Le Whoniverse rencontre d’autres Univers

Vous avez été nombreux à voter pour ce thème, pour notre prochain Artisons : un crossover Doctor Who avec une autre série télé.

Nous attendons donc avec impatience de voir quel univers va se télescoper avec le Whoniverse. Ne vous cantonnez pas aux séries anglophones (malgré l’image, mais il est difficile de trouver des représentations de séries non anglophones), ni à la science-fiction. Les portes de tous les univers vous sont ouvertes.

Surprenez-nous !

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Vos participations à envoyer à umanimo@live.fr d’ici le 13 décembre 2016

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Classé dans Artisons

Le Docteur les a rencontrés

Des personnages historiques très variés pour cet Artisons, femmes, hommes, politiques, scientifiques ou artistes, le Docteur les a tous rencontrés.

(cliquez sur les images pour les voir en plus grand)

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Dominique Loiseau (photomontage)

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Flavichou (texte)

Le Café Mondain

Je suis vieillissant. Ma dernière régénération va bientôt se dissiper en fumée. Il est temps d’écrire mes mémoires. Ne donnez pas trop de crédit à ce que vous allez lire ; ce ne sont après tout que des élucubrations de vieillard qui, au mieux, occuperont mes derniers jours.

Comme les plus anciens le savent sûrement, je fus, il y a bien longtemps de cela, il y a quelques vies, un journaliste relativement influent. Je pense que je peux donc séparer le récit de ma vie en 3 moments clefs : le moment qui me fit découvrir quel genre de journaliste je voulais être, celui où je me fis un nom et enfin celui où j’ai décidé qu’il était temps pour moi de me retirer de ce milieu si difficile.

Commençons alors par le commencement. Ma vie de journaliste commença véritablement à l’Académie des Time Lords de Gallifrey. Là bas, je me fis remarquer par différents écrits à la qualité très médiocre. J’étais rempli de bêtises et d’utopies à l’époque de cette première vie qui était la mienne. Un texte allait m’entraîner dans des réflexions qui ne me quitteraient jamais. Ce texte était intitulé De L’Importance du Journalisme. Je vous passe le contenu, mais sachez seulement que j’y disais que le journalisme n’était là que pour informer de la vérité, que c’était un art pur, qu’il était sacré et que jamais il ne pouvait être détourné de sa fonction première et qu’on ne pouvait nous priver de ses bienfaits. Ce texte était tellement innocent et bête qu’il attira un certain Tetha Sigma. Celui-ci vint me trouver, un exemplaire de mon texte à la main :

« C’est toi qui est responsable de cela, hmmm ?

-Oui, c’est bien moi. » répondis-je bêtement, tout fier.

-D’accord, viens avec moi. » dit-il, jetant vigoureusement mon œuvre à la poubelle.

Il faut savoir qu’il y avait, à l’époque, à l’Académie, des laboratoires dotés de dispositifs qui jouaient avec la science des Time Lords. Ceux-ci étaient dangereux, auraient pu altérer l’espace-temps de façon grave. Nous étions pourtant jeunes et nous ne portions pas le même regard sur ces outils. Theta Sigma lui-même a, je pense, regretté d’avoir utilisé ces instruments puisqu’il répétait lorsque je l’ai rencontré par hasard des décennies plus tard qu’il ne fallait pas changer l’histoire. Mais bref, nous étions loins de ces considérations à l’époque, et Sigma m’entraînait dans ce que nous appelions le « café mondain ». Cette grosse caisse expérimentale utilisait la science des TARDIS et la force du vortex temporel pour kidnapper des personnes de leur timeline pendant un temps, les faire venir en notre présence, avant de les remettre à leur juste place. Ils étaient censés ne garder aucun souvenir de ce qu’ils avaient vécu une fois qu’ils avaient retrouvé leur timeline mais cela comportait bien sûr des risques gigantesques. Les étudiants s’en servaient pour discuter avec des personnes issues de toutes les périodes et de toutes les planètes. Je me demandais bien avec qui Theta Sigma voulait qu’on discute. Il bidouillait sur les écrans et les boutons jusqu’à ce que je vois deux formes se matérialiser.

« -Mais enfin, lui dis-je, je n’ai jamais entendu parler de la possibilité d’extraire deux personnes de leur timelines et de les faire se rencontrer ici.

-Un peu de silence, jeune homme (ce qui était étrange, puisque nous avions à peu près le même âge). Je me concentre. Comme vous l’avez sous-entendu, c’est risqué et j’ai besoin de toutes mes facultés mentales. Elles sont peut-être grandes et dépassent de loin les vôtres, mais il ne faudrait pas que vous me déconcentriez. Bien. Mon cher, je vous présente deux terriens avec lesquels j’aimerais que l’on débatte : voici à gauche Camille Desmoulins et à droite Charles Maurras. Tout comme vous, ils se rêvaient journalistes. Je suis sûr que vous avez beaucoup à apprendre de ces deux-ci ! »

Deux silhouette se dessinaient dans les recoins du Café Mondain. L’une était de taille moyenne. La personne à qui appartenait la silhouette était brun et il portait un chapeau qui lui donnait beaucoup de prestance. Il portait sur lui des idées révolutionnaires, ça se voyait. Sigma me présenta : « Camille Desmoulins, Pitha Deca – Pitha Deca, Camilles Desmoulins ». La deuxième silhouette était bien différente : plus petit, barbu, grisonnant, il avait lui aussi une prestance qu’il imposait directement, je sentais chez lui une rage qu’il gardait en lui mais qui était prêt à sortir à tout moment. Sigma nous présenta également de la même façon « Charles Maurras, Pitha Deca – Pitha Deca, Charles Maurras ». Le trajet de ces deux terriens jusqu’au Café Mondain les avait assommés, cela arrivait toujours, mais le fait qu’ils fussent deux et non pas une seule personne avait accentué le processus, et c’est pourquoi les deux personnages ne cherchèrent nullement à se révolter, savoir où ils étaient, mais s’effondrèrent sur les fauteuils qui se trouvaient derrière eux. Le plus souvent, les personnages qui étaient appelé au Café Mondain mettaient un quart d’heure avant de se réveiller d’une sorte de transe et se demander ce qu’ils faisaient là. Tout ceci est bien sûr très théorique, et le fait qu’ils étaient le double par rapport à d’habitude était un facteur tout à fait nouveau qui pouvait tout changer. C’est Sigma qui prit, une fois de plus, la parole :

« -Monsieur Desmoulins, hmmm, c’est un grand honneur bien sûr. Mon cher ami ici présent est journaliste. Qu’en est-il pour vous ? Hmm !

-J’aimerai bien l’être ! Mais ce n’est pas si simple ! Je ne sais pas dans quel pays vous exercez, mais je vous admire. Dans mon pays, le liberté de la presse est loin d’être atteinte, même si nous progressons.

-Mais, dis-je bêtement, la liberté d’informer une population n’est-il pas un droit fondamental ?

-Je le pense aussi, répondit Desmoulins, mais ce n’est pas toujours aussi simple ! Avez-vous ne serait-ce que pensé qu’un gouvernement, quelle que soit sa forme, ne voudrait pas toujours que la population soit informée de tout ce qui se trame ? Il existe moult censure pour nous brider et de grandes peines attendent ceux qui aimeraient exercer d’avantage une liberté d’écrire ce qu’il veut.

-C’est à cause des lobbies ! » s’exclama tout d’un coup Maurras, qui était jusqu’ici resté muet.

-Pardon ? » demanda Desmoulins

-La liberté de la presse ne sera jamais atteinte à cause des lobbies ! Oui, je me tue à le dire dans mon Action Française, mon journal, des lobbies contrôlent le monde et il ne voudrait pas que ça se sache ! Ha ! Ha oui, ça oui ! Je les connais moi ! Ils cherchent à me faire taire ! Juifs, bolcheviques, francs-maçons,… Ils cherchent à détruire de l’intérieur mon beau pays français, et ça grâce à l’aide de traîtres à la patrie qui les aident de l’intérieur. »

Nous étions tous fort interloqués par ce monologue. Je tentais alors :

« -Monsieur Maurras : vous possédez alors un journal ?

-Oui, monsieur ! L’Action Française, monsieur ! J’y dit tout ce que je veux, malgré les lobbies qui aimeraient que j’évite de dévoiler les menaces qui flottent sur la grande nation française !

-Et vous monsieur Desmoulins, vous n’exercez donc pas ?

-J’exerce, si » me répondit-il, « mais souvent dans l’anonymat ou dans le secret. Je commence à avoir plus de liberté, mais ce n’est pas encore totalement le cas. Dans mon pays, c’est difficile de progresser, mais nous y venons, nous y venons !

-Et » posais-je encore, « de quel pays venez-vous, tous les deux ?

-De France », répondaient-ils, tous les deux d’une seule voix, et je sentis une grosse pincée de nationalisme en plus lorsque Maurras prononçait le nom de son pays, qui n’existait guère dans la façon de le dire chez Desmoulins. Ils se regardèrent alors, étonnés, se dévisagèrent, et je sentis alors que la transe venait d’être levée lorsqu’ils comprirent qu’ils venaient de la même France, sans que les libertés de la presse soient les mêmes. Devant mes yeux, j’admirais alors un paradoxe temporel qui pouvait mal se terminer. Sigma le voyait lui aussi. Et alors que les deux personnages se mettaient à demander si l’autre mentait, si l’autre était dans le vrai alors que Maurras hurlait au complot bolchévico-judeo-franc-maçon, et qu’il voulait en venir aux poings avec Desmoulins qui n’était pas prêt à se laisser faire, Sigma bidouillait dans les réglages du Café Mondain pour faire disparaître les deux personnages, sans que nous puissions conclure dans les règles cette discussion qui tournait, de toutes façons, au vinaigre. Nous sortîmes tous les deux de la machine, et nous nous aperçûmes alors qu’elle fumait beaucoup. Sigma regarda l’extérieur du Café Mondain et me cria : « Ha, les circuits ont trop chauffé ! La machine ne pouvait pas supporter deux personnages venant d’époques différentes, semble-t-il. Mince ! Rappelez-moi, mon cher ami, de ne plus jouer à l’apprenti technicien avec la technologie TARDIS ! C’est beaucoup trop instable ! Je vais essayer de m’en tenir écarté dorénavant, hmm ! ».

Alors que nous nous dirigions rapidement avant d’être vus vers la bibliothèque, mon nouvel ami me demanda :

« -Bien, cette mésaventure vous aura-t-elle au moins appris quelque chose ?

-Oui » répondis-je. « Penser que le journalisme est acquis, et qu’une personne ne peut pas le détourner en fonction de son opinion, possiblement biaisé, était bête. Le journalisme est chose précieuse et importante, mais il n’en est pas moins hypothétiquement dangereux ! »

Après cet incident, je suis resté en contact avec Theta Sigma tout le temps de nos études. Je ne l’ai revu qu’en de très rares occasions par la suite, mais nos retrouvailles auront toujours été précieuses, quoi qu’il avait la fameuse tendance très agaçante de penser qu’il était responsable de la totalité de mon éthique et de mes écrits. Le plus énervant était pourtant le fait que je ne pouvais décemment pas le contredire…

Flavichou.

P.S : Après relecture d’une tierce personne, il apparaît qu’il est possible que tout le monde ne connaisse pas les deux personnages historiques qui sont évoqués ici. Donc :

-Camille Desmoulins est un journaliste qui a pris part à la Révolution Française, se battant pour une plus grande liberté de la presse

-Charles Maurras est le co-fondateur du journal l’Action Française, il y montre ses idées nationalistes, complitistes et très ancrées à l’extrême-droite.

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Johannes (fanarts)

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Two rencontre Mary Anning

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Five et Julie d’Aubigny

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Eight et Nicola Tesla

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Kathwho (fanart)

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Les Temps Modernes

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Laureline (drabble)

Un homme , vêtu de façon victorienne, mais tout dépenaillé, entra dans la pièce où tous les scientifiques travaillant sur le projet d’utilisation du nucléaire :

« ARRÊTEZ TOUT, VOUS ALLEZ CONTRIBUER A CONSTRUIRE UNE BOMBE. »

Interloqué par la présence d’un grand homme aux cheveux blancs, coiffé en pétards, il dit :

« Albert , mon ami, sortez d’ici, je refuse que vous contribuiez à tuer des millions de personnes. »

Albert rétorqua :

« Que faites vous de la non interférence dans les faits de l’histoire, Docteur. ceci ne vous ressemble pas

– Je viens de voir trop de morts sur Gallifrey, je refuse de revoir cela sur ma planète préférée. »

Et ils sortirent de la pièce bras dessus dessous.

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Lise Hamaide (fanart)

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Chagal

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Umanimo (texte)

The Master’s masters [Les maitres du Maitre]

Chapitre 1

Les yeux pétillants de joie mauvaise, le Maître regarde, en riant, le Docteur quitter les locaux d’UNIT pour grimper dans sa ridicule vieille voiture jaune vif.

« Tu ne sais pas ce que je te prépare, Docteur. Ça va être particulièrement spectaculaire. Oh, tu vas adorer ! »

Fredonnant une chanson gallifreyenne, un large sourire aux lèvres, il manœuvre son TARDIS qui disparaît de la surface de la Terre. Puis il va jeter un coup d’œil aux écrans qui lui montre les chambres de ses invités. Il a aménagé chacune d’elles pour qu’elle s’adapte au goût de son occupant.

Dans la première dont l’aspect rappelle l’intérieur d’une yourte, un homme de petite taille, à la grosse tête, aux traits asiatiques, tourne en rond en grimaçant et en sifflant des injures entre ses dents jaunes. Ses mains jouent avec un coutelas qu’il plante de temps en temps sur les poteaux en bois qui soutiennent les parois de peau.

La deuxième abrite un homme d’un certain âge, vêtu d’une toge. Il est presque chauve et son visage est ridé, mais ses yeux noirs sont animés par une flamme juvénile. Il passe le temps à lire, mais on sent qu’une certaine impatience l’agite à la façon dont son pied se balance et au regard qu’il jette souvent à la porte.

Le Maître s’approche du troisième écran : un colosse à la peau noire, que sangle un uniforme chamarré, arpente la pièce. Il donne des coups sur une table de style rococo qu’il a déjà fendu sur toute sa longueur. Puis il hurle des insultes en sango en agitant ses poings massifs vers la caméra.

La quatrième chambre est occupée par un petit homme aux cheveux noirs, dont la lèvre s’orne d’une petite moustache carrée. Il marche nerveusement de long en large, les mains dans le dos. Il s’arrête parfois devant un portrait le représentant et semble plongé dans ses réflexions.

 

Chapitre 2

« Messieurs ! Messieurs ! Du calme ! Il faut sérieusement nous mettre au travail si nous voulons réussir. »

Le Maître essuie son front à l’aide d’un mouchoir immaculé qu’il vient de sortir de son gant. Il fait plutôt frais dans la salle où ils sont en conférence, mais il transpire abondamment. Les quatre dictateurs sont plus difficiles à manipuler qu’il ne l’avait imaginé. Son pouvoir hypnotique est totalement sans effet sur eux. Et chacun revendique la place de leader.

Attila grince des mots cruels et promet mille morts atroces à ceux qui ne lui obéissent pas.

César (Caius Julius) parle calmement, mais au bout d’un moment tous finissent pas se taire pour l’écouter.

Dada (Idi Amin) roule des yeux furieux et tape du poing sur les meubles en vociférant.

Hitler (Adolf) commence toujours ses discours à voix presque basse, mais s’enflamme progressivement et finit par des harangues passionnées.

Il leur avait expliqué ce qu’il attendait d’eux : mettre le monde sous leur coupe et se le partager. Puis il avait tenté de concrétiser ce projet. Mais, dès le début des discussions, les diverses et fortes personnalités se heurtaient, et cela dérivait inévitablement vers de violentes disputes.

À plusieurs reprises, il avait dû fuir, fermer la porte et envoyer un gaz anesthésiant pour éviter le bain de sang. Attila jouait du couteau avec conviction et Idi Amin utilisait ses poings comme des armes.

« Pourquoi devrions-nous t’écouter, maigre freluquet ? s’écrie le colosse noir, en s’avançant vers lui. Qui es-tu et qu’as-tu donc accompli pour oser nous donner des ordres ? »

Pour commencer à le connaitre, le Maître sait que le « nous » n’est pas collectif, mais désigne la seule personne d’Idi Amin.

« Ça recommence », pense-t-il.

Et il recule doucement vers la porte, prêt à fuir à nouveau. Mais il se heurte à quelqu’un qui le repousse vers la table. La voix susurrante de César glisse à son oreille :

« Oh, non, tu ne vas pas fuir à nouveau, cher Maître. Tu as rassemblé ici un certain nombre de personnes que tu pensais pouvoir servir ton ambition et tu ne sais pas les contrôler. Fais face à ton incompétence, maintenant. Fini de t’esquiver et de nous endormir pour résoudre les problèmes. »

Il parle en latin, comme Idi Amin parle en français, Attila dans sa langue hunique et Adolf en allemand, mais grâce au champ de traduction du TARDIS, tous se comprennent.

Avec une poigne plus puissante que ne le laisse supposer son allure fragile d’homme déjà vieux, Caius Julius oblige le Maître à s’asseoir.

 

Chapitre 3

Triste retournement de situation. Le Maître tourne en rond dans sa chambre. C’est lui qui est enfermé maintenant. César a pris le pouvoir au sein du petit groupe. C’est le plus intelligent et ses trois camarades sont trop dominés par leurs caractères mégalomaniaques, pour tenir tête à sa facilité à les flatter et à les manipuler.

« Un petit malin, ce César », songe-t-il avec une pointe d’admiration.

Ils l’ont enfermé et s’en servent comme un outil, uniquement pour les mener où ils le souhaitent. Ils ne le laissent sortir de cette pièce que pour manœuvrer le vaisseau. Les mains en battoir d’Amin Dada et le couteau d’Attila le maintiennent dans le droit chemin.

Heureusement, ils ne comprennent rien aux commandes du TARDIS. Ils ne voient que le résultat. Aussi, tout en les menant dans le lieu et le temps qu’ils désirent rejoindre, le Maître a subtilement fait quelques aménagements.
Son programme : « prendre le pouvoir sur la Terre du vingtième siècle » semble avoir l’aval des quatre chefs guerriers. Peu à peu, le TARDIS s’emplit de soldats différents : des Huns à cheval, des légionnaires et quelques cavaliers Romains, une armée complète et disciplinée de la Wehrmacht et un groupe de soldats du plus bel ébène.
***

« Que faites-vous ici ? »

Le Maître est réveillé par un glissement dans son dos. Il a la surprise de découvrir César, vêtu d’une simple tunique, couché contre lui. Le Romain a passé un bras autour de sa taille et sourit avec malice. Pour le peu d’heures de sommeil dont il a besoin, le Maître se couche toujours habillé. Surtout depuis que sa machine est envahie de combattants de toutes sortes. Il se tient ainsi prêt à toute éventualité.

