de nos rencontres ils m’ont appris à en jouer. Vous pensez que cela suffira ? »

« Oh Tegan. C’est parfait, je n’aurais pas pu rêver mieux. Dépêchons de leur jouer un petit air avant qu’ils ne causent des dommages irréversibles. »

S’avançant dans l’allée, elle souffla alors de toute ses forces, souffla dans l’étrange instrument tribal qui produisit un son si grave que les créatures s’immobilisèrent immédiatement. Le Docteur pointa son tournevis sur l’embouchure du tube, amplifiant encore davantage le son qui s’en échappait.

« Vite ! » cria-t-il au personnel de vol «Attrapez les ! »

Les premiers moments de stupeur passés, l’équipage s’empressa de s’emparer des créatures. Le Docteur fit ensuite appel aux passagers qui, à l’aide de leurs bretelles, leurs ceintures et leurs lacets, firent en sorte que les créatures soient solidement ligotés. Ils se retrouvèrent pendus au-dessus des sièges des passagers, la lumière sur leur front permettant d’éclairer l’appareil.

Essoufflée, Tegan interrompit alors son solo.

« Alors Docteur ? » dit-elle avec un sourire de triomphe. « Je me débrouille pour une débutante, non ? »

« Tu t’es débrouillée comme une reine, Tegan. Comme une reine. »

Le jour se levait sur l’aéroport de Heathrow et les passagers du vol n°78459 se réveillaient d’un bien étrange cauchemar impliquant de minuscules créatures à la peau flétrie ainsi qu’un grand type mince avec un long manteau.

Ce dernier se tenait sur la piste d’atterrissage près de son TARDIS, faisant face à celle qu’il avait laissé derrière lui il y avait de nombreuses années.

« Vous allez à nouveau m’abandonner dans cet aéroport, alors ? » dit-elle en s’efforçant de sourire.

« Nous ne sommes pas obligés de nous quitter ici. Et si tu venais avec moi ? Comme au bon vieux temps ! Parfois, nos disputes me manquent, tu sais.»

Le sourire de Tegan s’effaça.

« Non, Docteur. Je…je dois rejoindre ma famille. J’ai promis d’être avec eux pour Noël. Il n’y a donc personne qui vous accompagne ? »

Le regard du Docteur s’assombrit, comme hanté par un mauvais souvenir.

« Non, j’avais une amie qui m’accompagnait mais…plus maintenant. Je voyage seul. Au fond, c’est peut-être mieux ainsi »

« Comment est-ce possible ? Le TARDIS était toujours bien rempli quand nous voyageons ensemble. »

Le Docteur sourit tristement.

« J’ai arrêté de prendre des gens à bord depuis quelques temps. »

« Pourquoi cela ? »

« Rappelle-toi, tu m’as dit un jour que quand on ne s’amusait plus à faire quelque chose il fallait arrêter. Eh bien, cela a cessé d’être amusant, je crois. »

Tegan hocha la tête. Elle comprenait très bien ce qu’il voulait dire. Ces mots étaient ceux qu’elle lui avait dit le jour où ils s’étaient quittés.

« Je suis navrée de ne pas pouvoir vous accompagner, Docteur. »

« Ce n’est rien, Tegan. Au plaisir de notre prochaine rencontre. »

Et alors qu’il allait lui tourner le dos et pousser à nouveau la porte de son vaisseau, elle se jeta à son cou et le prit dans ses bras, à son plus grand étonnement. Avant de desserrer son étreinte, elle lui glissa ces quelques mots à l’oreille :

« Courage, Docteur. Courage. »

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Mina Manzini (fanart)

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Lise Hamaide (fanarts)

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Nata Luna Sans (roman photo)

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Les Maitres discutent: à qui appartient le TARDIS-horloge, et à qui le Docteur fait confiance.

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Alison et Donna échangent…

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… leurs histoires d’aventures.

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Les Docteurs font un show musical pour les compagnes.

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« Pourquoi veut-il toujours frimer devant les Humains ? » « Ouais, c’est une honte ! »

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« Tu sais, la vie n’est pas si mal, lorsqu’on choisit de vivre en paix avec le Docteur.  Au bout d’un moment, on arrive à prendre le contrôle. »

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« Donna est super ! On est tellement heureuses d’avoir pu se rencontrer! Et c’est chouette de savoir qu’il y a quelque part encore un Docteur et un Maître qui voyagent ensemble, juste comme vous deux ! »

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« Eh… Vous allez bien ? »

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Sandra Laurin (Photomontage)

Mike et Eleven sign+®

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À bientôt pour un nouvel Artisons.

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Spécial Anniversaire de Florent

En ce jour, 15 avril, est né un de nos administrateurs les plus fidèles et les plus impliqués (tout le monde se souvient de ses duels d’épisodes et de ses participations toujours inspirées aux Artisons, sans compter le jeu de mot le plus célèbre du Whoniverse). Nous ne pouvions faire moins, pour son anniversaire, que de le lui fêter avec ces modestes contributions.

Bon anniversaire, Florent, de la part de tout le groupe Doctor Who Classics, fans francophones !

(cliquez sur les images pour les voir en plus grand)

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Laureline Duroman (texte et fanart)

Faisant le tour du TARDIS, le Docteur grommelait :

« Aurais-je fait une erreur en ne disant pas quel était mon plan à Leela. Son départ est si précipité. Quelle idée de se marier avec un Time Lord, elle ne sait pas ce qui va arriver et leur politique sur les étrangers. J’espère qu’Andred et K-9 prendront bien soin d’elle. Pourquoi me suis-je encore accroché à une personne comme à une fille, déjà avec Susan, ça a été dur de supporter le départ de quelqu’un dont j’ai fait une partie de l’éducation. Leela n’a pu qu’être gagnante en vivant avec l’exemple d’un être parfait tel que moi. Sortons K-9 mark II, il me divertira. Il ne faudrait pas que je montre ma faiblesse, ne pas casser mon image d’être parfait. Peut-être un jour, reprendrai-je un compagnon que je pourrai considérer comme un fils. Allez, un Jelly Baby et oublions ce moment de faiblesse. »

Un bip sonne et le TARDIS repart vers une destination inconnue.

***

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Lise Hamaide (fanart)

Lise

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Louise Chazot (fanart)

Four et un pigeon

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Marie Devigne (fanart)

Marie

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Pauline Cadart (collage)

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Umanimo (texte et photomontages)

Le tableau de Leela

« Vous apprenez vos lettres, Docteur ? »

Le Docteur leva la tête de la console et regarda Romana avec ébahissement. La jeune Seigneur du Temps avait pris une craie et elle traçait des petits points sur un tableau noir qui se trouvait dans un coin de la salle de commandes.

« Oh ça… C’était pour Leela.

– Leela ?

– Une amie.

– Qui ne savait pas lire ?

– Exact ! »

Le Docteur découvrit toutes ses dents dans un grand sourire.

« K9 lui enseignait.

– Bon chien K9. Tu apprends à écrire aux jeunes filles ?

– Pas moi, maîtresse. Le modèle I.

– Qu’est-il devenu ce modèle I ? »

Le Docteur fit voleter son écharpe dans un grand geste pour s’en envelopper. Il se racla la gorge.

« Il a voulu rester avec elle, lorsqu’elle-même a voulu rester sur Gallifrey.

– Une Humaine sur Gallifrey ?

– Oui. Bizarre, hein ? J’ai toujours trouvé ça bizarre. Tu ne trouves pas ça bizarre toi, K9 ?

– Affirmatif, maître. C’est tout à fait étrange, étant donné la politique…

– Oh tais-toi, K9 ! Tu ne vas pas nous faire un cours sur les affaires publiques de Gallifrey, non ?

– Non maître, si vous ne le souhaitez pas.

– C’est ça, je ne le souhaite pas. Enfin voilà, elle est mariée à Andred, maintenant.

– Andred, le chef des gardes de la chancellerie ? interrogea Romana.