Il bénit cette précaution qui lui évite un contact trop intime avec le vieux dictateur.

« Tu as beaucoup de charme dans ton genre, lui chuchote Caius Julius en resserrant sa prise sur le torse du Time Lord.

– Je ne suis pas intéressé, rétorque le Maître en détachant les doigts qui tentent de se glisser dans sa chemise, vous avez sûrement, parmi vos hommes, des soldats qui pourraient satisfaire vos besoins. »

Il se lève et rajuste sa tenue. César contourne le lit et vient se planter devant lui. Ses yeux noirs le détaillent avec gourmandise.

« Tu ne comprends pas, lui dit-il. La partie la plus importante du plaisir, c’est l’échange intellectuel. Que veux-tu que je fasse avec ces paysans lourdauds ? Ou même ces patriciens sans cervelle ? Tu es le seul à être de mon niveau ici. »

Il se frotte le menton d’un air pensif.

« Je crois même que, dans certains domaines, tu me surpasses. C’est très excitant, ajoute-t-il, avec un sourire qui redonne à son visage une jeunesse que démentent les rides et la calvitie.

– Si vous voulez discuter, je ne dis pas non, mais le reste, pas question, répond le Maître qui se demande s’il ne va pas pouvoir utiliser cette situation, qu’il n’avait pas prévu, à son avantage.

– Tu as tort, tu rates quelque chose. Une bonne discussion de philosophie ou de science quand on est comblé par le plaisir charnel, il n’y a rien de meilleur. Mais je ne te force pas, ça perd tout son charme, sinon. »

Il se dirige vers la porte. Puis se retourne juste avant de la franchir.

« Si tu changes d’avis, fais-le-moi savoir. Pour toi, je serai disponible à tout moment. »

Le Maître pousse un soupir de soulagement quand le battant se referme, aussitôt suivi par une grimace de déception quand il constate que sa lubricité n’a pas fait oublier au Romain de verrouiller derrière lui.

 

Chapitre 4

C’est la guerre !

Pas sur Terre, non. Pas comme il l’avait prévu et planifié. Enlever les quatre dictateurs de leur époque respective. Les lâcher, avec leurs troupes bien entraînées, sur toutes les parties du monde en même temps. Puis prendre le pouvoir grâce à ça, c’était son plan. Et c’est un fiasco.

Le Maître est dissimulé dans sa garde-robe parmi ses costumes noirs. C’est le seul endroit dans sa chambre, à la décoration très dépouillée, qui offre un semblant de cachette. Il a un sourire amer en songeant qu’il n’y a pas si longtemps, sa plus grande crainte était que César revienne à la charge avec sa proposition salace.

Les couloirs du TARDIS retentissent de coups de feu, de hurlements, de galopades humaines ou équines. Toujours enfermé, il ne sait pas comment cela a démarré. Mais ça fait plusieurs jours que personne n’est venu lui ouvrir, ni lui donner à manger. Il peut boire dans sa salle de bain, heureusement, mais la faim commence à le torturer.

Il se demande ce qu’il est advenu des hommes qu’il a enlevé. Sont-ils à la tête de leurs troupes, se combattant les uns les autres ? En ont-ils perdu le contrôle ? Il ne dort plus maintenant, il reste sur ses gardes tout le temps car la bataille ne s’arrête jamais.

Pire encore : aux secousses qu’il sent parfois, il sait qu’on touche aux commandes du TARDIS. Probablement pas dans l’intention de le faire fonctionner, mais sans doute au hasard. Il n’ose imaginer ce qui risque de se passer si quelqu’un appuie sur un mauvais bouton et engage une manœuvre périlleuse.

***

« Maître ! Sors de ta planque, méprisable lâche, ou je te décolle la tête à mains nues. »

La voix tonitruante d’Idi Amin retentit puissamment. La porte de la chambre du Maître vient d’être soufflée par un engin explosif. Le colosse noir enjambe les décombres de ce qui fut son mobilier et l’extirpe du placard, dont il ne reste presque rien. Il le soulève de terre par le devant de ses habits et éclate d’un rire homérique quand il voit à la fois son expression terrorisée et son visage où un petit morceau de bois s’est fiché dans la pommette juste sous l’œil.

Le tenant par le col, le géant le traîne vers la salle des commandes. Ils sont entourés de soldats africains qui tirent sur d’autres soldats. Le Maître arrive à distinguer des Romains et des Allemands mêlés, faisant le coup de feu côte à côte. D’étranges alliances semblent s’être nouées entre les divers groupes de guerriers.

Il est propulsé contre la console. Le dictateur plaque un papier devant lui :

« Tu vas nous amener là. »

Les coordonnées inscrites sur la feuille sont en Afrique. Mais le Maître a un autre projet. Il doit profiter de l’occasion qui lui est donnée, il n’en aura pas d’autres. Sous le regard attentif d’Amin Dada, il commence à manœuvrer le vaisseau. Certaines de ces manipulations sont destinées à diriger la machine vers la Terre, mais d’autres ont un but plus secret.

 

Chapitre 5

Le Docteur vient de monter dans son véhicule jaune vif. Il n’a pas remarqué l’abri de jardin qui a disparu quelques secondes plus tôt d’une des collines environnantes. Il freine précipitamment, lorsque cette cabane se matérialise sur la route à quelques mètres devant la vieille voiture.

La porte s’ouvre violemment et le Maître en surgit suivi par un nuage de fumée verdâtre. Il court, se tenant un mouchoir sur le visage, d’abord en ligne droite. Puis tournant brusquement vers sa gauche, il s’éloigne à toute vitesse sur la route.

Le Docteur le suit des yeux, ébahi. Mais son attention est bientôt requise par quelque chose de bien plus surprenant : de la porte de la cabane jaillit une foule. Des dizaines d’hommes, qui se bousculent, courent dans tous les sens, tombent, se relèvent, se dispersent partout autour de lui. De plus en plus éberlué, il reconnait des guerriers Romains, des uniformes de la Wehrmacht, des cavaliers huns et les tenues camouflage d’un groupe de soldats africains.

Il n’est pas encore revenu de son ahurissement quand un petit Asiatique à la grosse tête plate se plante devant la voiture, un poignard à la main, et lui hurle :

« Je vais tuer Maître ! Lui, un trrrrraîtrrrrre ! Où allé ? Dis-moi ou je tue aussi. »

Le Docteur jette un coup d’œil alentour. Il n’y a plus trace du Maître. Dans la fumée qui continue à se déverser, émergent toujours plus de gens qui courent. Ils toussent et tombent parfois sans se relever. Quand la nuée parvient jusqu’à lui, il comprend pourquoi. Elle est très irritante avec une forte odeur d’ammoniaque et de soufre. Le petit Asiatique qui le menaçait en est environné et s’effondre au milieu de sa harangue.

Il saute de son véhicule et s’engouffre dans les locaux de l’UNIT en criant le plus fort possible :

« Brigadier !
– Que se passe-t-il, Docteur ? questionne Alistair Lethbridge-Stewart, émergeant de son bureau.
– Vite, faites rentrer tous vos hommes, fermez toutes les issues et avertissez le reste de vos troupes de se tenir loin d’ici. »

***

« Qui est à l’origine de ce désordre et de ce massacre ? »

Le Brigadier, en compagnie du Docteur, regarde par la fenêtre le monceau d’étranges cadavres qui entourent la cabane en bois et la vieille Bessie. La fumée verte s’échappe toujours de la porte grande ouverte, mais elle est moins dense. Les différentes sortes de guerriers qui en sont sorties errent aux alentours. Des échauffourées ont lieu autour des bâtiments et dans les bois qui entourent le quartier général de l’UNIT.

« Le Maître bien sûr, qui voulez-vous que ce soit ? Cette cabane est son TARDIS.

– Mais où est-il ?

– Hum, il a fui. Par là-bas. »

Le Docteur désigne la route qui part vers l’ouest.

« Je ne sais ce qu’il cherchait à faire, mais je parie que ça a mal tourné. Par contre, il va être obligé de revenir ici, pour reprendre son vaisseau. Nous n’avons plus qu’à l’attendre. Où en sommes-nous avec les renforts ? »

Lethbridge-Stewart regarde sa montre :

« Ils ne devraient plus tarder. Récupérer tous ces gens sans trop de casse va être difficile. Ils ont tous l’air plus enragés les uns que les autres.

– Et pour les renvoyer chez eux, je vais devoir faire appel aux Seigneurs du Temps, répond le Docteur. »

Il ajoute avec une petite grimace :

« Ça me rappelle de mauvais souvenirs ! »

 

Chapitre 6

« Tu joues à cache-cache ? »

Le petit garçon se tient au dessus de lui, sur le bord du fossé boueux dans lequel il a fini par sauter pour se dissimuler et éviter les balles perdues. Les bois retentissent d’appels et de cris en plusieurs langues différentes, ainsi que de tirs de diverses armes.

« Ils font du bruit, tes copains. Vous jouez à la guerre ? »

Une rafale de mitraillette crépite dans les feuillages et une pluie de balles retombent sur lui et sur le gosse. Avec une sorte de réflexe qu’il ne s’explique pas, le Maître attrape la cheville de l’enfant, inconscient du danger, et le fait tomber dans le fossé. Puis il se glisse sous une grosse branche morte recouverte de nombreux débris végétaux en l’entrainant avec lui. C’est une parfaite cachette. Un groupe de soldats vociférant saute le trou juste à l’aplomb de leurs têtes.

« Chut, murmure-t-il au môme qui rit dans la main qu’il a plaqué sur sa bouche, ils vont nous entendre. »

« Ça fait un parfait otage pour récupérer mon TARDIS », songe-t-il pour justifier son geste à ses propres yeux.

Une heure plus tôt, il avait matérialisé l’engin près des bâtiments de l’UNIT, très peu de temps après avoir quitté les lieux, pour laisser le Docteur se débrouiller avec son chargement de guerriers. C’était une petite satisfaction morale de lui confier le soin de ce désordre, pour compenser le ratage de son plan. Puis, au moment où il ouvrait la porte pour s’enfuir, il avait inondé sa machine avec un gaz mortel de sa fabrication. Il avait ainsi réussi à s’échapper des mains du gros dictateur africain.

Maintenant il faut qu’il rentre en possession de son TARDIS et le petit garçon va l’y aider. Le plus difficile étant de regagner le vaisseau spatio-temporel sans se faire trucider par les troupes diverses qui hantent les environs.

« Tu connais UNIT ? demande-t-il au gamin.

– Bien sûr, rétorque celui-ci, il faut être idiot ou aveugle pour pas connaître. C’est des bons soldats, tu sais !

– Et toi, sais-tu comment aller là-bas sans être vu de mes … « copains » ?

– Peuh ! Facile ! Comment tu t’appelles ? ajoute-t-il en s’extirpant des branchages en rampant.

– Le Maître.

– C’est pas un nom ça ! C’est ridicule ! Il te faut un vrai nom. Pourquoi pas … Arthur ? C’est joli, Arthur, j’aime bien. Et puis c’était un grand roi, un roi légendre. Non pas légendre, lé … gen … dai … re, c’est ça légendaire. Moi, mon nom, c’est Conloach [prononcer Conleya ou Conley], ça veut dire « chef suprême ». Maman dit que ça me va bien parce que je veux toujours commander. Mais c’est difficile à dire, alors on m’appelle Coco. Tu viens, Arthur ? »

Tout en babillant à voix basse, le garçonnet, qui ne doit pas avoir plus de sept ans, s’est mis à marcher, courbé, le long du ruisselet. Le Maître le suit, lui aussi plié en deux.

Ils filent à travers bois, par des passages improbables, derrières des haies, le long de murs, sous des clôtures délabrées. Au moment où le Maître pense qu’ils sont totalement perdus, ils débouchent près des bâtiments arrière de la base. Il voit même son TARDIS à travers un étroit boyau entre deux locaux. La porte en est toujours ouverte, mais il n’y a plus de fumée qui en sort.

Seuls les soldats de l’UNIT continuent à s’affairer autour d’elle, il n’y en a pas d’autres. Plus de Romains en jupettes, d’uniformes de la Wehrmacht, ni de tenue camouflage ou de petits chevaux des Huns. Tous se sont dispersés dans les environs où ils s’affrontent toujours. Deux ambulances démarrent, emportant leur contingent de morts ou de blessés. Le Brigadier et le Docteur ne sont pas visibles. Mais ils doivent être par là, à l’intérieur des bureaux. Il va avoir besoin de Coco pour passer.

Il saisit l’enfant pas le bras :

« Tu vas venir avec moi !

– Hey ! C’est pas la peine de me faire mal ! Bien sûr que je viens, Arthur ! »

Arrachant son poignet de la main qui le tenait, il s’engage dans la trouée avec assurance. Le Maître le suit difficilement. Bien qu’il soit très mince, ce goulet le laisse à peine passer. Arrivés presque au bout, il attrape le col du garçon.

« Attends, on va leur faire une surprise ! »

Coco, tiré en arrière, pouffe.

« Tu es drôle tu sais, Arthur ! Je m’ennuyais cet après-midi. Je suis bien content de t’avoir rencontré.

– Moi aussi ! » grommelle le Maître entre ses dents.

Ils sortent tous les deux, l’un derrière et tenant fermement l’autre par le cou. Ils sont à mi-chemin de son TARDIS quand, enfin, un des soldats les remarque.

« Hé, s’écrie-t-il, pas de civils dans l’enceinte de la base ! Comment êtes vous entrés ?

– Je suis le Maître et vous devez m’obéir, les apostrophe-t-il d’une voix forte pour bien se faire entendre de tout le monde, laissez moi passer ou je brise la nuque du gamin ! »

 

Chapitre 7

« Oh, bon sang ! »

Le Docteur a entendu la harangue du Maître et regarde par la vitre. Il le voit avancer vers sa machine avec son otage. L’enfant doit avoir six ou sept ans. Il a des cheveux noirs et raides qui entourent son visage rond aux grands yeux bleus. Il n’a pas l’air effrayé du tout. Plutôt amusé. Il ne semble pas comprendre le danger que représente l’homme derrière lui.

Sortant du bureau du Brigadier par la fenêtre, le Docteur interpelle le Maître :

« Laisse-le aller. Je suis sûr que tu ne veux pas faire ça !

– Parierais-tu dessus, Docteur ? »

La voix ironique est pleine d’assurance, mais le Docteur, qui le connait bien, a vu une lueur d’hésitation dans son regard. Cependant il préfère ne pas tenter quelque chose. Impuissant, il regarde le Maître rentrer dans son TARDIS. Juste avant d’en refermer la porte, il rejette violemment l’enfant qui tombe sur les fesses.

Le bruit de la dématérialisation commence à s’élever et le Docteur se précipite pour récupérer le petit garçon, quand il voit celui-ci se relever d’un bond, rouvrir la porte et s’engouffrer dans le vaisseau. L’engin disparait.

« Il s’est passé quoi exactement ? demande le Brigadier. Pourquoi s’est-il encombré de ce gosse ? Que compte-t-il en faire ?

– Je ne suis pas bien sûr, répond le Docteur, perplexe, mais il me semble que c’est le garçon qui est entré volontairement. »

***

Le Maître est trop occupé à démarrer son TARDIS et à s’éloigner le plus rapidement possible de la Terre pour remarquer tout de suite qu’il n’est pas seul dans la salle de commandes. L’odeur du gaz est encore un peu sensible et irrite le nez et les yeux. Il entend une petite toux et une voix enfantine :

« Ça sent pas bon chez toi ! Mais c’est sympa, c’est grand ! »

Le polisson court vers les sorties internes de la pièce et sa voix se perd rapidement dans le couloir :

« Oh, c’est très grand, c’est super pour jouer à cache-cache. C’est toi qui t’y colle en premier, Arthur ! Compte jusqu’à cent !

– Coco ! Reviens ! On ne joue plus ! »

Le Maître donne un coup de poing rageur sur la console. Ce gamin va tout gâcher ! Il avait réussi à s’en sortir et à apporter des ennuis au Docteur. Ils vont mettre un temps fou à récupérer tous les soldats et certainement pas sans problèmes. Mais que va-t-il faire de ce gosse ?

Le jeter dans l’espace est la solution la plus simple. Encore faut-il pouvoir l’attraper ! Il stabilise le TARDIS dans le vortex et part à la recherche du bambin.

 

Chapitre 8

La porte est grande ouverte sur les étoiles. Il tient Coco par les épaules et s’apprête à le pousser dans le vide de l’espace. La galopade pour le rattraper avait durée plus d’une heure et il avait dû le chercher et subir ses cris de joie quand il avait enfin réussi à le dénicher dans une des salles de bain. Le petit garçon avait été trahi par le tas de serviettes qu’il avait enlevé d’un placard pour pouvoir s’y dissimuler.

« Oh, comme c’est beau, s’écrie l’enfant. Regarde là-bas, ajoute-t-il en tendant un bras vers une galaxie lointaine, on dirait un soleil qui tourne. Un soleil avec des cheveux. Qu’est-ce que c’est ? » questionne-t-il, en levant son visage confiant vers le Maître.

Il serre les mains sur les épaules du petit garçon et se répète :

« Jette-le dehors ! Que vas-tu faire de lui, sinon ? Pas question de retourner sur Terre pour le ramener !

Pourtant, il s’entend répondre :

« C’est une galaxie spirale, un groupement d’étoiles qui tournent toutes ensembles autour d’un axe, comme la Terre tourne sur elle-même autour de son axe.

– Ah, oui, la Terre, je connais. C’est le pôle Nord le naxe. Et ça là-bas ? C’est de toutes les couleurs, c’est super joli aussi !

– Un amas d’étoiles également, mais d’une forme différente, une galaxie spirale en train de se créer. »

« Qu’est-ce que je raconte ? Jette-le dehors ! » pense-t-il.

« Oh, zut ! » fait-il à voix haute. Il repousse l’enfant vers l’intérieur de la pièce et referme la porte.

Celui-ci se jette contre lui et l’entoure de ses petits bras :

« Comme j’ai eu de la chance de te rencontrer ! Qu’est-ce que je m’amuse ! Maman n’en reviendra pas quand je lui raconterais tout ça ! »

Il s’accroupit en face du gamin et lui dit :

« Tu ne racontes rien à personne, d’accord ? Pas à maman et même pas à ton meilleur copain.