– En personne. Quelle idée, non ? Qui aurait cru ça d’elle ? Une fille si bien. »

Le Docteur s’approcha du tableau en deux grandes enjambées. Il prit un chiffon pour effacer les mots maladroitement tracés par la sauvage. Mais son bras s’arrêta avant d’avoir touché la surface noire. Il laissa retomber le bout de tissu et passa un doigt sur le terme « Docteur » qui en remplissait presque toute la superficie. Haussant les épaules, il plia l’objet et grommela :

« Je vais le ranger. Je ne sais pas pourquoi je l’avais laissé là. »

***

Les races de Judoons

Il existe cinq espèces différentes de Judoons. Aucune d’entre elles n’est en voie d’extinction (hélas).

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***

Statue du célèbre administrateur de Doctor Who Classics, fans francophones, qui fut élevée de son vivant dans sa bonne ville de Nice, par des whovians enthousiastes. Les pigeons lui rendent hommage à leur façon.

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Duos incongrus

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À une très large majorité vous avez voté pour les duos (ou trios, ou plus) rassemblant un Docteur et un(e)(s) compagnon(gne)(s) qui n’existent pas dans la série.

Barbara ne côtoiera pas One, Leela sera séparée de Four et Amy tiendra la main d’un autre Docteur qu’Eleven. Cependant, il y a des règles strictes, et nous vous remercions de les respecter. En effet, notre groupe reste toujours tourné essentiellement vers la série classique et les médias alternatifs. Vos duos (ou plus) devrons donc être composés comme ceci :

Cas un : un Docteur de la série classique et un (ou plus) compagnon(s) de la série classique et/ou des médias alternatifs.

Cas deux : un Docteur de la série classique et un (ou plus) compagnons(s) venant de la nouvelle série.

Cas trois : un Docteur de la nouvelle série et un (ou plus) compagnon(s) de la série classique et/ou des médias alternatifs.

Totalement interdit : Docteur nouvelle série + compagnon nouvelle série, même si ce n’est pas le sien.

Voilà, l’Artisons est lancé. Amusez-vous bien et étonnez-nous avec vos duos (ou plus) incongrus.

À envoyer comme d’habitude à umanimo@live.fr

Date limite le lundi 18 avril au soir (publication le lendemain).

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Le Docteur dans les bulles

Des participations absolument magnifiques pour ce superbe Artisons, qui a eu un énorme succès. Le thème vous a beaucoup inspirés et les oeuvres qui sort sorties de vos crânes de bédéphiles laisseraient baba les plus talentueux des auteurs de BD.

Le titre en italique indique la bande dessinée qui vous a inspiré, pas forcément le personnage représenté.

(Cliquez sur les images pour les voir en plus grand)

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Béa Leleu (fanart)

Mafalda

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Flavichou Bacca (photomontage)

Batman

Artison BD Flavien

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Florent Fayolle (fanarts)

Tintin

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Gaston Lagaffe

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Fils de Florent (fanart)

Tintin (plus Sherlock Holmes et Harry Potter)

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Kathwho (fanarts)

Sin City

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Dans le style de Frank Miller

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Lise Hamaide (fanarts)

Tintin

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Blake et Mortimer

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L’Incal

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Johanes (fanarts)

Little Nemo in Slumberland

1-Little-Nemo

Les Gardiens du Maser

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Horologiom

3-Horologiom

Les Mondes d’Aldébaran

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Mushishi

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One Piece

DW-6---One-Piece

Les Cités Obscures

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Philémon

DW-8---Philemon

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Mina Manzini (fanart)

Yoko Tsuno

minamanzini

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Slo8 (texte)

Lucky Luke

-brigadier!!! – oui sergent benton !c’est mis GRANT CA y’est cette foi ci elle part et quite Unit définitivement et ………… je pensais que vou vouliez e^tre informé pour faire vos adieux non je n’y tien pas plus que cela tout comme le docteur j’imagine. d’abord Liz et maintenant miss grant nous somme de cette sorte d’homme comme ces héros de bd toujours solitaire qui s’en von t à la fin de l’ouvrage seul dans le soleil couchant tel ce cowboy américain qui tire soi disant plus vite que son ombre foutaises que tout cela seul Jenkins peut tirer aussi vite tout le monde le sait

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Umanimo (fanart)

Spirou et Fantasio

Uma

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 À bientôt pour un prochain Artisons.

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Artisons : le Docteur et la bande dessinée

Salut les Classics Whovians,

Notre sondage a donc donné comme résultat la victoire de la bande dessinée. Que l’univers dont vous allez vous inspirer vienne de la BD européenne (essentiellement franco-belge, mais n’oublions pas nos voisin, espagnols, allemands ou italiens, sans compter ceux que je ne cite pas), des mangas japonais (ou à la japonaise, pour les auteurs d’autres pays) ou des comics américains (qu’ils viennent des États Unis ou d’ailleurs), l’essentiel est que vous vous amusiez.

Allez-vous faire marcher le Docteur au milieu du village des Schtroumpfs ? Le faire voler au secours de Superman ? Ou jouer les ninjas aux côtés de Naruto ?

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Nous vous rappelons les règles : la partie classique de la série seulement ou la série dans son entier. Ajoutez-y les médias alternatifs (BD Doctor Who, romans, nouvelles ou audiosodes), mais pas la partie nouvelle exclusivement (toute la série à partie de 2005).

Tous les niveaux et tous les arts sont acceptés. Dessins, textes, photomontages ou vidéomontages, fan-audiosodes, etc. N’hésitez pas à vous lancer, même si vous pensez « ne pas être capable ».

La date limite est le lundi 21 mars, au soir. À envoyer à umanimo@live.fr

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Artisons Hommage, résultats

Résultat de l’Artisons « Hommage », le thème pour lequel vous avez voté. Beaucoup de très belles participations. Rendez-vous compte : douze participants, seize oeuvres produites. Toutes plus émouvantes les unes que les autres. Voici donc, par ordre alphabétique, les dessins, montages, et textes de :

(Cliquez sur les images pour les afficher en plus grand)

Béa Leleu (fanarts)

David Bowie

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Christopher Lee

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Flavichou Bacca (photomontage)

Lemmy Kilmister

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Florent Fayolle (fanarts)

Coyote

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Charlie Hebdo

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Lise Hamaide (fanarts)

David Bowie

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Leonard Nimoy

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Louise Chazot (fanart)

David Bowie

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Marie Devigne (fanart)

Michel Delpech

Par dessus l’étang
Soudain j’ai vu
Passer les oies sauvages…

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Mina Manzini (texte)

David Bowie

***

Ground Control to Major Tom

Your circuit’s dead, there’s something wrong

Can you hear me, Major Tom?

Space Oddity

Spaceboy

You’re sleepy now

Your silhouette is so stationary…

Hallo Spaceboy

 

« Major Tom… » Le Docteur lui secoua légèrement les épaules. « Tu nous entends ? »

Le jeune homme cligna des yeux, dévisagea le Docteur penché au-dessus de lui. Il vit aussi les deux jeunes gens qui se tenaient de l’autre côté – Zoé, puis Jamie, puis de nouveau Zoé. Il vit aussi la pièce dans laquelle il était allongé, ses murs blancs et les cercles qui les ornaient. Il regarda de nouveau le Docteur.

« Je… Je suis… revenu ? » demanda-t-il, la bouche pâteuse.

« Revenu sur Terre, tu veux dire ? » Le Docteur continua calmement. « Je crains que non, jeune homme – tu es toujours dans l’espace. Dans le TARDIS. »

« Le TARDIS ?… »

L’astronaute tenta de se dresser sur ses coudes mais Zoé appuya sur ses épaules pour qu’il reste allongé.

« Chhh… Ne bouge pas. Reste calme. Nous t’expliquerons plus tard. »

L’astronaute ne put empêcher un sourire de se former sur ses lèvres quand Zoé lui parla, même s’il aurait préféré qu’elle le laisse s’asseoir. Il se tourna de nouveau vers le Docteur.