– J’ai pas de meilleur copain. Ils sont tous trop idiots et trop nuls.

– Ah, oui ? Tiens, ça me rappelle quelqu’un, ajoute-t-il avec amertume.

– Je dirais rien, si tu veux pas. Je sais garder un secret. Bouche cousue ! »

Il fait le geste de refermer sa bouche avec une fermeture éclair.

***

« Difficile de tuer un gosse de sang froid, n’est-ce pas ? Plus difficile que d’envoyer une fumée mortelle se charger du travail ! »

Le Maître sursaute et se relève. Appuyé à la console, César le regarde, les bras croisés.

« Comment …

– … j’ai réussi à m’en sortir ? » l’interrompt le Romain.

Il montre ses mains et ses avant-bras rouges et couverts de cloques :

« Pas sans dégâts, avoue-t-il. Quand j’ai senti l’odeur de ton poison, j’ai compris qu’essayer de fuir vers l’extérieur était une mauvaise idée. Au contraire, je me suis enfoncé plus avant dans les entrailles de ta machine. Et j’ai eu la chance de découvrir la piscine. Je suis resté sous l’eau autant que je pouvais et quand il fallait que je respire, je me protégeais le visage de ma toge mouillée. Il n’y a que mes bras qui tenaient le tissu qui sont entrés en contact avec ton fluide. »

Il tousse.

« J’en ai quand même un peu pris dans les poumons, mais ça ira, je suis solide. »

Il ajoute, toujours souriant, le regard plein d’ironie :

« Te voila bien embarrassé ! Tu voulais des chefs pour faire ta guerre et tirer les marrons du feu à ta place. Et que te reste-t-il sur les bras ? Un vieillard et un bambin. Que vas-tu donc en faire, puisque tu n’as pas le courage de les éliminer ?

– J’ai faim ! » intervient Coco, en glissant sa menotte dans la main « d’Arthur ».

Le Maître se rend compte que lui aussi est affamé. Ces dernières heures ont été trop chargées en évènements pour qu’il se préoccupe de son estomac, mais cela fait plusieurs jours qu’il n’a pas mangé.

Ils se retrouvent tous les trois dans la cuisine où la machine leur délivre le repas qu’ils souhaitent. Il avale un plat de Gallifrey à base d’un légume rouge qui ressemble à une pomme de terre mâtinée d’un artichaut. Caius Julius déguste une bouillie de blé, salée au garum et parsemée de petits morceaux de poisson séché. Le petit garçon engloutit deux énormes tartines dégoulinantes de miel avec un grand bol de lait.

« Après cha, hon choue à quoi ? demande-t-il, la bouche pleine.

– Après ça, tu rentres chez toi, on a assez joué.

– Oh ? D’accord ! Mais tu promets de revenir demain ? Tu m’emmèneras encore voir les kalaxies psirales et les mamas d’étoiles ?

– Heu … »

Il sent le regard aigu de César sur lui. Il lève la tête et affronte la lueur sarcastique dans les yeux noirs.

« Non, je ne pourrais pas revenir », répond-il à l’enfant.

Puis il ajoute, fixant toujours le visage du Romain :

« Ni demain, ni un autre jour.

– Tu as trop de choses à faire ? Les grands ont toujours trop de choses à faire et les autres enfants sont ennuyeux. »

Puis il hausse les épaules, les yeux légèrement humides.

« Bah, tant pis ! »

 

Epilogue

Il dépose Coco quasiment à l’endroit où ils se sont rencontrés. C’est le même jour, presque à la nuit et les bois sont maintenant silencieux et vides de toute présence guerrière. L’UNIT a bien fait son travail.

Le petit garçon déclare avant de s’éloigner sans se retourner :

« C’était un après-midi vachement bien ! Je m’en souviendrais tout le temps ! Au revoir Arthur, ajoute-t-il, après une hésitation, fais attention aux méchants, c’est ce que maman me dit toujours. »

***

Maintenant il est avec César dans une petite rue de Rome. Son TARDIS a pris l’aspect d’une colonne sur la façade d’une maison.

« Tu n’as pas changé d’avis sur ce que je t’ai proposé l’autre jour ? demande le vieux dictateur, l’œil toujours allumé d’un feu lascif.

– Non !

– Dommage, encore une fois. J’ai rarement l’occasion de tomber sur un esprit qui vaut le mien. »

Il le regarde un long moment avant d’ajouter :

« Ton ambition est démesurée ! Ça je peux le comprendre. Mais tu ne réussiras jamais parce que tu es trop brouillon et que tu ne mesures pas les conséquences de tes actes.

– Dites donc … » s’insurge le Maître.

Il ne peut terminer sa phrase. Le Romain l’attrape par la nuque, l’attire à lui et l’embrasse sur la bouche. Puis il se détourne et s’en va le long de la ruelle en agitant une main en l’air en guise d’adieu.

Le Maître essuie ses lèvres du bout des doigts. Il a eu la tentation de le rappeler pour lui dire quelque chose, mais ne l’a pas fait. On est à quelques jours des Ides de Mars en l’an 44 avant Jésus Christ.

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Le Docteur et un Personnage Historique

Le résultat du vote est sans appel. À une très grosse majorité, vous avez souhaité un Artisons historique. Le Docteur a déjà rencontré un certain nombre de femmes et d’hommes célèbres de l’Histoire de la Terre, mais il en reste tant à découvrir. Justement, il y a celle ou celui avec la.lequel.le vous auriez bien aimé le voir se confronter. Cet Artisons est l’occasion de réunir le Docteur (classique) que vous souhaitez avec votre personnage historique préféré (ou celle.celui que vous détestez le plus).

À vos claviers, crayons, pinceaux, logiciels de photomontage ou autres !

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Vous avez jusqu’au lundi 24 octobre et vous devez envoyer votre participation à umanimo@live.fr

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Spécial Anniversaire Pepperp… heu Pauline

Le 22 septembre… il parait qu’il y a un anniversaire ce jour-là. Alors, on a rassemblé quelques trucs et on les a posé là.

(cliquez sur les images pour les voir en plus grand)

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 Flavichou Bacca

Introducing The New Doctor As…

C’était l’effervescence dans les bureaux du Mirror. Stan qui arrivait (une fois encore dirait le rédacteur en chef) en retard se demandait ce qu’il pouvait encore se passer. Alors que Miranda courrait dans le couloir à une vitesse dépassant l’entendement, compte tenu du fait que nous étions un lundi matin à 8h24, il en profita pour lui hurler :

« Mais qu’est-ce qu’il se passe bon dieu ? ». Ce à quoi elle lui répondit seulement :

« REUNION ? 9H, DOCTOR WHO ! »

Doctor Who ? Mais bien sûr, Doctor Who ! Dès qu’il y avait de l’animation comme cela, c’était toujours Doctor Who ! Cette série était définitivement du pain béni car la BBC n’avait pas prévu de l’arrêter malgré des audiences de plus en plus dérisoires. Stan était persuadé que la chaîne continuait de commander des saisons déjà car les produits se vendaient toujours aussi bien, mais surtout car la direction était terrifiée par le fandom. Ceci dit, il y avait de quoi ! Il n’y a qu’à revoir les horribles images du précédent directeur des programmes de la BBC, pris pour cible par toute une horde de fan de Sherlock à l’annonce de la fin de la série !

Bref, ceci étant, Stan se rendit vers la salle de réunion. Le rédacteur en chef arriva échevelé et se mit à parler à toute vitesse :

-Bon, les gars, Chibnail est sur le départ. Et son docteur s’en irait avec lui. Un quatorzième docteur serait en passe d’être casté. Enfin, ce serait plutôt un nouveau showrunner qui emmènerait son petit protégé avec lui dans le rôle du docteur. Il semblerait que le départ de Chibnail soit dû à une dispute avec la BBC. C’est encore peu clair. Je veux une équipe qui enquête sur le départ de Chibnail, une autre sur le nouveau showrunner et le nouveau docteur !

-Mais monsieur, osa Stan, quelles sont vos sources ?

-Mes.. SOURCES ? Quelles sources ? Qui a besoin de source pour faire du journalisme ? Bon… Enfin… Un tweet !

Les équipes allaient toutes les deux partir en quête d’informations quand Stan, vissé sur sa TL Twitter, dit très fort :

« Ok. Ce n’est plus la peine de chercher. L’annonce officielle a été, hélas, plus rapide que nous. Et le nouveau docteur a été révélé. Mais… C’est qui celui-là ? Jamais entendu parler de cet acteur… »

Il montra alors l’écran de son portable à ses collègues, qui découvrirent avec étonnement la photo dévoilée par le compte Doctor Who :

Il fallut attendre quelques semaines de plus pour avoir de nouvelles informations sur ce nouveau docteur, français, semblait-il. Le nouveau showrunner était une showrunneuse au final, une certaine Pauline. Cette dernière fit d’ailleurs une conférence de presse où elle annonça que le choix de Kev Adams était tout naturel pour elle, et qu’elle n’avait jamais envisagé quelqu’un d’autre pour le rôle. Son contrat avait été négocié avec la BBC en accord avec le fait que le rôle du docteur échouerait à ce dernier. Cette Pauline semblait très étrange, et les déclarations qu’elle fit ce jour-là n’allait pas rassurer les fans puisque cette dernière expliqua sa volonté de revenir aux classics, voulant faire revenir tous les acteurs encore en vie ayant joué des compagnons sous les 7 premiers docteurs, malgré leur grand âge, mais surtout elle voulait faire des Zarbis les adversaires principaux de ce nouveau docteur. « Comment ne pas aimer les Zarbis, dit-elle. Ils sont charismatiques, beaux, intenses. Je ne voudrais pas trop en dévoiler sur les grands plans que j’ai pour le futur de la série, mais il se pourrait que ces malicieux Zarbis aient la possibilité de concocter un complot contre le docteur à l’aide des non moins délicieux Chumblies ! »

Stan, en écrivant l’article résumant ces déclarations, ne le savait pas encore mais cela allait signer la fin de la série. Après une seule saison aux audiences négatives, Doctor Who s’achèvera, Pauline et Kev conspués. Big Finish fermera également ses portes après une volonté de faire une série sur ce quatorzième docteur, mais dû déposer le bilan devant le stock invendu. Pauline, a qui nous souhaitons toutefois un excellent anniversaire, sera bien connue de tous pour être la personnalité la plus controversée et détestée du monde de Doctor Who, devant Steven Moffat et John Nathan Turner.

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Florent et Laureline

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Johannes

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Lise Hamaide

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Marie Devigne

C’était gluant, infect et repoussant, mais Susan trouvait ça absolument « Blobby-Blobby ». La petite créature la regardait de son œil torve, et ça l’attendrissait. Elle lui lançait une balle et il l’attrapait pour la crever.

« Diiiis grand-père, on peut le garder ? On peut le garder, dis, dis, dis ?

– Certainement pas, chère enfant ! Vous avez vu cette chose ? Il peut à peine se déplacer, et l’odeur…

– Je lui créerais une petite unité ambulatoire ! »

Le Docteur regarda au loin, vers le TARDIS. Il ne redécollerait pas tout de suite, de toute manière. Il se demandait si un peu de stabilité ne ferait pas du bien à la jeune fille, car pour qu’elle se prenne d’amitié pour une telle horreur…

« Bricole-lui quelque chose, mais n’abime pas mes outils, j’en ai besoin pour quelques réglages…

– Ooooh, grand-père ! »

Elle lui sauta au cou.

Enfin tranquille, le Time Lord à l’apparence vénérable put se mettre au travail sur la console. Il ne fit pas attention à sa petite fille, mais il était heureux de retrouver tous ses outils à la fin de la journée.

« Tadaaaa ! » s’écria Susan, fière de sa réalisation.

Le Docteur baissa le regard sur la créature.

« J’ai utilisé une voiture téléguidée, surmonté de tôle…

– On dirait une poivrière.

– Et les boites d’œufs c’est pour décorer !

– Très joli. Très joli, ma petite Susan.

– C’est dommage que Blobby ne l’aime pas, il ne veut pas y entrer.

– Oh, tiens ? On va avoir du mal à le prendre avec nous, dans ce cas. »

Susan eu un regard triste. « Dans un sens, il vaut mieux qu’il reste avec les siens, au lieu d’errer dans le temps et l’espace… » Elle stoppa un instant, et repris en murmurant : « Comme nous. »

Le Docteur tapota son épaule pour la consoler. « Dès que nous atterrirons dans un temps et un lieu hospitalier, je te promets qu’on y restera quelques temps. Tu pourras te faire des amis.

– C’est vrais grand-père ! Oh, merci, merci ! »

Elle agita la main pour dire au revoir à Blobby, qui agita péniblement un tentacule en réponse, puis repartis bras-dessus, bras-dessous avec son si mystérieux grand-père.

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Marie Valerio

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Umanimo

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That’s all folks!

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Even more of ME!

« Encore plus de MOI ! » Comment s’étonner que l’égo du Sixième Docteur frémisse d’aise devant les superbes productions qu’il a inspirées.

(cliquez sur les images pour les agrandir)

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biggerontheinside (texte)

Séparer les couleurs

Après ses mésaventures et courses sur Jaconda, le Docteur avait décidé de nettoyer son manteau. Après tout, il était important que celui-ci reste immaculé afin de pouvoir imposer son resplendissement aux yeux ébahis du reste de l’univers. Cependant, il fut rapidement confronté à un problème de taille : comment le laver efficacement ? En effet, le vêtement ne portait pas d’étiquette et était fait d’un tissu particulier dont le Docteur ignorait tout. Il était inquiet à l’idée de ruiner le vêtement, mais se rassura en se rappelant qu’il en possédait plusieurs exemplaires et qu’il pouvait donc se permettre d’expérimenter un peu.

Quelques heures et de nombreuses tentatives plus tard, le Docteur dut se rendre à l’évidence : aucune des méthodes qu’il connaissait n’avait fonctionné. Les résultats de ses expérimentations gisaient sur le sol ; les couleurs avaient bavé les unes sur les autres ou s’étaient unis en une couleur marron peu seyante pour un Seigneur du Temps tel que lui. L’un des manteaux, curieusement, était devenu bleu ciel.

Désespéré, le Docteur allait se résoudre à abandonner lorsqu’un éclair de génie le frappa : il lui suffisait de consulter la base de données du Tardis ! Une base de données portant sur l’intégralité de l’espace-temps contenait forcément le renseignement qu’il cherchait. Il retourna donc à la salle de contrôle afin de consulter l’ordinateur de la console.

Lorsqu’il arriva à destination, Peri avait disparu. Il supposa qu’elle était retournée dans sa chambre et commença à taper sur l’ordinateur. Au bout de quelques minutes, le résultat apparut : le tissu avait été fabriqué par des gobelins de la planète Gringo et repoussait naturellement la saleté ; il était d’ailleurs déconseillé de tenter de le laver, car cela pouvait entraîner des résultats imprédictibles. Satisfait de sa découverte, le Docteur nota mentalement de continuer à s’habiller avec ce type de tissu dans le futur (certaines de ses incarnations avaient déjà oublié de se changer pendant plusieurs années) et, se sentant plein d’énergie, décida d’effectuer quelques réparations dans le TARDIS.

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Florent Fayolle (fanart)

Artisons Six

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Johannes (fanarts)

Doctor Who and the Pirates - Best cliffhanger ever FR

Pas touche à mon humaine 800px

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Laureline (texte)

– J’ai envie de pêcher, affirma le Docteur. Peri, nous mangerons du poisson ce soir où nous ne mangerons pas !

Bleu

Le TARDIS atterrit brusquement.

– Où sommes nous donc ? demanda Peri.

– J’ai choisi une planète pour se reposer, avec beaucoup de mers pour pouvoir pêcher.

Le Docteur ouvre la porte du TARDIS et un flot d’eau turquoise rentra. Vite fait, il ferma la porte.

– Ah non, c’est la saison des pluies. Essayons un autre endroit pour se détendre.

Vert

Le TARDIS atterrit brusquement.

– Où sommes-nous donc encore ? Et pourquoi cette envie de poisson ?

– Nous allons pêcher des espèces exotiques.

Encore une fois le Docteur ouvrit la porte du TARDIS et cette fois-ci un éclair vert rentra dans le TARDIS. Le Docteur referma vivement la porte.

– Nous sommes en pleine guerre des sorciers. Essayons d’aller pécher autre part.

Jaune

Le TARDIS atterrit brusquement.

– Cette fois ci, je suis formel, nous allons pêcher ! Nous allons sur Antiopolis IV

Il y a 2 saisons là-bas : un hiver doux où les Rekivores pullulent dans les rivières. L’autre saison, il y a quatre soleils. Le seul moyen de survie est d’aller dans les cavernes.

– D’accord Docteur, répondit Peri évasivement, puis elle alla se changer.

Le Docteur rouvrit la porte et une lumière jaune intense entra. Il referma vite la porte.

– Qu’est ce qu’il y a Docteur ? Nous sommes arrivés ?

– Non, non, Peri, juste une panne du TARDIS.

Et le Docteur fit redémarrer le TARDIS.

Orange

Le TARDIS atterrit de nouveau en silence, et Peri revint.

– Allons-y Docteur ! Que cette idée de poisson vous passe le plus vite possible.

Et Peri ouvrit la porte. Un désert de sable orange s’étendait à ses pieds.

Peri parla avec beaucoup de précautions.

– Euh, Docteur, cela ne ressemble pas à votre description.

– M’accuserais-tu de mentir? C’est une petite erreur de quelques parsecs, repartons.

Rouge

– Cette fois-ci, je vais pêcher sur la planète forestière Fangwood. Je connais une petite rivière pleine de Juskeux, des poissons difficiles à attraper, mais bons pour faire une bouillabaisse.

– Une bouillaquoi ? demanda Péri

– Une bouillabaisse ! Dois-je t’informer de tout Peri ? Nous sommes arrivés ! Allons-y !

Le Docteur ouvrit la porte

Une nuée d’abeilles rouge vif entra et attaqua les occupants du vaisseau. Encore une fois, il referma les portes.

– ENCORE REFAIT ! PAS MOYEN DE PÊCHER DANS TOUT L’UNIVERS ! Puisque c’est ça, nous allons plutôt aller faire du ski dans les Montagnes Blanches.

Blanc

Le TARDIS atterrit brusquement…

Le Docteur redémarra le TARDIS et celui-ci atterrit quelques minutes plus tard.