 » Qui êtes-vous ? Comment vous m’avez trouvé ? Vous pouvez au moins m’expliquer ça… »

« Hé bien… »

Quelques minutes plus tôt, alors que le Docteur et ses compagnons scrutaient les environs d’une planète sur l’écran du scanner, quelque chose était entré dans leur champ de vision. Un scaphandre d’astronaute blanc flottant immobile dans le vide. N’ayant capté aucun signal radio émis par l’astronaute (ou capté par celui-ci), le Docteur avait douté qu’il fût encore vivant, jusqu’à ce que Zoé émit l’hypothèse que la radio pouvait être en panne. Alors que le Docteur spéculait sur l’origine de l’astronaute, les raisons possibles de sa situation et l’éventualité qu’il pouvait s’agir d’un piège (et dans ce cas, par qui ?), un Jamie impatient avait pressé le Docteur de faire quelque chose – comme par exemple, secourir l’astronaute ! Et si ce n’était pas un piège après tout ? Et s’il était vraiment à la dérive ?

Après un moment d’hésitation, le Docteur avait décidé de matérialiser le TARDIS autour de l’astronaute, de façon à le recueillir dans la salle de pilotage.

Au grand soulagement du Docteur, il n’y avait pas eu de piège ou d’embuscade. L’astronaute était humain, mais inconscient et quelque part entre la vie et la mort. Le Docteur, Jamie et Zoé avaient dû tout mettre en œuvre pour réanimer le jeune homme, après l’avoir extrait du scaphandre. Ils l’avaient transporté dans la chambre où dormait Susan avant qu’elle ne quittât le TARDIS, l’avaient allongé sur une couchette. Zoé n’avait pas quitté les côtés de l’astronaute. Jamie avait étudié le scaphandre avec une certaine fascination – ce n’était pourtant pas le premier équipement spatial qu’il avait vu depuis qu’il accompagnait le Docteur. Celui-ci avait d’ailleurs affirmé avec certitude que le scaphandre datait du début de la conquête spatiale, mais ce qui avait le plus retenu l’attention du Docteur était l’absence d’insignes ou d’autres éléments d’identification. La seule chose qui y était cousue était un Smiley jaune – « quelque chose qui sera très à la mode en Amérique dans les années 1970. Ou 80. » avait dit le Docteur à Jamie qui lui avait demandé ce que c’était.

Quant au jeune homme, il paraissait à peine plus âgé que Jamie et aux yeux du Docteur, un peu trop jeune pour voyager dans l’espace. Sa combinaison bleue ne portait qu’un seul insigne où on pouvait lire Major Tom. Pas de drapeau ou de logo d’agence spatiale, juste un grade et un nom.

« Vraiment très très étrange… » n’avait cessé de répéter le Docteur. « Ça ressemble presque à une farce… »

« Une farce ? » Major Tom ricana en entendant le Docteur le dire pour la énième fois. « Ils seraient très contents d’entendre ça à la base ! » L’astronaute était un peu moins pâle et put s’asseoir. Il expliqua qu’il participait à une série de vols spatiaux expérimentaux. Sa mission était simple : partir dans l’espace, voler aussi loin que Gagarine et revenir sur Terre.

« Mais on est à des milliers de kilomètres de la Terre ! » s’écria Zoé. « Personne au 20ème siècle n’est allé aussi loin. Comment tu as pu te retrouver ici ? »

« Personne n’est allé aussi loin à mon époque », répondit Major Tom avec la même ironie. « Parce que personne ne sait jusqu’où je suis allé ! On ne le saura sûrement jamais… »

Son visage changea subitement d’expression, comme si une main invisible avait inversé le sourire de l’astronaute.

« … parce que j’ai été égoïste et ai désobéi à la base. Parce que je voulais aller plus loin que la Terre, même au-delà de la lune et pourquoi pas trouver de la vie sur Mars… et que je ne voulais pas gâcher cette aventure… et j’ai donc coupé la radio. »

Puis tout à coup, j’ai senti des secousses et tout est allé trop vite. A partir de là, je ne contrôlais plus rien. Je ne savais plus où j’étais. Je pensais être tombé dans une étoile noire et… et que tout était fini… »

Une étoile noire ? Ça ressemble davantage à un trou de ver… pensait le Docteur. Mais ce n’était pas le moment de lui parler de physique quantique car Major Tom était prostré contre le mur et aussi soudainement devenu aussi blanc que son scaphandre.