– Sommes-nous à la bonne destination Docteur ? Vous vous trompez souvent.

– Bien sûr, nous sommes sur une magnifique planète où je pourrais pêcher des Gumblejacks.

[suite dans The Two Doctors]

 

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Lise Hamaide (fanarts)

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Marie Valerio (texte)

Une Mort sucrée

« Tu ne me fais pas peur. » songea le Docteur, lançant un regard de défi à l’ennemi qui se dressait devant lui. « Tu n’es qu’une machine, une vulgaire carcasse métallique sans âme. Tu as eu le dessus la dernière fois mais cette fois-ci, je ne te laisserai pas ce plaisir. »

D’un pas ferme et résolu, le Docteur monta sur la balance. L’aiguille s’agita sous son poids, hésitante, puis s’arrêta finalement sous les applaudissements de la jeune fille rousse.

« Félicitations Docteur ! Six kilos en moins, vos efforts ont porté leurs fruits ! »

Le Docteur eut un petit rictus de satisfaction.

« Quand je pense que vous doutiez de moi, Mel. Je vous avais bien dit que j’avais un excellent métabolisme. »

« Si vous le dites. Heureusement tout de même que j’étais là pour m’assurer que vous pratiquiez vos exercices quotidiens. Pas toujours de bonne grâce d’ailleurs… »

« Le fait est que les résultats sont là. Je propose d’ailleurs d’aller fêter ça. Miss Bush, que diriez-vous d’aller visiter une nouvelle planète ? »

« Vous n’allez pas encore nous amener sur une planète peuplée de monstres aux dents pointus ? »

« Rassurez-vous, j’ai une destination bien plus tranquille en tête. » fit-il, un sourire malicieux aux lèvres.

******

Quelques instants plus tard et à quelques années lumière de là, le TARDIS se matérialisa sur une planète très animée, au cœur d’une ville futuriste dont les rues composées d’une multitude d’échoppes bigarrées embaumaient de mille saveurs. Le Docteur ouvrit la porte et, d’un geste théâtral, désigna la rue grouillante de monde qui se trouvait face à eux.

« Melanie, bienvenue sur Netkisch ! Aussi appelée « le garde-manger de l’univers ». Les plus grands restaurants de la galaxie rassemblés sur une planète entièrement dédiée à l’art culinaire. Les visiteurs viennent des quatre coins du cosmos savourer les plats les plus extraordinaires dans ce temple de la gastronomie. Sentez ces délicats effluves de nourriture : cela ne vous met-il pas en appétit ? »

« Docteur…» maugréa la jeune femme d’un ton réprobateur « Pour fêter la réussite de votre régime, la première chose qui vous vient à l’esprit est de vous remplir la panse ? »

Le Docteur prit un air offusqué.

«Il ne s’agit pas de se remplir la panse ! Je vous parle des mets les plus raffinés de l’univers connu ! C’est un endroit que je rêve de visiter depuis que j’ai dérob…fait l’acquisition de mon TARDIS, mais j’ai toujours craint que ma silhouette en pâtisse. Maintenant que je suis svelte, je peux bien me permettre quelques écarts. Et entre nous, n’êtes vous pas curieuse de goûter à la cuisine spatiale ? »

« Justement, j’ai peur qu’elle soit un petit peu trop « spatiale » à mon goût… »

« Une bouchée de Krynoid ? »

Une curieuse petite femme venait de surgir devant Mel et le Docteur. Son apparence était humaine mais sa courte taille, ses sourcils verts proéminent et les étranges dards qui clairsemaient sa peau indiquaient sans équivoque qu’elle ne provenait pas de la planète Terre. Elle tendit à Mel un plateau garni d’une pyramide de petits feuilletés ronds.

« Bien volontiers ! » s’exclama le Docteur avant de mordre à pleines dents dans l’une des bouchées de Krynoid, incitant Mel à faire à faire de même. « C’est aux plantes, ça devrait vous plaire. »

La jeune femme, d’abord circonspecte, porta l’un des feuilletés à sa bouche avant d’émettre un « Hummm » de surprise.

« Docteur…je crois sincèrement que c’est l’une des meilleures choses que j’ai jamais mangées. »

« Rien d’étonnant ! Les Etrogums sont de fins cordons bleus, sans doute les meilleurs cuisiniers qui soit. Et avec un vrai sens du raffinement ! Tout le contraire de leurs cousins, les Androgums. Mais je suis sûre que cette jeune demoiselle se fera un plaisir de nous le démontrer en nous conduisant à son restaurant. »

«Qu’est-ce qu’on attend alors ? » approuva Mel en prenant une nouvelle bouchée.

******

Au même moment et à quelques pas de là, un jeune cuisinier local échappait de justesse à une poêle à frire qui vint s’écraser avec fracas sur les murs de sa cuisine.

« Espèce d’incapable ! Tu veux donc me laisser mourir de faim ? » tonna l’immense Androgum qui venait de lui adressser ce projectile.

« Désolé patron, mais je n’y peux rien si notre garde-manger est vide. Je ne peux pas à la fois être aux fourneaux et m’occuper du ravitaillement. Les clients se font rares et nos effectifs se sont considérablement réduits ces derniers temps. Le fait que vous ayez dévoré la plupart de vos employés n’aide pas… »

Shakeese, l’Androgum, s’approcha du jeune cuistot et, d’une main sur la gorge, le souleva dans les airs comme s’il ne pesait rien.

«Écoute-moi bien Latruffe… »

« Trifflle. Je m’appelle Trifflle. »

« Écoute-moi bien Trifflle : je suis affamé. Cela fait des jours que tu ne me proposes que des denrées répugnantes. Encore un repas à manger de l’Ood et je vais mourir d’une indigestion. D’ici ce soir, j’exige quelque chose de nouveau, quelque chose de bon et de consistant, ou bien c’est toi qui passera à la casserole. Pigé ? »

Le souffle coupé, Trifflle acquiesca péniblement. Quand son maître eut relâché son étreinte, il s’empressa de prendre ses jambes à son cou, esquivant au passage une batterie de casserole que Shakeese avait lancé en sa direction, et se rua hors de la cuisine au son de : « Et ne remets pas les pieds ici sans une denrée d’exception ! Maudit Etrogum !»

******

En traînant les pieds, le malheureux cuistot se mit en quête de l’ingrédient parfait, sondant du regard la foule qui se pressait dans les rues.

« Un curry de Kraal ? Non, c’est plein de nerfs le Kraal, c’est un cauchemar à cuisiner. Un sauté de Sontarien ? Immangeable. Un ragoût de Racnoss ? Non, je lui en ait déjà servi plusieurs fois. Il a dit qu’il voulait goûter quelque chose de nouveau. Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui préparer ? »

Trifflle soupira. Travailler au service d’un Androgum n’était vraiment pas de tout repos. Ce n’était pas pour rien que son peuple évitait généralement d’accueillir leurs lointains cousins dans leurs restaurants. Des clients extrêmement difficiles, jamais rassasiés. Lui avait eu le malheur d’en avoir un pour patron. Il était tout aussi exigeant et insatiable que ses congénères mais il était aussi plein aux as. Et Trifflle ne pouvait pas se permettre de perdre sa place.

Alors qu’il se remettait en chasse, son regard s’arrêta sur un manteau aux couleurs criardes. Intrigué, il s’approcha discrètement de l’individu qui arborait une si étrange tenue.

« Vois-tu, autrefois, les Etrogums et les Androgums partageaient la même planète. » expliquait le manteau à la jeune femme qui l’accompagnait. « Les premiers étaient au service des seconds et suaient sang et haut à longueur de journée pour leur préparer leurs gargantuesques repas. Mais les Androgums n’étaient jamais satisfaits, réclamaient encore et encore plus de nourriture. Alors les Etrogums, fatigués d’être ainsi réduits en esclavage, prirent la fuite et se mirent en quête d’une nouvelle planète où ils pourraient développer leurs dons en matière de gastronomie. C’est ainsi que fut fondée Netkisch. »

« Tout cela est très intéressant Docteur, mais expliquez moi une chose… »

« Quoi donc ? »

« Pourquoi ce restaurant ne proposait-il que des amuse-bouche ? »

« C’est très simple, voyons : chaque restaurant de cette planète a sa spécialité. Certains restaurants sont spécialisés dans les amuse-bouche, d’autres dans les entrées et d’autres dans les desserts. Et bien sûr, on trouve des restaurants pour tous les plats possibles et imaginables. »

« C’est un bien étrange fonctionnement. Cela dit, je dois avouer que nous en avons mangé tellement que je ne pense pas pouvoir avaler grand chose de plus. »

« Absurde ! Nous n’allons pas repartir après n’avoir visité qu’un restaurant ! Vous devez au moins goûter aux desserts que l’on trouve sur Netkisch. D’une finesse et d’une délicatesse incroyable ! Je vous parle de crème chantilly plus légère que les nuages, d’îles flottantes qui flottent réellement !»

« Je vois que notre visite vous a tout juste ouvert l’appétit. C’est à croire qu’en plus d’avoir deux cœurs, les seigneurs du temps ont deux estomacs. »

Le Docteur allait se scandaliser des paroles de Mel, quand un jeune Etrogum en toque et tablier vint lui taper sur l’épaule.

« Excusez-moi cher monsieur, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre votre conversation. Je me vante de servir dans mon restaurant certains des meilleurs desserts de la galaxie. Je serai très honoré de vous convier vous et votre amie à venir déguster nos plus belles créations, notamment notre célèbre charlotte vénusienne à six étages. »

Les yeux du Docteur se mirent à pétiller à la mention de l’extravagante pâtisserie. Il se tourna vers sa compagne avec enthousiasme.

« Vous entendez ça, Mel ? Six étages ! »

« Docteur » le sermonna-t-elle. « Tout cela n’est pas bon pour votre ligne, vous le savez. »

Le Docteur, l’air ennuyé, se pencha vers elle et lui glissa sur le ton de la confidence :

« Vous savez, après avoir dégusté un bon dessert, je pourrais envisager de nous conduire vers la plus grande salle de sport de la galaxie. Mon incarnation précédente était un bon client, je suis sûr qu’ils nous laisseront assister à un cours. »

Le visage de Mel s’illumina.

« Personnellement, j’ai un faible pour les îles flottantes. »

Elle prit gaiement le bras du Docteur et tous deux suivirent l’aimable cuisinier, qui se présenta au passage sous le nom de Trifflle.

« Un seigneur du temps ! » songeait-t-il. « Voilà une denrée de premier choix ! »

******

Le restaurant de Triffle était spacieux et richement décoré. Le Docteur et Mel, confortablement installés dans des fauteuils en velours, consultaient la carte des desserts, qui se trouvait être la seule carte disponible dans le restaurant mais qui comportait plus d’une centaine de mets.

« Avez-vous fait votre choix ? » s’enquit leur hôte, qui jouait également le rôle de serveur.

« Pour ma part, je prendrai la charlotte vénusienne.» choisit le Docteur.

« Et moi je vais prendre la ceinture d’astéroïdes flambée au caramel. » ajouta Mel.

« Excellent choix ! Ce sera prêt dans un instant. »

Triffle regagna sa cuisine en quatrième vitesse.

« Charmant garçon. » commenta le Docteur. « Son établissement a un certain cachet, je trouve. »

« Oh oui ! J’aime beaucoup sa fontaine de chocolat chaud. »

« C’est tout de même étrange que nous soyons les seuls clients ici, vous ne trouvez pas ? »

« En même temps, l’emplacement n’est pas idéal. Si nous n’avions pas rencontré Trifflle, je doute que nous soyons tombé sur ce restaurant. Il est…bizarrement excentré. »

« Et puis ce jeune Etrogum semble être le seul aux commandes. Aucun serveur, aucun commis de cuisine… »

« C’est vrai que c’est étrange. Mais cette planète en elle-même est assez étrange, si vous voulez mon avis. »

« Mel, vous qui avez gardé votre sac, est-ce que vous n’auriez pas emporté une… »

« Et voilà ! » l’interrompit le cuisinier, de retour avec deux énormes plats. « Une charlotte et une ceinture d’astéroïdes flambée ! »

« Déjà ? Quelle rapidité ! »

« Régalez-vous ! J’espère que cela va vous plaire… » ajouta leur hôte d’un air nerveux.

Le Docteur n’avait pas besoin de l’entendre dire deux fois. Alors que Mel contemplait d’un air perplexe la farandole de beignet qui flottait au dessus de son assiette, il plongea sa fourchette dans le première étage de l’imposante pâtisserie.

« Hmmm ! Quel régal ! Des fruits confits ! Voilà qui est audacieux ! Et chaque étage à sa propre saveur. Goûtons le deuxième : du miel ! Des noix ! Et celui-ci est à la nougatine. Et celui là aux pralines… »

Avant qu’il ait eu le temps de terminer sa phrase, la tête du Docteur vint s’écraser dans la crème pâtissière.

******

Quand il reprit connaissance, le Docteur se trouvait dans la cuisine du restaurant, cuisine qui étrangement était à l’envers. Du moins, c’est ce qu’il crut au premier abord. Il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que c’était en fait lui qui avait la tête en bas.

« Tiens, voilà mon repas qui se réveille ! Tant mieux, tant mieux, j’adore les entendre crier pendant la cuisson. »

Le Docteur faisait face au propriétaire des lieux, Shakeese, l’Androgum ventripotent qui avait revêtu pour l’occasion un gigantesque tablier aux allures de bavoir et qui buvait goulument du vin dans une coupe de la taille d’un trophée de golf. Le seigneur du temps était pendu par les pieds au plafond de la cuisine, ligoté comme un saucisson au-dessus d’une marmite fumante. Triffle, aux fourneaux, préparait la sauce qui devait l’accommoder, accompagné de Mel, à qui on avait fourni toque, tablier et de lourdes chaînes aux chevilles.

« Qu’est-ce que ça signifie ? » s’indigna le Docteur. « Mel, que se passe-t-il ? »

« Je suis vraiment désolée Docteur. » gémit Mel d’une voix tremblante. « La nourriture était droguée. »

« Bienvenue dans mon restaurant ! Votre amie ici présente est ma nouvelle employée ! Quant à vous, vous avez l’honneur d’être au menu de ce soir : vous êtes le plat principal ! »

« Voilà donc le vrai visage de cet établissement. Trifflle, comment pouvez-vous collaborer avec cet individu ? Votre peuple s’est battu pour se libérer du joug des Androgums, et vous vous mettez au service de ce criminel ! »

Entre deux pincées de sel, Trifflle bredouilla d’une voix cassée :

« Vous croyez que ça me fait plaisir de travailler pour ce monstre ? Je n’y peux rien si je suis tombé sur le seul Androgum qui ait fait fortune ! Depuis qu’il a racheté le restaurant, je passe mon temps à piéger de malheureux clients pour qu’ils finissent dans l’assiette du patron, mais au moins ce boulot paye bien. Pardonnez-moi s’il faut que je gagne ma vie, j’ai une femme et un enfant en bas âge moi, monsieur ! »

« Assez bavassé, place au dîner ! » rugit le patron. « Employée ! Allez attiser le feu, mon estomac crie famine. Et resservez-moi du vin ! »

Il tira avec force sur les liens qui entravaient Mel afin de l’entraîner vers la marmite. La jeune femme leva un regard désespéré sur son ami.

« Docteur, qu’allons-nous faire ? »

« Mel, écoutez-moi bien » murmura le Docteur à l’oreille de sa compagne. « Vous allez faire exactement ce qu’il vous dit… »

Mel écouta attentivement ses paroles tout en faisant mine d’attiser le feu. Puis, elle s’empressa d’aller remplir la coupe de Shakeese, dont l’estomac faisait des bruits de tonnerre.

« Dépêche-toi avec la sauce, fainéant ! J’ai tellement hâte de planter mes crocs dans ce seigneur du temps… »

Il vida sa coupe d’un trait, buvant à grandes lampées. Puis, s’essuyant les babines d’un revers de la manche, il saisit de sa main libre un couteau de boucher.

« Bien, il est temps pour notre invité de passer à la cass… »

Un vigoureux hoquet l’interrompit alors. Horrifié, il porta les mains à sa gorge comme s’il réalisait seulement ce qu’il venait d’ingurgiter.

« Quelle est cette horreur ? Ce n’est pas du vin ! Qu’avez-vous mis dans mon verre ? »

De violents spasmes parcoururent son corps, ses genoux se mirent à fléchir et sous les yeux horrifiés de son unique employé, l’Androgum se retrouva bientôt sur le carrelage de la cuisine, le corps parcouru de terribles convulsions.

« Poison…c’est du poison…on m’assassine ! » geignait-il.

Bientôt, les convulsions stoppèrent, et Shakeese se retrouva tout à fait inerte. Trifflle, abasourdi, était resté figé, sa casserole de sauce bouillante à la main, ne semblant pas réaliser ce qui se déroulait sous ses yeux. Le Docteur s’éclaircit bruyamment la gorge, comme pour lui signifier qu’il aurait été courtois de bien vouloir le détacher, ce que Triffle fit immédiatement, se confondant en excuses.

« Je suis vraiment désolé, comprenez-bien qu’il m’aurait retrouvé et qu’il m’aurait dévoré moi-même si je ne vous avais pas conduit jusqu’ici. Sans cela, j’aurai rendu mon tablier depuis bien longtemps. Et maintenant qu’il est mort, je ne lui dois plus rien. »

« Détrompez-vous, il est en vie. » dit le Docteur au cuisinier, désignant le corps gisant au sol de son patron. « Mais je vous conseillerais de ne pas traîner dans les parages. Vous n’aimeriez pas être là quand il reprendra connaissance, croyez-moi. »

« Comment ça, il est en vie ? Vous ne l’avez pas empoisonné ? »

En entendant cette accusation, le Docteur et Mel éclatèrent de rire.

« Vous entendez ça, Mel ? Il pense que vous avez mis du poison dans son verre ! Sachez jeune homme qu’il n’y a pas de pire poison pour un Androgum que des légumes frais. »

Mel sortit alors une petite bouteille de son sac, un large sourire aux lèvres :

« Du poison ? Quel poison ? C’est du jus de carotte ! »

Note au-cas-où : les Androgums sont une création de Robert Holme, ils apparaissent dans l’épisode « The two Doctors ».