« C’est peut-être même vraiment fini… » dit l’astronaute d’une voix tremblante. « Tout ce que je vois et j’entends est peut-être un délire. En fait, je suis… »

« Non, tu n’es pas mort! » dit Jamie sur un ton qui se voulait rassurant mais que son accent écossais avait rendu plus agressif. Voyant qu’il avait effrayé l’astronaute, il ajouta en baissant le ton. « Et tu n’es pas seul non plus. »

« Alors… »

« Jamie, Zoé… » Le Docteur se tenait près de la porte et fit signe à ses compagnons de le rejoindre dans la salle de pilotage à côté. « Laissons Major Tom se reposer. Nous allons voir ce que nous pouvons faire pour lui. »

Lorsque le Docteur lui annonça plus tard qu’il pouvait reprendre contact avec sa base terrienne, Major Tom refusa.

« Ils croient sûrement que je continue à dériver dans l’espace… » Il haussa les épaules. « C’est peut-être mieux ainsi. »

L’astronaute avait finalement pu se remettre debout et même marcher après un peu de rééducation. Il avait rejoint l’équipage dans la salle de pilotage. Les bras croisés, il regardait le Docteur manier la console.

« En quoi est-ce mieux ? » demanda Jamie.

« C’était mon tout premier voyage dans l’espace, mais ce sera aussi le tout dernier que je ferai. »

« Nous pouvons alors t’amener où tu veux » dit le Docteur sans lever les yeux de la console. « Même quand tu veux. »

« Aussi quand je veux… » murmura Major Tom, absorbé par le rotor

« Non, je ne veux pas changer d’époque » il dit après un silence, en secouant la tête. « Mais je veux recommencer à zéro…et je le ferai à Londres. »

« Comme tu souhaites » Le Docteur s’activa sur sa console. Major Tom regarda comme hypnotisé le rotor montant et descendant, alors que le TARDIS se mit en mouvement.

« Et qu’est-ce que tu feras dans ta nouvelle vie ? » demanda Zoé.

L’astronaute haussa encore les épaules. « Je ne sais pas encore. Devenir artiste, peut-être ? Il y a aussi beaucoup de territoires à explorer dans la peinture, le cinéma, la musique… Pourquoi pas monter un groupe de rock ? Je ne sais pas ce que je ferai à partir de là mais je suis sûr que je ne vais pas m’ennuyer ! »

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Nata Luna Sans (texte)

Terry Pratchett

***

« Ça me semble pratique, quand même… Ainsi, vous ne vous soucierez pas de tomber malade ou de vous faire mal. Enfin, vous êtes plus fort que le Docteur, » dit Alison.

« Réfléchissez aux Golems de notre roman de Pratchett préféré, ma chère Mlle Cheney. »

Alison lui avait piqué la copie de Pieds d’Argile que le Maître était en train de re-lire dans la bibliothèque du TARDIS.  C’est ainsi qu’ils avaient découvert encore un intérêt en commun, à part l’instinct d’analyse psychologique qu’ils avaient noté dès leur premier rencontre.

Elle y pensa.  C’était des êtres monumentaux en terre cuite, ‘programmés’ et mis en marche grâce à des mots d’ordre, écrits sur des bouts de papier que l’on gardait dans le crâne. Quand on leur sortait les phrases, les Golems s’éteignaient.

« D’accord, je crois comprendre où vous voulez en venir… »  Selon les principes, un Golem devait travailler et devait avoir un maître.

« Lorsqu’on se trouve converti en machine, il faut se demander: machine à qui et à quoi faire ? »

Le Maître fit une pause, comme s’il était toujours en train de se demander tout ça.

Alison réfléchit mais trouva plus de questions que de conclusions.