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Umanimo (fanart et texte)

Docteur-losing-couleur

« Docteur, vous perdez quelque chose. »

Rira bien qui rira ensemble

Ou

Homme qui rit à moitié dans ton lit

« Héhéhéhéhéhéhé… »

Le Maitre s’introduit dans le TARDIS du Docteur. Il tâte, dans sa poche, un minuscule appareil qu’il a l’intention de coller sous la console de la machine. Ainsi, il pourra non seulement surveiller toutes les allées et venues de son rival, mais il lui suffira d’appuyer sur un bouton spécial de son TCE pour qu’un gaz hilarant se déverse dans la salle de commande. Il se réjouit à l’avance de voir le Docteur se ridiculiser encore plus qu’il ne l’est déjà, lorsqu’il sera pris d’une irrépressible envie de rire.

Après avoir déposé l’objet qui s’est magnétisé immédiatement à la console, le Maitre ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil par la porte donnant vers l’intérieur du vaisseau. Son pied appuie sur quelque chose et il baisse les yeux. C’est le manteau du Docteur qui git sur le sol blanc. Intrigué, il le ramasse. Un peu plus loin, le gilet de tapisserie multicolore traine près d’un mur. Fronçant les sourcils, le Maitre entre, prend cette deuxième pièce de vêtement et il la soulève jusqu’à ses yeux.

« Que diable… » marmonne-t-il.

Son regard rencontre alors un bout de tissu jaune finement rayé de noir. Il avance jusque là pour constater que cette étoffe ne fait que précéder une autre, bleu ciel, ornée de petits cœurs blancs, et encore une autre, immaculée, sur laquelle un point d’interrogation rouge vif se détache.

« Qu’est-ce qu’il fabrique ? »

À cet instant, une voix puissante entonne une chanson gallifreyenne à un volume que n’aurait pas renié une corne de brume.

D’une porte à sa gauche, un nuage de vapeur sort, le faisant tousser.

« Docteur ? appelle-t-il. Vous avez perdu quelque chose. »

Pas de réponse, à part le refrain de la ballade, hurlé par deux paires d’énergiques poumons. Grommelant, le Maitre s’apprête à repartir, puis il se rappelle qu’il a les bras chargés des habits du Docteur. Où les déposer ? Pas sur le sol, à nouveau. Son sens de l’ordre ne le supporterait pas. Il entre dans la salle de bains, espérant y trouver des patères.

L’épaisseur du nuage qui envahit la pièce ne lui permettant pas d’y voir à plus de quelques centimètres, il tâtonne du bout des doigts de la main gauche, le bras droit étant occupé par le costume coloré. Ses phalanges rencontrent quelque chose de souple et de mouillé. Un cri d’orfraie retentit, ainsi que ces paroles bredouillées :

« Qui est-ce ? Qui est là ?

– Oh pardon, Docteur. Je m’en vais. »

Mais il n’a pas le temps de se retirer. Une poigne aussi ferme qu’humide le saisit par le devant de sa redingote et un visage rond aux yeux furieux surgit du brouillard, si près que leurs nez se touchent.

« Toi ! Qu’est-ce que tu fais là, malfaisant ?

– Tes… tes affaires. Elles trainaient partout.

– Et alors ? Qu’est-ce que ça peut te faire ? Tu n’es pas chargé du ménage chez moi, que je sache, non ? »

Sans paraitre se rendre compte qu’il est nu comme un ver, le Docteur sort de la douche avec dignité et attrape une serviette. Il commence à se sécher, en tournant le dos à son congénère, lequel contemple l’arrière train rebondi qui s’agite devant lui. Toujours embarrassé par le tas de tissu qu’il n’ose d’autant pas poser au sol que celui-ci est détrempé, le Maitre finit par battre en retraite dans le couloir.

« Pffou, soupire-t-il, en passant un doigt dans son col brodé. Il faisait chaud là-dedans. »

Ses pommettes ont pris une teinte d’un rose soutenu. Il a tout juste atteint la salle de commandes que le Docteur surgit derrière lui, toujours en tenue d’Adam, et lui envoie un sec :

« Donne-moi mes fringues. »

Après une hésitation, le Maitre retire le caleçon bleu du tas et le tend au Docteur.

« ‘rci », grogne celui-ci.

Appuyé du fessier à la console, il entreprend de l’enfiler. Il fait ensuite un geste des doigts signifiant « le reste » vers le Maitre, lequel sort la chemise blanche et la lui donne. Le Docteur l’enfile et la boutonne soigneusement. D’un nouveau geste, il intime au Maitre de lui passer le reste.

Le Seigneur du Temps renégat cherche le pantalon. Mais celui-ci lui échappe des mains, ainsi que son TCE qu’il n’avait pas lâché lorsqu’il avait commencé à ramasser les habits du Docteur. Le toc ! de son impact sur le sol est aussitôt suivi d’un pschiii ! de mauvais augures.

Environné d’une vapeur rose layette, les deux hommes s’effondrent et commencent à se plier en deux et à se tordre.

« HA HA HA HA HA ! beugle le Docteur, les larmes aux yeux.

– Héhéhéhéhéhé, lui répond le Maitre, hoquetant sans pouvoir s’arrêter.

– Qu’est-ce que… ha ha ha… qu’est-ce qui se pa… ha ha ha… sse ?

– C’est… héhéhéhé… c’est mon gaz hil… hihihi… larant.

– Combien… houhouhouhou… de temps ava… ha ha ha… vant que ça cesse de fai… hai hai hai… re effet ?

– …sais héhéhéhéhé… rien. »

Quelques heures plus tard, épuisés, les zygomatiques envahis de crampes, le ventre toujours secoué de temps en temps d’un reste de crise, les yeux rouges à force d’avoir versé des larmes de rire, les deux Seigneurs du Temps parviennent enfin à se relever et à tituber jusqu’à la salle de bain où ils mettent leurs têtes sous la douche.

« Tu vas me payer ça, ha ha ha, grommèle le Docteur.

– Oh la ferme, Docteur, héhéhéhé », réplique le Maitre.

Enfin calmés, ils attrapent tous les deux une serviette pour se sécher la tête, lorsqu’ils s’aperçoivent qu’ils tiennent la même. Ils se fusillent du regard. Le Maitre tire d’un coup sec son côté pour faire lâcher le Docteur, mais celui-ci fait pareil, seulement avec plus de force.

Le Seigneur du Temps renégat tombe en avant et atterrit dans les bras de son ennemi, déséquilibré, patinant sur le sol mouillé. Le Docteur le saisit à bras le corps et le redresse vivement, dans l’intention de le repousser ensuite. Mais dans son mouvement, leur deux visages se sont à nouveau rapprochés à se toucher…

Nous préférons tirer un rideau pudique sur la suite des évènements.

 

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Les Artisons prennent des vacances. Vous les retrouverez à la rentrée. Bel été à vous.

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Sixième Docteur

Enfin le voilà, l’Artisons sur le Sixième Docteur. Vous avez voté pour lui, alors à vos crayons, logiciels de photomontage, claviers et autres moyens que vous jugerez bons pour nous régaler avec notre Sexy Sixie, tant apprécié sur ce groupe.

 

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À envoyer à umanimo@live.fr avant le lundi 11 juillet, minuit.

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Les Cauchemars du Docteur

Une porte qui grince… un souffle glacé sur votre nuque… êtes-vous certain de vouloir vous aventurer dans cet Artisons ? En tout cas, vous voilà prévenus, Whovians. Au delà de ces lignes, perdez tout espoir d’échapper à vos cauchemars.

(Cliquez sur les images pour les afficher en plus grand)

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Bab El (fanart)

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Béa Leleu (fanart)

CALLIGAWHO

Calligawho

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Flavien Lenfant (texte)

Au fond du trou.

L’homme se réveilla. Il ne savait plus bien qui il était. Il essaya de se relever, mais à sa grande surprise, il n’arrivait pas à bouger. Difficilement, il levait la tête pour tenter d’apercevoir dans quelle posture il avait encore réussi à se fourrer. Il était vraisemblablement dans un très grand puits, attaché par de très grosses chaînes. Il se mit à hurler, à hurler toujours plus fort. Mais rien. Rien. Vraiment rien, ne serait-ce que l’écho de sa propre voix. Rien ? Peut-être pas rien, car plus il criait et plus les chaînes se serraient toujours plus le long de son corps. Elles lui lacéraient à présent le corps, qui lui semblait en feu. Alors, il se tut. Il décida de réfléchir à la situation plutôt que de l’aggraver. Il se rappela les dernières actions et les derniers événements qui avaient pu le pousser dans cette situation fort peu confortable. Il se souvint fort facilement qu’il était à bord de son TARDIS, et qu’il avait décidé de visiter la nouvelle destination que son véhicule lui avait offert. Il lui semblait bien qu’il avait rencontré son ennemi de toujours. Ou son ami ? Il ne savait plus, un homme à deux visages, tantôt ami, tantôt ennemi mais toujours là, toujours présent, toujours à lui jouer de sale tours. Il pleurait alors. Les larmes coulaient le long de son corps et tombaient sur les chaînes qui au contact du liquide se mirent à fondre. A fondre ? Enfin libre ? Non ! Elles ne fondaient pas ! Elles mutaient ! Elles devinrent plus piquantes, brûlantes. Oui, les chaînes devinrent acide. Cet acide coulait du métal et pénétraient dans les plaies déjà présentes. Le TimeLord sentait bien que les plaies devenaient toujours plus grandes, plus douloureuses. Il sentait la mort venir. Tout son corps allait disparaître. Il n’y avait que peu de chances qu’il puisse régénérer si son corps lui même venait à disparaître ! Devant tant de désespoir, de souffrance, il ne put que faire la constatation que c’était un ami qui l’avait mis dans un tel embarras et qui allait mener à sa mort. Il se mit à rire, à rire, et à rire toujours plus fort ! Son les éclats de rire, les chaînes mutèrent encore, elles riaient elles aussi, par secousse, elles étaient bruyantes dans leur rire, elles se changèrent en un amas de serpents, qui sifflaient et riaient. C’est ainsi que le TimeLord perdit la vie, sans même se souvenir de son identité, percé de plaies, suffoquant, et étouffant.

Et…

Et…

Et… C’est comme alors qu’il se réveilla. Il faisait souvent des rêves de la sorte. Le Maître essuya alors la sueur qui coulait à grosses gouttes sur son front. Décidément, le Docteur était impitoyable avec lui, et même dans ses rêves, il ne lui accordait aucun répit…

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Florent Fayolle (fanarts)

Nightmare-of-Barbara

Le cauchemar de Barbara (petite explication-spoiler : A la fin de l’arc « the Reign of Terror » (qui se déroule en 1794, comme l’atteste la scène de l’arrestation de Maximilien de Robespierre), Ian et Barbara espionnent dans une auberge parisienne Paul Barras et Napoléon Bonaparte, complotant déjà la prise de pouvoir par Napoléon. Or, à cette époque, le jeune Napoléon Bonaparte, du fait de son amitié avec Augustin de Robespierre, frère de Maximilien, était fortement soupçonné de robespierrisme, ce qui lui valut d’être incarcéré au Fort Carré d’Antibes. Une telle erreur n’a put que hanter les cauchemars de la professeur d’Histoire qu’est Barbara Wright !)

Nightmare-of-the-Sontaran

Le cauchemar du Sontarien

Nightmare-of-Davros

Le cauchemar de Davros

Nightmare-of-Six

Le cauchemar de Six

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Johannes (fanarts)

Nightmare-2

Le rêve de Charley

Nightmare-1

Le rêve de Eight

Nightmare-3

Le rêve de C’rizz

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Laureline (bonhommes bâton)

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Le cauchemar du Docteur

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Le cauchemar de Koschei

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Lise Hamaide (fanarts)

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Marie Valerio (texte)

La planète fantôme

La console du TARDIS commençait à s’agiter. Le module que contenait la colonne centrale se mit à monter et descendre, lentement d’abord, puis de plus en plus en vite, émettant un sifflement familier qui ne pouvait signifier qu’une chose : le Docteur et ses compagnons s’apprêtaient à atterrir sur une nouvelle planète.

Le jeune Écossais fut le premier à répondre à l’appel de l’inconnu. Enfilant sa veste, il s’apprêtait à franchir la porte du vaisseau quand la voix d’une jeune femme le sermonna :

-Attends Jamie ! Cesse de toujours te précipiter sans réfléchir ! Tu ne sais même pas si l’air est respirable dehors.

-Qu’est-ce que tu racontes ? » bougonna Jamie. « L’air est presque toujours respirrrrable là où le TARDIS se pose.»

« Il est très dangereux de sortir sans connaître l’environnement dans lequel on s’engage. » affirma Zoé d’un ton docte. « Jetons d’abord un coup d’œil au scanner. »

Elle leva les yeux sur le petit écran qui surmontait la console du vaisseau, mais celui-ci demeurait noir comme le fin fond du cosmos.

« C’est étrange, on ne voit rien. »

« Et alors ? Nous sommes arrrrivés au beau milieu de la nuit, voilà tout. » fit Jamie en haussant les épaules.

« Mais regarde les coordonnées qui apparaissent sur l’écran. C’est absurde ! Il n’y a rien à cet endroit de la galaxie, strictement rien.»

« C’est impossible, on ne peut pas s’être posés au milieu de nulle part. »

« Je pense tout de même que l’on ne devrait pas s’aventurer dehors avant d’en avoir parlé au Docteur. À propos, où est-il ? »

À cet instant, un cri lointain leur parvint :

« Jamie, Zoé ! Qu’attendez vous ? Venez vite, nous avons une planète à explorer ! »

Derrière eux, la porte du TARDIS était grande ouverte, le Docteur leur faisant signe de le rejoindre au plus vite à l’extérieur.

*****

Un parfum de mort et une brume funeste les accueillirent sur cette planète inconnue donc le sol s’affaissait sous leur pieds tel de la glaise. L’obscurité la plus totale les entourait et l’unique son qui venait rompre le silence écrasant qui pesait sur eux était le bruit de leurs propres pas.

« Eh bien » bredouilla le Docteur « Voilà une atmosphère peu engageante. »

« Je n’aime pas ça » fit Zoé qui le suivait à la trace.

« Tiens donc, tu aurais la frrrrousse ? » l’interrogea Jamie d’un ton taquin.

« Bien sûr que non.» rétorqua la jeune fille, piquée au vif «Je pense simplement que… »

« Silence ! » l’interrompit le Docteur. « Vous entendez ? »

Dans la brume lointaine résonnait ce qui semblait être un cri étouffé, le hurlement d’une bête féroce et potentiellement morte de faim.

« Je ne suis pas sûr de vouloir rencontrrrrer le monstre qui pousse ce genre de cri. »

« Ah, qui a la frousse maintenant ? Rassure toi Jamie, je doute que la vie puisse exister sur une planète aussi peu fertile. Ce que nous avons entendu est probablement un orage qui se prépare. »

« Je n’en suis pas si sûr, Zoé. » répliqua le Docteur. « Cette planète peut au premier abord sembler trop hostile pour accueillir une quelconque forme de vie mais il n’en a peut être pas toujours été ainsi. Suivez-moi, nous allons essayer d’identifier l’origine de ces cris. »

À tâtons, les trois voyageurs commencèrent à tracer leur chemin en direction des hurlements. Leurs yeux s’habituaient petit à petit à l’obscurité, tandis que le sol se faisait de plus en plus compact sous leur pas, révélant une étroite route de pierre. Bientôt, à travers la brume, ils commencèrent à voir émerger des formes rondes et imposantes qui se révélèrent être de gargantuesques globes d’argile.

Le Docteur examina l’une des structures :

« Des habitations. » affirma-t-il. « Ou devrais-je dire des ruines. Nous avons débarqué dans une ville fantôme. »

« Quelle étrange architecture. » s’étonna Zoé.

Elle toucha l’un des globes de la paumes de sa main. À sa grande surprise, leur surface était froide et métallique.

« La question est : qu’est-il arrivé aux habitants ? » s’interrogea le Docteur, pensant tout haut.

« Hum, Docteurrrr ? Vous entendez ce que j’entends ?

« Effectivement Jamie, les cris ont cessé. »

« Non, ce n’est pas ça. C’est autre chose…ce sont des voix ! Des voix humaines ! »

« Dieu du ciel Jamie, tu as raison ! Il y a des habitants dans ces ruines ! Et ils sont peut-être en danger ! »

Aussitôt, le Docteur et Jamie s’élancèrent à la rencontre des mystérieuses voix, arrachant Zoé à sa contemplation des étranges bâtiments qui les entouraient.

« Docteur ! Jamie ! Attendez-moi ! »

Elle se lança immédiatement à leur poursuite mais dans son élan, son pied heurta un objet dissimulé dans la brume, la faisant chuter lourdement. Haletante, la jeune femme se redressa avec peine.

« Docteur ? Jamie ? Où êtes vous ? »

Ignorant dans quelle direction ils étaient partis, elle tenta de se repérer aux milieux des innombrables orbes d’argile, tous semblables. Tandis qu’elle poursuivait son chemin, il lui sembla que les ténèbres s’épaississaient autour d’elle. Peut être était-ce dû à l’intrigante présence qu’elle sentait dans son dos. À moins que ce ne soit ce léger râle qui remontait jusqu’à ses oreilles tel un gémissement.

« Tout va bien Zoé. » se rassura-t-elle a mi-voix. « Ne commence pas à te laisser influencer par ce genre de pensées irrationnelles. Tu l’as dit toi-même, il est parfaitement impossible de trouver de la vie sur cette planète. Alors garde ton calme. »

Mais s’il n’y avait pas la moindre trace de vie sur cette planète, qui donc avait construit ces bâtiments ?

Zoé fit volte-face. Face à elle, une gigantesque créature avançait. Son corps était recouvert d’écailles noires et luisantes, ses mains ornées de menaçantes griffes, ses yeux, deux braises rouges luisant dans les ténèbres. C’était de sa bouche que s’échappait la plainte rauque qui poursuivait Zoé, de sa bouche béante bordées de deux impressionnantes rangées de dents.

Zoé ouvrit la bouche pour hurler, mais le cri resta terré dans ses poumons.

*****

« Regardez Docteurrrr ! Les voilà ! »

En plein cœur de la ville fantôme, une demi-douzaine d’hommes en uniformes blancs se pressaient. Leurs visages étaient dissimulés par des casques à visière opaque d’où s’échappaient des voix métalliques. Tous étaient lourdement armés. Presque tous arboraient des traces de sang.

« Vous êtes sûrs qu’il n’en reste plus un seul ? »

« Il me semble en avoir aperçu un dans le quartier ouest, commandant. »

Comme pour appuyer ces propos, un nouveau rugissement se fit entendre au loin. Dissimulés derrière les ruines d’une ancienne façade, Jamie et le Docteur observaient la scène à la dérobée.