Le Maître sortit un petit gadget de sa poche. Ça avait l’air d’un vieux téléphone portable, mais avec davantage de boutons et de petits écrans numériques. Un grand bouton rouge en particulier serait celui d’alimentation.

« Le Docteur a construit la première version de ce corps-ci, m’a téléchargé de la base de données du TARDIS jusqu’ici »

Il indiqua du doigt sa propre tête.

« Et ensuite il m’a réveillé »

Il mima l’acte de toucher le gros bouton rouge.

« Drôle de sensation, hein? »

« Ma chère Mlle Cheney, vous ne vous en imaginez même pas la moitié. »

Plus tard, bien sûr, les Golems du roman avaient trouvé la façon de se posséder eux-mêmes…

« Avant c’était le Docteur qui avait la télécommande, n’est-ce pas? »

Alison s’était déjà habituée à ce que les deux Seigneurs du Temps disparaissent parfois dans des zones inconnues du TARDIS et reviennent après quelques heures ou parfois après des journées entières… De retour, ils avaient toujours l’air fatigués mais plus relaxes.  D’abord elle croyait qu’ils se cachaient pour des moments d’intimité, mais après elle se rendit compte que c’était comme ça qu’ils épargnaient leur invitée de l’embarras de les entendre discuter ou de les voir se battre à coups de poing ou d’épée ou… Alison n’aimait pas vraiment y réfléchir : si ça leur convenait, c’était pas de ses affaires.  Mais elle soupçonnait que c’était pendant une de ces absences que les deux s’étaient finalement parvenus à un accord.*

« Nous avons une sorte d’entente : le Docteur me donne la plus grande liberté possible, et quant à moi, je m’abstiens d’en profiter au maximum. »

Alison avait envie de lui demander pourquoi et comment ils étaient arrivés a coopérer ensemble, et surtout de demander au Maître ce qu’il ferait s’il avait sa pleine liberté.  Mais elle craignait une réponse trop tragique.

Une fois, elle lui avait demandé la raison de son pseudo (« Maître de quoi, exactement? ») et il avait répondu « de tout, bien sûr ».  Si cela avait été vrai auparavant, ce n’était évidemment plus le cas. Mais elle le voyait tous les jours décider de prendre soin du Docteur quand il aurait pu s’amuser à lui rendre la vie impossible. D’une certaine façon, il avait maîtrisé, sinon l’univers, au moins son propre destin.
*(faut avoir des notes à pied de page comme Pratchett) : http://archiveofourown.org/works/4194012

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Oskarya (fanart)

Christopher Lee

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Sébastien Faron (photomontage)

Divers

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Stephanie Louastron (texte)

David Bowie

-non vraiment ce costume de clown blanc et cette perruque de cheveux orange je suis seduit monsieur ou madame ziggy poussiere d’etoile ?c’est bien ça c’est bien ça je n’étais pas sur d’avoir bien saisi votre nom au juste appelez moi Docteur!-en revanche ces grosses chaussures noires du docteur martens j’ai comme un doute tout comme pour cette vesste velours à doublure satin rouge vif cela me semble un peu trop avant_garde pour moi je ne suis pas sure de retenir votre suggestion sans rancune cher ami . ah vou voilà yout les 2 1heure que je vous cherche dans tous les locaux UNIT. plait il brigadier? – je suis content de vous trouver ensemble justement -docteur laissez moi vous présenter votre tout nouvel assistant pour remplacer miss gGrant ce jeune homme ne parle que de la plete mars et de la vie sur mars il dit aussi avoi rencontré un homme nommé le Maitre qui a vendu le monde bref charabia que tout celà sombre histoire-seul vous pourrez comprendre quelque chose j’espère -je vous présente donc le jeune Major Tom fraiche recrue de UNIT -Euh je ne sais pas je n’ai pas besoin d’un assistant Alistair !!! Brigadier revenez ici immédiatement svp

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 Umanimo (fanarts)

David Bowie

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 Alan Rickman

Alan-Rickman

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À bientôt pour un nouvel Artisons.

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