« Qui sont ces hommes Docteurrrr ? Des militairrrres ? »

« Vraisemblablement. Et quelle que soit la créature qui les a mis dans cet état, il semblerait qu’elle soit proche. Restez sur vos gardes vous deux…tiens, où est Zoé ? »

« Ils ont l’air en mauvaise posturrre, on devrait aller les aider. »

« Attends Jamie, ne t’approche pas… »

Mais le jeune homme s’était déjà avancé, interpellant les combattants d’un signe de la main.

« Oy ! Excusez-moi, nous sommes… »

« Jamie, non ! »

Sous les cris alarmés du Docteur, l’un des hommes pointa son arme vers Jamie. Et fit feu.

*****

Zoé était formée au combat à mains nues. Elle n’aurait jamais usé de violence contre un innocent mais savait parfaitement comment maîtriser un ennemi en cas d’agression inopinée. Elle aurait aisément pu, d’un coup de pied bien placé, faire vaciller la créature monstrueuse qui fonçait droit sur elle avant de la mettre au tapis à l’aide d’une prise de son cru. Mais une terreur irrépressible l’empêchait de faire le moindre mouvement. Paralysée, elle vit la gueule de l’extra-terrestre se rapprocher de son visage, attendit de sentir ses crocs se refermer sur son cou, mais la morsure ne vint pas. Au lieu de cela, la bête la traversa.

La jeune fille se retourna, constatant hébétée que la créature poursuivait lentement son chemin après être passé à travers elle comme si de rien n’était. Sa démarche était chancelante, comme si chaque nouveau pas lui demandait un effort incommensurable. Sa longue queue hérissée d’écailles qui traînait sur le sol avait été tranchée et dessinait sur ses traces une longue traînée de sang.

« Le pauvre, il ne me voulait aucun mal. » se dit-elle « Il est gravement blessé. »

Zoé tenta de l’arrêter, tendant une main vers son dos, mais une fois de plus ses doigts ne rencontrèrent que le vide. Comme si cette étonnante apparition ne se trouvait pas vraiment devant elle, bien qu’elle puisse la voir se dresser de toute sa hauteur sous ses yeux. Face à ce phénomène, même l’intelligence supérieure de la jeune fille se retrouvait déboussolée.

« Il se passe des choses plus qu’étranges sur cette planète. » songea-t-elle. « Je dois retrouver le Docteur et Jamie au plus vite. »

Elle se remit en route mais les rues de la ville déserte se ressemblant décidément toutes, elle aurait été bien en peine de déterminer si elle se trouvait dans la bonne direction. Soudain, son pied vient heurter un mystérieux objet qui semblait figé dans le sol.

« Encore ? » s’exclama-t-elle avec lassitude.

Comprenant qu’elle était revenue sur ses pas, Zoé se baissa pour examiner à tâtons ce qui l’avait fait trébucher dans sa course. Par sa forme oblongue, elle en déduisit qu’il s’agissait d’un levier.

*****

Un laser brillant s’échappa du fusil de l’homme en blanc pour s’élancer en trombe vers Jamie. Ce dernier eut à peine le temps de cligner des yeux avant que le tir sans sommation le transperce, ou plutôt le traverse de part en part, sans causer le moindre dommage. Au lieu de cela, le faisceau de lumière vint heurter le bâtiment qui se trouvait dans son dos, provoquant l’effondrement de sa façade.

Jamie lança un regard stupéfait au Docteur, tandis que le responsable de l’assaut se faisait vivement réprimander :

« Soldat ! Cesser de tirer dans le vide, nos munitions sont précieuses. »

« Pardonnez-moi commandant, mais je suis persuadé d’avoir vu quelque chose bouger. »

« Stupéfiant… » murmura le Docteur.

Jamie de son côté était moins stupéfait qu’offensé par l’assaut qu’il venait de subir.

« Vous allez voir ce qu’il en coûte de s’attaquer à un McCrimmon ! Creag an tuire ! »

« Attends Jamie ! » s’exclama le Docteur sortant de sa cachette. « Cela ne sert à rien, ils ne peuvent pas nous voir, encore moins nous entendre. »

Jamie s’arrêta net, son poing levé demeurant figé dans les airs.

« Comment cela ? Il ne peuvent pas nous voirrrr ? »

Pour prouver ses dires, le Docteur se planta devant l’un des soldats et, avec le plus grand sérieux, commença à lui tirer la langue et lui adressa toute sorte de grimaces. L’homme poursuivit son chemin sans un regard.

« Là, je ne comprends plus rien… » maugréa Jamie en passant vainement sa main devant le casque du commandant qui l’ignora royalement.

« Je crois que je commence à comprendre, pour ma part. Viens Jamie, nous devons retrouver Zoé avant que… »

La phrase du Docteur devait rester en suspens, alors qu’autour d’eux la ville s’évanouissait dans la brume. Les soldats eux mêmes devinrent progressivement flous, s’estompant petit à petit pour laisser place à ce qui semblait être une immense salle de contrôle. Autour d’eux, des machines rutilantes aux tableaux de bords constellés de cadrans et d’interrupteurs multicolores côtoyaient des enchevêtrements de tubes fluorescents et de pistons en tout genre. Aucun doute, ils se trouvaient dans un vaisseau spatial. Dans un coin de la pièce, le TARDIS les attendait comme s’il ne les avait jamais quittés.

Face à eux, accroupie sur le sol se tenait une silhouette familière.

« Zoé ! » s’exclama le Docteur. « Tout va bien ? »

« Je…je ne sais pas. » bafouilla-t-elle, confuse. « J’ai simplement baissé ce levier et tout autour de moi s’est mis à… »

« Où sommes nous Docteurrrr ? Où est passé la ville ? »

« Je crois que c’est à lui qu’il faudrait poser cette question. » déclara le Docteur en désignant d’un geste le fond de la salle.

Jamie et Zoé découvrirent alors avec stupeur le capitaine du vaisseau : semblable à la créature que Zoé avait croisé dans les ruines de la ville fantôme, sa peau était noire et luisante, ses immenses pattes munies de griffes aiguisées. Il flottait paisiblement dans ce qui ressemblait à un gigantesque bocal de formol, un long tube relié à sa poitrine semblant fournir son alimentation tandis que de petits capteurs parsemaient le sommet de son crâne.

« Qu’est-ce que c’est que ce monstrrrre ? »

« J’ai croisé un de ses congénères quand nous étions séparés. J’ai cru qu’il allait s’en prendre à moi mais au lieu de ça, il…eh bien, il m’est passé au travers. »

« Cela n’a rien d’étonnant Zoé. La créature que tu a croisé n’était pas réelle. Tout ce que nous avons cru voir était une illusion. La planète sur laquelle nous nous trouvions il y a encore quelques instants n’existe pas, où plutôt n’existe plus. Voyez plutôt. »

Les trois voyageurs s’approchèrent du globe de verre où sommeillait la créature. À ses pieds se trouvait une plaque sur laquelle on pouvait lire cette inscription :

ICI REPOSE LE COMMANDANT INKUBOO, DERNIER REPRÉSENTANT DE SON ESPÈCE. PUISSE SON SOUVENIR PERDURER À JAMAIS.

Le Docteur pointa du doigt les capteurs présents sur le front du spécimen.

« C’est une technologie assez répandue dans cette région de la galaxie : ces capteurs permettent de retranscrire les pensées de l’esprit auquel ils sont reliés et de les rendre perceptibles. Une projection, en quelque sorte. Ce que nous avons vu n’était qu’un rêve, un cauchemar de notre pauvre ami ici présent, revivant la destruction de sa planète par des hommes. »

« Non, ce n’est pas possible. » le contredit Zoé. « Ces bâtiment étaient tangibles, je les ai touchés. »

« Ce que tu as senti sous ta main était probablement l’un des murs de ce vaisseau. »

Zoé se rappela le contact froid et métallique de l’édifice.

« Donc ce vaisseau serait une sorte de mausolée ? » poursuivit-elle. « Un temple à la mémoire de sa planète disparue ? »

« C’est cela. Et cette créature, maintenue artificiellement en vie grâce à ce tube, fait en sorte que cette mémoire ne s’éteigne jamais. »

Zoé et Jamie échangèrent un regard.

« Docteurrrr ? Vous dites que ce sont des hommes qui ont exterminé son peuple ? Des humains, comme Zoé et moi ? »

« Malheureusement oui, Jamie. L’empire colonial terrien n’appréciait guère de rencontrer de la résistance sur les planètes dont il s’emparait.»

« Docteur, notre vaisseau voyage à travers le temps. Ne pourrait-on pas envisager de… »

« Réécrire l’histoire est strictement interdit par mon peuple, Zoé. Nous ne pouvons rien faire pour rendre sa planète à ce malheureux. Nous pouvons juste faire en sorte que son sommeil soit paisible. »

Sur ces mots, le Docteur apposa sa main contre la vitre du bocal, comme pour caresser délicatement le front de l’intrigante forme de vie qui y sommeillait, et se mit d’une voix douce à chantonner ces paroles :

Klokleda partha menin klatch,
haroon haroon haroon,
Klokleda sheenah tierra natch,
haroon haroon haroon,
Haroon haroon haroon

Au bout de quelque couplet de cette étrange ritournelle, la créature semblait apaisée, et le seul mouvement qui animait son étrange aquarium était le souffle qui parcourait sa poitrine.

« C’est joli. » commenta Zoé. « Qu’est-ce que c’est ? »

« Rien qu’une vieille berceuse vénusienne. Elle a fait ses preuves sur les plus capricieux des enfants, crois-en mon expérience. »

D’un signe de tête, il désigna le levier que Zoé avait abaissé quelques instant plus tôt.

« Jamie, mon garçon, pourrais-tu… »

« Aye ! » s’exclama le jeune homme en actionnant le levier.

À nouveau, le monde autour d’eux s’effaça, et de vastes prairies verdoyantes s’étalèrent sous leurs yeux. Les globes d’argiles qui constituaient la cité extra-terrestre se dressèrent à nouveau autour d’eux, intacts et couverts de peintures tribales. Sous un soleil déclinant, des êtres imposants couverts d’écailles aux griffes acérées et aux dents tranchantes, vaquaient à leurs occupations. Certains tenaient des boutiques, d’autres, plus jeunes, jouaient à la balle. L’un deux passa à travers Jamie sans ménagement, rappelant qu’il n’était présent qu’en apparence.

« C’est sa planète ? Avant qu’elle ne soit détruite ? Et son peuple ? » demanda Zoé.

« Oui, tels qu’il s’en souvient du moins. »

« Quel superrrrrbe paysage. » commenta Jamie qui, nostalgique, songeait à son Écosse natale.

Les trois voyageurs se perdirent un instant dans la contemplation de cette planète factice, s’étonnant de ne pas sentir les rayons du soleil sur leur peau, tant tout cela semblait réel.

« Bien » clama le Docteur. « Je vois qu’il se fait tard, nous devrions retourner au TARDIS. »

« Docteur ? »

« Qu’y a-t-il Zoé ? »

« Ne peut on pas rester encore un instant ? Ce crépuscule est si beau. »

« Aye, Docteurrrr. Juste un petit instant. »

Le Docteur jeta un regard attendri à ses jeunes compagnons.

« Je suppose que nous pouvons rester encore un peu. »

Ainsi, main dans la main, dans un silence mélancolique, le Docteur, Jamie et Zoé contemplèrent un coucher de soleil sur le spectre d’une planète depuis bien longtemps disparue.

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Nata Luna Sans (texte et photos illustrations)

Le Docteur hurle, toujours sans se réveiller.

Le Maître ne se réveille pas non plus, car il ne s’est jamais endormi.  C’est pratique d’être robot – il s’y est enfin accoutumé – sauf que les nuits sont longues, surtout quand le Docteur dort.

Quand le Docteur a des insomnies, ils passent la nuit à se raconter de vieilles histoires, chacun à son tour, changeant certains détails afin de faire ressortir le rôle que lui-même y avait joué. Quand le Docteur a le blues, c’est plutôt le Maître qui parle. Celui-ci, pensant toujours de façon stratégique, a trouvé la façon de discerner si le Docteur va toujours mal : s’il corrige ses exagérations, c’est qu’il va bien; s’il s’endort et qu’il ronfle, encore mieux. Par contre, le silence face aux vantardises du Maître est inquiétant.

Comme tout bon télépathe, le Maître est capable de saisir certaines images du cauchemar, car les rêves d’un esprit sans barrière sont vulnérables aux fuites de données.

Le Docteur revoit des visages d’amis se fondre comme des sculptures en sable quand les moments qu’on a vécus ensemble sont effacés de la réalité. Les photos (nostalgique, il garde depuis toujours les diapos, les daguerréotypes, les polaroïds des compagnes) s’embrument  lorsque les paradoxes se résolvent et une toute petite décision prise on-ne-sait-quand par on-ne-sait-qui fait disparaître toute une chronologie… Il ressent se déchirer le réseau du temps, ses neurones accablées de la perspective simultanée de tous les univers possibles… Et surtout son propre bras autour des épaules d’une chère amie très particulière (la texture de ses cheveux et de son pull-over), son bras qui prétend la protéger de tout danger, son bras qui entoure un vide quand soudain elle n’a jamais existé.  Mais le Docteur s’en souvient, les guerres du temps n’effacent pas de sa mémoire toutes ces histoires qui sont devenues des fictions, et c’est ce qui l’affole.

Le Maître pivote la tête puis le torse vers lui et met un bras autour du dormeur, qui se berce en gémissant. « Docteur. Je suis là. » Il rapproche sa tête de la nuque du Docteur et essaie d’entrer dans son  rêve, mais les basculements du Docteur l’empêchent de faire la connexion. Le Maître blottit son front entre les cheveux noirs et gris et le serre contre lui. Il se souvient soudain que ses membres mécaniques sont plus forts que le corps du Docteur. Il pourrait facilement écraser le tronc ou casser le cou de son… de son quoi, précisément ? Ami, ennemi, amant, rival, conjoint ? Compagnon. Qui lui a montré assez de confiance pour, aussi fragile qu’il soit, se laisser plonger dans un sommeil profond près du Maître. Pour l’instant, ce petit miracle réel lui plaît encore plus que la destruction potentielle. Il l’étreint doucement jusqu’à ce que le Docteur s’éveille.

Le Docteur arrête de crier, se frotte le visage avec les mains, et s’échappe des câlins du Maître. D’habitude il se lèverait pour se balader dans les couloirs presque infinis de la TARDIS, prendre de l’eau ou quelque chose de plus fort … mais cette fois le Docteur se détourne encore plus et se cache la tête dans l’oreiller en silence. Le Maître attend. Les épaules du Docteur tremblent mais il n’y a toujours pas de bruit. Le Maître attend encore un peu. Seulement quand le Docteur commence à sangloter, le Maître lui caresse les cheveux humides de sueur froide, l’entoure de ses bras indestructibles, prétendant le protéger de tout danger, de toute tristesse. Tous les deux savent que c’est impossible, mais ça suffit pour survivre jusqu’au lendemain matin.

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Umanimo (fanart)

D’après le tableau de Fussli : le Cauchemar

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À bientôt pour un nouvel Artisons

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Artisons Cauchemar

Ainsi, vous avez voté, à une très faible majorité toutefois, pour ce thème… cauchemardesque. Dans quel endroit glauque à souhait allez-vous entraîner notre Seigneur du Temps ? Et quelles créatures monstrueuses allez-vous lui faire rencontrer ? C’est bien simple, j’en frémis d’avance et j’ai hâte d’entrer dans vos cauchemars.

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À envoyer à umanimo@live.fr. Date limite le lundi 16 mai 2016.

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Résultats Duos Incongrus

Quelle cuvée les amis ! C’est du bon, du très bon. Variées, drôles ou émouvantes, vos contributions sont toutes magnifiques. On y trouve des fanarts, des fanfictions, des photomontages et même des romans photos. Jugez plutôt.

(cliquez sur les images pour les afficher en plus grand)

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Bab-el (roman photo)

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Chanel (fanart)

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Eorina (fanarts)

roxane-eorina(Nyssa, Third)

eorina

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Flavichou (photomontages)

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Florent Fayolle (texte)

– « A couvert ! » ordonna le capitaine McFarlane.
Angus McFarlane était un militaire expérimenté. Dès les premières détonations, il avait mis ses hommes à l’abri d’une maison abandonnée. Une place d’où ils pourraient se défendre et appeler des renforts. La patrouille britannique s’était retrouvée prise dans une escarmouche, comme il y en avait quotidiennement depuis plusieurs mois déjà. Roberts était touché à la jambe mais les cinq autres soldats sous ses ordres étaient indemnes. Hélas, la radio que trimballait Jackson avait reçu plusieurs balles et était hors d’usage. Impossible d’alerter la base.
– « Jackson, voyez si vous pouvez réparer la radio. Redash, occupez-vous de Roberts. Bambera, prenez le bleu avec vous et postez-vous sur le toit. Tâchez de me rendre compte de la situation ».
Le capitaine McFarlane avait toute confiance en Joseph Bambera. Ils avaient fait le débarquement de Normandie ensemble, quatre ans plus tôt à peine, et il savait de quoi il était capable. Natif de Zambie, colonie de l’empire britannique, il effectuait là sa dernière mission avant de rentrer auprès de sa famille. McFarlane n’était pas parvenu à mémoriser le nom du jeune soldat l’accompagnant. Débarqué il y a quelques jours à peine, c’était pour ce crétin maigrichon sa première patrouille. Son baptême du feu.
Par bonheur, le toit était une place relativement sûre. Plat, ses bords protégés d’un parapet, une unique trappe pour y accéder. Autour d’eux, Jérusalem était en proie au chaos. Depuis le plan de partition décidé par l’ONU, la Palestine était le théâtre de violents affrontements entre Juifs et Musulmans. Au beau milieu des combats, les soldats britanniques n’attendaient qu’une chose : la fin de leur mandat sur la Palestine pour pouvoir enfin rentrer chez eux, bien loin de ce conflit dont, il faut bien le dire, leurs dirigeants se fichaient comme de leur première tasse de thé. Joseph Bambera jeta un coup d’œil à son compagnon d’armes. Le jeune soldat était clairement terrifié.
– « Rappelle-moi ton nom, déjà ? »
– « Mott, Wilfred Mott. » articula tant bien que mal le soldat.
– « T’en fais pas, Wilfred Mott, on va se tirer de là et… »
Une détonation. Le sergent Bambera s’effondra. Wilfred Mott, plus terrorisé que jamais, s’approcha de son supérieur. Mort. C’était la première fois qu’il voyait un camarade tomber au combat. Recroquevillé dans l’angle du parapet, serrant son Lee-Enfield * dans ses poings, Wilfred tenta un regard sur la rue en contrebas. Des combattants, des détonations, de la fumée… On aurait juré être au milieu d’une tempête, avec toutes ces balles ! Le monde était-il devenu fou ? … Personne ne semblait prêter attention à lui et il était possible que le sergent ait été victime d’une balle perdue. Il épaula son fusil, bien décidé à faire feu. Le doigt tremblant sur la gâchette, la front en sueur, Wilfred retint son souffle. Sur qui tirer ? A cette distance, impossible de savoir à quel camp appartenaient les hommes se battant plus bas. Et à bien y réfléchir, il lui semblait que tous défendaient des causes légitimes, quoiqu’inconciliables. Et après tout, qu’avait-il à voir avec ce conflit qui le dépassait ? … Il en était là de ces réflexions lorsqu’un individu vint interrompre le fil de sa pensée.
– « Excusez-moi, mon brave – l’interpella un homme qu’il n’avait encore jamais vu – n’auriez-vous pas remarqué quelque chose d’étrange dans les parages ? »
Ces derniers mots avaient été prononcés sur le ton de la confidence et Wilfred se disait que l’inconnu était bien la chose la plus étrange et la plus incongrue qu’il ai vu ces derniers jours. Bien plus grand que lui, l’homme portait un vieux galurin cabossé sur une épaisse tignasse bouclée. Malgré la chaleur, une écharpe colorée, d’une longueur démesurée, était enroulée autour de son cou. Il le regardait de ses yeux énormes, souriant de toutes ses dents. A vrai dire, sans paraître aucunement hostile, l’homme n’en était pas moins inquiétant. Il fouilla dans une de ses poches et en tira un sachet de papier.
– « Voulez-vous un Jelly Baby ? »
– « Mais enfin… D’où sortez-vous ? Et… Qui êtes vous ? »
– « Qui je suis ? Je suis le Docteur. »
– « Docteur qui ? »
– « Hum… Docteur John Smith. »
Docteur John Smith… Cela sentait le faux nom à plein nez, mais Wilfred Mott décida de se contenter de cette réponse. Du moins pour le moment.
– « D’où diable sortez-vous, Docteur Smith ? Et que faites-vous là ? »
– « Vous êtes bien curieux, jeune homme – répondit le Docteur avec un sourire amusé – Sachez que je reviens tout juste de ma Gallifrey natale où j’avais été rappelé pour une affaire, disons, compliquée. Et me voici ici et maintenant, pour répondre à un appel de détresse. Mais je ne pense pas que ce soit vous qui m’avez contacté. »
Gallifrey… Un nom irlandais, ça. Ce Docteur est donc Irlandais. Pas étonnant, se disait Wilfred, ces gens-là sont bizarres.
– « Et à qui ai-je, l’honneur, soldat ? »
– « Deuxième classe Wilfred Mott, Docteur. Venez avec moi, ce toit n’est pas un endroit sûr pour un civil. A l’intérieur, vous serez à l’abri. Le capitaine McFarlane et le reste de la patrouille vous protégeront. »
– « Je ne voudrais surtout pas vous faire de peine, deuxième classe Wilfred Mott, mais j’arrive justement des étages inférieurs et… il n’y a plus personne en vie. Mais ce qui compte, c’est que nous deux, nous soyons bien vivants, pas vrai ? »
Le Docteur accompagna ces mots d’une joyeuse claque dans le dos qui se voulait sans doute ragaillardissante. Alors que Wilfred digérait avec peine la terrible nouvelle, le Docteur extirpa un objet étrange de sa poche, plein de voyants lumineux clignotants, en marmonnant des choses incompréhensibles.
– « C’est par là ! » Déclara finalement le Docteur en indiquant l’est, sans que Wilfred n’ai compris de quoi il s’agissait.
Le Docteur farfouilla à nouveau dans ses poches et en sorti péniblement une longue corde formée de foulards colorés noués entre eux. Il fit glisser l’une des extrémités dans l’anneau de la trappe et se tourna, tout sourire, vers Wilfred.
– « Venez, Wilfred. Nous allons descendre en rappel. »
Pan ! Une balle emporta le chapeau du Docteur, qui roula quelques mètres plus loin. Ramassant son couvre-chef, le Docteur fit la moue en passant son index à travers un trou dans le feutre.
– « Je crois que nous ferions bien de nous dépêcher. » constata-t-il.
Un instant, Wilfred aperçut furtivement une silhouette abritée derrière une fenêtre. Un homme armé d’un fusil et coiffé d’un haut-de-forme… Sans doute son imagination. Imperturbable, le Docteur commençait déjà à descendre le long du mur. Suivre ce personnage lunaire était stupide, mais il semblait qu’il n’y avait rien de mieux à faire. Et puis, ce Docteur semblait savoir ce qu’il faisait. Bientôt, les deux hommes se retrouvèrent dans une ruelle déserte. Le bruit des détonations ne s’était pas arrêté, et les combats devaient être tout proches. Fort heureusement, la piste que semblait suivre le Docteur prenait la direction opposée.
Wilfred et le Docteur traversèrent plusieurs quartiers de la ville. La plupart des bâtiments portaient les séquelles des récents affrontements. Vitres brisées, murs criblés d’impacts de balles… Tout cela n’était pas pour rassurer le jeune soldat britannique qui, cramponné à son fusil, scrutait les alentours d’un regard anxieux. Le Docteur, en revanche, paraissait on ne peut plus serein, suivant consciencieusement le signal de son appareil, visiblement une sorte de détecteur.
– « Quelqu’un de mon peuple doit être coincé par ici, voyez-vous ? Je me dois de lui porter secours. »
– « Un Irlandais ? »
Le Docteur posa sur Wilfred des yeux écarquillés, ce qui compte tenu de leur taille déjà prodigieuse était particulièrement impressionnant, puis éclatat de rire – sans répondre à la question. Wilfred trouva cette attitude profondément vexante.
Bientôt, les deux hommes arrivèrent devant une petite église.
– « Ce doit être ici. » annonça le Docteur en rangeant son appareil dans sa poche.
– « Comment diable faîtes vous pour faire tenir tant de choses dans vos poches, Docteur ? »
– « Elles sont plus grandes à l’intérieur. »
Il poussa sur l’un des battants de la lourde porte qui s’ouvrit en grinçant. Le Docteur et Wilfred se faufilèrent à l’intérieur. L’église était plongée dans le noir et il leur fallut attendre quelques instants que leurs yeux s’habituent à l’obscurité. Un homme vêtu d’une soutane était agenouillé près de l’autel.
– « Veuillez nous excuser pour cette intrusion, mon père… » bafouilla Wilfred en ôtant précipitamment son casque (et en jetant un regard noir au Docteur toujours coiffé de son chapeau).
Le prêtre se retourna vers les deux arrivants. C’était un homme rondouillard aux yeux vifs et au sourire avenant. Son regard croisa celui du Docteur, et tout deux se figèrent.
– « Vous ! » s’exclamèrent-ils à l’unisson avant d’éclater de rire.
– « Je vois que vous avez changé, Docteur. Cette tête-là vous sied bien mieux que l’ancienne. »
– « Trop aimable. Mais comment vous êtes-vous retrouvé là, mon pauvre Mortimus ? »
– « Vous savez parfaitement que je n’utilise plus ce nom depuis bien des années, Docteur. Et figurez-vous que quelqu’un a saboté mon système de navigation alors que je me trouvais dans l’Egypte pharaonique… »
– « Ne me dites pas que vous m’en voulez encore pour ça ! Il y a prescription. »
– « Après cette farce dont, je vous l’avoue, je me serait bien passé, mon TARDIS m’a mené sur Tersurus. Je ne vous cache pas que la communication avec la population autochtone a été assez pénible… »
Avec un clin d’œil complice, le Docteur souffla à Wilfred :
– « Les Tersurons communiquent en modulant leurs flatulences. »
– « Bref, je suis maintenant coincé ici, suite à une nouvelle avarie. Vous n’allez tout de même pas me laisser croupir dans cette ville en proie au chaos, Docteur ? »
– « L’endroit a toujours été un peu agité. La dernière fois que je suis venu dans la région, Richard Cœur-de-Lion et Saladin s’en disputaient le contrôle. »
– « J’ai visité l’endroit au XXIème Siècle, et les choses ne s’y sont pas arrangées. Mettons nos querelles de côté et serrons-nous les coudes, Docteur. »
– « Proposition d’autant plus généreuse que vous avez besoin de mon aide et que je n’ai cure de la votre. Il n’est pas question que je vous aide, vous avez trop souvent, par le passé, tenté de perturber l’Histoire de cette planète. »
Un claquement résonna dans l’église, interrompant la discussion des deux Seigneurs du Temps. Wilfred, pour être certain d’être bien éveillé, venait de se gifler lui-même. A son grand désarrois, il ne rêvait pas. Ce deux « Irlandais » parlaient bel et bien de voyages dans l’espace et dans le temps.
– « J’ai capté, sur Tersurus, quelque chose susceptible de vous intéresser. – reprit le Moine, en tendant une sorte de petit disque au Docteur – Les coordonnées d’un autre TARDIS ayant quitté la planète juste avant mon arrivée. Les empreintes de ses occupants, deux Seigneurs du Temps qui ne vous sont pas inconnus, y sont clairement lisibles. »
La Docteur actionna un mécanisme déclenchant l’ouverture d’un petit écran circulaire. Il le parcourut des yeux quelques secondes et resta un instant pétrifié. Le Maître et Susan s’étaient rendus ensemble sur Tersurus ! ** Mais pourquoi ? Et surtout, qu’était devenu sa petite-fille ? Le Docteur referma délicatement le disque et le rangea dans sa poche.
– « Je crois que je vais finalement vous donner un petit coup de main. Mais pas d’entourloupe, hein ? »
– « Alors vous… Vous venez de… d’une autre planète… ?  » hasarda Wilfred.
Malgré la pénombre, le Moine chaussa une paire de lunettes de soleil et sorti des replis de sa robe de bure une sorte de tube métalique.
– « Jeune homme, je vous prierai d’observer attentivement l’extrémité de cet objet. Docteur, je vous suggère de protéger vos yeux. »
Le Docteur enfonça précipitamment son chapeau jusque sur son nez alors que l’objet émettait un puissant flash lumineux qui illumina toute la pièce. Wilfred resta un instant interdit.
– « Dieu soit loué ! – s’exclama le Moine en joignant les mains – Votre simple apparition, brave soldat, a fait fuir ces horribles mercenaires qui avaient envahit mon église. Soyez béni, mon fils ! »
– « Que… Que fais-je ici ? J’étais sur ce toit et puis… Je ne me souviens de rien… »
– « Sans aucun doute une amnésie passagère due au coup de crosse que vous avez reçu durant l’échauffourée. Ce n’est rien du tout. Veuillez, je vous prie, monter la garde devant la porte, cela me rassurera. Je dois encore passer du temps avec ce pauvre pêcheur qui a grand besoin de soulager sa conscience. N’est-ce pas, Docteur ? »
Wilfred s’éloigna, un peu hagard.
– « Un gadget bien pratique subtilisé aux MiB durant l’un de mes voyages. Ingénieux, Docteur, non ? Surtout pour des humains. »
Wilfred sorti, les deux Galllifreyens reprirent leur conversation. Il fut entendu qu’en échange des précieuses informations fournies, le Docteur donnerait au Moine une pièce de rechange lui permettant de remettre son vaisseau en route vers un monde plus avancé technologiquement où il pourrait effectuer une réparation convenable. C’est ainsi que quelques minutes plus tard, le Docteur, le Moine et Wilfred Mott atteignirent le TARDIS.
– « J’ignorais que des cabines de police avaient été implantées dans l’empire colonial ! » s’étonna Wilfred.
Un peu perdu et finalement assez gêné entre ces deux curieux personnages, chacun regardant béatement l’étrange objet que lui avait donné l’autre, Wilfred préféra détourner les yeux. Et c’est alors qu’il le revit, cette fois très nettement. L’homme au chapeau haut-de-forme, derrière sa fenêtre. Sur son visage maigre, aux traits durs, se lisait une froide détermination. Il épaula son fusil.
– « A terre ! » Hurla Wilfred en ajustant sa propre arme.
Les deux détonations se mêlèrent. La vitre vola en éclats, laissant une estafilade rouge sur la joue du tireur. Le disque fut arraché de la main du Docteur, pulvérisé par la balle. Désemparé, le Seigneur du Temps tomba à genoux devant les débris métalliques éparpillés sur le sol. Un mot, étranglé, presque inaudible, sortit de sa bouche tandis que des larmes lui montaient aux yeux.
– « Susan… »
Wilfred n’avait pas quitté des yeux l’homme au haut-de-forme qui, déjà, ajustait de nouveau son fusil. Le jeune soldat pressa la détente de son Lee-Enfield mais l’arme s’enraya. Un sourire mauvais se dessina sur le visage ensanglanté de l’inconnu. Alors que retentissait le second coup de feu, une jeune femme sortie de nulle part se jeta devant le Docteur tandis que le Moine s’emparait du pistolet de Wilf et faisait feu à son tour. L’homme au chapeau haut-de-forme s’effondra. Etait-il mort ou simplement blessé ? Wilfred Mott ne le sut jamais.
Le Docteur avait déjà ravalé ses émotions. Il était rare que ses sentiments le submergent. Il était penché au dessus de la jeune femme qui avait reçu la balle qui lui était destinée. Son visage lui semblait totalement inconnu. Dans un dernier souffle, serrant l’interminable écharpe dans sa main, elle murmura à l’oreille du Docteur :
– « Courez, espèce de petit malin, et souvenez-vous de moi… »

* Fusil de guerre standard de l’armée britannique de 1895 à 1957.
** Voir le roman « Legacy of the Daleks », de John Peel.

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Johanes (fanart)

Eight et Dodo the sequel

Turlough rencontre One

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Marie Valério (texte)

Y a-t-il un docteur dans l’avion ?

Tegan Jovanka ne trouvait pas le sommeil.

Non pas que les longues heures de vol séparant l’aéroport de Sidney de l’aéroport de Heathrow l’aient angoissée : en tant qu’ancien membre du personnel naviguant – à l’époque, on aurait dit hôtesse de l’air – elle avait l’habitude des vols interminables et se sentait aussi à l’aise dans un avion que sur le canapé de son salon. Elle avait par ailleurs vécu de telles aventures par le passé que la perspective d’un crash lui semblait un événement bien dérisoire.

Non, si elle était l’un des rares passagers à ne pas s’être assoupi dans son siège, c’est qu’elle était hautement perturbée par une certaine vision.

« Je dois avoir rêvé » se dit-elle en secouant la tête. « Cela ne peut pas être vrai. »

Mais quand elle porta à nouveau son regard à travers le hublot, elle constata avec horreur que ce qu’elle avait entraperçu quelques secondes auparavant se tenait bel et bien sous ses yeux.

Affolée, elle interpella l’hôtesse :

« Excusez-moi ! Ça va vous paraître insensé mais…il y a un homme sur l’aile ! »

« Pardon ? »

« Voyez-vous même ! »

L’hôtesse jeta un coup d’oeil à travers le hublot, mais il n’y avait rien d’autre que le pluie qui battait la carlingue de l’appareil et ruisselait contre la vitre. Elle la fixa d’un regard alarmé

« Je sais ce que vous allez penser, mais je vous jure qu’il y avait un homme, debout sur l’aile ! Je l’ai vu ! »

« Un homme ? Vous voulez dire un gremlin, comme dans La quatrième dimension ? »

« Non, un grand type mince avec un long manteau. Vous pensez que je suis folle, c’est ça ? »

« Je pense que parfois la fatigue peut nous faire voir des choses qui ne sont pas vraiment là. Vous devriez essayer de vous reposer.» dit l’hôtesse avec condescendance.

Et refermant le hublot, elle la laissa à son trouble.

Excédée, Tegan poussa un long soupir. Peut-être avait-elle imaginé tout cela. Peut-être était-elle absolument folle à lier. Lorsqu’elle avait tenté d’évoquer ses aventures de jeunesse sur des planètes lointaines auprès de ses amis et de sa famille, ils l’avaient fixée du même regard inquiet, avaient suggéré qu’elle faisait une dépression nerveuse et qu’elle devait suivre un thérapie. Alors elle s’était forcé d’oublier tout cela, de se convaincre qu’elle avait rêvé.

Pourtant, au fond d’elle-même, elle savait que tout cela était réel. Que le Docteur existait bel et bien et qu’il était là, quelque part dans le temps et l’espace, en train de vivre des aventures toujours plus folles et toujours plus périlleuses. Et si ce genre d’aventures étaient possibles, la présence d’un homme sur l’aile gauche de l’avion ne semblait pas si improbable.

Pour s’en assurer, elle ouvrit le hublot. L’homme était à nouveau là, son long manteau brun frappé par le vent, accroupi sur l’aile. En voyant ce qu’il s’apprêtait à faire, Tegan se retint de hurler : il était en train d’arracher la tôle de l’appareil. Il sortit de sa poche un étrange appareil, semblable à un tournevis émettant une curieuse petite lumière bleue, et se mit à sonder les entrailles de l’avion.

Cette fois, Tegan bondit de son siège.

« Mademoiselle ! Venez voir, il est revenu ! »

L’hôtesse vint à sa rencontre, l’air gêné.

« Madame, beaucoup de nos passagers sont endormis, je vous prierai de ne pas crier afin de ne pas troubler leur sommeil. »

« Pardon, mais il me semble que nous sommes face à une situation d’urgence ! Voyez vous-même ! »

Et elle lui désigna le hublot, à travers lequel on n’apercevait rien d’autre que la pluie battant la nuit noire et l’aile de l’avion. Tegan sentit son visage se décomposer.

« Je vous jure qu’il y a un instant… »

« Tout va bien, madame.» fit l’hôtesse d’un ton très professionnel. « Il est fréquent d’être perturbé durant les vols de nuit, surtout par temps de turbulences. Je vais vous donner un petit quelque chose qui vous permettra de passer un vol plus tranquille. »

Malgré ses protestations, Tegan se vit donc administrer un somnifère, censé lui permettre de ne plus perturber le sommeil des autres passagers.

« Voilà, une fois de plus je passe pour la folle de service. » marmonna-t-elle avec amertume.

Alors qu’elle considérait le petit comprimé niché au creux de sa paume, elle entendit qu’on frappait au hublot. Elle tourna la tête et se retrouva nez-à-nez avec l’homme au long manteau qui lui adressa un sourire amical. Elle s’apprêtait à hurler mais il lui fit signe de se taire, gesticulant nerveusement. Il semblait vouloir communiquer avec elle à travers le hublot mais pas un son ne lui parvenait. Par de grands gestes, il mimait l’action d’ouvrir une porte. Tegan le dévisageait sans comprendre, quand elle réalisa qu’elle était assise juste à côté de la sortie de secours.

Voulait-il entrer dans l’avion ? C’était insensé !

Un doigt sur la tempe, elle lui transmit le message : « Vous êtes cinglé ou quoi ? »

Il lui adressa alors un regard curieux, comme s’il venait de la reconnaître. Son visage se fendit d’un gigantesque sourire. Ouvrant la bouche en grand, il mima les sons : « Te-gan ! Te-gan Jo-van-ka !»

Et devant son ai ahuri, il hurla, désignant son visage : « C’est-moi ! Le Doc-teur ! »

Elle parvint à lire sur ses lèvres à travers le hublot et s’exclama : « Docteur ! J’aurais dû m’en douter ! »

«Je-dois-en-trer » cria-t-il en désignant à nouveau la sortie de secours. « Ou-vre-moi. »

« Vous êtes malades ? » s’écria -t-elle, un peu trop fort.

« Fais-moi-con-fian-ce » lut elle sur les lèvres du Docteur. Étrangement, il ne lui en fallut pas plus. Elle quitta précipitamment son siège et se jeta sur la sortie de secours.

Bien évidemment, ce genre de dispositif est généralement verrouillé durant les vols, pour éviter qu’un passager distrait ne fasse le grand plongeon en confondant cette issue avec la porte des toilettes. Néanmoins, une ancienne hôtesse de l’air a plus d’un tour dans son sac et sait s’y prendre pour débloquer ce genre de situations. Ainsi, Tegan s’attela à déverrouiller la porte qui devait faire entrer le Docteur.

L’hôtesse de bord l’aperçut alors et, comprenant ce qu’elle s’apprêtait à faire, tenta se s’interposer. Mais il était trop tard : sous la poigne de Tegan, la porte céda et une bourrasque de vent violent fit irruption dans l’avion. Tentant de résister à la pression en s’agrippant à la poignée de l’issue de secours, Tegan distingua alors la forme familière du TARDIS, qui volait tranquillement sous la pluie. La porte de la cabine de téléphone s’ouvrit et le Docteur en jaillit pour atterrir au côté de passagers médusés dont cette intrusion avait brutalement interrompu le sommeil. Prêtant main forte à Tegan et à l’hôtesse, il les aida à refermer la lourde porte de l’issue de secours.

« Bien ! » s’exclama-t-il en se redressant « Voilà une bonne chose de faite. La prochaine fois, je prendrais plutôt un billet, je pense. »

« Vous alors ! Vous avez beau avoir changé de visage, votre tendance à mettre les autres en danger ne changera jamais ! »

« Je suis, moi aussi, très content de te revoir Tegan. » fit-il en souriant.

Elle ne put s’empêcher de sourire à son tour.

« Je dois avouer que côté vestimentaire, il y a du progrès. Pas l’ombre d’un légume en vue. Au temps pour moi, je n’avais pas vu les baskets… »

« C’est extrêmement confortable ! Et ça me donne l’air décontracté.» rétorqua-t-il, vexé.

Il s’aperçut alors qu’une foule de passager le fixait bouche bée.

« Ah oui, vous vous demandez certainement pourquoi je me permets de débarquer dans votre avion au beau milieu de la nuit. Je me présente, John Smith, inspecteur de vol.»

« Vous auriez pu trouver plus original. » marmonna Tegan.

« Je viens à l’instant d’inspecter le moteur de cet appareil et j’ai le regret de vous annoncer que vous êtes en grand danger. À vrai dire, sans vouloir vous alarmez, vous courez à une mort certaine. »

À ces mots, la panique sembla gagner les passagers.

« C’est ça votre notion de la diplomatie ? » s’insurgea son ancienne compagne.

« Du calme, voyons ! Laissez-moi vous expliquer la situation ! Voyez-vous, j’ai trouvé ceci dans le moteur. »

Il sortit alors de sous son manteau une minuscule créature brunâtre à peine plus grosse que le poing à l’apparence d’une pomme de terre flétrie et particulièrement féroce – si tant est qu’une pomme de terre puisse être féroce. Sur son front, une énorme pustule scintillait comme une ampoule, émettant une forte lueur.

« Ce spécimen s’apprêtait à dévorer l’appareil de l’intérieur. »

« Quelle horreur ! » s’exclama l’hôtesse.

« Qu’est-ce que c’est ? Un diablotin ? » demanda Tegan.

« Un diablotin d’un genre particulier, ce que vous appelleriez un gremlin. Plus exactement un Giznudr, une race extraterrestre inexplicablement fasciné par la mécanique qu’on retrouve en générale dans la machinerie des trains ou des avions. Ils se nourrissent de l’énergie dégagée par les moteurs. Celui-ci semble particulièrement vicieux. Et vraisemblablement, il n’est pas seul. Il est probable que plusieurs de ses compagnons se trouvent déjà à l’intérieur de l’avion, voire aient commencé à s’en prendre au circuit électrique. »

Comme pour confirmer ses propos, les lampes qui éclairaient faiblement l’appareil s’éteignirent, provoquant un remue-ménage affolé.

« Parfois, j’aimerais ne pas avoir toujours raison. »soupira le Docteur.

« Vous voulez dire qu’il y a d’autres de ces créatures dans l’avion ? » hurla l’hôtesse qui avait soudain abandonné tout professionnalisme. « Oh mon Dieu, on va tous mourir ! »

Fermement, Tegan la saisit par les épaules et planta son regard dans le sien.

« Je vous promets que tout va bien se passer. Je connais le Docteur, c’est un vieil ami. Il a forcément un plan pour nous sortir de là. Pas vrai Docteur ? »

« Un plan ? Bien sûr, un plan ! Un super plan que j’ai pris soin d’élaborer avant de foncer dans le tas. J’adore les plans, c’est ma passion. Qu’est-ce que je deviendrais sans mes plans…»

Son ancienne compagne lui jeta un lourd regard de reproches, un regard qu’il connaissait bien.

« J’aurais dû m’en douter. Vous n’avez vraiment pas changé ! »

« Pas de panique ! J’ai la situation en main ! »

Il se tourna vers la jeune hôtesse.

« Efforcez-vous de ramener le calme parmi les passagers. Tegan et moi, nous allons nous charger de ces vilaines bêtes. Si tu es partante pour faire à nouveau équipe avec moi, Tegan. »

« Vous ne pouvez vraiment pas vous passez de moi, pas vrai ? »

« Il semblerait que non. Parfait, allons-y ! »

« C’est bien joli tout ça, mais on fait quoi ? On ne sait pas où ils se cachent… » grommela Tegan.

« Eh bien, » répondit le Docteur, qui était occupé à sonder les parois de l’appareil avec son étrange petit ustensile pendant que l’hôtesse rassurait les passagers « le spécimen que j’ai extirpé du moteur tout à l’heure semblait particulièrement sensible aux fréquences émises par mon tournevis sonique. »

« Ah oui, je me souviens de ce machin ! Vous ne l’aviez pas détruit ? »

« Nouveau modèle, nouvelles fonctions. Tu serais étonnée de tout ce qu’on peut faire avec ce petit bijou. Si je parviens à obtenir une réaction, nous pourrons peut-être… »

Il s’interrompit. De petits cris suraigus provenaient du boîtier électrique sur lequel il venait de pointer son tournevis.

« Bingo ! Il faut juste qu’on trouve quelqu’un capable d’ouvrir ceci. »

« Comment ça, vous ne pouvez pas l’ouvrir vous-même ? »

« Avec quoi veux-tu que je l’ouvre ? »

« Docteur…votre nouveau tournevis aux multiples fonctions, il ne fait pas tournevis ? »

« Je reconnais que certains aspects sont peut-être à perfectionner » fit-il d’un ton boudeur.

« Laissez-moi faire. »

Elle ôta l’une de ses chaussures à talons hauts et utilisant la pointe de celui-ci comme un levier, força la porte du boîtier.

« Où as-tu appris à faire cela ? » s’étonna son compagnon.

« J’ai vécu bien des aventures depuis que nous nous sommes quitté, Docteur. » répondit-elle nonchalamment.

La porte du boîtier céda brutalement, révélant une demi douzaine de diablotins rabougris occupés à ronger l’installation électrique. Interrompus dans leur festin, ils poussèrent en choeur un hurlement perçant et jaillir hors de leur boîte.

Bientôt l’avion fut plongé dans le chaos. Les minuscules extra-terrestres s’agrippèrent aux cheveux et aux vêtements des voyageurs, commencèrent à grignoter les sièges et à s’introduire dans leurs bagages à main dans la cacophonie la plus totale. Le Docteur et Tegan essayèrent vainement de les attraper mais ils étaient d’une rapidité impressionnante pour des êtres dotés de si petites jambes.

« Et maintenant hein ? On fait quoi maintenant ? » hurla Tegan, ses cris de paniques se mêlant à ceux des passagers.

« Restons calmes ! Ils sont manifestement sensibles aux fréquences basses. Si seulement on avait les moyens de reproduire une telle fréquence à grande échelle, quelque chose qui produise un son très grave… »

« Docteur…je crois que j’ai la solution ! Dans mon sac ! »

Sur ces mots, elle se précipita vers le casier au-dessus de son siège et fouilla dans ses bagages pour en sortir un long tube de bois décoré de couleurs vives.

« Est-ce que ce serait…un didjeridoo ? » demanda le Docteur, les yeux brillants.

« Tout juste ! Je vous l’ai dit, j’ai vécu d’autres aventures après vous avoir quitté. J’ai entre autre monté une association pour venir en aide aux aborigènes d’Australie, et lors d’une de nos rencontres ils m’ont appris à en jouer. Vous pensez que cela suffira ? »

« Oh Tegan. C’est parfait, je n’aurais pas pu rêver mieux. Dépêchons de leur jouer un petit air avant qu’ils ne causent des dommages irréversibles. »

S’avançant dans l’allée, elle souffla alors de toute ses forces, souffla dans l’étrange instrument tribal qui produisit un son si grave que les créatures s’immobilisèrent immédiatement. Le Docteur pointa son tournevis sur l’embouchure du tube, amplifiant encore davantage le son qui s’en échappait.

« Vite ! » cria-t-il au personnel de vol «Attrapez les ! »

Les premiers moments de stupeur passés, l’équipage s’empressa de s’emparer des créatures. Le Docteur fit ensuite appel aux passagers qui, à l’aide de leurs bretelles, leurs ceintures et leurs lacets, firent en sorte que les créatures soient solidement ligotés. Ils se retrouvèrent pendus au-dessus des sièges des passagers, la lumière sur leur front permettant d’éclairer l’appareil.

Essoufflée, Tegan interrompit alors son solo.

« Alors Docteur ? » dit-elle avec un sourire de triomphe. « Je me débrouille pour une débutante, non ? »

« Tu t’es débrouillée comme une reine, Tegan. Comme une reine. »

Le jour se levait sur l’aéroport de Heathrow et les passagers du vol n°78459 se réveillaient d’un bien étrange cauchemar impliquant de minuscules créatures à la peau flétrie ainsi qu’un grand type mince avec un long manteau.

Ce dernier se tenait sur la piste d’atterrissage près de son TARDIS, faisant face à celle qu’il avait laissé derrière lui il y avait de nombreuses années.

« Vous allez à nouveau m’abandonner dans cet aéroport, alors ? » dit-elle en s’efforçant de sourire.

« Nous ne sommes pas obligés de nous quitter ici. Et si tu venais avec moi ? Comme au bon vieux temps ! Parfois, nos disputes me manquent, tu sais.»

Le sourire de Tegan s’effaça.

« Non, Docteur. Je…je dois rejoindre ma famille. J’ai promis d’être avec eux pour Noël. Il n’y a donc personne qui vous accompagne ? »

Le regard du Docteur s’assombrit, comme hanté par un mauvais souvenir.

« Non, j’avais une amie qui m’accompagnait mais…plus maintenant. Je voyage seul. Au fond, c’est peut-être mieux ainsi »

« Comment est-ce possible ? Le TARDIS était toujours bien rempli quand nous voyageons ensemble. »

Le Docteur sourit tristement.

« J’ai arrêté de prendre des gens à bord depuis quelques temps. »

« Pourquoi cela ? »

« Rappelle-toi, tu m’as dit un jour que quand on ne s’amusait plus à faire quelque chose il fallait arrêter. Eh bien, cela a cessé d’être amusant, je crois. »

Tegan hocha la tête. Elle comprenait très bien ce qu’il voulait dire. Ces mots étaient ceux qu’elle lui avait dit le jour où ils s’étaient quittés.

« Je suis navrée de ne pas pouvoir vous accompagner, Docteur. »

« Ce n’est rien, Tegan. Au plaisir de notre prochaine rencontre. »

Et alors qu’il allait lui tourner le dos et pousser à nouveau la porte de son vaisseau, elle se jeta à son cou et le prit dans ses bras, à son plus grand étonnement. Avant de desserrer son étreinte, elle lui glissa ces quelques mots à l’oreille :

« Courage, Docteur. Courage. »

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Mina Manzini (fanart)

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Lise Hamaide (fanarts)

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Nata Luna Sans (roman photo)

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Les Maitres discutent: à qui appartient le TARDIS-horloge, et à qui le Docteur fait confiance.

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Alison et Donna échangent…

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… leurs histoires d’aventures.

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Les Docteurs font un show musical pour les compagnes.

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« Pourquoi veut-il toujours frimer devant les Humains ? » « Ouais, c’est une honte ! »

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« Tu sais, la vie n’est pas si mal, lorsqu’on choisit de vivre en paix avec le Docteur.  Au bout d’un moment, on arrive à prendre le contrôle. »

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« Donna est super ! On est tellement heureuses d’avoir pu se rencontrer! Et c’est chouette de savoir qu’il y a quelque part encore un Docteur et un Maître qui voyagent ensemble, juste comme vous deux ! »

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« Eh… Vous allez bien ? »

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Sandra Laurin (Photomontage)

Mike et Eleven sign+®

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À bientôt pour un nouvel Artisons.

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Spécial Anniversaire de Florent

En ce jour, 15 avril, est né un de nos administrateurs les plus fidèles et les plus impliqués (tout le monde se souvient de ses duels d’épisodes et de ses participations toujours inspirées aux Artisons, sans compter le jeu de mot le plus célèbre du Whoniverse). Nous ne pouvions faire moins, pour son anniversaire, que de le lui fêter avec ces modestes contributions.

Bon anniversaire, Florent, de la part de tout le groupe Doctor Who Classics, fans francophones !

(cliquez sur les images pour les voir en plus grand)

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Laureline Duroman (texte et fanart)

Faisant le tour du TARDIS, le Docteur grommelait :

« Aurais-je fait une erreur en ne disant pas quel était mon plan à Leela. Son départ est si précipité. Quelle idée de se marier avec un Time Lord, elle ne sait pas ce qui va arriver et leur politique sur les étrangers. J’espère qu’Andred et K-9 prendront bien soin d’elle. Pourquoi me suis-je encore accroché à une personne comme à une fille, déjà avec Susan, ça a été dur de supporter le départ de quelqu’un dont j’ai fait une partie de l’éducation. Leela n’a pu qu’être gagnante en vivant avec l’exemple d’un être parfait tel que moi. Sortons K-9 mark II, il me divertira. Il ne faudrait pas que je montre ma faiblesse, ne pas casser mon image d’être parfait. Peut-être un jour, reprendrai-je un compagnon que je pourrai considérer comme un fils. Allez, un Jelly Baby et oublions ce moment de faiblesse. »

Un bip sonne et le TARDIS repart vers une destination inconnue.

***

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Lise Hamaide (fanart)

Lise

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Louise Chazot (fanart)

Four et un pigeon

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Marie Devigne (fanart)

Marie

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Pauline Cadart (collage)

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Umanimo (texte et photomontages)

Le tableau de Leela

« Vous apprenez vos lettres, Docteur ? »

Le Docteur leva la tête de la console et regarda Romana avec ébahissement. La jeune Seigneur du Temps avait pris une craie et elle traçait des petits points sur un tableau noir qui se trouvait dans un coin de la salle de commandes.

« Oh ça… C’était pour Leela.

– Leela ?

– Une amie.

– Qui ne savait pas lire ?

– Exact ! »

Le Docteur découvrit toutes ses dents dans un grand sourire.

« K9 lui enseignait.

– Bon chien K9. Tu apprends à écrire aux jeunes filles ?

– Pas moi, maîtresse. Le modèle I.

– Qu’est-il devenu ce modèle I ? »

Le Docteur fit voleter son écharpe dans un grand geste pour s’en envelopper. Il se racla la gorge.

« Il a voulu rester avec elle, lorsqu’elle-même a voulu rester sur Gallifrey.

– Une Humaine sur Gallifrey ?

– Oui. Bizarre, hein ? J’ai toujours trouvé ça bizarre. Tu ne trouves pas ça bizarre toi, K9 ?

– Affirmatif, maître. C’est tout à fait étrange, étant donné la politique…

– Oh tais-toi, K9 ! Tu ne vas pas nous faire un cours sur les affaires publiques de Gallifrey, non ?

– Non maître, si vous ne le souhaitez pas.

– C’est ça, je ne le souhaite pas. Enfin voilà, elle est mariée à Andred, maintenant.

– Andred, le chef des gardes de la chancellerie ? interrogea Romana.

– En personne. Quelle idée, non ? Qui aurait cru ça d’elle ? Une fille si bien. »

Le Docteur s’approcha du tableau en deux grandes enjambées. Il prit un chiffon pour effacer les mots maladroitement tracés par la sauvage. Mais son bras s’arrêta avant d’avoir touché la surface noire. Il laissa retomber le bout de tissu et passa un doigt sur le terme « Docteur » qui en remplissait presque toute la superficie. Haussant les épaules, il plia l’objet et grommela :

« Je vais le ranger. Je ne sais pas pourquoi je l’avais laissé là. »

***

Les races de Judoons

Il existe cinq espèces différentes de Judoons. Aucune d’entre elles n’est en voie d’extinction (hélas).

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***

Statue du célèbre administrateur de Doctor Who Classics, fans francophones, qui fut élevée de son vivant dans sa bonne ville de Nice, par des whovians enthousiastes. Les pigeons lui rendent hommage à leur façon.

Florent-statue

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